Le parc Jean-Drapeau (1re partie)

Publié le 13 août 2025 | Temps de lecture : 5 minutes
(c) 2025 — Google Earth

Introduction

D’une superficie de 2 km², le parc Jean-Drapeau est formé de deux iles situées au nord-est du centre-ville de Montréal; l’ile Sainte-Hélène et l’ile Notre-Dame.

Cette dernière est une ile artificielle, crée pour l’Expo67 à partir des 28 millions de tonnes de gravats provenant de l’excavation du métro de Montréal (qu’on construisait à la même époque).

Ces débris servirent également à agrandir considérablement la superficie de l’ile Sainte-Hélène.

Le premier texte de cette série présente une promenade informelle dans la partie nord de l’ile Sainte-Hélène.

Avant-propos historique au sujet de l’ile Sainte-Hélène

C’est en 1611 que Samuel de Champlain donna à l’ile son nom en l’honneur de son épouse, Hélène de Champlain (née Boullé).

Il est à noter que la rubrique française de Wikipédia prétend que l’ile Sainte-Hélène aurait été fréquentée entre 1200 et 1600 de notre ère par les Iroquois, une affirmation qu’on ne retrouve pas dans la version anglaise de l’encyclopédie.

Cette affirmation s’appuie erronément sur un document de la ville de Montréal qui affirme, avec raison, que les Autochtones qui habitaient l’ile avant l’arrivée des Européens était les Iroquoiens du Saint-Laurent, un peuple faisant partie (tout comme les Iroquois) de la famille iroquoienne, mais distinct d’eux puisque ces derniers habitaient plutôt dans le nord de la Nouvelle-Angleterre d’aujourd’hui.

Le nord de l’ile Sainte-Hélène

La Ronde

L’ile Ronde est la plus grande des deux iles qui ont été fusionnées à l’ile Sainte-Hélène lors de son agrandissement.

Elle a donné son nom au grand parc d’attractions aménagé sur la pointe nord de l’ile Sainte-Hélène actuelle, c’est-à-dire précisément là où se trouvait autrefois l’ile Ronde (voir le point 1 sur la carte).


Le fort de l’ile Sainte-Hélène

À la suite de la guerre canado-américaine de 1812-1814 — que les Américains ont perdu — on décida de créer un réseau de fortifications afin de mieux protéger la colonie contre nos belliqueux voisins.

À cette fin, les autorités britanniques achetèrent en 1818 l’ile Sainte-Hélène de la famille Le Moyne (qui en était propriétaire depuis 1665) afin d’y construire (de 1820 à 1824) une forteresse destinée à protéger ce qui était, à l’époque, la plus importante ville du Canada.

À vol d’oiseau, cette forteresse adopte la forme d’un large U ouvert sur la ville (point 2).

En plus de la forteresse proprement dite, les installations comprenaient une poudrière, une armurerie et des casernes pouvant loger 274 soldats.

Si le fleuve Saint-Laurent passe de part et d’autre de l’ile, c’est que celle-ci est formée d’une roche, nommée brèche, plus dure que le granite qui eut partiellement raison de l’érosion des glaciers.

À l’extraction, cette pierre est gris pâle. Mais exposée à l’air, elle s’oxyde et devient brun rougeâtre.

C’est ce matériau qui servit à ériger les installations militaires de l’ile.

Aujourd’hui fermé, le fort connut plusieurs vocations successives dont celui d’abriter le Musée militaire et maritime de Montréal (ou musée Stewart) jusqu’en 2021.

Le phare

Un premier phare a été construit sur l’ile Sainte-Hélène en 1907. Quatre années plus tard, il fut remplacé par cette tour carrée, en béton armé, haute de 14,6 mètres (point 3).

Quelques décennies plus tard, son appareillage lui fut retiré. Depuis, il se dégrade lentement.


Sur le chemin du Tour de l’ile

Long de 10,5 km, le chemin du Tour de l’ile comprend deux boucles qui se jettent l’une dans l’autre.

Un premier parcours commence au sud du pont Jacques-Cartier et longe la partie occidentale de l’ile.

Un autre parcours effectue une boucle complète qui débute lui aussi au sud du pont et descend jusqu’au niveau du complexe aquatique pour revenir à son point de départ (point 4).

La Grande poudrière

À l’époque où le fort de l’ile était opérationnel, la Grande poudrière servait d’entrepôt de munitions. Puisqu’elle devait résister à des bombardements ennemis, ses murs font trois mètres d’épaisseur.

L’édifice a été occupé par le théâtre de la Poudrière de 1958 à 1982. Il est abandonné depuis (point 5).



Les étangs de la Grande poudrière

Au cours des deux dernières années, la ville de Montréal s’est affairée à réhabiliter les étangs de la Grande poudrière (point 6). Ceux-ci sont constitués d’une série de trois bassins se jetant les uns dans les autres et totalisant trois-cents mètres.

Même si cette réhabilitation ne sera complétée que dans quelques semaines, on peut déjà affirmer qu’il s’agit-là d’une parfaite réussite; dès l’été prochain, il est à prévoir que de nombreux Montréalais se rendront dans cet endroit enchanteur en quête de fraicheur et de tranquillité.

La chute d’eau

Les étangs de la Grande poudrière sont alimentés par l’eau provenant de la tour de Lévis.

La tour de Lévis

Cet édifice a fait l’objet d’un texte séparé publié hier (point 7).

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet + objectifs M.Zuiko 40-150 mm R (4e photo), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (5e et 6e photos), Lumix 14-45 mm (8e et 10e photos) et PanLeica 8-18 mm (les autres photos) + les filtres de l’infrarouge Jaune 3629.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La tour de Lévis

Publié le 11 août 2025 | Temps de lecture : 1 minute




 
À la suite de la crise économique de 1929, les pouvoirs publics entreprirent de grands travaux afin de combattre la misère qui accompagna la Grande Dépression. Construite vers 1936, la tour de Lévis fit partie de ces chantiers.

Abritant un château d’eau — c’est-à-dire une citerne alimentant l’aqueduc de l’ile Sainte-Hélène — cette tour d’une trentaine de mètres fut nommée en l’honneur de François Gaston duc de Lévis, responsable de la défense de la Nouvelle-France après la mort de Montcalm en 1759.

En rénovation depuis le début de la pandémie, la tour rouvrira ses portes à la fin de cet été ou au début de l’été prochain.

Son escalier intérieur de 157 marches permettra alors l’accès à la terrasse d’observation située à son sommet.

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet + objectif Pan-Leica 8-18mm + les filtres de l’infrarouge Jaune 3629.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La fontaine Wallace de l’ile Notre-Dame

Publié le 10 août 2025 | Temps de lecture : 3 minutes


 
À 18 ans, le marquis Richard Seymour-Conway rend enceinte Agnes Jackson (née Wallace). Même si le jeune marquis ne reconnaitra jamais la paternité de son fils illégitime (sauf dans son testament), il prit soin de l’enfant tout au long de sa vie.

Ce fils portera le même prénom que son père biologique (Richard) et utilisera le patronyme à la naissance de sa mère (Wallace).

Élevé par sa grand-mère paternelle, Richard Wallace quittera en 1826 l’Angleterre pour Paris, où les Seymour-Conway possédaient quelques propriétés.

C’est dans cette ville qu’il fit connaissance avec des écrivains et des peintres qui avaient pris l’habitude de se réunir à l’hôtel de Lauzun, sur l’ile Saint-Louis.

À la mort de son père biologique en 1870, il hérite de sa fortune, estimée à soixante-millions de francs (équivalent à 240 millions d’euros).

Or cette année-là, la guerre franco-prussienne éclate. Et Richard Wallace, profondément francophile, restera à Paris assiégée plutôt que de se réfugier dans une de ses nombreuses résidences.

À l’occasion de cette guerre, plusieurs aqueducs ont été détruits. Si bien qu’en 1872, seulement 59 % des Parisiens reçoivent l’eau dans leur logement.

C’est ce qui motiva Richard Wallace à faire installer des fontaines pour permettre l’approvisionnement de tous les quartiers de la ville.

Même de nos jours, les fontaines Wallace permettent aux sans-abris de la capitale de se désaltérer gratuitement.


 
Conçues par Richard Wallace et légèrement améliorées par le sculpteur Charles-Auguste Lebourg, les fontaines Wallace sont en fonte, généralement peintes en vert (puisque c’était la couleur du mobilier urbain de Paris à l’époque).



 
Sur un socle à huit côtés, quatre cariatides — allégories de la Simplicité, de la Bonté, de la Sobriété et de la Charité — se tournent le dos et soutiennent un dôme surmonté d’une pointe et décoré de dauphins.

À l’occasion de l’Expo67, la ville de Paris a donné une de ses fontaines Wallace à la ville de Montréal.

Celle-ci fut installée sur l’ile Notre-Dame, dans le voisinage du pavillon de la France (qui, de nos jours, abrite le Casino de Montréal).

Références :
Fontaine Wallace
Guerre franco-allemande de 1870
Liste des fontaines Wallace de Paris
Les fontaines Wallace (1872-2012) : hygiène, esthétique et patrimoine
Richard Wallace (collectionneur)

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet + objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + les filtres de l’infrarouge Jaune 3629.

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Les mosaïcultures de Montréal en infrarouge Jaune 3629

Publié le 3 août 2025 | Temps de lecture : 3 minutes
Logo de l’Expo67

La mosaïculture est l’art d’assembler différents matériaux afin de réaliser des sculptures végétales selon un dessin préétabli. Les plantes sont choisies selon la couleur de leurs fleurs ou de leur feuillage, de même que pour le caractère régulier et prévisible de leur croissance.

L’idée d’organiser des Mosaïcultures internationales — comme on organise des expositions universelles — est née à Montréal. Et c’est dans notre ville que fut organisé en 2000 le premier évènement du genre.

Montréal en fut l’hôte de nouveau en 2003 et en 2013. Cette dernière connut un succès retentissant dont témoignent les reportages photographiques publiés sur ce blogue.

Pour célébrer le 25e anniversaires des toutes premières Mosaïcultures internationales (celles de 2000), la ville de Montréal présente jusqu’au 31 octobre deux des trois chefs-d’œuvres qui l’ont représenté jusqu’ici, soit La Terre-Mère et L’Homme qui plantait des arbres.

Seul manque L’Arbre aux oiseaux qui, en 2013, était la plus monumentale mosaïculture réalisée à ce jour.

Début du parcours des mosaïcultures

À noter : la taille des mosaïcultures comparée à celle des humains

L’Homme qui plantait des arbres

La nouvelle homonyme de Jean Giono, publiée en 1953, fut la source d’inspiration du film d’animation que Frédéric Back réalisa 35 ans plus tard et qui fut oscarisé en 1988.

C’est ce dernier qui dessina la mosaïculture ci-dessus. Elle représenta Montréal aux Mosaïcultures internationales d’Hamamatsu, au Japon, en 2009, où elle fut récompensée du Grand Prix d’honneur.




La Terre-mère

Haute de onze mètres, l’œuvre représente la Nature laissant s’écouler de son bras une cascade d’eau, source de toute vie.

Représentant la ville hôte aux Mosaïcultures internationales de 2013, cette sculpture fut récompensée à cette occasion du Grand Prix du public et du prix Frédéric-Back.

Petits détails pour les photographes. Les mosaïcultures demandent beaucoup de soin. En effet, les plantes qui les décorent doivent souvent être remplacées. Or cette tâche s’effectue en début de journée, alors que l’achalandage est moindre.

Pour éviter qu’un bras mécanique et une nacelle apparaissent sur vos photos, il vaut mieux visiter les mosaïcultures en après-midi. Par contre, si vous voulez capter ce rayon de soleil qui éclaire l’arbre que plante Elzéard Bouffier, il vaudra vous présenter tôt le matin.

Comme quoi on ne peut pas tout avoir dans la vie…



Centre d’information

L’exposition comprend également un petit centre d’information.

N’arrivant pas à choisir entre les trois photos ci-dessus, j’ai décidé de les publier toutes. Libre à vous de choisir votre préférée.

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet + objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + les filtres de l’infrarouge Jaune 3629.

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Les Jardins Gamelin en infrarouge Jaune 3629

Publié le 28 juillet 2025 | Temps de lecture : 2 minutes



 
Le parc situé à la station de métro Berri-UQAM porte le nom de ‘Jardins Gamelin’ en honneur d’Émilie Gamelin, fondatrice des Sœurs de la Providence de Montréal (la première congrégation religieuse québécoise).

Délimité par le boulevard de Maisonneuve au nord, la rue Sainte-Catherine au sud, la rue Saint-Denis à l’est, et la rue Berri à l’ouest, ce parc se compose de quatre bandes parallèles qui se succèdent du nord au sud.

La première est en terre battue. À l’ombre de ses arbres matures, on vient y piqueniquer en famille.



 
La deuxième section est une pelouse en pente légère décorée de trois hautes sculptures-fontaines.


 
La troisième est totalement minérale. D’ouest en est, on y trouve des jeux de société (jeu d’échecs géant, jeu de poche, table de pingpong, etc.), des tables munies de parasols, des casse-croutes et une toilette automatique (ci-dessus).




 
La quatrième se prolonge en été sur la rue Sainte-Catherine (devenue piétonnière). On y trouve d’autres jeux de société.

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet + objectifs Lumix 14-45 mm (5e et 6e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos) + les filtres de l’infrarouge Jaune 3629.

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Le Jardin japonais en infrarouge Jaune 3629

Publié le 23 juillet 2025 | Temps de lecture : 1 minute


Pavillon culturel du Jardin japonais

D’une superficie de 2,5 hectares, le Jardin japonais a été créé en 1988 par l’horticulteur Takeshi Nakajima (1914-2000).

Dessiné par l’architecte Hisato Hiraoka, son pavillon culturel présente des expositions temporaires au sujet de la culture japonaise, un jardin de roches, des lieux de méditation et une bibliothèque.

Pour éviter que le soleil décolore les objets présentés dans sa salle d’exposition (à l’arrière), le pavillon culturel l’a équipée à prix d’or de grandes fenêtres qui bloquent le rayonnement infrarouge. D’où cette teinte particulière révélée ici.















Cliquez sur une photo pour l’agrandir

Détails techniques des photos à l’infrarouge Jaune 3629 : Appareil Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet + objectifs Lumix 14-45 mm (3e, 7e, 8e, 9e, 12e, 13e, 15e, 16e et 17e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos) + les filtres de l’infrarouge Jaune 3629.

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Le pré-traitement des photos infrarouges prises à l’aide du filtre l’IR Chrome Lite

Publié le 21 juillet 2025 | Temps de lecture : 2 minutes


 
Sans balance des blancs personnalisée (ou sans un post-traitement laborieux), les photos prises à l’aide du filtre IR Chrome Lite sont excessivement bleutées.

Y a-t-il un moyen de corriger ce défaut ?


 
Pour que les photos prises à l’IR Chrome Lite soient utilisables telles quelles ou presque — avec la balance des blancs automatique de l’appareil photo et un post-traitement léger, tout au plus — il suffit de combiner l’IR Chrome Lite avec un deuxième filtre, soit le KR15 de la marque B+W.

J’ai testé les filtres KR3, KR6, KR12 de cette marque et c’est le KR15 de B+W qui donne les meilleurs résultats.


 
En poursuivant mes recherches, je me suis rendu compte qu’on pouvait obtenir un résultat encore meilleur en superposant un KR15 et un KR3.

Contrairement à ce qu’on peut lire sur l’internet, le filtre KR15 n’est pas l’équivalent d’un filtre 85B. À l’œil nu, le KR15 est un filtre ambre moyennement foncé alors que le 85B est un filtre orange brûlée plus clair.


 
En photographie infrarouge, leurs résultats sont différents.

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet + objectif Lumix 14-42mm + filtre interne IR Chrome Lite.

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L’infrarouge Jaune 3629 au cimetière Notre-Dame-des-Neiges

Publié le 14 juillet 2025 | Temps de lecture : 1 minute

Monument de la famille Berthiaume
Une allée du cimetière

Monument à George-Étienne Cartier

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet + objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + les filtres de l’infrarouge Jaune 3629.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’IR Chrome Lite au lac aux Castors

Publié le 6 juillet 2025 | Temps de lecture : 1 minute






 
À l’exclusion de la troisième photo — développée à l’aide d’une balance des blancs personnalisée — les autres photos l’ont été par une méthode plus compliquée. Celle-ci vise à révéler le polychromatisme végétal dont le filtre IR Chrome Lite est capable.

C’est ainsi que les conifères sont anthracite, les feuillus généralement orangés, tandis que l’herbe adopte différentes teintes.

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet + objectif Lumix 14-42mm + filtre interne IR Chrome Lite
1re photo : 1/1250 sec. — F/4,0 — ISO 160 — 17 mm
2e  photo : 1/320 sec. — F/5,4 — ISO 160 — 31 mm
3e  photo : 1/400 sec. — F/4,0 — ISO 160 — 14 mm
4e  photo : 1/640 sec. — F/5,4 — ISO 160 — 30 mm
5e  photo : 1/1250 sec. — F/5,4 — ISO 160 — 30 mm

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Le post-traitement ‘polychromatique’ des photos prises à l’aide du filtre l’IR Chrome Lite

Publié le 14 juin 2025 | Temps de lecture : 5 minutes
Au Jardin japonais

Voici la photo emblématique du post-traitement ‘polychromatique’ des photos prises à l’aide du filtre IR Chrome Lite. Elle montre l’étendue de la palette de couleurs dont est capable ce filtre.

En effet, cette photo n’a pas été coloriée artificiellement; la variété des couleurs qu’on y voit est due à un post-traitement qui s’est appliqué à révéler la polychromie latente dans l’image.

Mais ce n’est pas sur elle que nous allons procéder ici. La photo choisie en est une autre, prise au même endroit moins d’une minute plus tard.


 
Notre didacticiel d’aujourd’hui est basé sur cette photo-ci, dont voici l’aspect originel.

En ouvrant n’importe quelle photo sous Lightroom, la toute première question à se poser concerne la luminosité générale de l’image.

Selon le souvenir que vous avez conservé de la scène photographiée, l’image que vous voyez sous Lightroom, est-elle est trop pâle ou trop foncée ?

Dans ce cas-ci, ce pavillon japonais a été photographié par un bel après-midi ensoleillé. Or la photo ci-dessus est trop foncée.

La première étape : l’exposition


 
Notre première étape sera donc d’augmenter l’exposition de la photo. Comme si on pouvait rétroactivement augmenter l’ouverture du diaphragme de notre appareil photo.

La deuxième étape : l’histogramme

Notre deuxième étape est basée sur l’histogramme. On le trouve dans le coin supérieur droit de l’interface de Lightroom.

Si l’extrémité gauche de la courbe ne touche pas le côté gauche de l’histogramme, il faut déplacer le curseur des ‘noirs’ vers la gauche jusqu’à ce que le bout de cette courbe le touche. En pareil cas, la photo perd alors le voile laiteux qui la recouvrait.

Si, au contraire, cette courbe s’appuie déjà fortement sur le côté gauche de l’histogramme, on doit pousser le curseur des ‘noirs’ vers la droite, de manière à corriger cette sous-exposition.

D’autre part, cette courbe doit également toucher le côté droit de l’histogramme. Si ce n’est pas le cas, il faut déplacer le curseur des ‘blancs’ vers la droite jusqu’à ce que le bout de la courbe y touche.

Si, au contraire, cette courbe s’appuie déjà fortement sur le côté droit de l’histogramme, on doit pousser le curseur des ‘blancs’ vers la gauche, de manière à corriger cette surexposition.

Dans le cas précis de notre photo, l’augmentation de l’exposition a rendu superflue cette deuxième étape puisque dès nous avons augmenté la luminosité de l’image, la courbe s’étendait parfaitement d’un bord à l’autre de l’histogramme.

La troisième étape : la saturation

J’aime bien augmenter la saturation des photos prises avec ce filtre. Ici, la saturation a été haussée de 82 %.

Toutefois, malgré des améliorations apportées jusqu’ici, on peut voir que le gravier et la pierre qui enjambe le ruisseau, de même que le revêtement du toit du pavillon japonais sont trop bleutés.

La quatrième étape : peaufiner les couleurs


 
Pour réprimer sélectivement le bleu dans l’image, il faut utiliser des outils de Lightroom qui se trouvent plus bas, du côté droit de son interface.

Pour la grande majorité des photos prises avec IR Chrome Lite, il suffit de diminuer de manière draconienne la saturation du bleu. Ce qui a eu pour effet de pâlir les objets qui étaient bleutés. Pour compenser, on diminuera leur ‘luminance’.

Il arrive parfois qu’on doivent aussi atténuer légèrement le cyan (que Lightroom appelle le bleu-vert).

Par ailleurs, si un ciel dégagé apparait sur la photo, on le rend gris pâle en désaturant le bleu. Pour restaurer sa couleur d’origine, il faudra — à l’aide d’un logiciel comme Photoshop — combiner le ciel d’une version avec le reste de l’image d’une autre version.


La première des deux photos ci-dessus montre le résultat obtenu par le post-traitement ‘polychromatique’ alors que la seconde est le fruit du post-traitement ‘monochromatique’.

À mon avis, le post-traitement présenté aujourd’hui est préférable puisqu’il respecte la légère polychromie végétale que permet IR Chrome Lite alors que l’ensemble de la végétation devient monochrome lorsqu’on recourt à une balance des blancs personnalisée.

Ceci étant dit, seule une minorité de mes photos se prêtent à ce post-traitement. Si on examine l’aspect final de la photo et si on le compare avec son aspect d’origine, on voit que la polychromie était subtilement présente au départ dans l’image et que le post-traitement ‘polychromatique’ n’a fait que la révéler.

Before imageAfter image

Note : Pour comparer ces deux photos en mode plein écran, veuillez cliquer sur ceci.

D’autres exemples

Vers l’Insectarium de Montréal
Au cimetière Notre-Dame-des-Neiges
Monument funéraire à l’écrivain Louis Fréchette
Esplanade du Palais des Congrès
Au parc linéaire de la Commune

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet + objectif Lumix 14-42mm + filtre interne IR Chrome Lite.

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Écrit par Jean-Pierre Martel