Dépistage et vaccination des 5 à 11 ans

Publié le 30 novembre 2021 | Temps de lecture : 8 minutes

Introduction

À plusieurs reprises, je me suis exprimé en faveur du dépistage obligatoire du Covid-19 à l’école primaire, tout en reconnaissant le droit des parents de s’y opposer : en pareil cas, l’enfant ferait ses classes à la maison.

Mais il existe une différence fondamentale entre le dépistage obligatoire et la vaccination obligatoire; cette dernière viole l’intégrité physique de la personne qui reçoit le vaccin.

La vaccination s’apparente donc, dans une certaine mesure, à une opération chirurgicale; toute personne apte à décider par elle-même doit y consentir de manière libre et éclairée sauf lorsque cette personne en a le devoir en raison de son métier.

Même s’il n’existe aucun doute dans l’esprit du vaccinateur quant à l’innocuité de son vaccin, ce n’est pas à lui d’en juger; la décision appartient à la personne destinée à le recevoir.

Voilà pourquoi la vaccination obligatoire des enfants du primaire est inappropriée; c’est une décision qui incombe aux parents et non à l’État.

Les hésitations parentales

Au sein d’une population, le consentement des parents est proportionnel au taux de vaccination chez les adultes. Les parents opposés à la vaccination pour eux-mêmes s’y opposent aussi pour leurs enfants. C’est logique. Quant aux parents vaccinés, une partie d’entre eux hésitent au sujet de leurs enfants.

En France — où le taux de double-vaccination est actuellement de 69,6 % — les sondages révèlent que 62 % des parents d’enfants de 6 à 12 ans sont défavorables à leur vaccination; or ce pourcentage correspond au 30,4 % d’opposition parentale (pour eux-mêmes) auquel on ajouterait un parent sur deux parmi ceux déjà vaccinés.

Au Québec, où la vaccination a été très bien accueillie, la vaccination volontaire des enfants ne suscite pas de controverse.

Mais beaucoup de parents hésitent.

Les causes de l’hésitation

À leur face même, les arguments invoqués pour les convaincre ne sont pas de nature à susciter leur adhésion enthousiaste.

Le danger pour les grands-parents

En prévision des rassemblements familiaux à l’occasion du temps des Fêtes, on dit aux parents qu’il serait dommage que les grands-parents soient contaminés par leurs petits-enfants.

Mais on se rappelle l’époque où les épidémiologistes nous disaient que les enfants atteints étaient beaucoup moins contagieux que les adultes. C’était à l’époque où les écoles étaient fermées et du coup, où les enfants avaient beaucoup moins d’occasions de transmettre la pandémie.

Depuis, on sait que cela n’est pas vrai; les enfants peuvent transmettre assez facilement le Covid-19. Essayez seulement de dire à un enfant de quatre ans de tousser dans son coude…

D’autre part, depuis le 18 juillet dernier, les personnes de 60 ans ou plus comptent pour 9,5 % des cas alors qu’ils forment 25,4 % de la population.

Nos médias nous répètent que la pandémie est actuellement une menace sérieuse pour les non-vaccinés; ceux-ci constituent l’immense majorité des personnes admises aux soins intensifs de nos hôpitaux.

Ce que le grand public comprend par cela, c’est que grâce à la vaccination, il n’y a presque plus de danger pour les vieillards.

Même si on lui révélait que la presque totalité des 280 Québécois morts du Covid-19 depuis le 1er septembre dernier étaient des vieux, étant donné que cette pandémie a déjà tué 11 579 Québécois, 280 morts, c’est presque une bonne nouvelle…

À Noël, les vieillards du Québec seront au maximum de l’immunité conférée par la 3e dose de vaccin qu’on leur administre ces jours-ci.

En définitive, la question qu’on doit se poser est la suivante; l’argument du danger pour les grands-parents, est-ce que cela incitera les grands-parents à annuler leur participation aux réjouissances des Fêtes ou incitera les parents à faire vacciner leurs enfants ?

La protection des petits écoliers

Autre argument en faveur de la vaccination : on dit que la vaccination des enfants de 5 à 11 ans les protègerait des dangers de la pandémie. Mais de quoi parle-t-on ?

Cela fait des mois qu’on justifie la faiblesse des mesures sanitaires à l’école primaire en laissant sous-entendre que de toute manière, cela n’a pas d’importance puisque leur contagion est anodine.

Le Covid-19 chez les enfants

Depuis le 18 octobre 2021, le nombre cumulatif d’enfants officiellement atteints par le Covid-19 est passé de 8 146 à 14 587, soit une augmentation de 79 % en six semaines. Essentiellement, il s’agit d’écoliers du primaire.


Le Covid-19 chez les jeunes Québécois de 0 à 9 ans depuis six semaines

  18 oct. 01 nov. 15 nov. 29 nov.
Nombre de cas 8 146 cas 9 584 cas 11 677 cas 14 587 cas
Pourcentage 18,6 % 19,1 % 19,9 % 20,9 %
par 100 000 filles 906 cas 1 063 cas 1 292 cas 1 614 cas
par 100 000 garçons 920 cas 1 086 cas 1 325 cas 1 656 cas

En comparaison avec l’ensemble de la population québécoise, les enfants comptaient pour 18,6 % du nombre cumulatif des cas au Québec. Ce pourcentage est passé à 20,9 % depuis.

Par cent-mille personnes, le nombre de fillettes atteintes est passé de 906 à 1 614. Chez les garçons, c’est passé de 920 à 1 656.

Toutefois, ces données sont des sous-estimations.

Pour ce qui est des enfants d’âge préscolaire, les délais s’allongent pour la prise de rendez-vous à des fins de dépistage.

Aux États-Unis, n’importe quel parent peut aller à la pharmacie acheter un test rapide en vente libre possédant un taux d’efficacité de 94 %, soit à peine moins qu’un test de laboratoire.

Pourquoi n’est-ce pas le cas au Québec ? Officiellement, parce que la Santé publique veut pouvoir comptabiliser les cas. Dans les faits, sa lourdeur administrative ne fait que dissuader les parents à faire tester leurs enfants. Ce qui contribue à améliorer les statistiques officielles.

Pour ce qui est des enfants du primaire, les écoles manquent de tests, manquent de préposés pour tester, et manquent même de formules de consentement parental.

La Santé publique a eu des mois pour se préparer à la rentrée scolaire mais a manqué de temps. On nous assure que tout sera parfait dès que la pandémie sera terminée…

Ceci étant dit, doit-on s’inquiéter de cette contamination ?

Depuis le début de la pandémie, 259 enfants de 0 à 9 ans ont été hospitalisés au Québec en lien avec le virus, dont 44 aux soins intensifs. Mais aucun n’en est mort.

Puisqu’on sait que le syndrome postcovid affecte une bonne partie de ceux qui attrapent gravement l’infection, il est raisonnable de présumer que ces 44 jeunes traineront des séquelles de cette pandémie une bonne partie, sinon toute leur vie.

Conclusion

Le nombre exact d’enfants atteints par le Covid-19 n’est pas connu en raison des lacunes du dépistage au Québec.

Les données officielles prouvent qu’un nombre croissant d’enfants attrapent la pandémie à l’école primaire.

Même s’ils n’en meurent pas, il est inexact de croire que le Covid-19 est inoffensif puisque 44 enfants de 0 à 9 ans se sont retrouvés aux soins intensifs de nos hôpitaux jusqu’ici.

Les parents qui hésitent à faire vacciner leurs enfants ont l’impression qu’on leur demande de ‘sacrifier’ leur enfant à la vaccination parce que cela faciliterait la tâche de ceux qui sont responsables de la lutte sanitaire.

Avant de penser à rendre la vaccination obligatoire pour les enfants — ce qui ne semble pas être dans les intentions ni du gouvernement ni de nos autorités sanitaires — il serait plus opportun de chercher à convaincre les parents que les vaccins sont relativement sécuritaires pour tous ceux en âge de les recevoir, y compris les enfants de cinq ans ou plus.

Et qu’ils peuvent les protéger contre les dangers rares (mais probablement persistants) de cette infection.

Références :
Covid-19 : une rentrée scolaire idéale en 2020
Pour les parents, le dilemme de la vaccination des enfants de moins de 12 ans contre le Covid-19
Le laisser-faire sanitaire à l’école primaire québécoise
Parfois difficile d’obtenir un rendez-vous de dépistage
Transmission of SARS-CoV-2 in K-12 Schools and Early Care and Education Programs – Updated
Vaccins contre la COVID-19 – L’Université Laval se « dissocie entièrement » des propos d’un professeur

Paru depuis :
En Allemagne et en Autriche, les enfants testés deux à trois fois par semaine (2021-12-09)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le variant Omicron : ce qu’on a appris depuis trois semaines

Publié le 28 novembre 2021 | Temps de lecture : 7 minutes

Qu’est-ce qu’un variant ?

Au moment d’éclater et de libérer son contenu, une cellule infectée par le Covid-19 contient environ cent-mille copies du virus. Au maximum de sa maladie, l’humain infecté produit entre un et cent-milliards de particules virales.

Le mécanisme de réplication des virus est très grossier. En d’autres mots, il est fréquent que des erreurs se produisent au cours de la multiplication du virus, donnant naissance à une copie différente de l’original. Cette copie différente est un mutant.

L’immense majorité de ces mutants ne sont pas viables. Et parmi le petit nombre d’entre eux qui peuvent se reproduire, l’immense majorité ne sont pas plus dangereux que l’original.

Mais il arrive, rarement, qu’un mutant soit plus contagieux ou plus virulent. Ce mutant est alors appelé variant.

Le nom des variants

Au début, on qualifiait les variants selon leur lieu d’origine. Ou plus exactement, selon le lieu de leur découverte; par exemple, le variant était qualifié de brésilien, britannique, indien ou sud-africain.

Depuis, on lui attribue plutôt un numéro. En plus, on lui donne le nom d’une lettre grecque.

Ainsi, il y a eu le variant Alpha (le B.1.1.7), le Bêta (le B.1.351), le Gamma (P.1), le Delta (le B.1.617.2), etc. On en est rendu à la 15e lettre grecque, soit l’Omicron (le B.1.1.529).

C’est le deuxième découvert en Afrique du Sud.

Que se passe-t-il en Afrique du Sud ?

Chaque personne infectée est un incubateur à mutants. Et les pays où le Covid-19 se propage sont des pouponnières à variants.

Parmi les 37 pays au monde qui, actuellement, ont un taux de double-vaccination inférieure à dix pour cent, 32 sont d’Afrique sud-saharienne.

Or avant même le début de cette pandémie, l’Afrique du Sud était le deuxième meilleur endroit au monde quant au séquençage génétique. Voilà pourquoi c’est dans ce pays qu’on a déjà découvert deux variants, dont le dernier est l’Omicron.

D’où vient-il ? On l’ignore. Mais tel un canari dans la mine, l’Afrique du Sud décèle, avant les autres, les variants qui circulent en Afrique australe.

L’échantillon le plus ancien a été trouvé le 9 ou le 11 novembre au Botswana, le pays situé immédiatement au nord de l’Afrique du Sud.

Ses caractéristiques

On en sait peu de choses.

Seulement quant à la composition des spicules à sa surface (jouant le rôle de ‘ventouses’), il possède plus d’une trentaine de mutations en comparaison avec le Covid-19 originel.

Et ce, sans tenir compte des mutations survenues ailleurs dans l’anatomie du virus.

Évolutivement, ce n’est pas le simple mutant d’un variant déjà connu.

Il correspond à un ‘saut mutationnel’. Pour avoir autant de mutations, les savants présument qu’il est né chez une personne immunocompromise, c’est-à-dire chez une personne au sein de laquelle le Covid-19 se réplique depuis longtemps et accumule mutation par-dessus mutation.

Sa contagiosité

Depuis sa découverte au Botswana, on assiste à une résurgence de la pandémie dans la province de Gauteng, en Afrique du Sud.

Dans ce pays, le nombre de cas causés par l’Omicron est passé de 273 le 16 novembre à 1 200 six jours plus tard (selon The Guardian) ou à plus de 2 500 (selon Radio-Canada). De ce nombre, 80 % proviennent de la province en question, où il est déjà devenu le mutant dominant en seulement trois semaines.
 

 
Il y a deux jours, sur un avion en provenance d’Afrique du Sud qui a atterri aux Pays-Bas, 61 des 592 passagers étaient positifs au Covid-19. Depuis, tous les passagers descendus de l’avion ont été mis en quarantaine.

Mais puisque les Pays-Bas ne sont pas aussi bien équipés que l’Afrique du Sud en matière de séquençage génétique, on ne possède pas la certitude que tous ces gens sont atteints du nouveau variant.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’une fois de plus, les mesures de précautions destinées à prévenir l’embarquement de passagers atteints par le Covid-19 sur un avion ne sont pas respectées par les compagnies aériennes ou que ces mesures sont inefficaces.

Puisqu’un vol entre Johannesburg et Amsterdam dure 11h30, on peut difficilement imaginer qu’aucune personne n’était atteinte au départ, mais que dix pour cent des passagers l’étaient à l’arrivée.

Voilà pourquoi une dizaine de pays (dont le Canada) ont décidé de ne pas se fier aux compagnies aériennes et de fermer carrément leurs frontières aux avions transportant des passagers en provenance d’Afrique australe.

Déjà l’Omicron a été décelé en Allemagne, en Belgique (chez un passager à l’issue d’un voyage en Égypte et en Turquie), en Grande-Bretagne (chez un passager en provenance d’Afrique australe), à Hong Kong, en Italie (chez un passager en provenance du Mozambique) et en Israël. Il est suspecté chez des voyageurs arrivés au Danemark et en République tchèque.

La lutte à l’Omicron

Contre le variant Delta — qui possède la moitié moins de mutations à ses ‘ventouses’ — les vaccins actuels sont encore très efficaces à prévenir les cas graves, mais préviennent beaucoup moins l’apparition des cas légers (dont ils abrègent néanmoins considérablement la durée).

Il est donc possible que l’efficacité des vaccins actuels contre le variant Omicron soit moindre que contre le variant Delta. On ne le sait pas.

Par exemple, on ne connait pas le statut vaccinal des 61 passagers atteints sur le vol de KLM, ni sur le pourcentage des autres qui ont été contaminés sur l’avion. Mais le suivi des passagers mis en quarantaine devrait nous l’apprendre dans les jours qui viennent.

Dans tous les cas, la technologie qui a servi à mettre au point les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna est très souple. La compagnie allemande BioNTech (partenaire de Pfizer) a fait savoir qu’elle n’a besoin que de cent jours pour créer et commencer la commercialisation d’un vaccin taillé sur mesure contre l’Omicron.

La compagnie affirme également qu’elle saura dans deux semaines si son vaccin est efficace in vitro (c’est-à-dire à partir d’études en éprouvette) contre le nouveau variant.

Quant au médicament oral développé par Merck contre le Covid-19, il ne vise pas spécifiquement le Covid-19 ‘classique’. Il n’est même pas sélectif contre le Covid-19. Il sera donc tout probablement efficace pour retarder l’infection au variant Omicron. Comme il le fait déjà pour le Delta.

Références :
BioNTech says it could tweak Covid vaccine in 100 days if needed
Ce que nous savons du nouveau variant Omicron
Covid-19 : la force du nombre
Here’s why WHO skipped 2 Greek letters to name new variant ‘Omicron’
Les compagnies aériennes, voyous corporatifs
More European countries find Omicron cases as concern grows
Omicron: everything you need to know about new Covid variant
Plus de 60 passagers en provenance d’Afrique du Sud déclarés positifs

Paru depuis :
Two-thirds of passengers on first flight to Covid-free Kiribati diagnosed with virus (2022-01-21)

Postscriptum du 29 novembre 2021 : Parmi les 61 passagers atteints sur le vol pour Amsterdam, on ignore le nombre de ceux dont le prélèvement a été soumis à du séquençage génétique. On sait que treize d’entre eux ont été contaminés par le variant Omicron.

Placée en quarantaine depuis vendredi, une de ces personnes s’est échappée de son hôtel et a été arrêtée dimanche soir alors qu’elle était assise à bord d’un avion qui s’apprêtait à décoller pour l’Espagne.

D’où la question : que valent les mesures sécuritaires mises en place par les compagnies aériennes dans le but d’éviter de propager la pandémie aux quatre coins du globe ?

Référence : Dutch Police Arrest Couple Fleeing Quarantine Hotel

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le syndrome postcovid chez les vieillards vaccinés qui attrapent le Covid-19 quand même

Publié le 19 novembre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

Introduction

On sait qu’une personne vaccinée peut attraper le Covid-19 en dépit de sa vaccination. Et ce, pour plusieurs raisons.

Premièrement parce que les vaccins ont été conçus contre le Covid-19 ‘classique’, aujourd’hui disparu. Deuxièmement, parce que même contre ce dernier, leur efficacité n’était pas de 100 %. Et troisièmement, parce la protection des vaccins s’atténue avec le temps.

On dit souvent que la pandémie actuelle est celle des non-vaccinés. En réalité, c’est inexact. La pandémie au variant Delta peut être comparée à un iceberg.

Sa partie émergée, c’est celle qu’on voit aux admissions hospitalières, aux soins intensifs et chez ceux qui décèdent du Covid-19; ce sont presque exclusivement des non-vaccinés.

Et il y a la partie submergée; c’est l’explosion du nombre de cas de vaccinés qui attrapent le Covid-19 brièvement et de manière anodine.

Dans le cas particulier des vieillards, l’infection en dépit de la vaccination est sujette à plus d’inquiétude.

La question qu’on peut se poser est la suivante : même anodine, cette réinfection chez les vieillards laisse-t-elle des séquelles ?

C’est à répondre à cette question que se sont employés trois chercheurs américains.

L’étude américaine

À partir de la base de données du ministère des anciens Combattants de l’armée américaine, on a comparé le cas de 16 035 vétérans vaccinés qui ont attrapé le Covid-19 quand même à 3 569 525 vétérans (vaccinés ou non) qui ne l’ont pas attrapé. Ces derniers ont servi de groupe témoin.

Dans le premier groupe l’âge moyen fut de 66,6 ans et dans le second, de 63,8 ans.

Dans le premier groupe, la sévérité de l’infection n’a pas justifié l’hospitalisation de 13 683 d’entre eux (85 %).

Toutefois les symptômes furent suffisamment sévères chez les 2 352 autres (15 %) pour justifier leur admission à l’hôpital.

Chez ceux dont les symptômes furent légers, on nota une augmentation de la fréquence de symptômes postcovids (c’est-à-dire qui persistent au-delà de trente jours après l’infection proprement dite).

Toutefois, chez les vétérans dont l’infection au Covid-19 fut sévère, on nota une augmentation beaucoup plus importante de la proportion d’entre eux qui développèrent des séquelles.

Conclusion

Chez les vieillards vaccinés qui contractent le Covid-19 quand même, le risque d’être atteint de séquelles s’accroit avec la gravité de l’infection.

Références :
Cognitive deficits in people who have recovered from COVID-19
High-dimensional characterization of post-acute sequelae of COVID-19
Long Covid after Breakthrough COVID-19: the post-acute sequelae of breakthrough COVID-19
Long Covid after Breakthrough COVID-19 (données)
Population-Based Estimates of Post-acute Sequelae of Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2 (SARS-CoV-2) Infection (PASC) Prevalence and Characteristics
Un Covid long peut également survenir chez des personnes vaccinées atteintes de Covid-19

Paru depuis :
Les problèmes neurologiques associés à la COVID-19 mieux compris (2021-11-26)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’appui aux restrictions sanitaires

Publié le 14 novembre 2021 | Temps de lecture : 2 minutes

Introduction

La firme de sondage Pew Research Center a publié le 23 juin dernier les résultats d’une consultation téléphonique effectuée du 1er au 7 février 2021 auprès de 2 596 Américains et du 12 mars au 26 mai 2021 auprès de 16 254 adultes répartis dans seize autres pays développés.

La majorité des personnes consultées croient que la lutte sanitaire a causé des divisions au sein de l’opinion publique.

Dans 12 des 13 pays consultés à la fois l’an dernier et cette année, la proportion des personnes de cet avis s’est accrue.

Au Canada, ceux qui le croient sont passés de 29 % des personnes consultées en 2020 à 61 % en 2021. Aux États-Unis, cette proportion, déjà à 77 % l’an dernier, a atteint 88 % en février de cette année.

En France et en Belgique, elle est passée respectivement de 49 % à 68 % et de 55 % à 66 %.

Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Ceci étant dit, le calcul de la médiane générale révèle que moins d’une personne sur cinq croit qu’on a utilisé des moyens excessifs pour combattre cette pandémie. La majorité des gens sont à peu près également partagés entre ceux qui estiment que les moyens étaient appropriés (41 %) ou insuffisants (37 %).

En Extrême-Orient et en Océanie — où les mesures imposées ont souvent été draconiennes — une médiane de 63 % des gens approuvent les décisions prises par leurs dirigeants.

En comparaison avec les pays occidentaux, ce consensus s’est établi en grugeant de moitié autant le groupe de ceux qui auraient voulu moins de restrictions sanitaires que celui qui en aurait voulu plus.

Référence :
People in Advanced Economies Say Their Society Is More Divided Than Before Pandemic

Parus depuis :
COVID-19 – Sondages sur les attitudes et comportements des adultes québécois (2022-02-22)
Un Québécois sur quatre appuie le message des manifestants antimesures sanitaires (2022-02-22)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : la science, la médecine et les politiques sanitaires

Publié le 9 novembre 2021 | Temps de lecture : 5 minutes

Science et médecine

Ce qui contribue à faire croire que les médecins se contredisent au sujet du Covid-19, ce sont ces politiques sanitaires qui changent selon les pays ou qui changent du tout au tout avec le temps au sein d’un même pays.

Par exemple, le port du masque; d’abord déconseillé dans certains pays, puis obligatoire quelques mois plus tard.

Les preuves scientifiques au sujet du Covid-19 n’ont pas toujours été irréfutables. Mais dès le départ, ce que suggéraient les petites études a été appuyé par de plus grosses et confirmé par de plus importantes.

Bref, la science n’a jamais fait volteface au sujet du Covid-19.

Le traitement médical, lui, a été l’objet d’une controverse; celle qui concerne l’utilité de la chloroquine, défendue par quelques équipes médicales contre l’avis général du reste de la profession à travers le monde.

L’art de la politique sanitaire

L’essentiel des contradictions vient toutefois des politiques sanitaires. Et parce qu’elles ont été laissées entre les mains de médecins, cela a donné l’impression que les médecins se contredisaient.

Dès le départ, quand certains d’entre eux présument (et s’entêtent à croire) qu’une pandémie annoncée s’avèrera être un pétard mouillé comme la précédente — par exemple, l’épidémie grippale de H1N1 en 2009 — ils réagiront différemment de leurs collègues soucieux de respecter le principe de précaution.

De plus, ceux qui sont perspicaces adopteront les mesures appropriées plus rapidement que leurs condisciples hésitants qui attendent la publication d’études à grande échelle dont les résultats sont statistiquement significatifs. Ce qui prend du temps.

L’épidémiologie n’est pas une science exacte comme la chimie, la physique ou la pharmacologie. C’est une science molle comme le sont les sciences sociales, sujette à l’interprétation.

Par exemple, au cours de la première vague, on a prétendu que les enfants transmettaient difficilement le Covid-19. Et ce, à partir d’études épidémiologiques. Or il s’est avéré que c’était le cas en raison de la fermeture des écoles durant le confinement, alors que ces enfants avaient moins de contacts, donc moins d’occasions de transmettre le virus.

En réalité, la prise de décision concernant les politiques sanitaires est un art. Un art qui s’appuie sur la science mais qui dépend grandement de la psychologie collective.

Par exemple, une campagne de vaccination obtient toujours plus de succès quand la population à vacciner voit les morts s’accumuler autour d’elle. C’est psychologique…

La psychologie est importante puisque l’efficacité des mesures de mitigation contre la pandémie dépend de leur respect volontaire par la population. Voilà pourquoi la Santé publique du Québec a commandé autant de sondages au cours de cette pandémie.

Autre exemple. Depuis des décennies, obtenir la chloroquine au Canada nécessite une ordonnance médicale.

Mais en France, il a suffi que ce médicament cesse d’être offert en vente libre le 13 janvier 2020 — à l’époque où paraissaient des études (controversées) au sujet de son efficacité contre le Covid-19 — pour faire basculer une partie de la population française dans le camp des complotistes, hostiles aux mesures sanitaires.

Une autre caractéristique essentielle de toute autorité sanitaire qui aspire à bien protéger la population est le jugement.

Il y a quelques jours, une chaine télévisée d’information continue diffusait la nouvelle selon laquelle un des pays les plus vaccinés au monde, l’Islande, faisait face à une quatrième vague redoutable, en dépit de cette vaccination.

D’où la question : à quoi ça sert d’être vacciné ?


 
Effectivement, dans ce pays où 81 % des gens sont doublement vaccinés (auxquels 2 % de plus ont reçu une seule dose), cette quatrième vague est plus impressionnante que les trois premières.

Toutefois, lorsqu’on regarde le nombre de morts, depuis le 29 aout, c’est-à-dire depuis plus de deux mois, il n’y a eu qu’un seul mort dans ce pays de 3,4 millions d’habitants.

En fait, le taux de mortalité actuel dans ce pays est inférieur à celui de la grippe saisonnière.

Tout au plus, cette quatrième vague suggère qu’il serait temps de songer à administrer une troisième dose de vaccin à la population.

Conclusion

La perspicacité, la prudence (le souci d’obéir au principe de précaution) et le jugement sont les trois qualités essentielles de toute direction de Santé publique.

Puisque la Nature n’a pas distribué ces qualités équitablement, les décisions prises par les autorités sanitaires varient d’un pays à l’autre.

Cette cacophonie est responsable de l’impression que les médecins qui dirigent la lutte sanitaire ne savent pas très bien ce qu’ils font.

Pour en juger, il suffit de regarder les résultats qu’ils obtiennent.

Références :
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Grippe A (H1N1) de 2009
Share of people vaccinated against COVID-19

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Durée de l’efficacité des vaccins contre le Covid-19

Publié le 3 novembre 2021 | Temps de lecture : 5 minutes

Le vaccin de Pfizer/BioNTech en Israël


 
Alors que la troisième vague de la pandémie en Israël s’annonçait beaucoup plus meurtrière que les deux premières, une campagne massive de vaccination entamée le 19 décembre 2020 réduisit pendant plusieurs mois à presque rien le nombre de nouveaux cas et le nombre de décès par le Covid-19.

Puisqu’une deuxième dose était administrée trois ou quatre semaines plus tard, on peut estimer que la vaccination complète des Israéliens a débuté à la mi-janvier 2021.

Toutefois, l’apparition du variant Delta (B.1.617.2) à la mi-juin 2021 fit repartir à la hausse la contagion dans ce pays.

Le 1er septembre 2021, le nombre de personnes atteintes atteignait un sommet de 20 523 nouveaux cas alors que le sommet de 64 décès fut atteint quatre jours plus tard.

C’est alors que le gouvernement israélien débuta l’administration d’une troisième dose du vaccin de Pfizer/BioNTech.

La chute des cas dans les semaines qui suivirent est la conséquence d’une troisième campagne de vaccination entamée le 30 juillet.

Depuis ce temps dans ce pays, on recommande l’administration du vaccin de Pfizer/BioNTech tous les 5 mois.

Le vaccin d’AstraZeneca en Grande-Bretagne


 
Si les Israéliens servirent de sujets d’expérience pour mesurer l’efficacité concrète du vaccin de Pfizer/BioNTech, les Britanniques le furent pour leur vaccin ‘national’, celui d’AstraZeneca.

Dans ce pays, la vaccination débuta le 8 décembre 2020 alors que s’amorçait la troisième vague dans ce pays, collée sur la deuxième. Cette 3e vague atteint un sommet de 67 794 cas le 8 janvier 2021.

Grâce à une campagne de vaccination massive, cette 3e vague régressa rapidement.

Mais à peine quatre mois plus tard, une quatrième vague apparut, faisant passer le nombre de cas de 1 596 le 3 mai à 54 198 cas le 17 juillet.

De toute évidence, la protection immunitaire conférée par le vaccin d’AstraZeneca est plus courte que celle conférée par le vaccin de Pfizer/BioNTech.

Tout l’été, le variant Delta se répandit en Grande-Bretagne sans toutefois faire un grand nombre de victimes graves.

Ce n’est qu’au début du mois de septembre que le gouvernement britannique débuta progressivement l’administration d’une 3e dose du vaccin d’AstraZeneca. À ce moment-là, le nombre quotidien de nouveaux cas quotidiens variait entre trente-mille et quarante-mille.

À la mi-octobre, 1,3 million de Britanniques étaient atteints de Covid-19, le plus grand nombre depuis le début de la pandémie.

Deux études comparatives

Une première étude a mesuré l’évolution de la protection immunitaire conférée par deux doses des vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna, et d’une dose du vaccin de Johnson & Johnson.

Même si les études in vitro (en laboratoire) ne sont pas aussi fiables que des analyses populationnelles, elles en sont de bons indices.

À la suite de l’administration des deux doses du vaccin de Pfizer/BioNTech ou de Moderna, les anticorps tissulaires et sanguins diminuent rapidement après six mois.

Par contre, la dose unique du vaccin de Johnson & Johnson provoque initialement une réponse immunitaire moindre mais qui s’est maintenue à peu près stable jusqu’à la fin de l’expérience, 8 mois plus tard.

Une deuxième étude porta sur les trois seuls vaccins actuellement homologués aux États-Unis, soit ceux de Pfizer/BioNTech, de Moderna et de Janssen (ce dernier est un vaccin unidose).

Dans ce cas-ci, on a étudié la proportion de personnes vaccinées qui attrapaient le Covid-19 en dépit de leur vaccination.


 
De mars à la mi-aout 2021 (alors que le variant Delta était devenu dominant), la protection vaccinale passa de 91,9 % à 53,9 %. Le déclin fut beaucoup plus grand avec le vaccin de Janssen.

Parmi le 97 % des gens qui ont reçu une dose du vaccin de Janssen et qui attrapent quelques mois plus tard le Covid-19 en dépit de leur vaccination, la très grande majorité n’aura que des symptômes bénins puisque ce vaccin protège encore à 81 % contre l’hospitalisation cinq mois après son administration.

Postscriptum du 21 novembre 2021 : En dépit de l’efficacité du vaccin de Janssen contre les effets graves du Covid-19, les autorités américaines recommandent maintenant l’administration d’une dose de rappel de ce vaccin deux mois après avoir reçu la première. Ce qui suggère la vaccination aux deux mois avec ce vaccin.

Références :
Breakthrough SARS-CoV-2 infections in 620,000 U.S. Veterans, February 1, 2021 to August 13, 2021
Comparison of two highly-effective mRNA vaccines for COVID-19 during periods of Alpha and Delta variant prevalence
Covid-19 : face au variant Delta, l’efficacité et les limites des vaccins à ARN
Differential Kinetics of Immune Responses Elicited by Covid-19 Vaccines
Doit-on recevoir une ou deux doses de vaccin si on a déjà attrapé le Covid-19 ?
Effectiveness of the Single-Dose Ad26.COV2.S COVID Vaccine
More than 2 million people in England have had Covid booster jab
Protection of BNT162b2 Vaccine Booster against Covid-19 in Israel
UK Covid infections are at record levels, but cases may have peaked
Waning Immunity after the BNT162b2 Vaccine in Israel

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : évolution au cours des dix premiers mois de 2021

Publié le 1 novembre 2021 | Temps de lecture : 2 minutes

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.

Tableau comparatif des pays les plus atteints au premier jour de certains mois, en nombre cumulatif de morts par million d’habitants

Pays Jan. Mars Mai Juil. Sep. Oct. Nov.
Pérou 1136 1403 1843 5753 5918 5944 5963
Bosnie-Herzég. 1249 1552 2620 2965 3014 3267 3567
Bulgarie 1099 1491 2382 2620 2751 3046 3534
Macédoine du N. 1205 1509 2348 2633 2863 3208 3430
Hongrie 1002 1561 2874 3113 3121 3136 3208
Rép. Tchèque 1093 1909 2733 2825 2833 2839 2867
Brésil 916 1198 1901 2430 2712 2785 2833
Géorgie 634 884 1037 1338 1880 2255 2536
Argentine 954 1145 1407 2078 2452 2521 2535
Roumanie 826 1065 1474 1772 1812 1950 2521
Colombie 850 1168 1446 2083 2427 2450 2467
Slovaquie 412 1331 2148 2290 2297 2315 2388
États-Unis 1074 1586 1776 1864 1980 2156 2299
Slovénie 1312 1854 2048 2125 2140 2195 2287
Croatie 968 1354 1746 2012 2046 2123 2272
Paraguay 315 445 899 1786 2182 2237 2242
Belgique 1681 1899 2083 2163 2179 2197 2230
Lithuanie 588 1199 1463 1633 1706 1874 2213
Mexique 971 1430 1668 1789 1987 2125 2206
Italie 1235 1622 2004 2113 2142 2170 2189
Arménie 953 1077 1391 1522 1636 1798 2147
Tunisie 398 674 907 1262 1968 2080 2107
Royaume-Uni 1089 1805 1870 1878 1974 2002 2058
Pologne 766 1158 1796 1985 1994 2002 2038
Chili 868 1075 1374 1690 1913 1940 1954
Moldavie 746 987 1447 1539 1592 1691 1947
Espagne 1087 1488 1672 1729 1806 1848 1868
Équateur 790 888 1048 1206 1796 1822 1831
France 991 1328 1601 1698 1751 1784 1798
Portugal 685 1607 1669 1682 1747 1770 1788
Lettonie 343 866 1145 1351 1385 1463 1759
Uruguay 55 175 766 1612 1730 1736 1742
Panama 935 1341 1426 1493 1607 1643 1661
Russie 394 592 757 931 1260 1426 1642
Bolivie 780 989 1099 1417 1556 1578 1593
Ukraine 428 598 1021 1205 1240 1300 1568
Grèce 469 629 1007 1224 1319 1434 1544
Iran 655 710 849 992 1272 1414 1480
Afrique du Sud 484 836 908 1016 1371 1456 1479
Suède 861 1265 1384 1436 1440 1457 1472
Namibie 80 165 248 601 1305 1353 1366
Costa Rica 427 546 629 909 1073 1245 1363
Suisse 882 1148 1221 1250 1260 1272 1288
Liban 240 697 1074 1156 1187 1228 1254
Autriche 693 948 1131 1182 1188 1214 1253
Québec 958 1214 1276 1321 1330 1340 1348
Trinité-et-Tobago 91 99 122 610 927 1055 1216
Estonie 180 451 878 956 974 1022 1160
Serbie 373 512 733 810 840 952 1153
Allemagne 410 845 996 1089 1103 1120 1144
Irlande 453 868 984 1001 1022 1048 1085
Pays-Bas 672 908 1000 1033 1048 1058 1072
Jordanie 376 460 862 947 1010 1039 1069
Eswatini 185 558 573 578 947 1038 1056
Albanie 411 631 833 854 870 941 1020
Honduras 315 415 526 696 885 973 1012
Botswana 18 150 323 483 939 982 996
Malaisie 14 34 46 160 515 805 880
Israël 365 626 692 689 760 833 869
Palestine 273 396 625 683 704 785 841
Turquie 248 337 476 584 667 752 828
Guatemala 263 350 412 507 656 743 822
Bahreïn 201 257 368 769 782 783 783
Oman 286 300 383 598 774 778 779
Jamaïque 101 142 260 360 516 628 753
Libye 212 316 433 457 611 667 732
Cuba 13 29 58 115 476 661 728
Azerbaïdjan 262 316 445 488 554 638 692
Sri Lanka 10 22 32 145 437 602 639
Kazakhstan 94 120 168 230 495 589 635
RoC* 256 401 461 518 538 567 602
               
Vietnam 0,4 0,4 0,4 0,8 121 197 225
Japon 27,4 62,5 81,1 117 127 140 145
Singapour 4,9 4,9 5,3 6,1 9,3 17,5 71,4
Corée du Sud 17,9 31,3 35,7 39,4 44,7 48,7 55,7
Taïwan 0,3 0,4 0,5 27,7 35,0 35,3 35,4
Hong Kong 19,7 26,7 27,8 27,9 28,0 28,1 28,0
Chine 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.

En octobre, les augmentations les plus importantes ont été rapportées en Roumanie (+571), dans les Balkans (en Bulgarie +488, en Bosnie-Herzégovine +300), en Arménie (+349) et en Lithuanie (+339).

Parmi les pays modèles, la situation se dégrade toutefois dans au Singapour. Le 24 juin dernier, la cité-État a abandonné sa politique zéro Covid. Elle considère maintenant le Covid comme une maladie endémique qu’il faut tolérer dans une certaine mesure.

Références :
Covid-19 : le nombre de cas en temps réel
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Covid-19 : pourquoi le nombre de cas augmente fortement à Singapour, l’un des pays les plus vaccinés
Données COVID-19 au Québec

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : efficacité du confinement et de la vaccination

Publié le 22 octobre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

Introduction

La Santé publique du Québec a dernièrement modifié sa manière de présenter ses statistiques.

S’il est devenu impossible, par exemple, de comparer le nombre de cas de Covid-19 à l’école primaire cette année par rapport à l’an dernier à la même date, d’autres comparaisons sont facilitées.

En particulier, il est beaucoup plus simple de comparer la situation épidémiologique au cours des quatre vagues qu’a connues le Québec jusqu’ici.

Successivement, ces vagues s’étendent :
• du 23 février au 11 juillet 2020 (1re vague),
• du 23 aout 2020 au 20 mars 2021 (2e vague),
• du 21 mars au 17 juillet 2021 (3e vague), et
• depuis le 18 juillet 2021 (4e vague).


Nombre de nouveaux cas hebdomadaires au cours des 1re, 2e et 4e vagues

Groupes d’âge 1re vague 2e vague 4e vague
de 0 à 9 ans 86 (1726) 700 (20984) 609 (8532)
de 10 à 19 ans 136 (2718) 1039 (31159) 514 (7189)
de 20 à 29 ans 366 (7329) 1246 (37390) 642 (8993)
de 30 à 39 ans 361 (7232) 1166 (34981) 526 (7368)
de 40 à 49 ans 425 (8491) 1197 (35906) 408 (5711)
de 50 à 59 ans 410 (8190) 1031 (30920) 260 (3646)
de 60 à 69 ans 252 (5030) 644 (19331) 147 (2053)
de 70 à 79 ans 218 (4358) 398 (11935) 85 (1188)
de 80 à 89 ans 331 (6613) 377 (11301) 43 (607)
90 ans et + 233 (4654) 207 (6201) 17 (237)

Puisque les 1re, 2e et 4e vagues ont duré respectivement 20, 30 et 14 semaines (jusqu’ici), le nombre de cas (entre parenthèses) a été divisé par le nombre de semaines dans chacune des vagues.

Efficacité du confinement

Essentiellement, la 1re vague s’est déroulée alors que le Québec était confiné.

Lorsqu’on compare cette vague à celle qui se déroule actuellement, on constate l’extraordinaire efficacité du confinement. Et ce, pour une raison très simple; on ne peut pas attraper une pandémie lorsqu’on n’y est pas exposé.

Donc même non vaccinées, les personnes jeunes ont été moins atteintes par la pandémie au cours du confinement qu’actuellement.

À partir des 40 à 49 ans, ce n’est plus vrai, pour des raisons que je n’ai pas trouvées. Je soupçonne que beaucoup de personnes dans la quarantaine et la cinquantaine faisaient partie des travailleurs essentiels qui n’ont pas vraiment été confinés.

Quant aux vieillards dans nos hospices, ils n’ont pas, strictement parlant, été confinés au cours de la 1re vague; on les a enfermés avec des préposés contagieux tout en leur interdisant de porter un masque (sauf une fois contaminés).

La mort de ces vieillards est une tache indélébile sur le dossier de ceux qui ont mené la lutte sanitaire au Québec.

Efficacité de la vaccination

La comparaison entre la 2e vague et la vague actuelle permet de constater l’efficacité de la vaccination.

En effet, ces deux vagues couvrent des années scolaires, à la différence que cette année, sur les 14 semaines de la 4e vague, six eurent lieu avant le début des classes.

Jusqu’ici, au cours de la vague actuelle, les cas diminuent dans tous les groupes d’âge qui comprennent des personnes vaccinées.

Au lieu de s’intéresser aux cas sans tenir compte de leur gravité, si on comparait les données au sujet des hospitalisations, des admissions aux soins intensifs et aux décès, le contraste serait encore plus grand entre la 2e vague et la 4e vague.

Référence : Données COVID-19 au Québec

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Vaccination obligatoire : la redécouverte des droits collectifs

Publié le 21 octobre 2021 | Temps de lecture : 2 minutes


 
Le plus fondamental de tous les droits fondamentaux est le droit à la vie. Et dans l’échelle des droits, le droit à l’intégrité physique est probablement celui qui devrait figurer au deuxième rang.

Ce qui signifie le droit de refuser qu’on vous injecte quoi que ce soit sans votre accord.

Ceux qui s’opposent à la vaccination obligatoire au nom de ce droit ont raison.

Dans un autre ordre d’idée, lorsqu’un pays déclare la guerre et proclame la conscription obligatoire, le citoyen appelé sous les drapeaux ne peut pas invoquer son droit à la vie pour refuser de servir de chair à canon.

Et s’il déserte l’armée, il risque le peloton d’exécution.

C’est donc à dire que même un droit fondamental comme celui à la vie n’est pas absolu.

Si le pays est attaqué, il a besoin de tous ses citoyens aptes au service militaire pour protéger ceux qui ne peuvent se défendre.

Dans ce cas, le droit collectif à la vie a préséance sur le droit individuel.

Il en est ainsi en temps de guerre sanitaire.

Les travailleurs de la Santé et ceux qui exercent en milieu scolaire sont en contact avec des personnes vulnérables. Dans le premier cas, ce sont les malades. Et dans le second, ce sont les enfants non vaccinés.

Ces travailleurs sont comme ces soldats. Mais au lieu que l’État les oblige de se confronter aux dangers de la guerre, il les oblige de recevoir un vaccin inoffensif dans 99,999 % des cas.

Alors que se multiplient les obligations vaccinales à travers le monde, nous sommes en train de découvrir qu’il y a un temps pour défendre le respect des droits individuels. Et il y a un temps pour défendre le respect des droits collectifs.

C’est la menace d’un ennemi commun qui marque le basculement d’une époque à l’autre.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Politique migratoire et lutte sanitaire

Publié le 16 octobre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

La francisation différée

Depuis des années, la connaissance préalable de la langue anglaise par tout requérant à l’immigration est un prérequis à l’acceptation de sa demande par la Grande-Bretagne.

De manière conséquente, une personne qui a déjà obtenu la citoyenneté britannique ne peut pas faire venir son conjoint de l’Étranger si celui-ci ne parle pas l’anglais.

Depuis 2017, le Parti Québécois demande qu’aucun certificat de sélection ne soit délivré par le ministère québécois de l’Immigration à moins que le candidat et son conjoint aient démontré une connaissance intermédiaire ou avancée du français. Sinon, leur demande sera rejetée.

Jusqu’ici, la CAQ a ignoré cette demande. Le gouvernement de François Legault préfère accepter au Québec les personnes qui déclarent leur intention d’apprendre le français, quitte à demander naïvement à Ottawa de les expulser s’ils échouent à un examen de français trois ans après leur arrivée en sol québécois.

Bonne chance…

Ne pas voir plus loin que le bout de son nez

Le quotidien La Presse nous apprenait hier le bordel qui prévaut actuellement dans les écoles du Québec au sujet du dépistage du Covid-19.

Après seulement quelques semaines, la moitié des écoles sont déjà des lieux d’éclosion. Surtout au primaire, où le nombre d’éclosions est quatre fois plus élevé que l’an dernier à la même date.

Quant au nombre de cas chez les enfants de moins de dix ans, on en rapporte 120 nouveaux, en moyenne, chaque jour. C’est 600 par semaine… officiellement.

Mais ceci est une grossière sous-estimation. Car on manque de tests. Et on manque de préposés pour les effectuer. De plus — et là, tenez-vous bien — on manque même de formulaire de consentement.

L’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire a demandé au gouvernement que les formulaires d’autorisation remis aux parents soient traduits en plusieurs langues.

Parce que de nombreux parents ne parlent pas le français. Donc on veut des formulaires dans chacune des langues maternelles parlées à Montréal. Il y en a des dizaines.

Voilà donc que la politique migratoire de la CAQ se retourne contre elle.

Ce n’est plus le gouvernement québécois qui oblige les candidats à l’immigration de parler français; ce sont ces personnes, déjà admises sur le sol québécois, qui obligent le gouvernement de la CAQ à être polyglotte.

Et si ces néoQuébécois font obstacle à la lutte contre le Covid-19 à l’école, c’est bien malgré eux; ils ne comprennent tout simplement pas le français, voilà tout.

Accepter chez nous des gens sans exiger de leur part la connaissance préalable de la langue commune du Québec est une aberration.

Comment peut-on être à ce point stupide ?

Voyez ce que ça donne…

Références :
Immigrants’ spouses must speak English before entering UK
La moitié des écoles du Québec ont eu au moins un cas
La politique migratoire de la CAQ
Le PQ et la francisation des immigrants

Paru depuis : Ottawa contre l’exigence du français pour la recevoir la citoyenneté au Québec (2022-09-28)

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Écrit par Jean-Pierre Martel