Publié le 11 septembre 2021 | Temps de lecture : 2 minutes
L’année scolaire 2019-2020 s’est terminée abruptement avec le confinement décrété le 13 mars 2020 à l’ensemble de la population.
L’année suivante a été perturbée par les nombreuses fermetures d’école consécutives à l’insuffisance des mesures sanitaires.
Sur les 3 200 établissements d’enseignement (publics ou privés), le tiers ont été des foyers d’éclosion de la pandémie. Et sur les 1 126 écoles atteintes, 460 ont été complètement ou partiellement fermées, soit une école sur sept.
Au 3 mai 2021 — donc vers la fin de cette année-là — les écoliers et le personnel scolaire représentaient 38,4 % de toutes les personnes officiellement atteintes au Québec par le Covid-19.
En 2021-2022, le gouvernement de la CAQ semble avoir décidé de laisser se propager le Covid-19 dans les écoles.
En dépit de l’imposition partielle du port du masque, l’année scolaire qui vient s’annonce pire en raison de la contagiosité extrême du variant Delta et de l’absence de dépistage systématique sauf lorsque la situation sera devenue ‘préoccupante’ (lire : catastrophique).
Après trois années consécutives de perturbations, les élèves auront accumulé un important retard de littéracie en plus de celui concernant l’apprentissage des autres matières scolaires.
Or toute pandémie a une fin. Dès qu’on aura vacciné la population des pays en voie de développement, ceux-ci cesseront d’être des incubateurs à variants et la pandémie s’éteindra.
À l’issue de cette pandémie, le retard scolaire devra être quantifié en vue d’être comblé.
Or pour ce faire, la solution est simple; allonger les années scolaires qui viennent jusqu’à ce que l’arriéré ait disparu.
Publié le 3 septembre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes
La Chambre de commerce du Montréal métropolitain dévoilait hier les résultats d’un sondage effectué du 2 au 12 aout dernier auprès de 1 079 personnes (patrons et employés) travaillant sur l’ile de Montréal.
Puisque cette publication fait partie de la série Retour dans les tours, on peut présumer que les répondants étaient surtout des employés de bureau.
Dans 60 % des cas, le lieu de travail se trouvait normalement au centre-ville. Le 40 % restant se répartissait dans des emplois à l’est (13 %), à l’ouest (17 %) et au nord du centre-ville (9 %).
Toutefois, en raison de la pandémie, 53 % d’entre eux exerçaient à plein temps leur métier en télétravail, 28 % de manière hybride et 19 % se rendait au travail comme d’habitude.
Ceux qui opéraient à distance étaient satisfaits du télétravail dans 78 % des cas. Et ce, en raison du temps économisé dans les déplacements (32 %), du meilleur équilibre entre le travail et la vie privée (29 %) ou parce qu’ils jugeaient que leur domicile offrait un cadre de travail plus efficace que le bureau.
Par contre, les raisons de ne pas aimer le télétravail étaient la perte d’esprit d’équipe (43 %), l’isolement social (39 %) et l’envahissement de la vie personnelle dans leur vie professionnelle.
Pour ce qui est du ou des moyens de transport que le répondant comptait utiliser pour se rendre au travail, on notera une diminution des intentions d’utiliser le transport en commun, et une augmentation de la popularité des moyens de transport où l’utilisateur n’est pas exposé à la contamination par les autres.
À la question ‘Dans quelle mesure les mesures sanitaires mises en place dans les transports en commun vous donnent-elles confiance pour reprendre ceux-ci lors de votre retour sur votre lieu de travail ?’, après répartition des indécis (12 %), les répondants se répartissaient comme suit : 18 % ont très confiance, 44 % plutôt confiance, 26 % peu confiance et 10 % pas confiance du tout.
Cette préoccupation concerne également les lieux de travail. À l’idée de travailler avec des collègues non vaccinés, 35 % s’en disent très préoccupés, 35 % plutôt préoccupés, 17 % peu préoccupés et 11 % pas préoccupés du tout.
Pour ce qui est de l’idée de réserver les lieux de travail aux employés pleinement vaccinés, après répartition des indécis (12 %), 36 % des travailleurs y sont tout à fait favorables, 24 % plutôt favorables, 18 % plutôt défavorables et 22 % tout à fait opposés.
Quant à l’imposition aux bureaux d’une preuve de vaccination complète à tous ceux qui y accèdent — y compris la clientèle — 48 % des répondants y sont tout à fait favorables, 22 % sont plutôt favorables, 12 % sont plutôt défavorables et 6 % s’y opposent catégoriquement.
Publié le 1 septembre 2021 | Temps de lecture : 2 minutes
Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.
À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.
Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants. Tableau comparatif des pays les plus atteints au premier jour du mois, en nombre cumulatif de morts par million d’habitants
Pays
Jan.
Fév.
Mars
Avr.
Mai
Juin
Juil.
Aout
Sep.
Pérou
1136
1239
1403
1561
1843
2077
5753
5869
5918
Hongrie
1002
1304
1561
2177
2874
3088
3113
3117
3121
Bosnie-Herzég.
1249
1445
1552
2044
2620
2842
2965
2973
3014
Macédoine du N.
1205
1376
1509
1829
2348
2603
2633
2637
2863
Rép. Tchèque
1093
1529
1909
2479
2733
2808
2825
2831
2833
Bulgarie
1099
1322
1491
1927
2382
2569
2620
2643
2751
Brésil
916
1055
1198
1523
1901
2175
2430
2600
2712
Argentine
954
1062
1145
1229
1407
1728
2078
2317
2452
Colombie
850
1060
1168
1240
1446
1738
2083
2351
2427
Slovaquie
412
863
1331
1793
2148
2262
2290
2296
2297
Paraguay
315
380
445
590
899
1274
1786
2081
2182
Belgique
1681
1815
1899
1979
2083
2145
2163
2168
2179
Italie
1235
1471
1622
1819
2004
2090
2113
2122
2142
Slovénie
1312
1694
1854
1950
2048
2105
2125
2130
2140
Croatie
968
1236
1354
1460
1746
1968
2012
2026
2046
Pologne
766
984
1158
1419
1796
1953
1985
1991
1994
Mexique
971
1222
1430
1567
1668
1717
1789
1848
1987
États-Unis
1074
1367
1586
1704
1776
1834
1864
1889
1980
Tunisie
398
572
674
742
907
1066
1262
1661
1968
Royaume-Uni
1089
1565
1805
1860
1870
1873
1878
1900
1974
Chili
868
965
1075
1213
1374
1523
1690
1841
1913
Géorgie
634
802
884
950
1037
1206
1338
1470
1880
Roumanie
826
960
1065
1237
1474
1588
1772
1795
1812
Espagne
1087
1263
1488
1615
1672
1710
1729
1742
1806
Équateur
790
837
888
946
1048
1153
1206
1764
1796
France
991
1171
1328
1468
1601
1677
1698
1710
1751
Portugal
685
1253
1607
1657
1669
1674
1682
1709
1747
Uruguay
55
127
175
288
766
1246
1612
1711
1730
Lithuanie
588
1046
1199
1330
1463
1591
1633
1647
1706
Arménie
953
1040
1077
1191
1391
1497
1522
1556
1636
Panama
935
1216
1341
1402
1426
1456
1493
1557
1607
Moldavie
746
855
987
1242
1447
1519
1539
1555
1592
Bolivie
780
882
989
1041
1099
1229
1417
1506
1556
Suède
861
1144
1265
1330
1384
1419
1436
1438
1440
Lettonie
343
641
866
1023
1145
1274
1351
1372
1385
Afrique du Sud
484
743
836
884
908
943
1016
1201
1371
Québec
958
1157
1214
1246
1276
1311
1321
1324
1330
Grèce
469
561
629
786
1007
1168
1224
1249
1319
Namibie
80
136
165
204
248
330
601
1180
1305
Iran
655
686
710
740
849
945
992
1069
1272
Russie
394
504
592
680
757
835
931
1091
1260
Suisse
882
1087
1148
1189
1221
1243
1250
1250
1260
Ukraine
428
522
598
764
1021
1166
1205
1219
1240
Autriche
693
861
948
1036
1131
1172
1182
1185
1188
Liban
240
462
697
924
1074
1138
1156
1164
1187
Allemagne
410
696
845
920
996
1063
1089
1096
1103
Costa Rica
427
514
546
577
629
793
909
978
1073
Pays-Bas
672
817
908
965
1000
1027
1033
1038
1048
Irlande
453
667
868
945
984
991
1001
1008
1022
Jordanie
376
422
460
675
862
920
947
974
1010
Estonie
180
324
451
684
878
948
956
958
974
Eswatini
185
492
558
571
573
575
578
680
947
Botswana
18
66
150
268
323
386
483
653
939
Trinité-et-Tobago
91
96
99
104
122
362
610
772
927
Honduras
315
361
415
459
526
632
696
778
885
Albanie
411
484
631
779
833
853
854
855
870
Serbie
373
463
512
614
733
789
810
818
840
Bahreïn
201
214
257
297
368
575
769
784
784
Oman
286
292
300
320
383
449
598
734
774
Israël
365
524
626
676
692
688
689
695
760
Palestine
273
354
396
510
625
672
683
689
704
Turquie
248
307
337
374
476
560
584
603
667
Guatemala
263
310
350
375
412
446
507
570
656
Libye
212
269
316
383
433
447
457
507
611
Koweït
218
223
252
307
365
413
460
537
557
Azerbaïdjan
262
307
316
352
445
482
488
493
554
RoC*
256
354
401
426
461
495
518
527
538
Japon
27,4
45,3
62,5
72,7
81,1
104
117
121
127
Vietnam
0,4
0,4
0,4
0,4
0,4
0,5
0,8
13,3
121
Corée du Sud
17,9
27,8
31,3
33,8
35,7
38,3
39,4
40,9
44,7
Taïwan
0,3
0,3
0,4
0,4
0,5
5,7
27,7
33,1
35,0
Hong Kong
19,7
24,3
26,7
27,3
27,8
27,8
27,9
28,0
28,0
Singapour
4,9
4,9
4,9
5,1
5,3
6,0
6,1
6,3
9,3
Chine
3,2
3,2
3,2
3,2
3,2
3,2
3,2
3,2
3,2
*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.
En aout, les augmentations les plus importantes ont été rapportées en Géorgie (+410), encore en Tunisie (+308), et dans deux pays d’Afrique australe, le Botswana (+286) et l’Eswatini (+267).
Autrefois parmi les pays modèles, le Vietnam continue d’enregistrer une dégradation (toutes proportions gardées) de sa condition épidémiologique depuis deux mois.
Publié le 30 août 2021 | Temps de lecture : 2 minutes
À titre de citoyen, un professionnel de la Santé est libre de ses opinions.
Toutefois, s’il s’exprime à titre de professionnel, il ne peut émettre que des opinions conformes aux données actuelles de la science.
L’article 89 du Code de déontologie des médecins se lit comme suit :
Le médecin qui s’adresse au public doit communiquer une information factuelle, exacte et vérifiable.
Des dispositions analogues se retrouvent dans le code de déontologie de tous les autres professionnels de la Santé.
Alors que l’étau se resserre contre ceux qui s’agitent contre les mesures sanitaires, l’État est appelé à sonner la fin de la récréation et à exiger que les Ordres professionnels rappellent à l’ordre la petite minorité de leurs membres qui répètent des sornettes sur les médias sociaux ou qui, sur la place publique, s’opposent aux mesures sanitaires à titre de professionnels.
Cela est d’autant plus facile que la justice interne des Ordres professionnels relève du droit civil et non du droit criminel. En d’autres mots, leurs comités de discipline — les tribunaux administratifs qui font respecter les codes de déontologie — n’exigent pas une preuve hors de tout doute raisonnable, mais une simple prépondérance de preuve.
Après huit mois de vaccination, une chose est claire; les vaccins homologués en Occident contre le Covid-19 sont remarquablement efficaces et entrainent peu d’effets secondaires.
Les professionnels de la Santé appelés à se justifier auprès du comité de discipline de leur Ordre professionnel n’ont aucune chance d’échapper à une sanction qui peut aller jusqu’à la radiation, c’est-à-dire la privation de leur droit de pratique.
Publié le 30 août 2021 | Temps de lecture : 2 minutes
La vaccination en général
À l’Université d’Ottawa, personne ne peut entamer des stages cliniques de médecine sans fournir une preuve immunologique négative d’exposition à la tuberculose, de même qu’une preuve de vaccination contre un grand nombre d’agents infectieux :
• coqueluche
• diphtérie
• hépatite B,
• oreillons,
• polio,
• rougeole,
• rubéole,
• tétanos, et
• varicelle.
Aucune exemption n’est accordée sur une base d’ordre personnel ou philosophique (c’est-à-dire religieuse); seules les exemptions d’ordre médical seront acceptées.
À la faculté de médecine de l’Université de Montréal, de même qu’à la faculté de médecine et des sciences de la Santé de l’Université McGill, c’est pareil. Sauf que cette preuve doit être faite avant le début des cours.
À la faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, les exigences vaccinales sont presque identiques à celles de la faculté de médecine.
La vaccination contre le Covid-19
Le 25 aout dernier, le recteur l’Université de Montréal faisait parvenir à tous ses étudiants un communiqué dans lequel il affirme :
En tant qu’établissement autonome, l’Université de Montréal jouit de la marge de manœuvre nécessaire pour mettre en place des mesures sanitaires qui vont au-delà de celles que le gouvernement impose.
(…)
La double vaccination sera exigée pour les locataires de nos résidences. Les membres du personnel et du corps étudiant qui travaillent dans nos cliniques universitaires de santé humaine (…) devront aussi avoir reçu leurs deux doses de vaccin, de même que le personnel de recherche en contact avec des populations vulnérables.
Concrètement, cela signifie que tous les étudiants en sciences de la Santé (dentistes, infirmières, médecins et pharmaciens) ne pourront poursuivre d’ici peu leur formation (et exercer ultérieurement leur profession) à moins d’être complètement immunisés contre le Covid-19.
Publié le 26 août 2021 | Temps de lecture : 9 minutes
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Introduction
Radio-Canada publie ce matin la nouvelle selon laquelle on formera dans chaque école les volontaires qui souhaiteront effectuer des tests rapides, peu importe leur titre d’emploi.
Ceci est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle.
Peu importe le test rapide, il faut moins de quelques minutes pour savoir comment l’utiliser. Donc il est facile d’être prêt pour la rentrée scolaire. C’est là la bonne nouvelle.
Toutefois, une campagne de dépistage digne de ce nom ne doit pas reposer sur le volontariat; chaque direction d’école doit mettre sur pied une brigade d’employés prêts à suspendre leurs tâches courantes pour effectuer systématiquement du dépistage pendant quelques minutes et y donner suite lorsque des cas sont décelés. Puisque le dépistage québécois reposera sur l’impondérable du volontariat, c’est là la mauvaise nouvelle.
L’article de Radio-Canada parle à la fois d’une réserve de 1,7 million de vieux tests salivaires dont les résultats s’obtiennent sur place en quelques minutes et d’autre part, d’une quantité non précisée de nouveaux tests effectués en laboratoire à partir de prélèvements par gargarisme.
Afin de savoir exactement sur quelle technologie reposera le dépistage dans les écoles du Québec, je me suis tapé l’écoute de la conférence de presse du 24 aout dernier (ci-dessus).
En voici les faits saillants.
La mise en quarantaine
A 13:16, le ministre de l’Éducation nous dit que tous les cas déclarés feront l’objet d’une enquête épidémiologique par la direction de la Santé publique régionale.
Les mesures alors décrétées dépendront de différents facteurs :
• la région concernée,
• le nombre de cas dans cette région,
• le fait qu’on porte ou non le masque à l’école dans cette région, et
• le taux de vaccination des élèves.
Concrètement, le directeur de la Santé publique précise à 35:37 que lorsqu’un élève contagieux est décelé, celui-ci doit être retiré du milieu scolaire et s’isoler à la maison durant sa période de contagiosité. Pour le reste de sa classe, cela dépendra du port du masque.
Dans les régions où le port du masque est exigé en classe, les camarades de classe poursuivront leur enseignement puisque la Santé publique estime qu’avec le masque, peu importe la durée du contact avec l’élève atteint, le risque de contagion est faible.
Toutefois, par mesure de prudence, ses camarades de classe seront testés deux fois; une première fois entre le jour 3 et le jour 5, et une seconde fois au jour 7.
Dans les classes où le port du masque n’était pas exigé, il le deviendra. Et les camarades de classe seront également testés deux fois.
Un dépistage voué à l’échec
Avec le Covid-19 ‘classique’, cette stratégie sanitaire aurait peut-être pu fonctionner. Mais avec le variant Delta, cette stratégie est vouée à l’échec. Pourquoi ?
Premièrement parce qu’elle repose sur la présomption que le cas décelé est contagieux depuis le jour où il est testé.
Malheureusement, chez la personne atteinte, le variant Delta se multiple beaucoup plus rapidement que le Covid-19 ‘classique’. Entre le moment où il a attrapé le Covid-19 et le moment où il est devenu contagieux, il s’est écoulé deux jours avec le variant Delta alors qu’il en fallait quatre avec le Covid-19 ‘classique’.
Ce qui veut dire que lorsqu’on teste le reste de la classe au jour 3, les camarades contaminés ont eu le temps de devenir contagieux et que les gens à qui ils ont transmis l’infection deviendront contagieux à leur tour dès le lendemain.
• Les régions sans masque
Là où le port du masque n’était pas exigé, il est trop tard pour l’imposer. En raison de la contagiosité extrême du variant Delta (analogue à celle de la varicelle), un étudiant contamine toute sa classe en un seul jour.
De plus, une personne atteinte par le variant Delta porte une charge virale 1 260 fois supérieure à celle d’une personne atteinte par le Covid-19 ‘classique’.
Concrètement, dans une classe, on pourrait remplacer un écolier atteint du variant Delta par 1 260 écoliers atteints du Covid-19 ‘classique’ et ce serait pareil. Pour les autres élèves, les chances de ne pas être contaminés sont nulles, peu importe l’aération du local.
• Les régions avec masque
Et là où le port du masque était déjà obligatoire, il faut penser que les masques portés par les écoliers du primaire bloquent les grosses gouttelettes respiratoires (les postillons), mais laissent passer le long du nez les minuscules gouttelettes respiratoires (appelées aérosols). Celles-ci ont la manie d’embuer les lunettes de ceux qui portent un masque par temps froid.
Dans quelques jours, la Santé publique révélera les détails de sa politique sanitaire, notamment quant aux repas pris à l’intérieur (alors que les écoliers auront retiré leur masque). On verra alors si les risques de contagion sont aussi faibles qu’on le dit dans les régions où le port du masque est obligatoire dans les aires communes.
L’autorisation des parents
Que serait l’enseignement si l’autorisation des parents était nécessaire chaque fois qu’un professeur veut passer à la page suivante du manuel scolaire ?
À 30:55, le directeur de la Santé publique déclare : “ …on ne fait jamais de test chez les enfants sans obtenir le consentement des parents.”
Les parents qui n’ont pas les moyens financiers de se payer une gardienne ou de quitter temporairement leur emploi pour s’occuper de leur enfant en convalescence n’auront qu’à refuser de donner leur autorisation pour que jamais on n’ait la preuve que leur enfant est contagieux.
Là où le masque n’est pas obligatoire, son imposition devient la ‘punition’ de toute la classe lorsqu’on y trouve un cas. Les parents opposés à cette mesure ont donc intérêt à refuser qu’on teste leur enfant dans l’espoir d’y faire obstacle.
Le dépistage systématique du Covid-19 devrait être obligatoire et systématique deux fois par semaine. Les parents qui s’y opposent en ont le droit. Sauf que leur enfant devrait alors faire ses classes à la maison.
Impréparation et faux tests rapides
À 14:50, le ministre de l’Éducation parle au futur du déploiement dans certaines écoles de tests rapides dès le mois de septembre, et ce graduellement.
Donc, dans l’ensemble du réseau scolaire, rien n’est prêt pour la rentrée, sauf les masques. Cette pandémie se propage depuis plus d’un an et demi et le gouvernement de la CAQ en est à l’étape d’espérer être en mesure d’effectuer un dépistage scolaire graduel dans certaines régions.
Et surprise : parmi tous les tests qu’elle juge rapides, la Santé publique révèle sa préférence à 31:01 :
Ce qu’on va viser le plus possible, c’est d’avoir ce qu’on appelle ‘du gargarisme’, [ce] qui est moins invasif. Surtout s’il faut répéter les tests au jour 3 et au jour 7.
Cette technologie, développée au Québec, consiste à se gargariser avec de l’eau, la recracher dans un gobelet, avant de la transvider dans un tube. Ce dernier doit être expédié à un laboratoire pour analyse.
Avec le variant Delta, la charge virale est telle que ces tests remplacent avantageusement les tests qui nécessitent un prélèvement au fond du nez.
Mais ils ne constituent pas une solution alternative aux tests dont le prélèvement est obtenu par frottis de l’intérieur des joues (que n’importe quel enfant capable de se brosser les dents peut effectuer lui-même). Parmi ces tests, les plus nouveaux donnent des résultats remarquablement fiables en quelques minutes.
Dans le cas d’un test par gargarisme, c’est seulement le prélèvement de l’échantillon qui est rapide. Mais entre le prélèvement et la communication des résultats aux personnes concernées, le temps écoulé s’exprime en jours et non en minutes puisque l’échantillon doit être analysé dans un laboratoire accrédité.
Bref, comme à son habitude, le Dr Arruda induit le public en erreur; les tests par gargarisme ne sont pas de véritables tests rapides.
Conclusion
Face à un variant très contagieux, le socle d’une stratégie sanitaire efficace, c’est la réactivité.
Il faut donc que les directions d’école aient déjà des réserves de vrais tests salivaires rapides. Il en existe dont le taux d’efficacité est de 94 %.
De plus, elles doivent avoir toute la latitude de diriger les brigades chargées de débusquer les cas dès leur apparition et d’appliquer immédiatement les mesures de confinement destinées à limiter la propagation de l’épidémie.
Marquée au fer rouge par la contrôlite, la lourde stratégie sanitaire du Québec à l’école primaire est vouée cette année à l’échec, comme l’a été celle de l’année scolaire 2020-2021, alors qu’en fin d’année, les écoliers et le personnel scolaire représentaient 38,4 % de toutes les personnes officiellement atteintes au Québec.
Avec le variant Delta, on peut anticiper des résultats encore pires.
Publié le 25 août 2021 | Temps de lecture : 4 minutes
Introduction
C’est aujourd’hui qu’est offerte gratuitement — pour iPhone ou iPad compatible — l’application téléphonique du passeport vaccinal québécois.
Le mois prochain, un certificat de double vaccination — en version papier ou électronique — sera requis pour recevoir certains services non essentiels au Québec (accès aux restaurants, bars, salles de spectacle ou de cinéma, etc.).
On dit non essentiels dans la mesure où une personne qui ne peut aller au restaurant, par exemple, pourra toujours se faire livrer des mets à domicile (ou cuisiner elle-même).
À l’opposé, il est hors de question que ce passeport vaccinal soit requis pour recevoir des soins médicaux.
Il est paradoxal de constater que c’est au nom de la liberté que les opposants à cette mesure veulent transformer le pays en prison. En effet, il sera bientôt impossible d’aller à l’Étranger sans avoir une preuve de vaccination complète…
Mode d’emploi
Il y a plusieurs manières d’utiliser VaxiCode. Je vous recommande celle-ci. Elle nécessite trois choses; un ordinateur, une connexion Internet et un appareil mobile sur lequel VaxiCode est installé (ici, mon iPad).
Au cours de son utilisation, VaxiCode aura besoin de lire le code QR de la preuve de vaccination qui vous aura été décernée par le gouvernement du Québec.
Donc avant d’utiliser VaxiCode, il vous faut cette preuve.
Si vous ne l’avez pas encore, à l’aide de votre ordinateur, rendez-vous au site https://covid19.quebec.ca/PreuveVaccinale. On vous demandera de vous identifier et de donner la date où vous avez reçu votre première dose, de même que la marque du vaccin reçu.
Une fois ces étapes franchies, cliquez le bouton qui vous permet de télécharger votre preuve électronique de vaccination.
Cette preuve est un fichier PDF. Si vous double-cliquez sur ce fichier, il s’affichera à l’écran. Sinon, vous pouvez l’imprimer : cette copie pourrait vous être utile ultérieurement. Dans quelques instants, nous aurons besoin de cette preuve, imprimée ou non.
Maintenant, passons à VaxiCode.
En premier lieu, vous donnez votre permission pour que VaxiCovid puisse accéder à votre appareil photo (afin de lire le code QR).
Puis c’est au tour du système d’exploitation de votre appareil mobile de vous demander une confirmation.
Puis vous cliquez le bouton ‘Ajouter une preuve’.
Alors que ce code QR est encore affiché à l’écran de votre ordinateur ou que vous avez devant vous la preuve vaccinale imprimée, approchez le rectangle (ici en noir) du code QR.
VaxiCode prendra deux ou trois secondes pour faire la mise au point et reconnaitra votre code.
VaxiCode vous demandera (au bas de l’écran) d’entrer l’année de votre naissance.
Une fois cela fait, il ne vous reste plus qu’à sauvegarder cette preuve.
Et voilà !
Pour être accepté dans un établissement ou un moyen de transport où le passeport vaccinal est exigé, charger VaxiCode. Par défaut, l’application affichera ce gros rectangle bleu et vert aux coins arrondis semblable à celui ci-dessus.
Il suffit de taper une seule fois du doigt sur ce rectangle (pas ici sur ce blogue, mais dans VaxiCode) sur lequel votre nom est affiché pour que votre code QR apparaisse. Montrez-le au préposé qui l’exige. Il le scannera avec son application VaxiCode Verif et vous laissera passer.
Sous le code QR scanné, il y a un bouton destiné à afficher les détails. Vous n’avez pas à montrer ces détails à quiconque. Mais si cela vous intéresse, vous pouvez cliquer sur ce bouton. Alors que ce dernier a disparu, faites défiler l’écran vers le bas pour voir l’ensemble des détails de la preuve électronique de vaccination que vous avez téléchargé au début de cet article.
L’application VaxiCode peut contenir les preuves de vaccination de plusieurs personnes. Ce qui peut être utile dans les familles où chaque membre ne possède pas son propre téléphone multifonctionnel compatible.
Publié le 24 août 2021 | Temps de lecture : 7 minutes
Introduction
C’est décidé; le port du masque sera obligatoire en tout temps dans les écoles d’une partie du Québec, alors qu’il ne sera obligatoire que dans les aires communes ailleurs.
Mais on n’utilisera pas de scanneurs thermiques à l’entrée des écoles, contrairement à ce que le Japon faisait récemment à ses Jeux olympiques d’été.
On nous dit que la Santé publique ‘songe’ à utiliser des tests salivaires rapides. Elle y songe. Ce qui veut dire qu’elle n’a pas décidé quoi que ce soit. Elle est à l’étape de la réflexion.
S’agit-il des tests rapides à 5$US (dont le taux d’efficacité est d’environ 70 %) ou des nouveaux tests rapides à environ 15$US (dont l’efficacité s’approche de 94 %) ? Apparemment, c’est ni l’un ni l’autre.
À l’écoute attentive de la conférence de presse du Dr Arruda, on finit par comprendre que chez les enfants du primaire, plutôt que de procéder à des prélèvements intimidants par écouvillons dans le nez, on privilégierait de simples prélèvements par gargarisme, plus conviviaux, mais tout aussi lents que des tests PCR parce ces prélèvements par gargarisme ne peuvent être analysés eux aussi qu’en laboratoire.
Or ces tests par gargarisme, on ne les a pas encore en quantité suffisante pour se lancer dès la rentrée dans une campagne généralisée de dépistage.
Tant qu’on en manquera, la Santé publique les réservera là où elle jugera la situation épidémiologique plus préoccupante.
À partir de quand une situation est-elle préoccupante ?
En début de pandémie, le Dr Arruda déclarait qu’il fallait plus craindre la grippe ordinaire que le Covid-19.
Il en était tellement convaincu que quelques semaines plus tard, alors que l’iceberg du Covid s’approchait du Titanic québécois, le capitaine Arruda quittait le navire en chaloupe pour prendre ses vacances personnelles au Maroc.
Et à son retour, quand la ministre de la Santé de l’époque s’inquiétait de savoir si notre provision de masques pour les travailleurs de la Santé était suffisante, le Dr Arruda lui répondait qu’on en avait pour deux ans. Ce qui était vrai si le Covid-19 n’était qu’une gripette. En réalité, on n’en avait que pour 5 à 6 jours.
À partir de l’expérience passée, on peut présumer que la situation sera jugée préoccupante lorsqu’elle sera catastrophique. C’est alors que la Santé publique songera à utiliser des tests salivaires qu’elle dit rapides.
Du songe à la réalité
Lorsqu’elle en aura suffisamment, la Santé publique utilisera ces tests… à la condition d’avoir obtenu le consentement préalable de chaque parent.
Le dépistage systématique du Covid-19 devrait être obligatoire et systématique deux fois par semaine. Les parents qui s’y opposent en ont le droit. Sauf que leur enfant devrait alors faire ses classes à la maison.
L’hypercontagiosité du variant Delta fait qu’il ne faut qu’une journée pour qu’un enfant contagieux contamine toute sa classe.
La contrôlite
En tant que sous-ministre ou de sous-ministre adjoint, le Dr Arruda a été le bras droit de Gaétan Barrette à l’occasion de sa réforme centralisatrice des soins de santé. Et comme lui, il souffre de contrôlite.
D’où sa manie d’interdire ou de rendre impossible toute mesure sanitaire qui va au-delà de ce qu’il a décidé. Comme le fait le gouverneur Ron DeSantis en Floride.
Or, la réactivité est la pierre d’assise d’une lutte efficace contre le variant Delta.
Les écoles ne sont pas autorisées à effectuer elles-mêmes le dépistage du Covid-19; lorsqu’un directeur d’école soupçonnera une éclosion dans son établissement, il devra en aviser la Santé publique de sa région.
Mais la réponse de la Santé publique ne sera pas automatique.
Selon Radio-Canada, la Santé publique prévoit de moduler, voire d’adapter ses enquêtes en fonction de nouveaux critères soit le nombre de cas dans cette région, le fait que les élèves portent ou non le masque ou encore le taux de vaccination des adolescents dans l’établissement concerné lors d’éclosions ou de cas positifs.
Que d’empressement…
Si elle n’est pas débordée par le nombre de foyers d’éclosion qui surgiront un peu partout, celle-ci dépêchera une ou plusieurs infirmières pour évaluer la situation.
Tant qu’on ne disposera pas des tests par gargarisme, seules des infirmières dépêchées par la Santé publique effectueront les prélèvements chez les élèves du primaire.
De plus, comme on l’a vu, il est hors de question pour elles de faire passer un test de Covid-19 à un élève sans avoir obtenu l’autorisation préalable de ses parents.
À mettre des bâtons dans les roues du dépistage à l’école, le fait-on exprès pour que tous les écoliers du primaire attrapent le Covid-19 et, de retour à la maison, contaminent leurs familles respectives ?
En début de pandémie, la Santé publique soutenait qu’il fallait ‘laisser se développer l’immunité naturelle’. En d’autres mots, on devait laisser les gens attraper le Covid-19 pour qu’ils s’en immunisent à la dure. Cette capitulation à la pandémie faisait office de doctrine sanitaire.
C’est la même doctrine qu’on applique aujourd’hui à l’école primaire.
Avec le variant Delta, la charge virale chez les personnes atteintes est 1 260 fois plus élevée que chez les personnes atteintes par les souches ancestrales du Covid-19. Du coup, n’est pas nécessaire de passer l’écouvillon dans la gorge pour effectuer in prélèvement; un frottis strictement buccal suffit.
N’importe quel enfant capable de se brosser les dents peut tout autant passer un écouvillon à l’intérieur de ses joues et de le donner à son professeur. Et il ne faudra que quelques minutes à ce dernier pour savoir si l’enfant est atteint du Covid-19… s’il dispose de vrais tests rapides.
Et si cet enfant est atteint, celui-ci passe la journée dans une salle d’isolement dans l’école en attendant le retour de ses parents à la maison, plutôt que d’aller en classe contaminer tous ses camarades.
Voilà comment mener une lutte sanitaire caractérisée par la réactivité.
Jusqu’ici, la lutte sanitaire au Québec a été un fiasco; il y a eu 2,5 fois plus de morts par million d’habitants au Québec que dans les provinces anglophones du pays.
Publié le 20 août 2021 | Temps de lecture : 5 minutes
Introduction
Six semaines après l’arrivée du Covid-19 au Québec, le deuxième volet du texte Les mystères du Covid-19 répondait à la question que tous se posaient : comment et quand ce virus se propage-t-il ?
Ce texte soutenait que le Covid-19 s’attrapait en respirant les gouttelettes respiratoires de personnes contagieuses et que le nez de même que la gorge constituaient les sites d’incubation du virus.
Alors que les petites gouttelettes respiratoires (appelées aérosols) peuvent se déposer partout dans l’arbre respiratoire, les grosses gouttelettes (appelées postillons) ne vont pas au-delà du nez et de la gorge.
Or si les unes et les autres contiennent la même concentration de virus par millilitre lorsqu’ils proviennent d’une même personne contagieuse, les postillons, en raison de leur taille, en contiennent plus par gouttelette.
Cela entraine deux corollaires :
• le rôle prépondérant (mais non exclusif) des postillons dans la propagation de la pandémie, et
• l’efficacité des masques liée à leur capacité de bloquer totalement les postillons (en dépit de leur efficacité moindre à bloquer les aérosols).
Deux études récentes complètent nos connaissances au sujet de la transmission de l’épidémie.
L’étude de Cape Cod
Au début du mois, l’étude de Cape Cod révélait que la quantité de virus dans le nez et la gorge des personnes atteintes par le variant Delta était analogue, qu’on soit vacciné ou non.
Puisqu’il n’y avait pas d’analyse statistique dans cette étude, on doit éviter de prendre ses résultats à la lettre. Ce qu’il faut retenir, c’est que la vaccination n’empêche pas la colonisation rapide du nez en début de contamination.
En d’autres mots, la colonisation du variant Delta dans le nez est tellement rapide que même lorsque le système immunitaire se met en branle après avoir détecté le virus, celui-ci a eu le temps d’envahir un grand nombre de cellules épithéliales du nez et de fabriquer des millions de copies.
L’étude de Berlin
L’humain se protège contre le Covid-19 à l’aide d’une multitude de cellules immunitaires spécialisées.
Une équipe de chercheurs de Berlin et de Leipzig ont étudié en quoi les muqueuses du nez des adultes et des mineurs pouvaient se distinguer, notamment quant à leur composition en cellules immunitaires.
Pour ce qui est des récepteurs à Covid-19 (les récepteurs ACE2a), ils étaient aussi nombreux chez les adultes que chez les mineurs. Donc la plus grande vulnérabilité des adultes ne dépendait pas de leur concentration.
L’étude portait sur 86 personnes de 4 à 77 ans réparties en quatre groupes presque égaux : 18 mineurs et 23 adultes qui n’étaient pas atteints par le Covid-19, puis 24 mineurs et 21 adultes atteints légèrement ou modérément.
Chez les mineurs, qu’ils soient atteints du Covid-19 ou non, on observe, dans leur muqueuse nasale, une grande quantité des trente-trois types de cellules immunitaires mesurés par les chercheurs, particulièrement des neutrophiles (une sorte de globules blancs).
Au contraire, dans la muqueuse du nez des adultes sains, on trouve rarement des cellules immunitaires. Mais dès qu’ils étaient infectés, le nez de ces adultes recevait en renfort de grandes quantités de cellules immunitaires.
Un vaccin nasal
Contre les virus respiratoires (l’influenza, par exemple), on possède déjà des vaccins qu’on administre par vaporisation nasale.
Contre le virus du SRAS (apparenté à celui du Covid-19), on avait déjà commencé à mettre au point un vaccin par voie nasale. Effectuées chez la souris, ces recherches ont été interrompues avec la fin de la pandémie au SRAS.
Il aurait lieu de reprendre ces recherches dans le but de mettre au point un vaccin d’appoint aux vaccins actuels.
Un vaccin nasal ne remplacerait pas les vaccins intramusculaires, mais servirait exclusivement à rendre la muqueuse nasale des adultes totalement réfractaire au Covid-19. Et ce dans le but de permettre au système immunitaire d’avoir le temps de se mettre en branle en cas de contagion.
Or une des raisons qui expliquent l’extrême contagiosité du variant Delta est la rapidité de sa propagation; entre l’instant où une personne attrape le Covid-19 et le moment où elle se met à contaminer les autres, il ne s’écoule que 2,6 jours alors qu’il faut 5,7 jours avec le Covid-19 ‘classique’.
Puisque le nez est presque toujours l’incubateur du Covid-19 avant que le virus se lance à l’assaut des poumons, tout ce qui retarde sa prolifération dans le nez est capital dans la lutte contre ce virus.
Publié le 14 août 2021 | Temps de lecture : 5 minutes
Introduction
La semaine dernière, le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) publiait la version définitive d’une étude au sujet du variant Delta réalisée à Cape Cod.
Cette étude a fait sensation parce qu’elle révélait que vacciné ou non, on est autant la cible du variant Delta. De plus, l’étude suggérait que l’immunité grégaire était impossible à atteindre avec ce variant.
Mais cette étude possède deux défauts.
Le premier est que les chercheurs n’ont pas expliqué comment ils ont trouvé les 469 cas sur lesquels l’étude est basée. Le second est qu’aucun de ses résultats n’est statistiquement significatif pour la simple et bonne raison que l’étude n’a pas fait l’objet d’une analyse statistique.
Ces lacunes sont compensées par une étude anglaise réalisée par l’Imperial College de Londres. Il est à noter, dans celle-ci, le vaccin le plus utilisé fut celui d’AstraZeneca (non homologué aux États-Unis).
Résultats de l’étude de Londres
REACT-1 (ou REal-time Assessment of Community Transmission of coronavirus) est une série d’études prospectives réalisées par l’Imperial College.
Chaque mois, 150 000 Anglais de plus de cinq ans sont invités à participer à l’étude. Ceux-ci sont choisis aléatoirement.
Chacun d’eux reçoit à domicile un nécessaire destiné à prélever un peu de salive et à retourner l’échantillon dans les plus brefs délais aux autorités sanitaires.
Entre le 24 juin et le 12 juillet 2021, 98 233 prélèvements furent retournés, dont 527 s’avérèrent positifs (au variant Delta dans tous les cas). Soit une prévalence pondérée — c’est-à-dire un taux d’infection parmi la population générale — de 0,63 %.
En d’autres mots, un Anglais sur 159 est actuellement atteint par le Covid-19.
Selon l’âge, le taux d’infection fut de :
• 1,02 % chez les 5 à 12 ans,
• 1,56 % chez les 13 à 17 ans,
• 1,56 % chez les 18 à 24 ans,
• 0,72 % chez les 25 à 34 ans,
• 0,61 % chez les 35 à 44 ans,
• 0,46 % chez les 45 à 54 ans,
• 0,31 % chez les 55 à 64 ans.
• 0,25 % chez les 65 à 74 ans, et
• 0,17 % chez les 75 ans et plus.
À part les 5 à 12 ans (pour lesquels aucun vaccin n’est homologué), cette contamination au Covid-19 est inversement proportionnelle aux taux de vaccination.
Chez les jeunes de 5 à 12 ans — en gros, l’âge des élèves du primaire — la prévalence pondérée était presque le double de la population en général, soit 1,02 %.
De tous les groupes d’âge, le taux de contamination le plus élevé fut trouvé chez les 13 à 24 ans.
La moitié des personnes infectées avaient entre 5 et 24 ans alors que ce groupe d’âge ne représente que le quart de la population anglaise.
Selon les auteurs :
« En période de rapide propagation de l’infection, toute intervention qui cible les jeunes aurait un impact [positif] disproportionné dans le ralentissement de la pandémie.»
La proportion des personnes atteintes par le Covid-19 était trois fois moins importante chez ceux qui étaient vaccinés en comparaison avec ceux qui ne l’étaient pas (0,40 % vs 1,21 %).
Cela protection du vaccin n’est pas de 100 %. Si tel était le cas, tous les prélèvements réalisés chez des vaccinés auraient été négatifs. Et au contraire, si le vaccin était inefficace, on aurait trouvé la même proportion de prélèvements positifs chez les vaccinés que chez les non-vaccinés.
En tenant compte cela, on a calculé qu’au cours des trois semaines de l’étude anglaise, 44 % des cas concernaient des personnes complètement vaccinées. Ce qui correspond à une sous-représentation des vaccinés puisque le taux de vaccination complète dans ce pays est de 59,2 % (au 12 aout 2021).
Cette protection diffère selon la sévérité de l’infection. Heureusement, elle est de plus de 90 % contre les effets graves de la pandémie. Cette protection diminue à 59 % lorsqu’on inclut les cas légers. Et elle tombe à 49 % lorsqu’on considère tous les cas, y compris les asymptomatiques.
Discussion
Au début de la pandémie, lorsqu’on disait qu’un vaccin était efficace à moins de 100 %, mais qu’il ne causait aucun mort ni aucune hospitalisation, cela signifiait que ce vaccin, lorsqu’il échouait, ne causait que des symptômes légers ou pas de symptômes du tout.
Depuis l’apparition du variant Delta, dans certains États américains, toutes les personnes qui décèdent du Covid-19 et toutes celles qui sont aux soins intensifs sont des non-vaccinés.
Sur les milliards de doses administrées à travers le monde, on a trouvé des cas extrêmement rares de personnes complètement vaccinées qui décédèrent quand même du Covid-19.
Mais l’étude de Cape Cod, de même que celle de l’Imperial College de Londres, démontrent qu’avec le variant Delta, les vaccins actuels protègent moins contre une contamination légère ou anodine du Covid-19.
Quant à savoir si les vaccinés qui attrapent ce variant peuvent le transmettre aux autres, il est raisonnable de le présumer même si ces deux études n’en apportent pas la preuve formelle.