Payer pour l’annuaire téléphonique

Publié le 3 juin 2011 | Temps de lecture : 2 minutes


 
Contrairement aux Pages jaunes, les annuaires téléphoniques ordinaires ne comportent que très peu de publicité. Conséquemment, ils ne sont pas rentables.

Il est beaucoup plus simple de taper « XYZ est, rue Sherbrooke Montréal » dans le moteur de recherche de Google que d’avoir à tourner les pages d’un annuaire. Conséquemment, ils sont de moins en moins utilisés. La dernière fois que j’ai consulté les Pages blanches, c’était il y a plusieurs années.

Ils ne sont utiles qu’aux personnes qui n’ont pas d’ordinateur ou qui n’ont pas encore découvert les bénéfices de l’internet. Mais d’une manière ou d’une autre, c’est nous tous qui payons pour l’impression de ces bouquins généralement inutiles.

Or ceux-ci représentent des tonnes de papier. Dans le meilleur des cas, ces annuaires finiront dans des bacs de recyclage. Mais il y a une solution encore plus respectueuse de l’environnement : c’est d’en imprimer moins.

C’est pourquoi il serait sage de cesser la distribution systématique des Pages blanches et de réserver ces imprimés qu’à ceux qui voudront payer pour en obtenir un exemplaire.

Référence :
Phone-book delivery disappearing

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Norvège, championne de l’hydroélectricité

Publié le 30 mai 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

Les Norvégiens disposent d’un des niveaux de vie parmi les plus élevés au monde. Cette prospérité, la Norvège la doit à ses richesses naturelles, dont le pétrole et le gaz naturel.

À lui seul, le secteur pétrolier compte pour la moitié des exportations du pays; la Norvège est le 14e plus important producteur — et le 9e plus important exportateur — de pétrole au Monde. Quant au gaz naturel, la Norvège se classe au deuxième rang des pays exportateurs.

Afin de dissuader sa consommation intérieure (et de maximiser ses exportations), la Norvège taxe le pétrole destiné à ses citoyens au point qu’il y est le plus cher d’Europe : le litre d’essence sans plomb s’y vend — en dollars canadiens — 2,52$ alors qu’il est de 2,20$ en Allemagne et de 2,23$ en France.

Conséquemment, l’automobile électrique y fait fureur. De plus, l’électricité est y produite principalement à partir de la force motrice des eaux.


Pourcentage de l’hydrolique dans la production nationale d’électricité

Références :
Anonyme, Quelles énergies propres en 2020 ?, La Revue, 2011; 12: 52.
Norvège
Norway
Prix de l’essence: quand on regarde leur gazole, on se console

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’augmentation du prix du pétrole : inévitable et nécessaire

Publié le 13 mai 2011 | Temps de lecture : 3 minutes

Imbibée de l’idéologie néo-libérale, l’administration Bush soutenait que l’État n’avait pas à intervenir pour favoriser l’économie d’énergie : au fur et à mesure, disait-elle, que le pétrole deviendra rare, son prix augmentera : automatiquement, cela incitera le public à en consommer moins.

Derrière ce laisser-faire officiel — illustré par le refus de ratifier tout engagement international à ce sujet — se cachait une politique agressive destinée à maintenir bas le prix de pétrole afin d’éviter la restructuration industrielle qu’aurait nécessité un accroissement substantiel du prix des énergies fossiles.

Les États-Unis ont d’abord tenté de déstabiliser le gouvernement d’Hugo Chávez du Venezuela (troisième producteur de pétrole au monde en 2001, devenu le onzième en 2010). Sans succès.

Alors que les réserves pétrolières de l’Irak — les 2e ou 3e plus importantes au Monde — étaient sous-utilisées en raison de l’embargo international de l’ONU contre le régime de Saddam Hussein, l’administration Bush déclencha la guerre contre ce pays (sous de faux prétextes) afin de rendre disponibles ces réserves et inonder le marché mondial. Nouvel échec : en 2008, la production irakienne a retrouvé son niveau du temps de l’embargo, avec 2,4 millions de barils/jour, et à peine plus (2,9 millions prévus) à la fin de cette année.

Les États-Unis sont confrontés à une dure réalité : leur économie est saignée à blanc par un gigantesque déficit commercial dont le tiers est représenté par l’importation de carburant fossile.

Déficit commercial des États-Unis :
• 2004 : 56 milliards $US
• 2005 : 726 milliards $US
• 2006 : 759 milliards $US
• 2007 : 815 milliards $US
• 2008 : 696 milliards $US
• 2009 : 381 milliards $US
• 2010 : 498 milliards $US

En plus de subventionner l’achat d’automobiles par les Américains — les véhicules utilitaires énergivores, plus chers, étant l’objet d’une plus importante subvention — le gouvernement des États-Unis verse annuellement une subvention de deux milliards aux pétrolières. Sans cette subvention, le prix de l’essence augmenterait, ce qui diminuerait la consommation.

C’est en Norvège (pourtant pays producteur de pétrole) qu’on trouve l’essence la plus chère d’Europe. Conséquemment, l’automobile électrique y fait fureur.

Si on veut modifier profondément les habitudes des consommateurs, il faut que cela fasse mal. Malheureusement, la croissance des prix du pétrole depuis une décennie a été insuffisante à empêcher la mode des tanks familiaux que sont les véhicules utilitaires.

Cela doit changer. Le sort de l’humanité dépend de notre respect pour la fragile planète que nous habitons. Conséquemment, on ne se mettra pas à s’apitoyer parce que le litre de pétrole transporté par bateau du Moyen-Orient et raffiné au pays est devenu un peu plus cher que le litre d’eau extraite et embouteillée ici même.

Bref, le prix du pétrole augmentera à l’avenir et c’est une excellente chose.

Références :
Économie des États-Unis
Hugo Chávez
Les pétrolières défendent leurs avantages fiscaux à Washington
Prix de l’essence: quand on regarde leur gazole, on se console
Saddam Hussein
USA: le déficit commercial se creuse
Venezuela

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Foires de l’auto : New York ou Shanghai ?

Publié le 29 avril 2011 | Temps de lecture : 1 minute


Dix principaux marchés de l’automobile en 2010
(en millions de voitures neuves) :


 
Le Salon international de l’automobile de New York est le plus important des États-Unis; il attire habituellement plus d’un million de visiteurs. L’événement avait lieu cette année du 22 avril au 1er mai. Toutefois, presque simultanément, celui de Shanghai se tenait du 21 au 28 avril.

En se forçant un peu, n’importe quel dirigeant d’un constructeur automobile aurait pu honorer de sa présence une de ces foires commerciales, puis l’autre quelques jours plus tard.

Mais cela ne fut pas le cas. Le Président-directeur général de General Motors était à New York tandis que ses homologues de Volkswagen, de Toyota et de Renault-Nissan ont préféré visiter celui de Shanghai.

Références :
Chimits X, Le Sud accélère, La Revue, 2011; 9: 57.
Les grands bonzes de l’auto préfèrent Shanghai à New York

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Chine : troisième destination touristique la plus prisée au monde ?

Publié le 13 avril 2011 | Temps de lecture : 3 minutes
Porte de la Cité interdite, sur la Place Tian’anmen, à Beijing

Les autorités chinoises estiment à 55,66 millions, le nombre de visiteurs ayant séjourné au moins une nuit en Chine en 2010, en augmentation de 9,4% par rapport à l’année précédente. Ce pays serait donc devenu parmi la troisième plus populaire destination touristique, derrière la France (78,95 millions) et les États-Unis (60,88 millions), mais devant l’Espagne (52,2 millions).

Avec sa population de 1,3 milliard d’habitants, la Chine est principalement visitée par ses propres citoyens. Si on tient compte des visiteurs « autochtones », la Chine est déjà le pays le plus visité au monde.

Les données ci-dessus concernent les visiteurs provenant de l’extérieur de la Chine continentale. Dans le présent texte, je les qualifierai de visiteurs « externes ». Cela comprend ceux en provenance d’Hong Kong (une colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997) et de Macao (colonie portugaise également rétrocédée en 1999). Les touristes de ces deux ports sont des Chinois : ils vont principalement à Canton (appelée Guangzhou) en raison de sa proximité.

En effet, malgré sa renommée, Canton n’abonde pas en attraits touristiques majeurs : toutefois elle n’est située qu’à 150 km d’Hong Kong et de Macao. C’est l’équivalent de la distance entre Montréal et Québec. Cette proximité en fait la ville de Chine continentale la plus visitée par les touristes « externes » (7,3 millions), devant Shanghai en deuxième place (6 millions).

Si on exclut Hong Kong, Macao et Taïwan, les statistiques changent radicalement puisque les visiteurs en provenance de ces trois endroits représentent la moitié des visiteurs « externes » en Chine.

Pour l’instant, la Chine est une importante destination régionale, visitée par des touristes de Corée (4,1 millions), du Japon (3,7 millions), de Russie (2,4 millions), de Malaisie (1,2 million), de Singapour (un million), des Philippines et de Mongolie (0,8 million chacun), de même que d’Australie (0,7 million).

Quant aux visiteurs intercontinentaux — ceux qui dépensent le plus — ils proviennent surtout des États-Unis (2 millions) et du Canada (0,6 million). Pour encore quelques années, les visiteurs intercontinentaux préféreront Paris, Barcelone et Prague, pour ne nommer que ces villes.

Mais quand la Chine sera devenue la première puissance économique au monde, l’attrait de Shanghai, Pékin, Hong Kong, et du fleuve Yangzi — entre autres — deviendra irrésistible…

Références :
La Chine devient la troisième destination la plus prisée au monde
La grande migration du nouvel an en Chine

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm — 1/500 sec. — F/20,0 — ISO 640 — 29 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le « Power Trip » des agences de notation

Publié le 28 mars 2011 | Temps de lecture : 3 minutes

Les agences de notation sont des entreprises qui attribuent une note correspondant aux perspectives de remboursement des engagements d’un pays ou d’une compagnie envers ses créanciers. C’est ainsi qu’elles renseignent, per exemple, les investisseurs sur les risques qu’ils courent en finançant la dette d’un gouvernement.

Pour n’importe quel pays, voir sa cote dévaluée par Moody’s ou Standard & Poor’s (les deux plus influentes agences de notation) est une mauvaise nouvelle. Cela signifie que ce pays devra majorer les taux d’intérêt de toute nouvelle émission des bons du trésor à défaut de quoi les investisseurs pourraient les bouder, les trouvant trop risqués. Car en affaires, le risque se paie.


Dettes nationales en pourcentage du produit intérieur brut


 
Les agences de notation se sont bien gardés de porter un jugement sévère sur le Japon, pourtant un des pays développés les plus endettés. Cette indulgence s’explique par le fait que 94% de la dette nipponne était détenue jusqu’ici par des Japonais eux-mêmes. Si les agences de notation s’étaient risquées à abaisser la cote du Japon, cela aurait eu une influence marginale sur le gouvernement de ce pays, qui peut compter sur le nationalisme économique de ses citoyens.

Or il est important, pour la crédibilité de ces agences, qu’une décote entraine automatiquement des frais de crédit plus élevés pour un État pointé du doigt comme manquant de rigueur dans sa gestion des finances publiques. Plus les conséquences sont foudroyantes, plus ces agences sont puissantes. Car en affaires comme en politique, il suffit qu’on vous croit puissant pour que vous le deveniez de ce fait.

Avec les événements tragiques qui ont frappé récemment le Japon, on peut s’attendre à la fin de cette indulgence puisque les emprunts que devra faire ce pays ne pourront être absorbés par l’épargne des Japonais (qui ont d’autres chats à fouetter).

D’autre part, lorsqu’un examine la dette des pays européens, on comprend mal la sévérité des agences de notation envers le Portugal et l’Espagne et leur indulgence à l’égard de l’Italie. Il est à noter que ces deux premiers pays sont présentement dirigés par des gouvernements socialistes alors que l’Italie est dirigée par un gouvernement de droite.

On pourrait justifier cette discrimination sur la nécessité de tenir compte du déficit budgétaire courant de ces gouvernements, effectivement plus élevé pour les pays de la péninsule ibérique. En réalité, celui-ci a une importance toute relative. Ce qui compte vraiment, c’est le déficit accumulé ; c’est lui qui détermine l’aptitude d’un pays à rembourser ses dettes. Le déficit budgétaire courant n’est qu’un indice parmi d’autres de la bonne gestion d’un gouvernement. Au pire, il dénote la tendance de l’évolution du déficit accumulé.

D’où l’idée de créer une agence européenne de notation, qui placerait l’Union européenne à l’abri des pressions de la Droite conservatrice américaine dont les agences de notations anglo-saxonnes font partie.

Références :
Agence de notation
L’indépendance des agences de notation financière en question

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Der Euro, mein Freund

Publié le 26 mars 2011 | Temps de lecture : 2 minutes


 
Si vous commandez maintenant une Audi A7, vous la recevrez en août prochain. Certains modèles de BMW ne pourront été livrés cette année. Les usines Mercedes-Benz produisent à pleine capacité. Bref, l’année 2011 s’annonce record pour les constructeurs allemands après 2010, une année déjà historique.

En Chine, les ventes de BMW et de Mercedes ont augmenté respectivement de 76,1% et de 74,8% l’an dernier. Quant à elle, Audi a dû s’y contenter d’une croissance d’à peine 47,6%…

Après avoir reporté leurs achats au plus fort de la crise, les automobilistes fortunés passent à la caisse autant en Amérique et en Europe qu’en Asie. De partout, on s’arrache ces merveilles de confort, de luxe, mais aussi de technologie.

Les carrossiers allemands profitent aujourd’hui de leurs investissements dans l’amélioration de leurs produits, de la paix sociale qui règne en Allemagne, mais également de la contribution d’un ami inattendu : l’euro.

Si l’Allemagne n’avait pas adopté la monnaie commune européenne, l’augmentation des ventes des constructeurs de ce pays serait ralentie par la croissance de la devise allemande. Celle-ci serait en expansion en raison du remarquable excédant de la balance commerciale du pays (136 milliards d’euros en 2009 : 154 milliards d’euros en 2010).

Mais grâce à l’assaut des spéculateurs contre la monnaie européenne, l’euro demeure en deçà de sa valeur réelle, ce qui favorise les exportations de l’Allemagne. Sans l’avoir voulu, celle-ci profite donc des malheurs de ses voisins, moins endettés qu’on le croit.

Références :
Quelques dettes nationales
Marbot O, Automobile — Ventes records pour les grosses allemandes, La Revue, 2011; 10: 17.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le rayonnement de l’enseignement universitaire

Publié le 9 mars 2011 | Temps de lecture : 4 minutes

De nos jours, l’Internet constitue un réservoir inépuisable de connaissance. Mais on y trouve de tout, du meilleur comme du pire. Si bien que l’internaute moyen perd beaucoup de temps à trouver l’information fiable.

Familier avec son domaine de connaissance, le professeur est l’expert impliqué dans la transmission du savoir. Assister à son enseignement, c’est comme avaliser d’un seul coup, les années de sa recherche de la vérité. Le professeur est donc une ressource exceptionnelle. Au risque d’être accusé d’impérialisme culturel, j’oserais même dire qu’il est un pilier de notre Civilisation, basée sur la lumière des connaissances et des faits.

Par comparaison avec l’an 2000, on estime que le nombre d’étudiants universitaires aura doublé en 2015. Cette croissance varie selon les continents : 42 % aux Amériques, 54 % en Europe, 85 % en Afrique et au Moyen-Orient, et 186 % en Asie (dont 55 millions rien que pour l’Inde et la Chine).

Lors d’un voyage en Chine, j’ai vu la publicité promotionnelle d’une université chinoise. C’est à faire peur : des pavillons modernes et immaculés, des milliers d’étudiants proprets qui pratiquent le Tai-chi — parfaitement synchronisés — en début de journée, un campus noyé dans la verdure, etc. Bref, une armée du savoir prête à conquérir le monde.

Ici, nous avons des professeurs d’université qu’on tente de persuader que leur avenir personnel passe par le développement de joint-ventures avec l’industrie, des universités endettées jusqu’au cou, et des étudiants qui dépensent plus en rave, en automobile d’occasion et en bière qu’ils dépensent en frais universitaires. De plus, le taux d’obtention d’un diplôme du secondaire chez les jeunes québécois de moins de 20 ans est de 63,5 % chez les garçons et de 74,7 % chez les filles. Et ce, après « normalisation » des notes, après les mesures destinées à éviter aux cancres le traumatisme psychologique de l’échec et après qu’on ait fait savoir à tous les professeurs trop sévères qu’ils sont « déviants » et qu’ils nuisent à la moyenne de l’école…

Pourtant, la bataille de la connaissance représente un enjeu stratégique national, non seulement en ce qui concerne les étudiants d’ici, mais relativement aux étudiants étrangers. Les États-Unis l’ont compris depuis longtemps et Harvard est un bel outil d’influence. Ce qui est en jeu, c’est l’influence respective des pays à attirer les futures élites mondiales.

Dans la mondialisation des études universitaires, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France sont les trois principaux pôles d’attraction.

Au Québec, les droits de scolarité pour étudiants étrangers sont les mêmes pour toutes les universités (12,400$ à 13 829$) et sont fixés par le ministère de l’Éducation. Depuis 2008, les programmes de 1er cycle universitaire en administration, droit, sciences pures, mathématique, génie et informatique sont déréglementés. Mais ils ne le sont pas pour la médecine et les autres sciences de la Santé.

Encore plus que maintenant, l’avenir appartient aux pays qui auront su inculquer à leur jeunesse le goût du savoir autant que celui de la créativité.

Le Québec est un terreau extraordinaire de création. Il est remarquable qu’un « petit » peuple (au point de vue démographique) comme le nôtre réussisse à donner naissance à autant d’artisans doués dans l’industrie cinématographique ou dans des spectacles acrobatiques, à autant de programmeurs brillants de jeux vidéo, de chanteurs exceptionnels, etc.

Notre handicap, c’est celui de la formation universitaire. En Asie, la motivation à l’obtention d’un diplôme universitaire est beaucoup plus grande qu’ici. Mais le respect des traditions et de l’autorité, souhaitables dans une certaine mesure, est un handicap à leur créativité. C’est à nous d’en profiter. Le ferons-nous ?

Références :
Combattre le décrochage scolaire
Des enseignants dénoncent la diplomation facile au cégep
Éduquer au XXIe siècle
La bataille de la matière grise est engagée

Parus depuis :
La charge de la brigade légère (2019-11-06)
Refus massif d’étudiants africains francophones : Ottawa accusé de « discrimination » (2021-11-28)
Rejet des étudiants francophones : le ministre du Travail du Québec interpellé (2022-03-31)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quelques dettes nationales

Publié le 21 février 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

En valeur absolue, les États-Unis sont le pays le plus endetté au monde alors que la Chine est celui qui possède les plus importantes réserves monétaires. Voici une carte du monde où sont représentés les pays en fonction du montant de leur dette. Plus précisément, il s’agit des réserves de devises et d’or, diminuées de leur dette extérieure totale, publique et privée.

© 2010 — Peace01234 (pour Wikipedia)

Toutefois, cette carte ne tient pas compte de la puissance économique des pays. Lorsqu’on exprime cette dette en pourcentage du produit intérieur brut, on obtient le graphique qui suit.

Ce graphique permet de comprendre le caractère spéculatif de l’assaut récent des milieux financiers contre la monnaie européenne. Cette perte de confiance est alimentée par le préjugé selon lequel l’économie de ces pays (perçus comme des États-providence) serait plombée par un filet de sécurité sociale ruineux.

Pour terminer, il est à noter que 94% de la dette nipponne est détenue par des Japonais, ce qui place ce pays à l’abri des spéculateurs étrangers.

Références :
Dumas A, Endettés jusqu’au cou, La Revue, 2010; 8: 24.
Marbot O, Europe — La course à la dette, La Revue, 2010; 9: 21
Réserves de change

Sur le même sujet :
Dettes nationales par pays européen
Les incendiaires

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La bourse et le vent

Publié le 15 février 2011 | Temps de lecture : 6 minutes
© 2008 — Wikipedia

Toutes les entreprises possédant des titres financiers inscrits en bourse utilisent les marchés boursiers comme source de financement. Celui-ci survient au moment de l’émission d’actions ou d’obligations.

Par la suite, lorsqu’un titre est convoité, sa valeur en bourse augmente. Si, au contraire, une compagnie annonce des pertes importantes, la valeur de la compagnie diminue et conséquemment, ses actions en font autant. Mais une fois que ces titres ont trouvé preneurs, au départ, toute croissance ultérieure de la valeur en bourse — à l’occasion de changements de propriété de ces titres — ne donnent pas un sou de plus à la compagnie.

Beaucoup de petits investisseurs parient sur la valeur anticipée de titres financiers. Ces spéculateurs sont des parasites économiques. Lorsqu’ils font des gains, cet enrichissement n’apporte rien à la collectivité puisqu’il s’est fait exclusivement au dépend d’autres investisseurs. Cela ne crée pas d’emploi, cela ne stimule pas l’économie, cela ne fait rien d’autre que d’échanger de la richesse d’une personne à une autre.

Au cours des dernières décennies, les bourses se sont démocratisées. À l’époque où les taux d’intérêts favorisaient l’épargne, les bourses étaient réservées dans les faits aux détenteurs de cette épargne (banques, sociétés de fiducie, etc.) : de nos jours, la clientèle des bourses comprend des millions de particuliers. Ceux-ci réagissent au moindre signal annonciateur de la hausse ou du déclin de la valeur d’un titre, ce qui amplifie les variations des indices boursiers (par exemple le Dow Jones Index).

Lorsque la valeur d’un titre financier augmente lentement, les perspectives de gain (ou de pertes) sont beaucoup moindre que lorsque la valeur d’un titre subit de grandes variations. D’où la tentation de déstabiliser un titre (par de fausses rumeurs) afin de créer des occasions d’affaires. Dans une bonne mesure, l’assaut contre la monnaie européenne est essentiellement spéculatif alors que plus spécifiquement, le discrédit des bons du trésor de la Grèce ne l’est pas.

Normalement, la valeur d’un titre boursier est liée à la valeur d’une entreprise. Si une compagnie vaut un million de dollars et si cette compagnie a émis un million d’actions, chacune de ces actions devrait valoir un dollar, majoré de la perspective de profit au cours des prochaines années.

Pour le spéculateur, cela n’a pas d’importance. Il peut très bien acheter du vent s’il a la conviction de trouver un imbécile assez fou pour acheter ce vent plus cher qu’il ne l’a payé. Et cet imbécile est peut-être moins fou qu’on pense s’il peut trouver, lui, quelqu’un d’autre prêt à payer encore plus cher pour cette marchandise. En somme, l’important, c’est de ne pas se retrouver avec ce titre sans valeur réelle lorsque plus personne n’en voudra.

C’est ce qui explique le succès phénoménal du « papier commercial » et le krach boursier qui en était la conséquence inéluctable. De manière analogue, ce n’est qu’une question de temps pour que le prix de l’or chute de son prix actuel (plus de 1 300$ l’once) à son prix réel (environ 350$ à 400$ l’once).

Mais comment savoir lorsque la valeur d’un titre boursier est purement spéculative ? C’est simple. Lorsque la valeur totale des actions et obligations d’une compagnie équivaut à plusieurs fois la valeur réelle de l’entreprise, c’est que ses titres boursiers sont du vent.

De manière analogue, on peut prévoir un krach boursier quand la croissance des indices boursiers est bien au-delà de celle de l’économie mondiale.

D’août 1921 à septembre 1929, l’indice Dow Jones a gagné 468%. Si les années ’20 sont qualifiées d’années folles, elles l’ont été seulement pour une minorité de privilégiés. A titre d’exemple, c’est à cette époque que Montréal comptait un des taux les plus élevés de tuberculose en Amérique du nord alors des fermiers dans la misère quittaient la campagne pour s’installer dans des logis insalubres de l’est de la ville dans l’espoir d’une vie meilleure.

De septembre 1929 à juin 1932, l’indice Dow Jones perd 89% de sa valeur.

Tout comme ce qui s’est passé dans les années ’20, le Dow Jones a connu une croissance phénoménale durant les années ’90. Le 17 avril 1991, cet indice clôture pour la première fois au-dessus des 3 000 points. Le 3 mai 1999, il franchit des 11 000 points. Au cours de cette période, les pays ont construit des infrastructures (routes, hôpitaux, écoles, systèmes d’aqueduc, etc.), les particuliers ont accumulé des biens durables (maison, automobile, appareils électro-ménagers, etc.). Bref, les pays occidentaux se sont enrichis. Mais se sont-ils enrichis de 3,6 fois au cours de cette décennie comme l’a fait le Dow Jones ?

Le krach de 2008 était donc inévitable. Ce qui est étonnant, c’est que cette correction ait pris tant de temps à survenir. On peut présumer que les taux d’intérêts anormalement bas durant cette période ont découragé l’épargne et favorisé l’achat aveugle de titres boursiers. Si bien que la valeur de l’ensemble des titres, gonflée par la spéculation, s’est maintenue artificiellement pendant cette période.

Il a fallu la pourriture générale du système financier américain — à la faveur de la dérégulation néo-libérale — pour placer l’économie mondiale au bord du gouffre et la faillite colossale de la banque d’investissement Lehman Brothers pour réveiller les investisseurs.

Référence :
Il était une fois le Dow Jones…

Complément de lecture :
La dictature des actionnaires coûte cher

Paru depuis :
Wall Street vit le plus long cycle de hausse de son histoire (2018-08-23)

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Écrit par Jean-Pierre Martel