Téléromans : s’adapter à tous les formats

Publié le 18 janvier 2019 | Temps de lecture : 2 minutes
À l’hôtel de Délima Poudrier

C’est qui le réalisateur ?

Voilà la question que je me suis immédiatement posée lundi dernier en regardant le deuxième épisode de la quatrième saison du téléroman ‘Les Pays d’en haut’.

Le lendemain, en cherchant sur l’internet, j’ai appris que cette année, le réalisateur Yan Lanouette-Turgeon remplace Sylvain Archambault.

Le premier épisode de la saison ressemblait aux épisodes précédents; mêmes personnages, mêmes décors et mêmes costumes, le tout filmé dans des tonalités chaudes.

Le désespoir de Séraphin Poudrier

Toutefois, ce nouvel épisode se distingue par ses nombreux gros plans à la profondeur de champ minimale dans lesquels le visage des acteurs est sculpté par la lumière.

Le pardon à Donalda

Dans les deux premiers épisodes de la 4e saison, des objets inanimés, filmés également en gros plan, prennent à plusieurs reprises une signification symbolique; un pistolet sur le coin d’une table (au premier épisode), l’anneau de mariage que Séraphin s’est retiré du doigt, et les lunettes héritées de sa mère qu’il confie à Donalda.

Autre caractéristique : l’expressionnisme de la bande sonore.

Parmi les plus importantes, plusieurs séquences sont muettes. Ou, pour être plus précis, celles-ci sont sonores. Comme par exemple, lorsque l’idée de tuer sa femme traverse l’esprit d’un personnage, rien n’est dit et seul le bruit de sa respiration trahit ses pensées.

L’évanouissement de Pâquerette Deschamps

Et parmi tout cela, des séquences qui insufflent une bonne dose d’ironie qui vient alléger le propos.

Bref, cet épisode est un régal pour les cinéphiles. Il fait penser à un croisement entre le meilleur de Podz (dans Minuit, le soir, entre autres) et le meilleur de Friedrich-Wilhelm Murneau (dans ‘Sunrise’).

Je soupçonne que ce style répond à une nécessité; faire en sorte que les téléspectateurs puissent écouter ‘Les Pays d’en haut’ sur tous les types d’écrans actuels. Du téléviseur géant (qui profite de la haute résolution des images) au minuscule écran de téléphone multifonctionnel (où les gros plans font merveille).


Captures d’écran : © 2019 – Sovimage et Encore Télévision.

Laissez un commentaire »

| Culture, Télévision | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Médicaments : faut-il faire confiance aux dates de péremption ?

Publié le 15 janvier 2019 | Temps de lecture : 6 minutes
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

La fabrication industrielle

S’il est très facile d’homogénéiser les liquides, ce n’est pas le cas de la poudre destinée à être versée dans des capsules vides ou compressée sous forme de comprimés.

Les mélangeurs industriels donnent d’assez bons résultats, mais jamais une homogénéisation parfaite.

À la fabrication, chaque pilule recevra donc une dose très légèrement variable de chaque produit actif.

Au contrôle de qualité, le dosage se fait sur un échantillon de plusieurs comprimés ou capsules afin de minimiser les variations individuelles.

Or il arrive presque toujours qu’on observe des écarts entre la composition mesurée et celle théorique, même dans un échantillon de plusieurs comprimés ou capsules.

Doit-on jeter un lot de millions de capsules parce qu’elles contiennent 99% ou 101% de la dose théorique ?

Si on peut alors fermer les yeux, jusqu’où peuvent aller les écarts ?

En vertu des exigences canadiennes, un médicament ne peut pas être commercialisé si la teneur réelle de ses ingrédients actifs s’éloigne de plus de 5% de celle indiquée sur l’étiquette.

En somme, il est parfaitement légal de vendre des comprimés de 100 mg qui contiennent entre 95 mg et 105 mg du principe actif.

La seule exception est la digoxine, dont l’écart autorisé est de 10%.

La période de validité

L’exigence du 100% (plus ou moins 5%) détermine la durée de validité.

En effet, le fabricant doit garantir en tout temps le respect de cette exigence par son produit.

En d’autres mots, durant toute sa période de validité, un médicament doit contenir au moins 95% de la dose indiquée sur son étiquette. Et si la préparation contient plusieurs ingrédients actifs, dès que l’un d’eux tombe en deçà de son 95%, toute la préparation est considérée comme périmée.

La fin de la garantie

Jusqu’à sa date d’échéance, un médicament est garanti par son fabricant. En somme, ce dernier est responsable de son innocuité. Au-delà de la date de péremption, le fabricant s’en lave les mains.

Il lui en a couté des dizaines de millions$ pour tester son produit chez des animaux de laboratoire. Or un principe actif peut se transformer avec le temps en une multitude de produits de dégradation. Tester l’ensemble d’entre eux couterait une fortune.

Pour l’industrie, il est plus facile d’interdire la consommation du produit au-delà de la période de validité et de se dégager de toute responsabilité dans le cas où le citoyen déciderait d’ignorer cette interdiction.

La FDA américaine (Food and Drug Administration), l’armée américaine et le département de pharmacologie de l’université de Californie (entre autres) ont testé de grandes quantités de médicaments périmés. Leurs études prouvent que les médicaments solides sont beaucoup plus stables qu’on croyait.

Des dangers hypothétiques ?

On ne connait que deux médicaments dont les produits de dégradation sont dommageables.

Le premier est la tétracycline. Elle se décompose en produits toxiques pour les reins.

L’autre est l’acide acétylsalicylique (l’Aspirin™). Celle-ci se décompose en deux produits : l’acide acétique (du vinaigre) et l’acide salicylique (du Compound-W™).

Donc, quand vous prenez quand même des comprimés d’Asprine™ qui sentent le vinaigre, vous avalez une dose de produit qui brule les verrues. Pas très bon pour l’estomac.

L’absence de données en ce qui concerne les autres médicaments est le résultat de l’absence de recherche à ce sujet.

Contrairement à ce qu’on répète sur l’internet, aucune des études effectuées sur des médicaments périmés n’a établi la preuve qu’en consommer serait inoffensif.

Tout au plus, une telle preuve est superflue lorsque le produit contient toujours 100% de la dose, des années après sa date de péremption. Ce qui est vrai dans une minorité des cas.

En se décomposant, un médicament donne-t-il naissance à des produits de dégradation néfastes pour la santé ? Personne n’a de réponse à cette question.

Dans le cas des médicaments pour administration orale, la prudence élémentaire est de respecter les dates de péremption du fabricant.

Raccourcissements pharmaceutiques

Dans tous les cas où les médicaments sont embouteillés par le pharmacien québécois, celui-ci appose systématiquement une vie utile d’un mois (dans le cas des gouttes ophtalmiques ou otiques) ou d’un an pour presque tout le reste.

Dans le cas des gouttes, la date de péremption déterminée par le fabricant est valide tant et aussi longtemps que la bouteille n’est pas ouverte.

Mais dès que chaque goutte utilisée est remplacée dans son flacon par le même volume d’air ambiant, chargé de poussières et de microbes en suspension, cette date devient invalide.

La décision de conseiller aux patients de jeter leurs bouteilles de gouttes un mois après les avoir ouvertes fait consensus parmi les autorités professionnelles.

À l’opposé, je n’ai jamais compris pourquoi il faudrait jeter des comprimés de carbonate de calcium inutilisés après un an. À moins d’une guerre thermonucléaire ou l’ensevelissement sous une coulée de lave volcanique, le carbonate de calcium est éternel.

Même chose pour des inhalateurs. Durant l’utilisation d’un inhalateur, rien ne pénètre dans sa bonbonne. Donc rien ne peut contaminer le médicament et le dégrader plus rapidement que prévu par le fabricant.

Même chose au sujet d’une crème ou d’un onguent topique toujours dans son tube originel.

Pour justifier ce raccourcissement de la vie utile des comprimés et des capsules, on invoque le fait que l’entreposage d’un médicament chez le patient ne correspond jamais aux conditions idéales sous lesquelles le fabricant a déterminé la vie utile de ce produit.

Cela est indéniable. Toutefois, personne n’a la moindre idée de l’ampleur de ce phénomène dans le cas d’un produit que vous vous proposez de jeter un an après l’avoir reçu de votre pharmacien.

Bref, dans l’immense majorité des cas, les raccourcissements de la vie utile des comprimés et des capsules par le pharmacien sont purement arbitraires et ne reposent sur aucune base scientifique.

Références :
Drugs Past Their Expiration Date
Drugs Past Their Expiration Date
Quand j’ai un médicament expiré à la maison
Stability Profiles of Drug Products Extended beyong Labeled Expiration Dates

Détails techniques des photos : Appareil Panasonic GF1, objectif Lumix 20mm F/1,8 — 1/60 sec. — F/1,7 — ISO 100 — 20 mm

4 commentaires

| Santé, Science, Sécurité | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Livres d’heures enluminés

Publié le 6 janvier 2019 | Temps de lecture : 2 minutes
Aperçu de l’exposition

C’est cet après-midi que se terminait l’exposition ‘Resplendissantes enluminures’ au Musée des Beaux-Arts de Montréal.

Organisée par le musée en collaboration avec l’université McGill et l’Université de Montréal, l’exposition présentait une cinquantaine d’œuvres — quelques livres d’heures et de nombreuses pages extraites de livres d’heures — détenus principalement par le MBAM et l’université McGill.

Apparu en France et dans les Pays-Bas au XIIIe siècle, le livre d’heures est un petit livre de dévotion destiné aux laïcs. On y trouve des prières, des cantiques, des psaumes, et un calendrier liturgique.

Immensément populaires aux XVe et XVIe siècles, ces livres étaient manuscrits avant l’invention de l’imprimerie.

Les plus précieux d’entre eux étaient décorés de miniatures peintes à la main.

Avec le temps, la canonisation de nouveaux saints et l’attribution de leurs fêtes à certains jours de l’année rendaient caducs les vieux calendriers liturgiques.

Ayant perdu leur utilité première, ces livres furent souvent démembrés aux XIXe et XXe siècles pour en extraire les gravures.

Voici quelques-unes des enluminures de l’exposition.

La Déposition du Christ (Vénétie, vers 1375)
L’Annonciation (Paris, vers 1430-1435)
Début du psaume 110 (Pays-Bas, vers 1480)
Suffrages à sainte Barbe (Paris, vers 1475-1485)
Heures Masmines et Boutillier (Gand, vers 1500)
L’Adoration des Mages (Rouen, vers 1500)

Référence : Livre d’heures

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, hypergone 8 mm F/1,8 (1re photo) et objectif M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 6400 — 8 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 2500 — 25 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 1600 — 25 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 800 — 25 mm

Laissez un commentaire »

| Culture, Exposition, Musée des Beaux-Arts de Montréal | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Enfin, la nouvelle année !

Publié le 1 janvier 2019 | Temps de lecture : 1 minute


 
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/800 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

Laissez un commentaire »

| Carte de souhait | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La légalisation des produits dérivés du cannabis

Publié le 31 décembre 2018 | Temps de lecture : 7 minutes


 
Introduction

Si chacun d’entre nous avait à dresser une liste de vingt choses merveilleuses à acquérir en 2019, il est à parier que personne n’aurait pensé à une bouteille de cola qui rend stone, à une boite de biscuits décadents au chocolat marbrés de cannabis, ou à la crème ‘Anti-4’ au THC (à la fois anti-ride, anti-cernes, anti-acné et anti-verrue).

Pourtant, c’est ce que nous promet Santé Canada pour le 17 octobre 2019.

Déjà, les médias ont commencé à nous présenter les cas charmants de petits entrepreneurs qui aimeraient gagner leur vie en vendant des desserts à base de principes actifs du cannabis ou en ‘inventant’ des cosmétiques contenant du THC.

En réalité, la légalisation des produits dérivés du cannabis n’est pas conçue pour eux. Elle profitera essentiellement à la grande industrie agroalimentaire et plus précisément à celle qui commercialise des aliments hautement transformés.

C’est elle qui trépigne aux portes des antichambres ministérielles, convoitant le lucratif marché des produits dérivés.

La brasserie Molson Coors a créé un partenariat avec le producteur de cannabis Hexo en vue de créer des boissons infusées à la marijuana. La distillerie Constellation Brands a investi cinq-milliards$ dans le capital de Canopy Growth.

Cette dernière aurait mis au point un breuvage qui drogue en sept à douze minutes. Comme quoi, on n’arrête pas le progrès.

Conséquences

La commercialisation des produits dérivés entrainera un bouleversement complet du mode choisi par certaines provinces pour rendre disponible le cannabis récréatif.

Essentiellement parce que ces produits ne peuvent être offerts qu’en libre-service. Seuls les breuvages à base de cannabis pourraient s’ajouter facilement à la gamme de produits offerts par la Société des alcools du Québec.

Toutefois, avant d’acheter un format de muffins ou de biscuits au cannabis, le consommateur a le droit de consulter la liste de tous ses ingrédients. Ou peut-être voudra-t-il sentir l’odeur d’un produit destiné à être appliqué sur sa peau.

À l’heure actuelle, n’importe quel adulte peut ajouter de l’huile de cannabis au dessert de son choix.

De la même manière, s’il croit que le THC topique — crèmes, onguents, lotions et gels — est utile à quoi que ce soit, il peut se procurer des huiles concentrées de cannabis dont il appliquera quelques gouttes ou quelques jets.

Dans le cas précis des préparations topiques contenant du THC, le gouvernement est déterminé à empêcher l’industrie de leur prêter des propriétés qu’elles n’ont pas.

C’est oublier que l’industrie cosmétique repose sur le rêve.

La bataille qui vise à empêcher cette industrie de tromper les consommateurs est une bataille que l’État a perdue depuis longtemps. La même chose surviendra donc avec les cosmétiques dérivés du cannabis.

De plus, légaliser les produits dérivés, cela obscurcit le message politique qui soutenait originellement la légalisation du cannabis.

Jusqu’ici, les arguments centraux qui justifiaient la légalisation étaient des préoccupations sanitaires et le désir de tarir une des sources de revenus du monde interlope.

Et voilà qu’à peine un an plus tard, on va ouvrir le marché du cannabis à l’industrie agroalimentaire pour seul motif ‘qu’il y a de l’argent à faire là-dedans’.

Or justement, suivez l’argent. Il part de la poche du consommateur et termine sa course dans le paradis fiscal où le géant agroalimentaire cache ses profits. Après, on en perd la trace.

Conclusion

Le Canada est le premier grand pays industrialisé à légaliser le cannabis.

Pour le gouvernement fédéral, cela est une occasion unique de transformer notre pays en un vaste laboratoire permettant aux géants mondiaux de l’industrie agroalimentaire de tester la popularité d’aliments à faible valeur nutritionnelle auxquels on aura ajouté des psychotropes.

Il est ironique de penser que c’est Santé Canada qui se propose de compliquer la tâche de milliers de diététistes qui luttent contre la malbouffe.

Cet organisme permettra également la mise en marché de préparations topiques de psychotropes sans exiger la moindre preuve quant à l’efficacité et l’innocuité de ces produits.

Peu importe l’opinion qu’on a de la légalisation du cannabis, il est difficile de comprendre où se trouve l’intérêt du peuple canadien à devenir des cobayes du développement international des produits dérivés du cannabis.

Au sein de la machine de l’État canadien, personne ne semble soupçonner que c’est une mauvaise idée que de mettre de la drogue dans quelque chose d’aussi attrayant pour les enfants que des bonbons, des chocolats, des biscuits ou des petits gâteaux.

L’expérience désastreuse des États américains qui ont légalisé cela aurait dû tuer dans l’œuf l’intention stupide de les imiter.

Dans tous les États où on a autorisé la vente des produits dérivés, on a assisté à une augmentation significative et durable du nombre d’admissions aux urgences pour empoisonnement, notamment chez les enfants.

Alors que se multiplient les voix opposées au suremballage, l’État canadien veut imposer une limite de THC par emballage, ce qui incitera l’industrie à envelopper séparément chaque jujube, chaque chocolat, chaque biscuit, afin de pouvoir y mettre le maximum autorisé.

Ce cadre règlementaire fait tellement ‘XXe siècle’; pour compenser le danger que constitue la présence de drogue dans la nourriture, on compte protéger la population canadienne par de la cellophane.

Ce qui veut dire qu’à l’Halloween, les parents devront dorénavant, dès leur retour à la maison, jeter systématiquement toutes les friandises sans enveloppe de cellophane, de peur que ce soit des friandises au THC déballées.

À voir ce à quoi mène la légalisation du cannabis, il ne faudrait pas se surprendre que l’appui à légalisation diminue dans l’opinion publique, notamment chez les parents de jeunes enfants.

De manière plus générale, si on veut sérieusement protéger l’environnement, il faudra entreprendre un jour la lutte contre le gaspillage des ressources.

Or justement, le résultat final de ce projet est l’utilisation de ressources alimentaires afin d’augmenter le nombre de ‘cochonneries’ que nous proposera l’industrie.

De la part de l’État canadien, cela trahit une manière arriérée de travailler au développement économique et un profond mépris des Canadiens, relégués au rang de rats de laboratoire.

Ceux qui désirent s’exprimer à ce sujet peuvent le faire en cliquant sur ceci. La date limite est le 20 février 2019.

Références :
Canadian entrepreneurs cooking up edible pot products despite legalization delay
Le cannabis récréatif
Règlement modifiant le Règlement sur le cannabis
Santé Canada propose des règles sur le cannabis comestible
Tableau récapitulatif de la légalisation des dérivés du cannabis

Parus depuis :
L’acceptabilité du cannabis est en baisse au Canada (2019-05-09)
La légalisation du cannabis a multiplié les cas d’intoxication chez les enfants (2019-05-16)
Trois élèves à l’hôpital après avoir mangé des bonbons au pot dans l’autobus à Repentigny (2022-05-10)
Cannabis candies found in children’s Halloween treats, Winnipeg police say (2022-11-01)
Cannabis comestible : les nouveaux produits salés de la SQDC touchent-ils la cible? (2024-01-17)

Un commentaire

| Nourriture, Politique canadienne, Santé | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Aliments contaminés par des bactéries intestinales : est-ce normal ?

Publié le 28 décembre 2018 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

Le mois dernier, l’Agence canadienne d’inspection des aliments recommandait de cesser de manger de la laitue romaine et les mélanges contenant cette variété en raison de leur contamination aux États-Unis par la bactérie E. coli.

Ce faisant, l’agence canadienne ne faisait que relayer la nouvelle de cette contamination, décelée chez nos voisins du Sud.

Ce mois-ci, la mise en garde était étendue aux choux-fleurs, également importés des États-Unis.

En 2016, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec recensait 133 cas d’infections alimentaires. Les données pour 2017 viennent d’être publiées; c’est 210 cas, soit une augmentation de 58% en un an.

On explique cette augmentation par un meilleur dépistage de la maladie et par une plus grande attention du public aux rappels d’aliments contaminés. Bref, ce serait normal.

Pourtant, le dépistage de la diarrhée est un des plus faciles. Il n’est même pas nécessaire d’être le médecin pour en faire le diagnostic; n’importe quelle personne atteinte le sait.

Ce que les techniques de pointe permettent de faire, c’est de dire précisément quelle souche entérotoxique de telle bactérie en est la cause.

Mais cela ne nous dit pas pourquoi des aliments avariés aux États-Unis se retrouvent dans nos assiettes, ici même au Canada.

Le laxisme du gouvernement canadien

Le néolibéralisme s’exprime par la dérèglementation.

Durant les années Harper, le gouvernement fédéral a réduit substantiellement le nombre d’inspecteurs. Tout comme pour le transport ferroviaire, l’État canadien économise l’argent des contribuables en se fiant dorénavant à l’autodiscipline de l’industrie concernée.

Dans le cas de la contamination fécale de la viande, un inspecteur fédéral expérimenté confiait à Radio-Canada :

« Les inspecteurs fédéraux des viandes ne s’occupent plus de la contamination fécale. C’est laissé à la responsabilité de la compagnie. Si je vois passer de la matière fécale sur un cœur ou un foie, je ne peux rien dire. Je ne peux qu’espérer que quelqu’un de la compagnie le voie. Et j’en vois tous les jours !»

D’où viennent les bactéries fécales ?

Les bactéries fécales prolifèrent dans les intestins des mammifères. Lorsqu’on les retrouve à la surface d’un aliment, c’est toujours en raison d’une contamination fécale, c’est-à-dire d’un contact de cet aliment avec des selles animales.

Ce qui ne veut pas dire que manger un aliment contaminé nous rendra malades. Aussi dégoutant que cela puisse être, une telle contamination est généralement inoffensive puisque ces bactéries déjà sont présentes dans notre intestin.

Ces bactéries sont nocives lorsqu’il s’agit de souches particulières, dites entérotoxiques.

C’est donc à dire que la contamination fécale des aliments passe généralement inaperçue parce qu’asymptomatique; elle est donc beaucoup plus fréquente qu’on pense.

Dans le texte Bœuf haché, fourrure et matières fécales, j’explique comment la viande en vient à être contaminée de la sorte.

Qu’en est-il des légumes ?

Le cas particulier des légumes

Un sol s’épuise lorsqu’il n’est pas fertilisé par des engrais. Ces engrais peuvent être chimiques ou naturels.

Or ce que nous appelons de l’engrais ‘naturel’, c’est généralement du fumier, c’est-à-dire des matières fécales d’animaux de la ferme. Même composté, le fumier n’est jamais stérile. Parfois il s’agit des boues récupérées d’usines d’épuration.

Les légumes racines — carottes, betteraves, navets, etc.— et les tubercules de patate se développent donc souvent dans un mélange de terre et de fumier.

Quant aux légumes qui poussent hors terre, ils sont éclaboussés par des gouttelettes de boue lorsqu’il pleut.

En plus, on doit tenir compte de la contamination humaine.

Dans presque tous les pays du monde, les travailleurs saisonniers embauchés de l’Étranger pour s’occuper de la récolte des produits maraichers sont traités d’une manière proche de l’esclavage.

Dans certaines exploitations agricoles américaines, ces Latino-Américains n’ont même pas accès à des toilettes chimiques dans les immenses champs où ils travaillent du matin jusqu’au soir. Ils soulagent donc sur place leurs besoins pressants, s’essuient avec le papier hygiénique apporté avec eux et se frottent les mains avec un peu de gel alcoolisé.

Voilà comment ils transfèrent sur les légumes cueillis manuellement, les bactéries présentes à la surface de leurs mains contaminées.

Que faire ?

Lorsqu’on fait bouillir n’importe quelle pomme de terre avec sa pelure pendant plus de vingt minutes, ce tubercule n’est pas seulement cuit; il est stérilisé. Plus aucun microbe à sa surface n’est vivant.

Ce n’est pas le cas des légumes qu’on consomme crus. Ceux-ci doivent être rincés à l’eau. Dans le cas des feuilles extérieures d’un légume comme la laitue, il est même souhaitable de frotter leur surface entre les doigts sous un filet d’eau.

On devra frotter également la surface des légumes comme les concombres, à moins de les peler.

Finalement, ceux que tout cela répugne peuvent consommer des légumes obtenus par culture hydroponique puisque cette dernière repose sur une fertilisation artificielle.

Références :
Bœuf haché, fourrure et matières fécales
Évitez de consommer de la laitue romaine au Québec et en Ontario
L’auto-inspection des compagnies alimentaires
Les cas d’infections à l’E. coli ont doublé en six ans au Québec
Rappel de choux-fleurs et de laitues contaminés à l’E. coli

2 commentaires

| Insalubrité, Nourriture, Politique canadienne, Santé | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Un souhait mystérieux

Publié le 24 décembre 2018 | Temps de lecture : 1 minute


 
Quelle est la chose la plus gentille que vous aimeriez qu’on vous souhaite pour le temps de fêtes ?

Eh bien, ce souhait, vous l’avez sous les yeux.

Comment ai-je deviné ? C’est simple.

À l’aide d’une police de caractère japonaise, j’ai pitonné n’importe quoi. Or figurez-vous que ce n’importe quoi, c’est le souhait générique, valable pour tous les vrais souhaits, que j’espère pour vous.

Il suffisait d’y penser…

4 commentaires

| Carte de souhait | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Une nouvelle constitution pour Cuba

Publié le 23 décembre 2018 | Temps de lecture : 2 minutes
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

En remplacement de la constitution cubaine de 1976, l’Assemblée nationale de ce pays adoptait, le dimanche 22 juillet dernier, un projet de constitution destiné à être soumis à une vaste consultation populaire.

Du 13 aout au 15 novembre 2018, 8,9 millions de personnes y ont participé sous forme de 130 000 débats locaux. Puisque Cuba compte onze-millions d’habitants, on peut dire qu’à peu près tous les Cubains adultes y ont pris part.

De plus, dans toutes les écoles du pays, les jeunes ont été invités à présenter leur vision du Cuba de demain, celui qui sera régi par cette constitution.

De cette consultation a surgi 783 174 demandes d’amendements — ajouts, modifications, et retraits — dont beaucoup ont été rejetés par les assemblées elles-mêmes tandis que d’autres ne se sont pas rendus au fil d’arrivée puisque c’étaient des doublons surgis des quatre coins du pays.

Au total, 760 corrections majeures ont été apportées au projet de constitution, affectant 134 de ses 224 articles, soit 60% du texte.

Après deux jours de débat, le texte définitif a été adopté hier à l’unanimité par le Parlement cubain.

Il reconnait d’autres formes de propriété que celle de l’État, permettant ainsi la légalisation des petites et moyennes entreprises privées.

À l’heure actuelle, l’entrepreneuriat privé emploie officiellement 591 000 personnes, soit 13% de la population active.

Cette version définitive doit être soumise à l’adoption finale par le peuple lors d’un référendum qui sera tenu le 24 février prochain.

À titre comparatif, rappelons que le Canada a connu deux constitutions depuis la confédération. Celle de 1867 était une loi du Parlement britannique. Quant à la constitution actuelle (datée de 1982), elle fut adoptée par l’ethnie dominante du pays à la suite d’une séance ultime de négociation à laquelle le Québec ne fut pas invité.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm F/2,8 — 1/400 sec. — F/6,3 — ISO 200 — 35 mm

Références :
Cuba ouvre la voie à la propriété privée avec un projet de nouvelle constitution
Cuba vote sa nouvelle Constitution qui reconnaît le marché
Le Parlement cubain adopte la nouvelle Constitution qui reconnaît le libre marché

Laissez un commentaire »

| Politique internationale | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Fantaisie du temps des fêtes (suite)

Publié le 22 décembre 2018 | Temps de lecture : 1 minute
Le défilé de mode

La scénographie de l’Expo Barbie est simple.

On y trouve trois vitrines thématiques : Le défilé de mode, Escapade à New York et Le Club de jazz.

Face aux visiteurs, les autres poupées s’alignent dans deux longues vitrines superposées qui courent le long de tous les murs de l’exposition.

Poupée Ravishing in Rouge
Poupée Publicity Tour
Poupée Goddess of the Galaxy
Escapade à New York
Poupée Peru
Poupée Golden Legacy

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
1re photo : 1/60 sec. — F/6,3 — ISO 2500 — 25 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/500 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/160 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
6e  photo : 1/400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/640 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

2 commentaires

| Culture, Exposition | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Fantaisie du temps des fêtes

Publié le 21 décembre 2018 | Temps de lecture : 2 minutes
Vue d’ensemble

Je connais peu de choses aussi kitchs qu’une exposition de poupées Barbie.

Depuis le 11 février 2016, et ce pour une période indéterminée, Les Cours Mont-Royal présentent gratuitement la plus grande exposition consacrée à la belle Américaine anorexique.

J’y suis allé hier matin à la recherche d’un sujet léger pour le temps des fêtes.

On y trouve plus de mille poupées classées par thèmes vestimentaires : tenues folkloriques, les figurines représentant des vedettes populaires, celles habillées comme des personnages célèbres de films ou de toiles de maitre, d’autres comme les égéries qui ont inspiré de grands couturiers, etc.

À ma très grande honte, je dois confesser que j’ai adoré.

Comme un paparazzi, j’ai cherché à débusquer dans cette foule miniature les actrices célèbres. Cinéphile, j’ai voulu obtenir l’angle qui contribuerait le mieux au mystère évanescent de la diva italienne. Etc.

Pour maintenir l’intérêt d’un texte à venir à ce sujet (celui que vous lisez), il me fallait multiplier les pointes de vues, de l’éloigné au gros plan.

Parfois, en cliquant sur les photos ci-dessous, on pourra voir des détails plus évidents sur la version à plus haute résolution.

Et parmi la liste des petits détails à ne pas négliger, il y a avait le souci (à l’aide de ma tuque) de cacher les reflets dans la vitrine. Précisons que tuque est le nom que les Québécois donnent à un bonnet.

Parmi les photos que j’ai prises, en voici sept pour aujourd’hui : sept autres suivront bientôt.

Poupée Silken Flame
Poupée Mint Memories
Poupée Billions of Dreams
Poupée Circus
Poupée Goddess of the Sun
Poupée Fantasy Goddess of Africa

Référence : Barbie Lovers’ Paradise

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
1re photo : 1/800 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/800 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm
4e  photo : 1/1000 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/500 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
6e  photo : 1/400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

2 commentaires

| Culture, Exposition | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel