Trois icônes à l’exposition « Fabergé : joaillier des tsars »

Publié le 5 septembre 2014 | Temps de lecture : 2 minutes
« La Vierge d’Iviron » (1914-1917)
« Le Christ Pantocrator » (1914-1917)

Les photos ci-dessus montrent des objets de dévotion réalisés dans les ateliers de Fabergé à la fin du règne de Nicolas II.

Dans chaque cas, la partie centrale du cadre en vermeil a été découpée avec précision afin de ne révéler que le personnage principal de l’icône byzantine sous-jacente.

Les bords du cadre sont décorés de filigranes en argent et sertis de pierres précieuses : grenats, saphirs, topaze, zircon, diamants, et perles.

Triptyque de Pavel Ovchinnkov (1891)

Le triptyque de Pavel Ovchinnkov représente, de gauche à droite, les personnages suivants : Saint Alexandre Nevski, Notre-Dame de Kazan et Sainte Marie-Madeleine (à ne pas confondre avec la pècheresse du Nouveau Testament).

Seuls les mains et les visages des personnages sont peints. Contrairement aux deux créations de Fabergé, le travail d’orfèvrerie fait partie intégrante de l’icône; il se substitue à la représentation peinte des costumes dans l’icône russe traditionnelle. Comme chez elle, on note l’absence de perspective à l’arrière-plan, comme si les trois personnages étaient adossés à un mur richement décoré.

Pour terminer, rappelons que le Musée des Beaux-Arts de Montréal présente cette exposition consacrée au joaillier russe Karl Fabergé jusqu’au 5 octobre 2014.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 17 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 12 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 23 mm


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés l’exposition « Fabergé : joaillier des tsars », veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pendentifs des Romanov

Publié le 4 septembre 2014 | Temps de lecture : 2 minutes
Aperçu de l’exposition
En or guilloché et émail (vers 1900)
En bowenite, or, rubis et diamants (vers 1900)
En or guilloché et émail (vers 1900)
En agate, or, argent, émail et diamants (entre 1899 et 1908)
En purpurine et or (avant 1899)

Dans la première salle de l’exposition « Fabergé : joaillier des tsars », le Musée des Beaux-Arts de Montréal présente des pendentifs en forme d’œufs de Pâques fabriqués par Fabergé pour la famille impériale.

Puisque ces objets ne sont pas coordonnées avec d’autres parures, il y a lieu de croire qu’il ne s’agissait pas là de bijoux d’apparat mais plutôt de bijoux portés au quotidien par les Romanov.

De taille similaire, ces pendentifs mesurent environ un centimètre de hauteur.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 12 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 38 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 40 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 27 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/2,0 — ISO 3200 — 22 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 40 mm


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés l’exposition « Fabergé : joaillier des tsars », veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Musée Pointe-à-Callière

Publié le 3 septembre 2014 | Temps de lecture : 2 minutes
Plan de Montréal en 1725

Les tout premiers colons français qui s’établirent sur l’île de Montréal en 1642 le firent à l’embouchure d’une petite rivière — aujourd’hui disparue — qui se jetait de manière oblique dans le fleuve Saint-Laurent.

En 1688, sur ce terrain, le troisième gouverneur de Montréal — le chevalier Louis-Hector de Callière — y fait ériger sa résidence : sur le plan ci-dessus, elle est indiquée par le « X » rouge à gauche, vers le bas de l’image.

En 1861, la Compagnie d’assurance Royale y construit un imposant édifice triangulaire. Endommagé par le feu en 1947, il sera détruit en 1951.

Des fouilles archéologiques menées en 1989 par la Société du Vieux-Port — propriétaire du terrain à l’époque — révélèrent un millénaire d’activité humaine à cet endroit précis. Cette découverte motivera cette société à céder son terrain à la Ville de Montréal en vue de la construction d’un musée destiné à mettre en valeur ces vestiges par une exposition permanente.

L’Éperon, vu de face

Construit en 1992, l’édifice du musée porte un nom : l’Éperon. C’est l’œuvre de l’architecte montréalais d’origine roumaine Dan Hanganu, décoré depuis de l’Ordre du Canada et de l’Ordre national du Québec.

L’institution qu’il abrite est le seul musée d’archéologie d’envergure au Canada. Il accueille 350 000 visiteurs en moyenne par année, ce qui représente cumulativement 4,5 millions de personnes depuis son ouverture.

Tour de l’Éperon
Exposition permanente
Visiteuses épuisées ???

Références :
Pointe-à-Callière Museum
Pointe-à-Callière, musée d’archéologie et d’histoire de Montréal
Raconter Montréal
Royal Insurance Building

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs Lumix 12-35 mm F/2,8 (la troisième photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
2e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 13 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
4e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le merveilleux voyage de Marco Polo

Publié le 2 septembre 2014 | Temps de lecture : 4 minutes
Entrée de l’exposition

Il ne reste plus que deux mois pour visiter l’exposition « Marco Polo : Le fabuleux voyage », présentement à l’affiche au Musée de Pointe-à-Callière de Montréal jusqu’au 26 octobre 2014.

Cette exposition est basée sur le récit qu’a fait l’explorateur du voyage de 24 ans qu’il a effectué en Chine, principalement par voie terrestre à l’aller et principalement maritime au retour.

Présenter, de manière détaillée, chaque civilisation qu’il a rencontrée aurait été pharaonique et ruineux. On a donc choisi de montrer, en ordre chronologique, les principaux royaumes sur son chemin à l’aide d’un petit nombre d’objets représentatifs — il y en a plus de 200 — empruntés de différents musées et collections particulières.

Boite à hosties, en cuivre doré, incrustée d’émaux champlevés (XIIIe siècle)

La majorité des artéfacts présentés datent des XIIIe et XIVe siècles. D’autres sont d’aujourd’hui comme c’est le cas de cette reconstitution d’une yourte mongole, de même que les épices, fourrures, et pierres précieuses semblables à celles que produisaient certains de ces pays à l’époque.

Venise, au Moyen-Âge

Venise médiévale

L’exposition débute par une présentation de la ville de Venise du temps de Marco Polo. Non seulement y voit-on différents objets dont le célèbre Reliquaire du Saint-Sang, mais également une remarquable série de clips vidéos — réalisés par les ateliers d’Ubisoft à Montréal — montrant un Venise médiévale déserte en noir et blanc (à droite sur la photo ci-desus).

Le Proche et le Moyen-Orient

Coran turc (XIVe siècle)

Produit oriental de grand luxe, la soie est bien représentée dans l’exposition grâce à de superbes pièces du 12e, 13e et 14e siècles prêtées par le Musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.

L’exposition montre de la gaze (un nom qui vient de la ville palestinienne de Gaza), du damas (qui vient de Damas, en Syrie) et de la mousseline (qui vient de Mossoul, en Irak). On y apprend que baldaquin vient de Bagdad où on produisait de lourdes soieries ornant les ciels de lit… à baldaquin.

L’Asie centrale

Selle kazakhe (XIXe siècle)

Témoins de l’importance du cheval à l’époque de Marco Polo, l’exposition présente des selles prêtées par la collection Émile Hermès de Paris, dont celle ci-dessus originaire d’Asie centrale.

Objets asiatiques

Également d’Asie centrale, voici en haut à gauche, une tapisserie de soie (XIIIe siècle). En bas, de gauche à droite, on voit successivement un bol perse (XIIIe ou XIVe siècle), un vase en grès de Chine (XIVe ou XVe siècle), et un pot à épices, en porcelaine chinoise (XIIIe ou XIVe siècle).

La Chine

Figurine chinoise en terre cuite (Dynastie Tang, 618-907)
Coupe chinoise en jade blanc et en or (X ou XIe siècle)
Barbare dansant devant un lion, en métal doré (Chine, XIII au XVe siècle)
Chimère ailée, en cristal de roche (Xe ou XIe siècle)

L’exposition fait une place de choix à la Chine médiévale, où Marco Polo a séjourné la majorité de son voyage, accomplissant des missions diplomatiques et administratives pour le compte de l’empereur mongol Kubilai Khan, fondateur de la Dynastie Yuan.

Référence : Marco Polo – Le fabuleux voyage

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
 1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 12 mm
 2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 40 mm
 3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 12 mm
 4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 17 mm
 5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 17 mm
 6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 17 mm
 7e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 35 mm
 8e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 35 mm
 9e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 12 mm
10e photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La yourte mongole

Publié le 1 septembre 2014 | Temps de lecture : 5 minutes
Yourte de type mongol

L’habitat traditionnel des peuples nomades des steppes d’Asie centrale est une tente avec ossature en bois, recouverte de feutre ou de fourrure. Elle est connue sous le nom de yourte, d’origine turque. Les Mongols l’appellent ger, ce qui signifie maison.

Montage

Parce que sans fondation, une yourte est assemblée en deux ou trois heures. À partir d’une porte qui fait face au sud et qui repose au sol, on déplie des treillis qu’on assemble bout à bout de manière à former un cylindre. Ces treillis sont attachés les uns aux autres.

Le cylindre ainsi formé est solidifié par une corde placée horizontalement près du haut, qui sert à éviter que les murs ne soient repoussés vers l’extérieur lorsque l’ossature du toit leur sera fixée.

Au centre de la future habitation, on place deux piliers au sommet desquels est fixée une couronne. Cette dernière est percée de trous destinés à recevoir les tiges radiales qui formeront l’ossature du toit. Lorsque celles-ci sont disposées correctement, on les attache solidement au haut des treillis.

Le revêtement du toit est composé d’une toile fine de tissu préalablement taillé en cercle, puis de plusieurs peaux retenues par un savant réseau de cordage, et enfin d’une toile grossière, préalablement taillée, et enduite de graisse animale pour l’imperméabiliser.

Note : Située en moyenne à 1 580 mètres d’altitude, la Mongolie est un pays remarquablement ensoleillé, avec plus de 250 jours d’ensoleillement par an.

Le tout est solidifié par deux ou trois sangles entourant horizontalement l’habitation. Dans les steppes venteuses, on retiendra la yourte par des cordes fixées au sol par des piquets.

Dans les nouveaux quartiers de yourtes des villes minières de Mongolie, celles-ci demeurent sur place à l’année, entourées d’une palissade. On doit leur retirer des couches de feutre l’été et relever les bords pour l’aération. L’hiver, il faut les remettre. Le chauffage s’y fait à la houille (c’est-à-dire au charbon), dont chaque famille consomme cinq tonnes par année.

Ceux qui ont conservé leur mode de vie traditionnelle — et donc démontent et remontent leur yourte plusieurs fois par année — le toit de ces habitations est assemblé différemment selon les saisons. La yourte est alors chauffée au bois ou à la bouse de ruminant.

Ameublement

Reconstitution de l’intérieur d’une yourte

Au centre de cette pièce unique se trouve un poêle destiné à réchauffer l’habitation ou à cuire les aliments.

La couronne de la yourte sert à évacuer les gaz de combustion et à éclairer l’intérieur de l’habitation. En été, la porte est laissée ouverte afin de faciliter l’aération.

De nos jours, les poêles sont équipés d’une cheminée verticale qui évite d’enfumer la pièce. Pour les Mongols — qui forment un peuple très religieux — la couronne représente le lieu des échanges entre les mondes divin et humain, et permet aux esprits de circuler entre la yourte et le monde.

Le lit du chef de famille est placé le long de la partie du mur qui fait face à la porte, c’est-à-dire du côté nord, le plus froid. C’est sur cette partie du mur que les Mongols contemporains affichent les photos des membres de leur famille. Ce lit est également situé à proximité de l’autel des ancêtres et des idoles protectrices.

Tissu liturgique placé devant l’autel bouddhique de la yourte aux jours de fête (coton peint, XIXe siècle)

Le lit des enfants est près de la porte alors que celui de l’épouse est disposé à l’Est, où sont entreposés les ustensiles ménagers et la nourriture. Symboliquement, le jour nait à l’Est comme l’épouse donne la vie. Les femmes n’occupent la place d’honneur (celle de l’époux) que si elles sont veuves ou chamanes.

Durant le jour, les lits servent de sièges. Les hommes se disposent à l’Ouest et les femmes, à l’Est.

La décoration intérieure d’une yourte est dominée par l’orange, le rouge et le bleu, qui sont des couleurs divines.

Pour terminer, signalons que la yourte représentée ici a été réalisée dans le cadre de l’exposition « Marco Polo : Le fabuleux voyage », présentement à l’affiche au Musée de Pointe-à-Callière de Montréal jusqu’au 26 octobre 2014.

Arcs et carquois de Mongolie

Références :
L’habitat traditionnel mongol : la ger
Yourte
Yourtes de banlieue à Oulan-Bator

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 12 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 12 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 16 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 20 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Livre des merveilles

Publié le 31 août 2014 | Temps de lecture : 4 minutes
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En 1296, les villes de Venise et de Gênes sont en guerre. Au large de la Tunisie, un marchand vénitien est capturé. Il s’appelle Marco Polo.

Dans sa prison de Gênes, il dicte à un compagnon de détention — le romancier Rustichello de Pise — un étonnant récit d’aventures.

Intitulé « Devisement du monde » (où Devisement signifie Description), le manuscrit paraît deux ans plus tard en français, ou plus exactement dans une sorte de patois, très influencé par le français, utilisé par les commerçants méditerranéens. Pour se comprendre entre eux, ceux-ci utilisaient leur langue maternelle (dans ce cas-ci, le dialecte de Pise), truffée de mots français et empruntant une syntaxe à la française.

La mise en français correct est faite à Venise en 1307. Mais entretemps, le manuscrit a connu une popularité instantanée et a été copié dans tous les dialectes italiens. De nos jours, il reste encore environ 120 exemplaires de l’époque.

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Connu de nos jours sous le titre « Le livre des merveilles », il est un des premiers ouvrages importants en prose européenne, et le plus ancien qui fasse encore partie de la culture populaire.

Que dit ce livre ? Il se compose d’un prologue et de trois parties.

Détail de la page

Le prologue raconte le premier voyage que le père et l’oncle de Marco Polo firent sans lui en Asie de 1255 à 1269, avant de présenter le voyage qu’ils firent ensemble de 1271 à 1295.

La première partie décrit successivement les villes et provinces d’Orient traversées au cours de l’aller vers la Chine. Elle se termine par une description des us et coutumes des Tartares (c’est-à-dire des Chinois).

C’est dans cette partie qu’il est fait mention d’un minerai « dont on fait des étoffes lesquelles étant jetées dans le feu ne sauraient être brulées ». Évidemment ce minerai, qu’il appelle samamandre, est de l’amiante.

La seconde partie décrit le fonctionnement du gouvernement de l’empereur chinois Kubilai Khan, fondateur de la Dynastie des Yuan. À titre d’exemple, Marco Polo décrit comment la Chine a recours à la monnaie de papier, ce qui est plus commode que de transporter des pièces métalliques.

Il écrit qu’en Chine (appelée Cathay), on se chauffe avec des pierres qui brulent comme du bois mais dont la combustion dure beaucoup plus longtemps. De nos jours, ces pierres noires sont appelées… charbon.

La troisième partie décrit le Sud-Est asiatique, visité au cours du voyage de retour de l’explorateur. Il y décrit notamment le cannibalisme au Japon et des rhinocéros au Sumatra.

Au-delà du pittoresque et du merveilleux que raconte Marco Polo, son récit contient des informations tellement précises — et vérifiées depuis — qu’on a la certitude qu’il a fait ce voyage en Chine et qu’il a effectivement séjourné longuement dans ce pays. Marco Polo décrit le monde qu’il a vu, mais également connu par ouï-dire.

L’influence de Marco Polo est considérable. Pensez simplement que, des siècles plus tard, Christophe Colomb apporte une copie du livre de Marco Polo lorsqu’il part pour la Chine — qu’il compte atteindre par l’Ouest — alors qu’il sera stoppé dans son élan par un nouveau continent à découvrir que nous appelons Amérique.

Rappelons que l’exposition « Marco Polo : Le fabuleux voyage », élaborée à partir de ce livre, est présentement à l’affiche au Musée de Pointe-à-Callière de Montréal jusqu’au 26 octobre 2014.

Références :
Devisement du monde
Marco Polo
Marco Polo – Le fabuleux voyage

Détails techniques des trois photos : Appareil Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 27 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Reliquaire du Saint-Sang

Publié le 30 août 2014 | Temps de lecture : 2 minutes
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La basilique Saint-Marc est la plus importante église de Venise. Construite en 828 et reconstruite après un incendie en 976, elle est située sur la plus célèbre place de la ville, soit la Place Saint-Marc.

Parmi les trésors qu’elle renferme, il y a le Reliquaire du Saint-Sang. À l’origine, il s’agissait d’un brule-parfum ou d’une lampe de style byzantin, transformé plus tard en reliquaire afin d’accueillir une ampoule en cristal de roche dans laquelle était conservé du « sang miraculeux »; celui-ci se serait écoulé d’un crucifix frappé par un Infidèle à Beyrouth, en 320.

Créé en argent doré dans le Sud de l’Italie ou à Constantinople à la fin du XIIe siècle, cet objet carré, un peu allongé vers le haut, est surmonté aux quatre coins de toits pyramidaux couronnés d’une croix. Entre ceux-ci, quatre coupoles entourent une coupole centrale, plus élevée que les autres et couronnée d’un lanternon.

Sur le devant, une porte à deux battants est décorée à gauche d’un guerrier casqué tenant une lance et un bouclier (représentant le Courage), et à droite par une femme vêtue d’une courte tunique et d’une longue jupe qui, la main au front, symbolise l’Intelligence.

Depuis plus d’un demi-millénaire, ce reliquaire n’a quitté la basilique qu’à deux occasions. La deuxième fois, c’est maintenant — mais sans sa relique — pour l’exposition « Marco Polo : Le fabuleux voyage », présentement à l’affiche au Musée de Pointe-à-Callière de Montréal jusqu’au 26 octobre 2014.

Cette exposition relate les différentes étapes du voyage que le célèbre marchand vénitien fit, de 1271 à 1295, jusqu’en Chine.

Références :
Basilique Saint-Marc
Marco Polo – Le fabuleux voyage

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 21 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Conduire un train de la MMA : bienvenue en enfer

Publié le 29 août 2014 | Temps de lecture : 6 minutes

Dans l’édition d’aujourd’hui du quotidien Le Devoir, on apprend que les dirigeants du syndicat qui représente les trois employés de la MMA accusés de négligence criminelle ayant causée la tragédie de Lac-Mégantic, réclament l’abandon des poursuites intentées contre eux.

Revoyons le cas du conducteur de la locomotive.

Le 10 juin 2013, un train de la MMA déraille à Frontenac. Un mois plus tard, un autre déraille à Lac-Mégantic et tue 47 personnes. Après que les trains de la MMA aient été de nouveau autorisés à circuler, le 18 décembre 2013, un troisième déraille à Nantes, 22 jours plus tard.

Après des années de manque d’entretien toléré par le gouvernement Harper — alors que la MMA a été condamnée à payer plus de 150,000$ d’amendes aux États-Unis — le réseau privé de la MMA est en ruine.

Le jour de la catastrophe, le conducteur de la locomotive, seul à bord, a une journée d’enfer. En raison de l’état des voies, il doit ralentir à 10km/h à certains endroits. À d’autres, monter à 25 km. Puis ailleurs, circuler normalement. Un moment d’inattention et son train déraille.

Sur son parcours, la locomotive perd de l’huile. Arrivée à Nantes, sa locomotive prend en feu parce que ces fuites atteignent la chambre de combustion, rafistolée tant bien que mal par des réparations hors-normes que les inspecteurs fédéraux, en nombre insuffisant, n’ont pas remarquées.

Arrivé tard cette nuit-là à Nantes, il devrait stationner son train sur une voie de desserte. Mais elle est déjà occupée. De plus, son train fait 1,4km de long. Simplement avancer, puis reculer sur cette voie, il en aurait eu pour une heure de plus. Or le lendemain, il devra se lever tôt car son train a pris du retard et sa précieuse cargaison est attendue au Nouveau-Brunswick.

Puisqu’il est contraint de laisser son train sur la voie principale, le conducteur applique sept freins manuels, soit sur chacune des cinq locomotives, sur le wagon de service et sur le wagon-tampon. Les procédures de la MMA exigeaient que deux freins de plus soient appliqués sur un convoi de 70 à 79 wagons-citernes et locomotives.

Malheureusement, même si le conducteur avait respecté scrupuleusement les directives de la compagnie, les tests réalisés par le Bureau de la sécurité des transports ont révélé qu’il aurait fallu serrer entre deux et trois fois plus de freins manuels pour retenir le train en place que ce que prévoyaient les normes de la compagnie.

En effet, afin de minimiser ses frais d’opération, celle-ci a négligé de remplacer le grand nombre de freins atteints de corrosion. De plus, les freins manuels qui fonctionnent correctement n’ont pas été suffisamment lubrifiés. Conséquemment, ils sont extrêmement difficiles à appliquer afin d’assurer un effort de freinage suffisant.

Aurait-il dû laisser le moteur de la locomotive en marche afin de profiter des freins électriques Westinghouse ? Non répondent unanimement les pompiers de Nantes, qui viennent d’étouffer l’incendie de la locomotive et qui ne veulent pas courir le risque d’un deuxième incendie susceptible de provoquer l’embrasement de toute la cargaison de ce train qu’on laisserait sans surveillance toute la nuit.

Alors oui, si on cherche bien, on trouvera des puces à ce conducteur.

Lui et ses collègues sont exactement dans la même situation que ces mineurs qui, à la fin du XIXe siècle, descendaient équipés de lampes au pétrole dans des trous où la moindre fuite de gaz naturel provoquait un coup de grisou.

Pour permettre à du pétrole américain explosif — en raison de sa forte teneur en gaz naturel — de se rendre au Nouveau-Brunswick parce que les raffineries américaines ne suffisent plus à en raffiner suffisamment, et inversement, pour permettre aux manufacturiers locaux de pouvoir exporter leur production aux États-Unis et faire travailler les gens de la région, les conducteurs de la MMA mettaient à chaque instant leur vie en péril.

À mon avis, ce sont des héros. Car les héros existent ailleurs que dans les films américains. Mais ce sont des héros imparfaits et sans gloire, parce que réduits à l’humiliation d’exercer un métier sale et dangereux pour faire vivre leur famille. Comme ces milliers d’êtres anonymes qui travaillent dans les mines d’or ou de diamants, et dont aucun bijoutier aux gants blancs ne connait le nom.

La sécurité du transport ferroviaire est une responsabilité exclusive du gouvernement fédéral. Les vrais coupables de la tragédie de Lac-Mégantic, ce sont ceux qui, gantés de blanc, ont abandonné leurs responsabilités et ont remis notre sécurité entre les mains d’aventuriers et de parvenus.

Les coupables, ce sont ceux qui bientôt se vanteront de faire économiser de l’argent aux contribuables canadiens alors que leur dérèglementation aveugle et stupide a effectivement sauvé quelques millions$ de salaires d’inspecteurs, au prix de 48 morts et d’une catastrophe environnementale dont le coût est estimé à 1,5 milliard$.

Le gouvernement Harper, trouvera-t-il un juge complaisant qui, en condamnant le conducteur de la locomotive, permettra à ce gouvernement de sauver la face ? C’est possible. Mais si tel est le cas, au tribunal de l’opinion publique, cette mascarade de justice ne trompera personne.

Référence : Lac-Mégantic : des accusations injustifiées?

Sur le même sujet, sur ce blogue :
La sécurité du transport ferroviaire (2013-07-09)
La responsabilité du gouvernement Harper dans la cinquantaine de décès au Lac-Mégantic (2013-07-11)
Lac-Mégantic : les calculs du gouvernement Harper (2013-07-24)
Pour une réforme complète des chemins de fer canadiens (2013-07-26)
La lourde responsabilité du gouvernement Harper dans la catastrophe de Lac-Mégantic (2013-07-30)
Plaidoyer pour la saisie des actifs de la MMA (2013-07-31)
Lac-Mégantic : le silence étrange du sénateur Boisvenu (2013-08-03)
Les déraillements ferroviaires et la roulette russe du gouvernement Harper (2014-01-20)
La faillite de la dérèglementation ferroviaire du gouvernement fédéral (2014-08-20)

Paru depuis : Lac-Mégantic : les dessous de l’enquête technique du BST (2014-12-07)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quatre autres bonsaïs

Publié le 28 août 2014 | Temps de lecture : 1 minute
Érable trident (105 ans)
Azalée satsuki (55 ans)
Faux-cyprès d’Hinoki (40 ans)
Érable trident (100 ans)

Depuis quelques années, le Jardin botanique de Montréal a considérablement accru sa collection de bonsaïs. À son décès, survenu en 2010, l’américain George LeBolt lui a légué une centaine de bonsaïs, dont celui de la troisième photo.

Les deux érables centenaires ci-dessus (première et dernière photos) ont été offerts respectivement par Reiko Hagiya et Hiroshi Mitsuzuka, tous eux de la Société nippone du bonsaï.

La deuxième photo monte un bonsaï offert par la ville d’Hiroshima (à laquelle Montréal est jumelée depuis 1998).

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
3e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
4e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quatre bonsaïs

Publié le 27 août 2014 | Temps de lecture : 1 minute
Lilas des Indes (70 ans)
Mélèze du Japon (40 ans)
Érable trident (55 ans)
Genévrier de Sargent (270 ans)

Voici trois bonsaïs exposés au Jardin japonais. Le premier a été créé par le Jardin botanique de Montréal, alors que les suivants ont été offerts respectivement par l’américain George LeBolt (décédé en 2010), par le gouvernement japonais, et par Kenichi Oguchi (de la Société nippone du bonsaï).

À signaler, le bonsaï donné par ce dernier est probablement le plus vieil arbre à Montréal.

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, objectif Voigtländer 25mm F/0,95 et filtre à densité neutre ND8
1re photo : 1/2000 sec. — F/0,95 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/2500 sec. — F/? — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/1600 sec. — F/? — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/640 sec. — F/0,95 — ISO 200 — 25 mm


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