Quelques roses

Publié le 27 août 2017 | Temps de lecture : 1 minute
Rosier hybride de thé ‘Touch of Class’
Rosier floribunda ‘Léonardo de Vinci’
Rosier floribunda ‘Mardi Gras’
Rosier floribunda ‘Moondance’
Variété inconnue
Rosier floribunda ‘Southampton’

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14
1re photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
2e  photo : 1/500 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
3e  photo : 1/1250 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
4e  photo : 1/2000 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 170 mm
5e  photo : 1/1000 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 200 mm
6e  photo : 1/1250 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’Ara hyacinthe

Publié le 25 août 2017 | Temps de lecture : 2 minutes
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L’Ara hyacinthe est le plus gros perroquet du monde. Adulte, il peut atteindre 1 mètre (sans la queue), avec un poids variant entre 1,4 et 1,7kg. Son cri est particulièrement puissant.

C’est un oiseau au plumage bleu cobalt. Ce qui contraste avec le jaune vif du tour des yeux et de la partie nue des joues. Son bec, sa langue et ses pattes sont anthracite, tout comme l’arrière de sa longue queue.

On le rencontre en Amérique du Sud où il vit dans la forêt tropicale. Il se nourrit de noix, de cacahouètes, de fruits et de verdure.

Son bec extrêmement puissant lui permet d’ouvrir des noix trop dures pour d’autres oiseaux, notamment les noix des palmiers.

La reproduction s’étend d’octobre en février. Bisannuelle, la ponte est généralement de deux œufs, mais peut varier d’un à trois. L’incubation dure près d’un mois.

Capable de voler dès sa quatorzième semaine, l’oisillon ne devient autonome que vers l’âge de huit à dix mois. En dépit de cela, il passera près de deux ans en compagnie de ses parents avant de les quitter définitivement.

Il prend quatre à six ans pour atteindre l’âge adulte. Sa durée de vie est de cinquante ans.

À l’état sauvage, il ne reste plus que quelques milliers de spécimens, l’espèce étant victime du braconnage (pour son plumage) et la destruction des emplacements de nidification.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 75mm F/1,8
1re photo : 1/160 sec. — F/4,0 — ISO 2000 — 75 mm
2e  photo : 1/200 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 75 mm


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés au règne animal, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus

Publié le 23 août 2017 | Temps de lecture : 7 minutes

Tout comme la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus honore un attribut divin.

En effet, la basilique Sainte-Sophie (aujourd’hui désacralisée) n’honorait pas une des saintes portant ce prénom, mais plutôt la Sagesse de Dieu; en grec, sagesse se prononce sofía.

De la même manière, l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus n’honore pas Jésus de Nazareth mais le Nom qu’il porte.

Au début du XXe siècle, la ville de Maisonneuve — qui sera annexée à Montréal en 1918 — connait un boum économique lié au fait que cette municipalité était un paradis fiscal pour les industries manufacturières.

Sa forte croissance démographique incite le clergé catholique à y construire une église en croix latine de la taille d’une cathédrale.

C’est à Charles-Aimé Reeves et Albert Mesnard — associés dans la même firme d’architectes située à quelques rues de là — qu’est confiée la tâche de dresser les plans de l’édifice qui sera construit de 1903 à 1906.

Façade de l’église

L’église occupe une superficie de cinq-mille mètres carrés et sa façade est haute de soixante mètres.

Elle est souvent décrite comme étant de style romano-byzantin. De nos jours, cela n’est pas très évident.

L’extrême sobriété extérieure de l’édifice fait en sorte que la caractérisation du style ne repose sur pas grand-chose.

La plupart des ouvertures (portes et fenêtres) se terminent en demi-lune. C’est probablement ce qui lui vaut d’être dite d’inspiration romane.

Quant à l’influence byzantine, elle reposait sur le fait que tout l’intérieur est peint (comme dans les églises orthodoxes) et surtout sur l’aspect originel des clochers, épousant la forme des mitres des popes orthodoxes.

Depuis, ils ont été remplacés par des clochers pointus.

Nef

La nef se compose d’un large vaisseau central bordé d’étroits bas-côtés qui servent d’allées. Le long de ces allées, les colonnes en bois peintes en faux-marbre sont couronnées de chapiteaux corinthiens plaqués en or 24 carats (comme toute la dorure de l’église).


Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

Nef à la rencontre du transept

Chaque bras du transept est décoré de trois vitraux verticaux surmontés d’une rosace.

Quelques années après l’inauguration, on entreprit un ambitieux programme ornemental confié à Toussaint-Xénophon Renaud qui l’exécuta de 1914 à 1918.

Ce peintre-décorateur avait été formé à l’École des Arts et Métiers de Montréal, formation qu’il avait complétée par des stages en France, en Belgique et en Italie. Élève de l’architecte Napoléon Bourassa, il avait travaillé à la décoration de la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes.

Chœur

Dans le chœur, le programme d’embellissement reposait principalement sur deux transformations majeures : l’ajout d’un orgue et de son buffet sur colonnes enchâssant le maitre-autel, de même que des stalles ajoutées de part et d’autre du chœur. À l’époque, les bancs de la nef étaient de la même couleur foncée que les stalles du chœur.

Inauguré à Pâques 1915, l’orgue Casavant était le plus important à Montréal et le sixième en importance en Amérique du Nord.

Il est en deux parties; un orgue de chœur de 21 jeux situé à droite du maitre-autel (les tuyaux à gauche n’ont qu’une valeur décorative) et un orgue de tribune de 69 jeux situé à l’arrière de l’église. Au total, ces 90 jeux mettent en œuvre 6 500 tuyaux.

Cette disposition particulière permet des jeux d’écho et de réponse stéréophonique qui offrent un large éventail de moyens expressifs.

Dans le chœur, le buffet d’orgue a été dessiné par l’architecte Joseph-H. Caron et réalisé par les menuisiers de Louis Caron & Fils (de Nicolet). Le tout a été peint sur place sous la direction de Toussaint-Xénophon Renaud.

La Pentecôte, au-dessus du maitre-autel

La toile au-dessus du maitre-autel serait du peintre montréalais Georges Delfosse.

La Resurrection de T.X. Renaud, dans le bras droit du transept
Fresque à la croisée du transept

À la croisée du transept, la fresque Le Père éternel fut restaurée en 2015 par l’artiste Gina Garcia.

Exemples des vitraux

Les vitraux de la nef et du transept représentent les douze apôtres. Ils ont été créés par Gaston Vennat et Cie de Limoges.

Afin de s’assurer de la qualité du travail, le verrier français offrit un contrat clé en main en vertu duquel les vitraux étaient expédiés assemblés, prêts à être insérés dans l’ouverture des fenêtres.

Mais voilà, le contrat fut signé avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Or dès l’entrée en guerre de la France, tout le plomb du pays était réquisitionné pour faire des balles. Malgré l’interdit, les vitraux furent fabriqués et expédiés en secret.

À leur arrivée au port de Montréal en 1915, lors du dévoilement des vitraux, ce détail n’échappa pas à la presse. Ce qui fit scandale.

Notre-Dame-du-Rosaire, rosace du bras gauche du transept
Jésus et saint Jean-Baptiste, rosace du bras droit du transept

L’église compte trois rosaces mesurant six mètres de diamètre.

Au jubé, celle au centre de l’orgue représente sainte Cécile de Rome (patronne des musiciens) entourée de quatre anges musiciens.

À chaque extrémité du transept, l’image centrale de la rosace est entourée d’évêques et de docteurs de l’Église.

À l’extérieur, chaque rosace est protégée par une fenêtre en verre transparent dont le châssis de bois mime la structure de la rosace (en blanc sur la première photo). Cela crée une ombre portée qui ajoute de la profondeur à ces rosaces, particulièrement à celle de gauche, éclairée en après-midi.

Station du Chemin de Croix
Orgue à l’arrière
Statue en plâtre peint, près de la sortie

Les fondations de l’édifice reposent sur un sol instable. Déclaré dangereux, l’édifice sera fermé au culte de 2009 à 2014.

En fait, l’église devait être démolie. Mais s’il était possible de prélever les vitraux et les toiles marouflées de Toussaint-Xénophon Renaud, l’orgue devait absolument trouver preneur puisqu’il s’agit d’un chef-d’œuvre de Casavant.

Même offert gratuitement, la Place des Arts le refusa pour garnir sa salle symphonique. La technologie a évolué depuis un siècle; les orgues contemporains sont complètement informatisés, ce qui n’est pas le cas de l’orgue de l’église.

Devant l’impossibilité de s’en départir, le diocèse de Montréal (aidé financièrement par le gouvernement québécois) a résolu de restaurer l’église.

En dépit du fait que les travaux ne sont pas encore terminés, ils sont suffisamment avancés pour permettre la réouverture de l’église depuis la veille de Noël 2014.

Aux intéressés, la messe dominicale y débute à 9h30.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, hypergone 8 mm F/1,8 et objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8, M.Zuiko 25 mm F/1,2 et Lumix Leica 42,5 mm F/1,2.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’éclipse solaire d’hier

Publié le 22 août 2017 | Temps de lecture : 1 minute
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Pour la première fois en quatre décennies, une éclipse totale du soleil traversait hier le territoire des États-Unis, de l’Oregon à la Caroline du Sud.

Au Québec, l’éclipse n’était que partielle, comme en fait foi cette photo prise de mon balcon à 14h38, alors que l’éclipse était à son maximum.

Mais ce n’est que partie remise puisqu’en 2024, le Québec aura droit à sa seule éclipse solaire totale de tout le XXIe siècle.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14 — 1/8000 sec. — F/22,0 — ISO 100 — 200 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Un symbole anti-Trump

Publié le 21 août 2017 | Temps de lecture : 1 minute

Donald Trump est le 45e président des États-Unis.

C’est en février dernier que l’artiste américain Mike Mitchell a créé ce symbole graphique. Il est composé du nombre 45 rayé par une barre oblique (comme sur les avis d’interdiction).

Depuis le soutien implicite de Trump aux suprémacistes blancs, ce symbole se répand comme une trainée de poudre sur les médias sociaux.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Montréal Symphonique

Publié le 20 août 2017 | Temps de lecture : 3 minutes
Elisapie (à droite)
Alain Lefèvre
Marc-Olivier Jean
Isabelle Boulay
Les trois orchestres
Mélanie Renaud
Les familles McGarrigle et Wainwright
Rufus Wainwright
Coeur de pirate et Patrick Watson
Diane Dufresne

Depuis des mois, la célébration du 375e anniversaire de Montréal donne lieu à une multitude d’évènements assez extraordinaires.

Un des plus remarquables a sans doute été, hier soir, le concert Montréal Symphonique.

Pour l’occasion, on installé une scène au pied du flanc Est du mont Royal, transformant celui-ci en immense amphithéâtre à ciel ouvert où 80 000 spectateurs ont pu prendre place sur l’herbe.

Ce concert était retransmis en direct dans une vingtaine de parcs et salles de la métropole.

Pour la première fois, les trois plus grands orchestres symphoniques de la ville — l’Orchestre symphonique de Montréal, l’Orchestre Métropolitain et l’Orchestre symphonique de McGill — ont mis de côté leurs rivalités afin de présenter un gigantesque concert de musique pop et de musique classique.

Plus de 375 musiciens, chanteurs populaires et choristes ont uni leurs efforts sous la direction du chef Simon Leclerc, spécialiste de l’orchestration de la musique pop.

Étaient en vedette, Daniel Bélanger, Isabelle Boulay, Coeur de pirate, Béatrice Dear, DJ Champion, Diane Dufresne, Elisapie, ILAM, Wyclef Jean, Pierre Lapointe, Mélissa Laverge, Alain Lefèvre, Marie-Nicole Lemieux, Marie-Josée Lord, Anna McGarrigle, Jane McGarrigle, M-Mo, Mélanie Renaud, Martha Wainwright, Rufus Wainwright, et Patrick Watson.

Grâce à des enceintes et de grands écrans répartis sur le site, tous les auditeurs ont pu bien voir le concert.

Toutefois, dans un orchestre symphonique, les instruments aigus sont placés à gauche et les instruments graves à droite. Puisque les trois orchestres symphoniques n’ont pas été fusionnés, mais plutôt placés côte à côte, cela annulait l’effet stéréophonique qu’on aurait pu obtenir autrement.

Au-dessus des musiciens et choristes, de gros cylindres servaient d’écran à des projections très réussies rendant hommage à des lieux emblématiques de la ville (pont Jacques-Cartier, stade olympique, silhouette des gratte-ciels, minoterie Five Roses), à l’art de la rue (Corno et Zïlon), au club de hockey Canadien, etc.

Ambitieux, ce concert fut une des entreprises qui auront le mieux réussi à contribuer au succès des célébrations du 375e anniversaire de la métropole.

Pour ceux qui l’ont manqué, ce concert sera retransmis le 10 septembre prochain à 19h30 sur les ondes de Radio-Canada.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14 (2e et 9e photos), et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
  1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 12 mm
  2e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 6400 — 140 mm
  3e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 40 mm
  4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 40 mm
  5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 15 mm
  6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 40 mm
  7e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 30 mm
  8e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 40 mm
  9e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 3200 — 210 mm
10e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 40 mm

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| 375e anniversaire de Montréal, Culture, Évènements, Musique | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’invraisemblance des nouvelles données du recensement de 2016

Publié le 18 août 2017 | Temps de lecture : 5 minutes


Données linguistiques de 2011 et de 2016 pour l’ile de Montréal
(Note : LNO signifie Langue non officielle)

Langue parlée à la maison Nombre en 2011 % en 2011 Nombre en 2016 % en 2016
         
Français 936 870 50,3 % 953 130 49,8 %
Français + LNO 59 940 3,2 % 77 415 4,0 %
Anglais 435 675 23,4 % 437 070 22,8 %
Anglais + LNO 31 595 1,7 % 38 285 2,0 %
Français et anglais 27 670 1,5 % 34 135 1,8 %
Français + anglais + LNO 18 410 1,0 % 24 800 1,3 %
Langue non officielle 352 040 18,9 % 349 915 18,3 %
Total 1 862 200 100,0 % 1 914 765 100,0 %

Données linguistiques de 2011 et en 2016 pour la région métropolitaine
(Note : LNO signifie Langue non officielle)

Langue parlée à la maison Nombre en 2011 % en 2011 Nombre en 2016 % en 2016
         
Français 2 502 410 66,1 % 2 669 195 65,9 %
Français + LNO 87 330 2,3 % 118 980 2,9 %
Anglais 606 910 16,0 % 620 510 15,3 %
Anglais + LNO 41 050 1,1 % 50 935 1,3 %
Français et anglais 48 610 1,3 % 60 730 1,5 %
Français + anglais + LNO 27 120 0,7 % 38 480 0,9 %
Langue non officielle 472 485 12,5 % 494 525 12,2 %
Total 3 785 915 100,0 % 4 053 360 100,0 %

Remarque : Dans le texte qui suit, ‘Francophone’ est défini comme une personne qui parle principalement le français à la maison ou une langue non officielle et le français. Cela correspond aux deux premières rangées dans les tableaux ci-dessus.

 
Durant l’été, Montréal accueille un grand nombre de touristes, principalement américains. Conséquemment, il est normal que durant cette saison, on rencontre un grand nombre de locuteurs anglophones dans les quartiers touristiques de la ville.

Lorsque les données de Statistique Canada démontrent qu’il y a environ le quart de la population montréalaise qui est anglophone, cela signifie que l’usage de l’anglais devrait être bien moindre hors des quartiers dans lesquels les Anglophones sont majoritaires.

J’habite Montréal depuis quarante ans. Depuis toujours, j’emprunte les transports en commun et suis donc à même de juger de la langue utilisée par ceux qui m’entourent.

Autrefois, très peu de gens parlaient anglais dans des quartiers comme le Plateau Mont-Royal et Hochelaga-Maisonneuve.

Cela n’est plus vrai. On peut même affirmer que jamais on a autant parlé anglais à Montréal que depuis les quinze dernières années.

Selon le recensement de 2011, l’importance démographique des Francophones sur l’ile de Montréal a décliné d’un pour cent entre 2006 et 2011.

Selon les données corrigées du recensement de 2016 (celles datées du 17 aout), la tendance s’est soudainement inversée; l’ile de Montréal se serait refrancisée de 0,3% entre 2011 et 2016 alors que rien, à ma connaissance, ne permet d’expliquer ce bouleversement.

Pour l’ensemble de la région métropolitaine, le même miracle se serait produit.

Alors que l’importance démographique des Francophones y avait diminué de 0,8% entre 2006 et 2011, la tendance se serait inversée entre 2011 et 2016. En effet, l’ensemble de la région métropolitaine se serait soudainement refrancisée de 0,4%.

On voit mal comment Montréal se serait refrancisée quand 60% des néoQuébécois choisissaient de s’assimiler à l’anglais il y a à peine cinq ans. Ce revirement soudain est invraisemblable.

Pour donner une idée de l’ampleur de ce changement, c’est comme si la proportion des néoQuébécois qui s’anglicisaient était demeurée au-delà de 60% pendant un demi-siècle mais qu’elle avait chuté soudainement à 40% au cours des cinq dernières années.

Nous reconnaissons tous l’importance de baser notre jugement sur des faits. Toutefois, beaucoup d’études mal faites sont aussitôt contredites par d’autres, plus rigoureuses.

Ce recensement, c’est n’importe quoi. Malheureusement, il n’existe aucune autre étude qui permet de vérifier la véracité des données de Statistique Canada.

Et le cafouillage qui a entouré ce recensement ne fait rien pour rehausser la crédibilité de l’organisme qui l’a entrepris.

Lorsqu’on apprend que les employés fédéraux sont maintenant évalués au sujet de leur fiabilité et leur loyauté envers le Canada, je crois qu’il est imprudent de baser nos politiques linguistiques sur une seule source d’information, et de remettre ainsi notre sort entre les mains du gouvernement fédéral.

N’oublions jamais que le Canada est un pays colonial qui, à la différence des autres, ne possède pas ses colonies sous les tropiques mais réparties sur son territoire; des poches autochtones régies par un apartheid juridique dont le but est leur lente extermination, et le Québec à qui le Canada anglais a imposé une constitution adoptée à l’issue d’une séance ultime de négociation à laquelle nous n’étions pas invités. Comme tout empire colonial le ferait à l’égard d’une colonie.

Étant donné le rapport particulier qui nous lie au pouvoir colonial canadien, il serait sage que le Québec effectue son propre ‘dénombrement linguistique’ (qui pourrait s’appeler ainsi dans l’éventualité où le fédéral se serait accordé l’exclusivité constitutionnelle de tenir des recensements au pays).

Le recensement de 2016 a couté 715 millions$. La population québécoise représente 23% de celle du Canada. Par règle de trois, cela donnerait 164 millions$. Cet investissement entrainerait 100% de retombées économiques pour le Québec.

Afin d’obtenir une image plus précise de la démographie linguistique du Québec, le questionnaire de ce dénombrement devrait éviter de simplement répéter les questions d’ordre linguistique du recensement canadien.

Références :
Données corrigées du recensement de 2016 : Montréal
Données corrigées du recensement de 2016 : région métropolitaine

Parus depuis :
Statistique Canada masque le déclin du français (2017-10-10)
La francisation des immigrants au Québec est un échec, selon la vérificatrice générale (2017-11-23)
La francisation au Québec est un fiasco, dit le rapport de la vérificatrice générale (2017-11-24)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La sage décision des jeunes Libéraux

Publié le 16 août 2017 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

Réunis en congrès la fin de semaine dernière, les jeunes Libéraux du Québec ont rejeté une proposition destinée à ouvrir la Loi 101 de manière à permettre l’accès d’un certain nombre de francoQuébécois à l’école primaire anglaise.

Dans le concert de reproches adressés aux jeunes Libéraux pour avoir osé suggérer d’affaiblir la Loi 101, ce qui est frappant, c’est qu’on a oublié l’essentiel; cette proposition a été rejetée.

À mon avis, les jeunes Libéraux doivent être félicités pour cette sage décision.

Mais voyons d’abord pourquoi elle a été présentée.

Les motifs favorables à l’idée

L’organisation d’un congrès politique exige une longue préparation.

Les idées des membres sont présentées aux associations locales qui les adoptent ou les rejettent.

Les suggestions retenues sont ensuite soumises à des congrès régionaux ou nationaux.

Depuis plusieurs mois, le ministre libéral Jean-Marc Fournier vantait dans Le Devoir les immenses progrès de l’usage du français au Québec et dans le reste du Canada.

Parallèlement à cela, certains jeunes Libéraux anglophones constatent un déclin des inscriptions aux écoles anglophones du Québec, au point que certaines d’entre elles sont menacées de fermeture.

Ce déclin se produit aussi dans les écoles francophones, mais de manière moins dramatique. D’où l’idée d’ouvrir la Loi 101 afin que des enfants francophones puissent venir gonfler les effectifs des écoles anglophones et empêcher la fermeture de certaines d’entre elles.

Une mauvaise idée

La publication récente des données linguistiques du dernier recensement est venue refroidir la propagande jovialiste du ministre Fournier. En deux mots, la langue en péril au Québec, c’est le français et non l’anglais.

Même si les inscriptions à l’école anglaise chutent, même si de nombreux angloQuébécois quittent le Québec pour faire carrière ailleurs, l’attrait de l’anglais est tel que de nombreux Québécois s’anglicisent. Au point que l’importance démographique des angloQuébécois demeure stable ou s’accroit.

À titre d’exemple, 60% des néoQuébécois choisissent de s’assimiler à l’anglais, en dépit des cours de francisation à leur disposition.

En matière scolaire, le principe de la Loi 101 est simple; seule l’école publique française est gratuite au Québec. Comme seule l’école publique italienne est gratuite en Italie. L’allemande en Allemagne. Etc.

La seule exception à cette règle, ce sont les angloQuébécois qui ont un droit constitutionnel à l’école publique anglaise.

Si d’autres parents veulent envoyer leurs enfants à l’école anglaise, ce doit être à l’école privée anglaise, c’est-à-dire à leurs frais et non aux frais des contribuables.

Plus nous créons d’exceptions à cette règle, plus la Cour suprême du Canada dispose de prétextes pour invalider des pans entiers de la Loi 101 sous le motif qu’elle serait discriminatoire.

Dans la cause relative aux écoles passerelles, la Cour suprême du Canada a statué qu’en vertu du droit constitutionnel à la réunification des familles, si on donne à un enfant le droit d’aller à l’école anglaise, on le donne à tous ses frères et sœurs, oncles, tantes, cousins et cousines. Bref, on le donne à tout le clan familial et à tous leurs descendants.

Jamais en France, en Italie, ou en Allemagne, on ne verrait l’État payer l’instruction dans une autre langue que la langue nationale sous le prétexte qu’il faut soutenir les activités déclinantes d’écoles qui enseignent autre chose.

Voilà pourquoi on doit féliciter les jeunes Libéraux d’avoir refusé d’affaiblir la Loi 101.

Références :
Avis aux nostalgiques : le Québec et le Canada changent!
De ROC et de francophonie
Le Canada de 2017 toujours anti-francophones
L’inaction comme politique

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Patio culturel de Maisonneuve

Publié le 15 août 2017 | Temps de lecture : 3 minutes

Inaugurée en 1981, la Maison de la culture Maisonneuve fut la première à Montréal. À l’origine, elle logeait dans la bibliothèque située au coin des rues Ontario et Pie-IX.

Maison de la culture Maisonneuve

En 2005, elle déménagea tout près, dans l’édifice de l’ancienne caserne de pompier situé de l’autre côté de la rue Desjardins (photo ci-dessus).

Cet édifice a été construit en 1906-1907 par l’architecte Charles-Aimé Reeves (1872-1948) dont la nouvelle demeure était tout près.

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À droite de la Maison de la culture, on a placé l’armoire vitrée nommée ‘Au plaisir des mots’, alimentée par les citoyens du quartier désireux de se départir de livres au profit de ceux qui seraient intéressés.

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À deux pas, on a installé un babillard métallique plutôt bas, au niveau des enfants. Sur celui-ci sont affichés des dessins d’enfants (reproduits sur plaque métallique) illustrant des textes sur le thème de l’enfance.

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Au-dessus de tout cela, sur les vitres de la Maison de la culture, on a cité les cinq poètes québécois suivants : Anne Hébert, Gaston Miron, Marie Uguay et Gérald Godin.

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Entre la Maison de la culture et la Bibliothèque municipale, la rue Desjardins est interdite à la circulation durant l’été.

C’est à cet endroit qu’on a installé des tables, des chaises de jardin et une borne Wifi gratuite de manière à ce que des citoyens puissent y consulter des imprimés ou l’internet pendant que leurs enfants s’amusent dans des carrées de sable. Des séances d’écriture y sont organisées.

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Cet aire de repos se prolonge sur le terrain ombragé de la bibliothèque.

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Entre les rues La Fontaine et Ontario, les arbres de la rue Desjardins affichent des textes sélectionnés par un comité de 25 poètes québécois. J’ai choisi de montrer celui-ci en raison de ces modestes fleurs qu’un citoyen anonyme a ajouté.

Bref, la Maison de la culture Maisonneuve contribue à sa manière à ce plaisir de vivre tout simple qui rend la métropole si conviviale.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/5000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
2e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
3e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 18 mm
4e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 18 mm
5e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
6e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
8e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
9e  photo : 1/500 sec. — F/3,2 — ISO 200 — 31 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La résidence de Charles-Aimé Reeves (1906)

Publié le 14 août 2017 | Temps de lecture : 4 minutes

Né à Pointe-aux-Trembles en 1872, l’architecte Charles-Aimé Reeves fut très actif. Sa réalisation la plus connue est sans doute le marché Jean-Talon.

L’astrophysicien Hubert Reeves est son petit-fils.

Façade sur le boulevard Pie-IX

Après avoir acheté un lot vacant sur le boulevard Pie-IX en 1905, l’architecte y fit construire l’année suivante une résidence selon ses plans.

Il en occupa le rez-de-chaussée jusqu’à sa mort en 1948. De nos jours, cet appartement porte les numéros civiques 1891-A et 1891-B puisqu’il a été scindé en deux depuis.

De gauche à droite, la façade se divise en trois parties séparées par des murs mitoyens. À gauche, les deux premières sont l’image inversée l’une de l’autre. À droite, derrière l’arbre au premier plan, la troisième partie dispose de son propre escalier extérieur. Cette partie est semblable à la première (sauf qu’elle est la moitié moins profonde, comme nous le verrons plus loin).

Le rez-de-chaussée est rayé horizontalement de pierres de taille chamois qui alternent avec d’autres, grises.

Aux deux étages supérieurs, la façade en briques rouges est percée d’ouvertures rehaussées d’un pourtour en pierre chamois (peinte récemment en gris pâle).

Haut de la partie droite de l’immeuble

La fausse mansarde est recouverte d’ardoise en écailles de poisson. Au-dessus des fenêtres du dernier étage, elle fait place à un couronnement en forme de cloche qui, à l’origine, était surmontée d’une flèche de la même hauteur que les fenêtres et qui contribuait à la majesté de l’ensemble.

De biais

À l’avant, l’édifice abrite neuf logements. Chacun d’eux est traversé par un couloir qui donne accès successivement au salon double, à deux chambres fermées, puis à la cuisine à l’arrière.

Celle-ci s’ouvre sur un balcon situé sur le côté de l’immeuble (sur la photo ci-dessus, caché par des arbres). Ces balcons sont partagés avec des logements situés à l’arrière de l’édifice.

Avant l’invention des sécheuses électriques, la cuisine — la pièce la plus chaude de la maison — servait souvent à faire sécher le linge au cours de la saison froide. Et l’été, c’est à partir de cette pièce qu’on allait étendre le linge dans la cour arrière.

De nos jours, condamner les locataires à ne faire sécher leur linge qu’à l’intérieur est acceptable dans de nombreuses capitales européennes. Mais cela était contraire aux coutumes québécoises de l’époque.

En décidant de construire des logements à l’arrière, à la place d’une cour, l’architecte maximisait ses revenus locatifs. Toutefois, cela le forçait à fournir à ses locataires une solution alternative permettant le séchage du linge au vent. D’où les balcons latéraux.

Côté gauche de l’immeuble

On accède aux logements à l’arrière par la ruelle située à gauche de l’immeuble. Leurs portes d’entrée semblent être d’origine, contrairement à toutes les autres portes et fenêtres de la maison qui ont été modernisées depuis la construction.

Et puisque du côté opposé, l’immeuble ne longe pas une ruelle, l’existence de balcons de ce côté n’a été possible qu’en raison du fait que le dernier tiers de l’immeuble est moins profond. Voilà pourquoi il y a neuf logements à l’avant et seulement six à l’arrière.

Murale à l’arrière de l’immeuble

L’arrière de l’immeuble est décoré d’une murale de Gwan (en partie saccagée par des tagueurs).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (5e photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
2e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
3e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
5e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 7 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel