La baisse de fréquentation des lycées américains

Publié le 27 septembre 2021 | Temps de lecture : 4 minutes


Avant-propos : Ce que les Américains appellent college équivaut approximativement aux Cégeps au Québec et aux lycées en France.

Aux États-Unis, l’école est un domaine de juridiction exclusive des États. Or la majorité d’entre eux sont dirigés par des gouverneurs républicains.

Ceux-ci ont la réputation d’être de meilleurs gestionnaires des dépenses publiques que leurs adversaires démocrates. Leur gestion néolibérale fait en sorte que l’école publique est sous-financée depuis des décennies.

En 2010, il y avait 15,1 millions d’étudiants admis dans les lycées publics et 5,9 millions dans des lycées privés. En 2021, on estime que leur nombre a baissé respectivement à 14,6 et 5,2 millions d’élèves.

Cette baisse de fréquentation s’explique en partie par l’augmentation des frais de scolarité au fil des ans, bien au-delà de l’augmentation des revenus des familles.

Pour l’année scolaire 2020-2021, 59,5 % des personnes admises sont des femmes et 40,5 % sont des hommes. C’est l’inverse de la situation qui prévalait en 1970.

Les demandes d’admission ont chuté de 1,5 million depuis cinq ans. Cette baisse s’est produite principalement chez les jeunes hommes puisqu’ils sont responsables de 71 % de cette baisse.

En raison des abandons, plus nombreux chez les étudiants masculins au cours de leurs études, il y aura bientôt deux diplômées pour chaque diplômé masculin.

Plusieurs raisons expliquent ces différences.

Dès qu’ils sont en âge de travailler, les occasions pour les jeunes hommes de gagner un salaire alléchant (par exemple, dans l’industrie de la construction, moins règlementée qu’au Québec) sont beaucoup plus nombreuses que pour les filles de leur âge.

De plus, les modèles de réussite que les jeunes garçons ont sous les yeux sont plus souvent ceux d’hommes peu instruits qui ont réussi à force d’audace que de brillants intellectuels derrière leurs lunettes épaisses.

D’autre part, les adolescentes sont plus disciplinées et ont davantage tendance à se concentrer sur leurs études.

De leur côté, les adolescents sont plus portés à un hédonisme qui résiste moins bien à l’attrait des jeux vidéos, de la pornographie et des drogues récréatives.

En raison du fait que l’adolescent qui a abandonné ses études se retrouvera souvent dans un milieu de travail multigénérationnel alors que son confrère encore au lycée est entouré d’un grand nombre de jeunes de son âge, ce dernier trouvera plus facilement une âme sœur.

Particulièrement s’il est hétérosexuel puisque les adolescentes y sont en surnombre.

Invité sur les ondes de CNN, l’intellectuel Scott Galloway déclarait ceci (la traduction suivra) : “College graduate women aren’t interested in mating with men who don’t have college degrees. If you look at the most unstable violent societies in the World, they all have one thing in common: they have young, depressed men, unattached to work, unattached to school and unattached to relationships. And our inability to provide the resources to encourage men to go to college is going to result in us producing too many of the most dangerous cohort in the World. (…) [Back when I applied to college], UCLA had a 70% admissions rate, now a 14% admissions rate. (…) This is a huge problem.

En voici la traduction :

Les lycéennes diplômées ne sont pas intéressées aux hommes sans diplôme. Or si vous regardez les sociétés violentes les plus instables du monde, elles ont toutes une chose en commun : elles ont beaucoup de jeunes hommes déprimés, peu intéressés à exercer un métier, sans affinité pour l’école et vivant seuls.

Et notre incapacité à fournir les ressources pour encourager les hommes à poursuivre leurs études nous amènera à produire trop de la cohorte la plus dangereuse qui soit.

[À l’époque où j’ai été admis aux études supérieures], l’Université de la Californie à Los Angeles avait un taux d’admission de 70 % : maintenant un taux d’admission de 14 %. (…)

Ceci est un énorme problème.

Références :
A Generation of American Men Give Up on College: ‘I Just Feel Lost’
College enrollment in the United States from 1965 to 2019 and projections up to 2029 for public and private colleges
College gender cap: Women outnumber men 60-40 (vidéo)
Coefficient de Gini

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’affaire Alstom

Publié le 26 septembre 2021 | Temps de lecture : 4 minutes

Alstom est connue au Québec pour avoir fait l’acquisition de Bombardier Transport le 29 janvier 2021.

Pendant plus de deux décennies, Frédéric Pierucci fut cadre d’une division de cette multinationale française.

Le 14 avril 2013, il est arrêté à l’aéroport JFK de New York sous l’accusation d’avoir participé à une affaire de corruption en 2003-2004.

À cette époque, Alstom était en compétition avec une entreprise américaine en vue de l’obtention d’un contrat de construction d’une centrale électrique en Indonésie.

À la suggestion des dirigeants indonésiens, Alstom avait retenu les services de démarcheurs payés au succès; si Alstom obtenait le contrat, ceux-ci recevaient entre 1 et 3 % du prix du contrat.

Or il s’est avéré que ces démarcheurs ont corrompu les responsables indonésiens afin de toucher leur commission.

Pour le ministère de la Justice américaine (DoJ), Alstom est responsable d’aveuglement volontaire et aurait dû savoir que ce mode de rémunération incitait ces démarcheurs à corrompre.

La Foreign Corrupt Practices Act habilite le ministère de la Justice américaine à poursuivre toute entreprise étrangère qui violerait une loi des États-Unis. Et ce, même lorsque le délit a été commis dans un pays étranger (comme c’est le cas ici).

Soutenu par Washington, c’est le principe de l’extraterritorialité des lois américaines.

Dans les cas de corruption impliquant des entreprises étrangères, les pénalités sont généralement au-delà d’un demi-milliard de dollars américains. En 2019, après avoir plaidé coupable, Alstom fut condamnée à payer 772 millions$US.

À l’époque de l’arrestation de Frédéric Pierucci en 2013, General Electric est en négociation secrète avec Alstom en vue de l’achat de sa division électrique (celle dirigée par Pierucci).

Frédéric Pierucci devient donc l’otage qui fait peser une épée de Damoclès sur Alstom afin de l’obliger à accepter l’offre de General Electric.

Il ne sera libéré qu’après que la vente fut validée par la Commission européenne.

En une décennie, Alstom devenait ainsi la cinquième entreprise acquise par General Electric grâce à la complicité du DoJ. En effet, par le biais de Foreign Corrupt Practices Act, le DoJ participe activement à la guerre économique que livrent les États-Unis à ses propres alliés.

Dans le cas d’Alstom, les procureurs américains avaient épié 300 000 courriels internes de la compagnie en utilisant le réseau de surveillance créé officiellement pour combattre le terrorisme, mais qui est principalement utilisé à des fins d’espionnage industriel.

Le rôle du DoJ est d’affaiblir et de déstabiliser les entreprises étrangères aux fins de rachat et de capture par des entreprises américaines.

En plus de l’amende qui sert à réduire la valeur capitalisée de l’entreprise, le DoJ jette en prison un ou plusieurs dirigeants de l’entreprise afin d’intimider les autres et les inciter à accepter l’offre.

Même lorsque ces dirigeants évitent de transiter par les États-Unis (afin de ne pas y être arrêtés), Washington donne l’ordre à des pays qui lui sont inféodés de procéder à leur arrestation puis de les extrader aux États-Unis.

Dans le cas d’Alstom, quatre de ses dirigeants furent arrêtés pendant que se déroulaient les négociations avec General Electric.

D’autre part, la compagnie américaine promettait un généreux bonus aux membres du Conseil d’administration s’ils recommandaient aux actionnaires sa prise de contrôle.

Les vingt-et-un dirigeants d’Alstom ont reçu un bonus additionnel de 30 millions d’euros, dont 4 millions pour le président sortant.

Références :
Alstom
Alstom condamnée à une amende de 772 millions pour corruption
Entrevue de Frédéric Pierucci à Thinkerview
Frédéric Pierucci
Le piège General Electric

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le cimetière Notre-Dame-des-Neiges – 3e partie

Publié le 24 septembre 2021 | Temps de lecture : 2 minutes
Monument de la famille D’Ermo

La cuisine familiale et l’hommage rendu aux disparus sont deux choses intimement liées à la culture des peuples. Au premier coup d’œil, on sait que ce monument est celui d’une famille italienne.

Il semble avoir été créé pour accueillir la dépouille de Giovannino D’Ermo, fils de Domenico D’Ermo (dont le saint patron est représenté à gauche). Je soupçonne cette famille d’être originaire de la région de Pompéi.

Dans l’ordre habituel, cette Notre-Dame-du-Rosaire-de-Pompéi représente saint Dominique, l’Enfant Jésus, la Vierge et sainte Catherine de Sienne.

Pierres tombales
Angelot de la pierre tombale de la famille Crompt
Pierre tombale de Barbara Matay

En plus de monuments funéraires, le cimetière contient des milliers de pierres tombales, parfois enjolivées de figurines ou de décorations.

Le Saint-Joseph du monument de la famille Modafferi
L’oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal

Au sortir du cimetière par la rue Decelles, on est près de l’oratoire Saint-Joseph.

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 14-45mm + filtre vert jaunâtre Лomo ж3-2* + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80A d’Omega
1re photo : 1/60 sec. — F/5,0 — ISO 320 — 26 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/8,0 — ISO 800 — 19 mm
3e  photo : 1/100 sec. — F/11,0 — ISO 2000 — 45 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/5,2 — ISO 800 — 29 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/5,0 — ISO 320 — 14 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/5,6 — ISO 640 — 37 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les mots précédés par la syllabe co

Publié le 24 septembre 2021 | Temps de lecture : 1 minute

Formé de la fusion de co et de détenu, le mot codétenu désigne une personne qui est détenue en même temps et dans le même lieu qu’une ou plusieurs personnes.

Lorsque la syllabe co précède un mot français, ce préfixe exprime le concours, l’union ou la simultanéité.

Il en est ainsi de coaccusé, coacquéreur, coassocié, coassurance, coauteur, cobelligérant, coexistence, cogestion, copartage, copropriétaire, et ainsi de suite.

À l’origine, copain était celui avec lequel on partage le pain.

Mais cocu n’est pas celui avec lequel on partage quoi que ce soit; si tel était le cas, à la fois l’époux trompé et l’amant le seraient.

Le mot cocu vient plutôt du latin ‘cuculus’ qui veut dire coucou, cet oiseau qui laisse ses œufs dans le nid des autres.

Logiquement, le cocu devrait être l’amant. Mais l’évolution parfois ironique des mots en a décidé autrement…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Sous-marins : les mauvais calculs de Canberra

Publié le 23 septembre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

Introduction

Du point de vue économique, une des différences fondamentales entre le Canada et l’Australie, c’est que la grande majorité des exportations canadiennes se font par voie terrestre alors que la presque totalité des exportations australiennes se font par voie maritime.

Si on exclut les conflits frontaliers entre la Chine et le Japon en mer de Chine orientale, et les rivalités conflictuelles d’une multitude de pays entre eux en mer de Chine méridionale, la Chine et l’Australie partagent le même intérêt à assurer la sécurité de la navigation dans l’océan Pacifique, lui qui couvre le tiers de la surface de la planète.

Rôle des sous-marins australiens en temps de paix

La Première Guerre mondiale a été déclenchée par un simple assassinat politique à Sarajevo. Mais un siècle plus tard, les États-Unis ne déclencheront pas une Troisième Guerre mondiale à la suite d’une fanfaronnade australienne qui a mal tourné.

C’est donc à dire que toute provocation australienne en mer de Chine orientale ou en mer de Chine méridionale devra être autorisée secrètement par Washington dans le cadre d’une concertation militaire interalliée.

Concrètement, cela signifie que la marine militaire australienne sera vassale de celle des États-Unis si elle ne l’est pas déjà; en somme, les ordres viendront de Washington et non de Canberra.

Bref, en achetant douze sous-marins, l’Australie prend à sa charge une dépense qui évite aux États-Unis de le faire.

Rôle des sous-marins en temps de guerre

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, les sous-marins allemands ont infligé des pertes considérables aux convois maritimes qui assuraient l’approvisionnement des pays alliés en biens et en matériel militaire.

De plus, de nombreux navires de guerre alliés ont été torpillés par des sous-marins allemands.

Mais on ne fait plus la guerre comme autrefois. Ce qui change la donne, ce sont les missiles de croisière.

À l’heure actuelle, les missiles de croisière qui atteignent une portée de 2 600 km sont ceux qui sont lancés à partir de bombardiers (qualifiés d’air-sol) et ceux lancés de navires ou de sous-marins (qualifiés de mer-sol).


 
Selon Israël, les missiles Sahab-3 iraniens (sol-sol) auraient une portée de 2 000 km.

Même si, comme les prétendues armes de destruction massive de Saddam Hussein, il y avait là matière à exagération, il est certain que la technologie militaire évoluera d’ici le moment où l’Australie prendra livraison de ses nouveaux sous-marins, soit dans une décennie.

La portée des missiles sol-sol offrira bientôt un rapport cout-avantage beaucoup plus intéressant que les sous-marins. Voilà pourquoi, en cas de conflit armé, la Chine n’aura plus besoin de navires de guerre pour menacer les convois maritimes australiens dans le Pacifique.

Pour l’Australie, le seul intérêt sera alors d’équiper ses sous-marins d’ogives nucléaires afin de frapper ses ennemis de plus près, donc avec plus de précision.

Toutefois, cela lui est interdit par le Traité de non-prolifération des armes nucléaires.

Cela n’est permis qu’aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU. Auxquels s’ajoutent trois pays qui ont refusé de signer ce traité; le Pakistan, l’Inde et Israël.

Références :
Conflit en mer de Chine méridionale
Missile de croisière

Complément de lecture : L’affaire des sous-marins australiens

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le cimetière Notre-Dame-des-Neiges – 2e partie

Publié le 23 septembre 2021 | Temps de lecture : 2 minutes
Monument de la famille Rémillard

Ce monument est un bel exemple de pathétisme dans la statuaire mortuaire.

Monument de la famille de Napoléon Beauchamp

À l’inverse, ce monument est marqué par une solennité dépourvue de sentimentalité.

Monument funéraire de Camillien Houde

Inspiré du tombeau en marbre de Napoléon Bonaparte, voici le monument funéraire de Camillien Houde. Il fut maire de Montréal à quatre reprises, entre 1928 et 1954.

Caveau de la famille Murphy & Baker
Monument de la famille Masson

Bel exemple de style Art nouveau (on pense à Gustav Klimt), le monument de la famille Masson semble représenter une âme extasiée devant la Croix du Christ. En réalité, cette dernière n’a pas de rapport, ayant été élevée pour honorer la mémoire de Napoléon-Georges Valiquette.

Vierge à l’Enfant sur la pierre tombale de Pamphile-Réal Du Tremblay et d’Angelina Berthiaume
Une allée du cimetière

(à suivre)

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 14-45mm + filtre vert jaunâtre Лomo ж3-2* + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80A d’Omega
1re photo : 1/80 sec. — F/8,0 — ISO 320 — 36 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 23 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/8,0 — ISO 1600 — 14 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/8,0 — ISO 1600 — 26 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/5,3 — ISO 400 — 30 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/8,0 — ISO 800 — 25 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/8,0 — ISO 640 — 14 mm

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L’affaire des sous-marins australiens

Publié le 22 septembre 2021 | Temps de lecture : 8 minutes

L’effet domino – 1re partie

De 1966 à 1996, la France a mené dans le Pacifique — plus précisément en Polynésie française — une série de 193 essais nucléaires, dont 46 aériens.

En raison de la poussière radioactive dispersée par les vents, ces essais ont suscité des tollés dans tous les pays environnants.

En 1985, un commando secret français fait exploser le bateau Rainbow Warrior de Greenpeace, amarré dans le port d’Auckland, la capitale néozélandaise. L’explosion fit un mort.

Ce grave incident a poussé la Nouvelle-Zélande à adopter en 1987 le New Zealand Nuclear Free Zone, Disarmament, and Arms Control Act.

Parmi les conséquences de la dénucléarisation complète de ce pays, il devenait interdit à tout navire à propulsion nucléaire d’accoster dans un port néozélandais.

Depuis des années, l’Australie — pays voisin de la Nouvelle-Zélande — possède une flotte de six sous-marins à propulsion diésel de conception suédoise. Ces sous-marins arriveront en fin de vie en 2032.

Remplacer une flotte prend du temps.

C’est à la suite d’une longue réflexion que l’Australie avait lancé un appel d’offres international en vue de remplacer ses six sous-marins actuels par douze sous-marins plus modernes.

Pour parer à l’éventualité où un sous-marin australien en difficulté voudrait accoster en Nouvelle-Zélande, l’appel d’offres australien exigeait que les nouveaux sous-marins soient à propulsion diésel.

Normalement, un chantier maritime possède une foule de fournisseurs soumis à ses spécifications.

Mais l’Australie avait fait le choix d’accorder séparément des contrats pour les sous-marins et pour certains de leurs composants essentiels; les sonars, les mâts optroniques (qui remplacent de nos jours les périscopes) et l’armement.

Ce qui signifie que le fabricant du sous-marin ‘dépouillé’ — la coque, de même que son système de navigation et de propulsion — devait modifier ses spécifications pour tenir compte de la taille des composants achetés en vertu de contrats séparés.

Au départ, c’était un consortium japonais (Mitsubishi et Kawasaki) qui était donné favori dans la course. Mais pour tenter d’obtenir le contrat australien, la France a accepté deux choses.

Premièrement, de modifier son modèle de sous-marin Barracuda, haut de gamme, en remplaçant son alimentation nucléaire par une alimentation diésel.

Et deuxièmement, en faisant en sorte que la partie française du contrat ait non seulement des retombées économiques australiennes, mais soit également l’occasion d’un transfert technologique au profit de l’Australie.

C’est en raison de ces compromis que la France a obtenu le contrat, à la surprise de tous.

Un contrat critiqué

C’est le gouvernement de Malcom Turnbull (2015-2018) qui conclut le contrat avec la France en 2016.

Au sein même du gouvernement, Scott Morrison, à titre de ministre des Finances, était fermement opposé à ce contrat. À juste titre, il estimait que les sous-marins à propulsion nucléaire permettaient une plus grande autonomie de ravitaillement (15 ans) et étaient plus difficiles à repérer.

À la suite d’intrigues au sein du Parti libéral d’Australie, Malcom Turnbull démissionna en 2018 et fut remplacé par Scott Morrison. Ce dernier poursuivit le mandat obtenu par son prédécesseur.

Toutefois, il déclencha des élections anticipées en 2019 à l’issue desquelles une coalition formée par le Parti libéral et le Parti national d’Australie dirigea le pays sous l’autorité de Scott Morrison.

Le 15 septembre 2021, au cours d’une allocution conjointe avec Joe Biden et Boris Johnson, Scott Morrison annonça la rupture unilatérale du contrat accordé à la France en 2016 et la conclusion d’une entente de gré à gré, négociée secrètement entre son pays, les États-Unis et la Grande-Bretagne.

L’effet domino – 2e partie

Crise diplomatique

À la suite de la rupture de ce contrat, la France a rappelé son ambassadeur à Washington. Il s’agit d’un geste diplomatique habituellement réservé dans les cas où un pays veut exprimer sa contrariété envers un pays ennemi. C’est le premier rappel d’ambassadeur français aux États-Unis depuis son indépendance.

Cette décision a été prise par le président de la République française.

Le retour du gaullisme

Par ‘gaullisme’, on entend ici la défense de l’indépendance de la France, le refus de sa vassalisation à des organismes supranationaux, à des superpuissances, ou aux puissances économiques ou financières.

Jusqu’à maintenant, les dirigeants politiques français croyaient leur pays partenaire des États-Unis. Mais ils le voient maintenant traité comme un vassal.

Du coup, ces jours-ci, le gaullisme a le vent dans les voiles dans le discours politique français.

À droite comme à gauche, on réclame le retrait de la France de l’Otan. Comme le général de Gaulle l’a fait en 1966.

Un projet de libre-échange en péril

Depuis 2016, l’Australie caressait le projet d’un traité de libre-échange avec l’Union européenne sur le modèle de celui conclut avec le Canada.

Non seulement l’Australie est-elle maintenant assurée du véto français, mais qui voudra conclure un traité avec un pays qui ne respecte pas sa parole ?

Évidemment, l’Australie n’est pas le premier pays à agir ainsi. Le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat, c’est un peu la même chose. Mais les voltefaces américaines, on doit faire avec alors qu’on peut très bien se passer de celles de l’Australie.

À l’opposé, depuis le sommet de Glasgow, le droit international autorise l’imposition des tarifs aux pays qui tardent à réduire leur production de gaz à effet de serre. L’Australie est l’un d’eux…

Le mythe du bouclier américain

L’achat de sous-marins se justifie par la nécessité de défendre la souveraineté maritime d’un pays.

Je vous avoue candidement que je ne vois pas en quoi l’Australie pourrait se sentir menacée par la marine chinoise. En effet, le territoire chinois et celui de l’Australie sont distants de plus de 4 000 km, soit à peu près la distance entre le Canada et le Maroc.

Le premier ministre d’Australie justifie l’achat de ses sous-marins par la nécessité selon lui de faire respecter le droit international dans les espaces maritimes revendiqués par Beijing.

Donc l’Australie se voit comme un policier investi de la mission de faire respecter le droit international.

En dollars américains, en 2019, les produits intérieurs bruts de la Chine et de l’Australie étaient respectivement de 14,3 mille milliards et de 1,4 mille milliards. En somme, la Chine est dix fois plus puissante que l’Australie.

Les prétentions australiennes sont la version moderne de la fable ‘La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf’.

Forte de la protection présumée des États-Unis, l’Australie peut bien bomber le torse.

Elle semble oublier qu’au cours des deux premières années de la Deuxième Guerre mondiale, l’Europe occidentale a dû faire face seule aux armées allemandes. Il a fallu attendre l’attaque de Pearl Harbor en 1941 pour que les États-Unis se réveillent.

Si la Chine devait couler un sous-marin australien qui la provoque en mer de Chine orientale, entre les appels australiens à la vengeance et les craintes du grand patron de Home Depot de manquer de marteaux et de scies électriques faits en Chine, le choix est simple aux yeux de n’importe quel sénateur américain.

Si un tel incident devait survenir, tout ce que l’Australie obtiendra c’est un vote unanime du Congrès américain blâmant la Chine et un rabais spécial sur l’achat d’un 13e sous-marin pour remplacer celui détruit…

Références :
Accord économique et commercial global
Affaire du Rainbow Warrior
Classe Collins
Crise des sous-marins australiens
Essais nucléaires français
Face aux critiques de la Chine, l’Australie dit défendre le droit international
Gaullisme
Sous-marins australiens: le contrat du siècle, vraiment?
Nouvelle-Zélande : l’affaire du Rainbow Warrior, un symbole de lutte contre le nucléaire
Paris has a long memory – Scott Morrison’s cavalier treatment of France will hurt Australia
Sous-marins australiens : un risque de prolifération nucléaire dans le monde ?

Paru depuis : US senators urge Joe Biden not to sell ‘scarce’ nuclear submarines to Australia (2023-01-06)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le cimetière Notre-Dame-des-Neiges – 1re partie

Publié le 22 septembre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

Dans toutes les villes que j’ai visitées, je me suis toujours fait un devoir de visiter leurs cimetières.

Parce que les rites funéraires et l’hommage rendu aux disparus font partie de la culture des peuples.

À partir du belvédère Outremont, on peut emprunter un chemin qui traverse le cimetière Notre-Dame-des-Neiges jusqu’à l’avenue Decelles.

C’est par là que je suis passé la semaine dernière. Les photos ci-dessous ont été prises le long du trajet en rouge, près du coin supérieur gauche de la carte ci-contre.

Il serait facile de se scandaliser en voyant des monuments funéraires photographiés ainsi, au milieu de couleurs festives.

Mais on doit se rappeler que les mystiques (dont je ne fais pas partie) aspirent à cette mort qui leur permettra de rencontrer enfin leur Créateur.

Monument de la famille Caron

Au Moyen-Âge, il était fréquent de représenter un petit chien à chaque pied de son maitre, ce dernier sculpté gisant sur le couvercle de sa tombe. Le chien représentait la fidélité de ceux qui n’oublient pas.

Monument de George-Étienne Cartier

Le monument en granite de George-Étienne Cartier porte sa devise : ‘Franc et sans dol’. En droit civiliste, un dol est une manœuvre frauduleuse.

Monument de la famille Villeneuve
Monument de la famille Smith
Détail du monument de la famille Smith

Marguerite (en anglais, Margaret) est un des nombreux prénoms féminins tirés du nom d’une fleur. Décorée de marguerites, cette croix honore la mémoire de Charles-F. Smith et son épouse Margaret McNally. Au centre, un monogramme formé des lettres S et M.

Monument de Kazimierz-Jerzy Stańczykowski

Ce monument Art Deco est décoré d’une mosaïque d’une Vierge à l’Enfant inspirée des icônes byzantines.

’Le Saut de l’ange’ (2010) d’Edith Croft

Cette sculpture d’Edith Croft (assistée de Gilles Doyon) se dresse sur la pierre tombale de Pierre-Luc d’Ordonnens.

Pierre tombale de la famille Daigle

À l’heure de la prise de cette photo, la lumière solaire rasait la surface de la pierre tombale et faisait ressortir les lettres de ce nom de famille. De plus, la chute automnale d’une partie du feuillage des arbres rappelle le fait que la mort a déjà décimé une partie des membres de cette famille.

Monument de la famille Delbuguet

Le monument funéraire de Micheline Delbuguet — et de son époux René (toujours vivant) — est d’inspiration Art Deco. Sur une base sombre qui adopte la forme d’un cercueil est érigée une Mater Salvatoris derrière laquelle des morceaux de verre coloré sont suspendus en cercle.

Une allée du cimetière

(à suivre)

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 14-45mm + filtre vert jaunâtre Лomo ж3-2* + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80A d’Omega
  1re photo : 1/60 sec. — F/6,3 — ISO 320 — 14 mm
  2e  photo : 1/60 sec. — F/4,7 — ISO 250 — 23 mm
  3e  photo : 1/60 sec. — F/6,3 — ISO 500 — 14 mm
  4e  photo : 1/60 sec. — F/8,0 — ISO 400 — 14 mm
  5e  photo : 1/100 sec. — F/5,6 — ISO 1000 — 45 mm
  6e  photo : 1/80 sec. — F/8,0 — ISO 400 — 14 mm
  7e  photo : 1/80 sec. — F/8,0 — ISO 640 — 37 mm
  8e  photo : 1/80 sec. — F/5,5 — ISO 400 — 36 mm
  9e  photo : 1/60 sec. — F/8,0 — ISO 320 — 14 mm
10e  photo : 1/60 sec. — F/8,0 — ISO 250 — 17 mm

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Le belvédère Outremont

Publié le 21 septembre 2021 | Temps de lecture : 2 minutes

Sur le mont Royal, on trouve deux belvédères bien connus.

Le plus spectaculaire est le belvédère Kondiaronk, celui qui donne sur le centre-ville.

Puis il y a le belvédère Camillien-Houde, qui donne sur l’est de la ville.

C’est le seul où, de sa voiture stationnée, on peut admirer le paysage. Puisqu’il ne ferme jamais, c’est également là que les amoureux viennent le soir contempler la ville illuminée.

Mais il y en a deux autres; le belvédère Outremont (qui permet de voir le nord de la ville) et le belvédère Westmount (dirigé vers l’ouest).

Aujourd’hui, nous vous présentons le belvédère Outremont.

On le trouve dans le parc Tiohtià:ke Otsira’kéhne.

Entrée par le boulevard du Mont-Royal

D’une superficie de 23 hectares, ce parc très peu connu est situé sur le flanc nord du mont Royal. On y accède à pied par deux entrées; soit par le chemin de Polytechnique ou par l’entrée sur le boulevard du Mont-Royal.

Vue du belvédère d’Outremont

Il offre une vue dégagée sur tout le nord de la ville, à l’exception des édifices au premier plan, en partie cachés par la végétation.

C’est un des meilleurs endroits pour admirer toutes les couleurs de l’automne.

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 14-43mm + filtre IR Chrome Lite
1re photo : 1/400 sec. — F/4,5 — ISO 160 — 18 mm
2e  photo : 1/1250 sec. — F/3,6 — ISO 160 — 15 mm

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Cout d’une hospitalisation pour Covid-19

Publié le 20 septembre 2021 | Temps de lecture : 1 minute

Référence : Ceci n’est pas une grippe

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Écrit par Jean-Pierre Martel