Le projet de loi 59 est une passoire

Publié le 2 décembre 2015 | Temps de lecture : 5 minutes

Au début de cette année, on apprenait que des étudiants québécois avaient quitté le pays apparemment pour combattre au sein des milices de l’État islamique.

À la même époque, un arrondissement de Montréal avait dû modifier sa règlementation afin d’empêcher l’ouverture d’un centre communautaire par un imam. Précédemment, ce dernier avait été chassé d’une mosquée existante pour ses propos jugés radicaux par les fidèles : ce centre communautaire devait, dans les faits, servir de mosquée lui permettant d’exprimer ses idées.

Les maisons d’enseignements et les villes se sentent mal outillées lorsqu’on leur demande de servir de remparts contre la radicalisation. Ce n’est pas leur rôle.

En contrepartie, elles n’ont habituellement pas la force de s’opposer à l’islamophobie ambiante quand il s’agit de protéger les droits fondamentaux des Musulmans (environ 3% de la population québécoise).

Voilà pourquoi il est du rôle des gouvernements supérieurs d’agir dans ce domaine.

En réponse à cette inquiétude, le gouvernement du Québec avait promis de s’attaquer à la radicalisation islamiste.

Mais désireux d’éviter les ‘amalgames’ — le dernier mot à la mode — le gouvernement Couillard a préféré agir de manière plus vaste en s’attaquant au discours haineux.

En soi, cette intention est louable.

On a donc présenté un projet de loi intitulé : « Loi concernant la prévention et la lutte contre les discours haineux et les discours incitant à la violence et apportant diverses modifications législatives pour renforcer la protection des personnes ».

Comme son nom bavard l’indique, ce projet de loi contient des dispositions qui n’ont pas de rapport avec la lutte à la haine et qui dépassent donc le cadre de ce texte.

Alors que dit ce projet de loi ?

Tout repose sur son premier article.

Celui-ci établit que cette loi s’applique aux discours haineux et aux discours incitant à la violence concernant les personnes protégées de la discrimination par la Charte québécoise des droits et libertés.

Voyons un exemple concret.

Si un imam québécois prêche qu’un texte est une insulte à l’Islam et que son auteur devrait être puni de la peine de mort, est-ce un discours haineux ou un discours incitant à la violence ? De toute évidence, oui. Mais est-ce contraire au projet de loi 59 ? Malheureusement non.

En effet, le projet de loi n’interdit pas tous les discours haineux, mais seulement ceux qui visent les personnes qui appartiennent à un groupe protégé de la discrimination en vertu de la Charte québécoise des droits et libertés.

Si l’imam précise qu’on devrait assassiner l’auteur peu importe sa race, son sexe, son orientation sexuelle, son état civil, son âge, ses convictions politiques, sa langue, sa religion, etc., il ne commet aucune discrimination. Conséquemment cela n’est pas contraire au projet de loi 59.

Ce qui ne veut pas dire que sa prédication ne serait pas contraire à une disposition actuelle du Code criminel. Mais la loi 59 n’ajouterait rien de plus.

Par peur des ‘amalgames’, cette loi prétend interdire une finalité (la radicalisation) sans rien faire contre chacune des étapes qui conduisent à cette finalité.

Interdirons-nous le financement de mosquées québécoises par l’Arabie saoudite ? Non.

Interdirons-nous la promotion au Québec des interprétations les plus radicales de l’Islam, les interprétations qui font honte à la grande majorité des Musulmans d’ici ? Non.

Interdirons-nous à un professeur de suggérer à ses élèves la lecture d’un texte anodin publié sur l’internet, mais sur lequel apparaissent également des hyperliens vers des discours d’Oussama ben Laden ou des textes de propagande de l’État islamique ? Non.

Et si un professeur impose à ses étudiants un devoir qui consiste à réaliser une affiche de propagande de l’État islamique, est-ce du discours haineux ou violent ? L’affiche réalisée par un élève pourrait l’être mais certainement pas le devoir du professeur.

Les dirigeants d’école, les maires et les officiers d’organismes publics qui espéraient des moyens d’agir sont abandonnés à leur sort par un gouvernement obsédé par son désir de se distinguer de son principal adversaire politique, présenté comme xénophobe et intolérant.

En somme, de la petite politique qui nous protège de rien.


Post scriptum : Dans l’édition de novembre 2015 de L’Action nationale, Marc Laroche — détenteur d’un diplôme d’études supérieures en sciences des religions — suggère l’encadrement législatif suivant :

Ne délivrer un permis de construction ou de location d’un lieu de rassemblement (temple, église, mosquée, synagogue, etc.) — et de tout lieu faisant office de lieu de culte (mon ajout) — que si les responsables de groupes religieux ou idéologiques s’engagent par écrit à ce qu’aucun passage incitant à la violence grave contenu dans leurs textes référentiels n’y soit professé.

S’il est démontré par la suite qu’un tel groupe contrevient à cette règle, il sera condamné pour terrorisme et dissous, et ses biens, meubles et immeubles seront confisqués par l’État.


Références :
De jeunes Québécois soupçonnés d’avoir rejoint des djihadistes en Syrie
L’imam Hamza Chaoui n’aura pas de permis de la Ville de Montréal
Projet de loi 59 (version originelle)
Un professeur demande à ses élèves de réaliser une affiche de propagande de l’EI


Deuxième post-scriptum (26 mai 2016) : La ministre de la Justice du Québec, Stéphanie Vallée, a annoncé aujourd’hui l’abandon de la partie 1 du projet de loi 59. Inefficace, cette la partie de la loi visait à combattre l’intégrisme et la radicalisation.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Niqab et démagogie

Publié le 24 septembre 2015 | Temps de lecture : 2 minutes

Voile_islamique
 
Il y a quelques années, je travaillais au comptoir d’accueil d’un commerce quand un jeune homme a pénétré dans l’établissement, portant un casque de motocycliste, la visière baissée. En l’apercevant, j’ai immédiatement craint qu’il s’agisse d’un vol à main armée.

Arrivé à mon comptoir, il a retiré son casque et c’est à ce moment-là seulement que j’ai su que ce n’était pas le cas.

Quelques années plus tard, dans le métro de Montréal, je me suis retrouvé assis, face à face, avec un colosse portant une cagoule. Il pouvait s’agir d’un dangereux criminel, évadé de prison, circulant librement en ville grâce à l’anonymat que lui procurait sa cagoule.

Fort de ces expériences, de ces temps-ci, lorsque je vois la transformation médiatique des femmes portant le niqab en chair à canon électorale, je ne peux qu’être dégouté de la démagogie et de la misogynie de certains partis politiques canadiens.

Si on ne veut pas de femmes portant de niqab au pays, on n’a qu’à interrompre l’immigration de requérants provenant de communautés dont les femmes portent ce vêtement dans leur pays d’origine. Parce qu’une fois admises au pays, ces femmes ont des droits. Il faut donc y penser avant d’admettre au pays n’importe qui pour n’importe quelle raison.

Ceci étant dit, il serait judicieux d’adopter une loi générale interdisant le port d’un masque sur la voie publique, sauf pour des raisons climatiques ou médicales, de même que des raisons de sécurité routière (avec une exception également pour les enfants à l’Halloween).

Évidemment, cette loi invoquerait la clause dérogatoire de la constitution puisqu’elle règlerait secondairement — et secondairement seulement — l’épineux problème social du port du niqab au pays.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le projet de loi libéral au sujet de la neutralité de l’État (dernière partie : les quiproquos)

Publié le 15 juin 2015 | Temps de lecture : 4 minutes

Sauf pour combattre l’indécence, l’État n’a pas à dicter aux citoyens comment s’habiller.

Conséquemment, ceux-ci sont libres de manifester leur sentiment d’appartenance à un groupe par leur habillement, leur coiffure, ou par tout autre moyen.

La plupart des religions ne comportent aucune exigence vestimentaire sauf pour les membres de leur clergé.

Par contre, l’Islam exige la modestie vestimentaire de ses croyants. La très grande variabilité de ce qui est considéré comme modeste fait en sorte que certaines Musulmanes s’habillent comme n’importe quelle autre femme occidentale alors que d’autres peuvent se distinguer facilement à leur tenue vestimentaire. Les formes les plus rigoureuses de l’Islam exigent même que les Musulmanes en âge de se marier soient masquées en public.

Le port d’un masque pose des problèmes sécuritaires dans n’importe quel pays. Toutefois des pays comme l’Arabie saoudite ont choisi d’assumer ce risque en se transformant en État policier.

Dans un pays démocratique comme le nôtre, ce risque sécuritaire devrait normalement être réglementé par la loi sur la Sécurité publique. C’est ainsi qu’il y a cinq ans, je proposais sur ce blogue qu’on agisse dans ce sens.

Toutefois, en s’abstenant de le faire jusqu’ici, l’État québécois se trouve aujourd’hui à agir dans le cadre d’une loi sur la neutralité l’État. Et pour ne pas donner l’impression que les dispositions de cette loi visent certaines femmes musulmanes, les porte-paroles du gouvernement Couillard se retrouvent dans l’inconfortable position de nier l’évidence. Il aurait été plus simple d’appeler les choses par leur nom.

Voile_islamique
 
De plus, trois mois avant le dernier scrutin, alors qu’il était chef de l’opposition, M. Couillard s’était déclaré opposé au port de la burka, du niqab et du tchador dans la fonction publique.

La jurisprudence actuelle est plutôt que les femmes musulmanes qui croient que l’Islam les oblige à porter le niqab ou la burka, ont le droit constitutionnel de le porter : on ne peut les obliger à l’enlever que pour des raisons d’identification, de sécurité ou de communication.

Pour ne pas donner l’impression que le Premier ministre a fait volteface à ce sujet, les rédacteurs du projet de loi No 62 ont posé les bases d’un important quiproquo.

Le premier paragraphe de l’article 9 dit que tout membre du personnel d’un organisme doit exercer ses fonctions à visage découvert. Le deuxième paragraphe étend cette exigence au bénéficiaire d’un service gouvernemental. Toutefois le troisième paragraphe déclare qu’on peut faire exception à ce principe sauf pour des motifs sécuritaires, d’identification ou de communication.

En somme, tout fonctionnaire qui n’est pas affecté à la prestation directe de service à la clientèle possède le droit constitutionnel de porter la burka ou le niqab au travail, contrairement aux déclarations des porte-paroles du gouvernement.

On peut donc anticiper la surprise feinte de ces derniers le jour où les tribunaux reconnaitront le droit de faire ce que le gouvernement prétendait avoir interdit.

Références
Fonction publique : Couillard prône l’interdiction de la burqa, du niqab et du tchador
En marge du débat sur le voile islamique intégral
Niqab et citoyenneté — Serment voilé
Projet de loi n°62 : Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l’État et visant notamment à encadrer les demandes d’accommodements religieux dans certains organismes

Parus depuis
Angela Merkel calls for burqa ban ‘wherever legally possible’ in Germany (2016-12-06)
Le Maroc interdit la fabrication et la vente de la burqa (2017-01-10)
La CEDH juge «nécessaire» l’interdiction du voile intégral dans l’espace public (2017-07-12)
Le Danemark veut interdire le voile intégral dans les lieux publics (2018-01-06)
Denmark passes law banning burqa and niqab (2018-05-31)
Nouvel échec du Québec devant la Cour (2018-06-29)
L’Algérie interdit le port du niqab sur le lieu de travail (2018-10-19)
Switzerland to ban wearing of burqa and niqab in public places (2021-03-07)
Denmark’s ban on full-face veils to be extended to schools, universities, PM says (2025-06-05)
Burqa ban bill approved by Portugal’s parliament seen as targeting Muslim women (2025-03-17)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le projet de loi libéral au sujet de la neutralité de l’État (3e partie : les valeurs québécoises)

Publié le 13 juin 2015 | Temps de lecture : 4 minutes

À la suite de la présentation du projet de loi libéral sur la neutralité de l’État, j’ai pris connaissance de plusieurs centaines de réactions à ce projet.

Un des arguments qui reviennent les plus souvent est celui voulant que ce projet de loi ne respecterait pas les « valeurs québécoises », notamment la laïcité de l’appareil gouvernemental.

Il y a à peine cinquante ans, le Québec était tout sauf laïc.

En 1936, le premier ministre Maurice Duplessis fit ajouter un crucifix à l’Assemblée législative dans un geste d’éclat ayant pour but de s’attirer la sympathie des électeurs. Donc, il y eu une époque où la convergence entre l’État et l’Église était jugée favorablement par la population québécoise. Il aurait été impensable de se présenter à une élection sans chercher au préalable l’appui au moins tacite des autorités ecclésiastiques.

L’importance qu’on attache aujourd’hui, au contraire, à la séparation entre ces deux pouvoirs est donc préoccupation contemporaine.

De plus, en raison d’un filet de protection sociale presque inexistant, les communautés religieuses occupaient autrefois une place prépondérante en matière d’enseignement et de soins hospitaliers. La lutte à la pauvreté était plus ou moins combattue au moyen de la charité et des bonnes oeuvres.

Lors de ce qu’on a appelé la Révolution tranquille, le gouvernement québécois a étatisé la presque totalité des services sociaux assumés jusque là par les communautés religieuses.

Conséquemment, l’évacuation de la religion de la sphère publique a coïncidé avec les progrès économiques accomplis durant cette période par la société québécoise.

Si bien que dans l’esprit de beaucoup de personnes, modernisme et progrès sont associés au déclin de la ferveur religieuse.

Au sortir des années 1960, les valeurs québécoises n’étaient déjà plus ce qu’elles étaient une décennie plus tôt. On a donc tort de considérer ces valeurs comme innées et immuables. Au contraire, elles sont intimement liées aux croyances et aux idées partagées par ceux qui composent notre peuple à un instant donné.

De plus, la population québécoise n’est plus ce qu’elle était. Plus d’un million de personnes sont décédées, d’autres sont nées et ont grandi depuis la Révolution tranquille. Ici comme ailleurs, l’immigration a accru la diversité culturelle de la Nation.

Les mentalités ont donc profondément changé lors de la Révolution tranquille et elles se modifient perpétuellement sous l’effet de l’immigration, de la natalité, et de la volatilité de l’opinion publique.

Or chez les jeunes, l’importance du mariage (par exemple), et de la foi religieuse sont en porte-à-faux avec l’appréciation qu’en font les baby-boomers.

Conséquemment, le projet de loi libéral est probablement beaucoup plus conforme aux valeurs québécoises d’aujourd’hui qu’on pourrait le penser.

Ici même à Montréal, la plupart des jeunes n’accordent pas une grande importance au voile islamique; il n’est important que pour celles qui choisissent de le porter.

Quant à sa valeur symbolique — un symbole présumé de l’oppression faite aux femmes — il ne suscite pas l’indignation des jeunes Québécoises « de souche » qui se sont liées d’amitié avec des consoeurs voilées et avec lesquelles elles partagent les mêmes idées sur presque tous les sujets.

Bref, le « féminisme de chiffon », si présent dans certains milieux, semble complètement déconnecté des préoccupations des jeunes femmes d’aujourd’hui, toutes aussi hostiles à l’exploitation des femmes, mais relativement indifférentes à l’importance de lutter contre les présumés symboles de cette oppression.

Critiquer le projet de neutralité religieuse de l’État au nom du respect des valeurs québécoises, c’est donc indirectement un appel au conformisme et au respect d’une mentalité dominante en déclin au Québec.

En misant sur la neutralité religieuse de l’État plutôt que sur la laïcité, le gouvernement Couillard fait le pari que l’évolution des mentalités au Québec lui donnera raison.

Sur le même sujet :
La laïcisation au Québec : un sujet contemporain et non un projet de société inachevé
Quand la soutane et la gandoura siégeaient au Palais Bourbon

Paru depuis :
Les mystères des crucifix de l’Assemblée nationale (2018-10-22)

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Le projet de loi libéral au sujet de la neutralité de l’État (2e partie : laïcité vs neutralité religieuse)

Publié le 12 juin 2015 | Temps de lecture : 3 minutes

La laïcité de l’État

Un État laïc est doté d’une administration qui prend des décisions et qui rend des services sans tenir compte des convictions religieuses de ses citoyens.

Cet État prend soin de faire en sorte que le citoyen qui s’adresse à lui afin d’obtenir un service ne puisse pas deviner l’appartenance religieuse de ses officiers ou de ses représentants.

Depuis un demi-siècle au Québec, la religion a été reléguée à la sphère domestique. C’est devenu une affaire personnelle, intime, qui ne regarde personne d’autre.

Mais la religion n’a pas complètement évacué la sphère publique. Nombreux sont ceux qui arborent aujourd’hui des signes extérieurs plus ou moins manifestes de leur foi; broches et pendentifs en forme de symboles religieux, voile islamique, kippa, etc.

En apparence, un État ne peut être 100% laïc que s’il institue une surveillance et des moyens répressifs afin d’empêcher toute manifestation extérieure de la foi de ses représentants.

Afin d’éviter d’avoir à constituer une « police de la laïcité », certains pays ont choisi de n’interdire que les signes les plus évidents d’appartenance religieuse.

Dans les faits, cela signifie s’attaquer à la tenue vestimentaire de certaines femmes musulmanes.

Au Québec, le mouvement dans ce sens a culminé avec la présentation du projet de Charte de laïcité du Parti québécois (critiquée sur ce blogue) et abandonnée depuis.

La neutralité religieuse de l’État

Être neutre, c’est être indifférent.

La neutralité, c’est vivre et laisser vivre. C’est permettre à n’importe qui d’être différent tant qu’il n’essaie pas d’obliger les autres à devenir comme lui.

La neutralité religieuse de l’État consiste donc à laisser à chacun la liberté de vivre sa religion comme il l’entend… du moment que cela ne porte pas atteinte aux droits des autres de vivre selon leurs principes à eux.

Dans le cadre de la neutralité religieuse, le citoyen n’a pas à renier sa foi — ni aux manifestations extérieures de celle-ci — avant de donner ou de recevoir un service public.

Ce laisser-faire intentionnel signifie que les employés de l’État reflètent la diversité de la Nation; plusieurs pigmentations de la peau, des sexes différents, des croyances religieuses diverses, des tenues vestimentaires variées, des colorations capillaires semblables à ce qu’on voit dans la rue, et des accents qui reflètent les manières régionales de parler, etc.

Au Québec, le concept de la neutralité de l’État est promu par le Parti libéral et s’est concrétisée par le projet de loi No 62.

Présenté il y a deux jours, ce projet fait l’objet d’une vive controverse. Malgré cela, il s’agit d’un projet de loi avec lequel, en dépit de quelques réserves, je suis d’accord pour les raisons que nous verrons dans les textes suivants de cette série.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le projet de loi libéral au sujet de la neutralité de l’État (1re partie)

Publié le 11 juin 2015 | Temps de lecture : 3 minutes

C’est hier que le gouvernement Couillard a présenté son projet de loi relatif à la neutralité de l’État.

Contenu du projet de loi

Le document de onze pages — dont seulement sept sont consacrées aux dispositions législatives proprement dites — propose ce qui suit.

Les employés de l’État doivent faire preuve de neutralité religieuse dans l’exercice de leurs fonctions. En clair, leurs convictions religieuses ne doivent pas affecter l’accomplissement de leurs tâches.

Ils doivent également exercer leurs fonctions sans favoriser ni défavoriser quiconque en raison de son appartenance religieuse.

Font exception à ces règles, le clergé travaillant en milieu carcéral, les chargés d’enseignement religieux et ceux affectés à un service d’animation spirituelle.

L’article 6 permet à un pharmacien de refuser de vendre un contraceptif ou de prescrire la pilule du lendemain si cela est contraire à ses convictions religieuses à lui.

Actuellement, ce qui oblige un professionnel de la Santé à asservir son intérêt à celui de son patient, ce n’est pas une loi mais simplement les règles de déontologie professionnelle. Puisque toute loi a préséance sur un code de déontologie, cette loi légalise ce qui était interdit jusqu’à maintenant.

Ce matin, j’ai contacté à ce sujet l’Ordre des pharmaciens et le Conseil du statut de la femme, et je m’attends à ce que l’article 6 disparaisse du texte final de cette loi.

Pour terminer, celui qui dispense un service de l’État doit le faire à visage découvert. Celui qui reçoit ce service ne peut être obligé d’avoir le visage découvert que si cela est nécessaire à des fins d’identification, de communication ou pour des raisons de sécurité.

Les accommodements raisonnables

Le projet de loi établit les critères en vertu desquels on peut invoquer des croyances religieuses pour se soustraire à une obligation :
• cette demande doit respecter le droit à l’égalité entre les femmes et les hommes
• l’accommodement demandé ne compromet pas le principe de la neutralité religieuse de l’État
• l’accommodement ne doit imposer aucune contrainte excessive sur le bon fonctionnement de l’organisme ainsi qu’aux coûts qui s’y rattachent.

Portée de la loi

Si elle est adoptée, cette loi s’appliquerait à la fonction publique, aux commissions scolaires, aux hôpitaux publics, aux écoles publiques, aux garderies subventionnées par l’État, aux agents de la paix (policiers et gardiens de prison) et les juges de tribunaux administratifs.

Sont exclus le secteur municipal et, si j’ai bien compris, les tribunaux provinciaux autres que les tribunaux administratifs.

Sont également protégés les éléments emblématiques ou toponymiques du patrimoine culturel du Québec qui témoignent de son parcours historique. En d’autres mots, on ne peut demander qu’on change les noms des rues ou qu’on enlève les crucifix des églises.

Références :
La Charte de la laïcité : un mauvais départ
La ministre Vallée exaspère Paul Arcand en évitant de répondre 15 fois à ses 3 questions
Les libéraux disent finalement oui au tchador
Projet de loi n°62 : Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l’État et visant notamment à encadrer les demandes d’accommodements religieux dans certains organismes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Merci Monsieur Parizeau

Publié le 9 juin 2015 | Temps de lecture : 3 minutes
Au sortir de l’église St-Germain-d’Outremont
Son épouse, Lisette Lapointe, le drapeau du Québec au bras, accompagnée de son fils, Bernard Parizeau. À leur droite, un peu en retrait, le chef du protocole du gouvernement, Claude Pineault
Agents de la Sécurité du Québec portant son cercueil
Le premier ministre actuel, Philippe Couillard, et son épouse, Suzanne Pilote
Derniers moments de la cérémonie

C’est de 14h à un peu plus de 16h cet après-midi qu’avaient lieu les funérailles d’État de Jacques Parizeau.

Celui-ci fut brièvement premier ministre du Québec, du 26 septembre 1994 au 28 janvier 1996.

Tous ceux qui ont dirigé le Québec depuis trente ans à titre de premier ministre (et qui sont toujours vivants) étaient présents, soit Pierre-Marc Johnson, Daniel Johnson, Lucien Bouchard, Bernard Landry, Jean Charest, Pauline Marois et Philippe Couillard.

Tous les chefs élus des partis d’opposition y étaient également soit Pierre-Karl Péladeau (du PQ), François Legault (de la CAQ), de même que Françoise David et Amir Khadir (de Québec solidaire).

De la scène fédérale, Thomas Mulcair (du NPD) et Justin Trudeau (du Parti libéral du Canada) ont participé aux funérailles. Seul le premier ministre du Canada était retenu ailleurs.

Premier Canadien à obtenir un Ph.D. de la London School of Economics, M. Parizeau fut, au cours des années 1960, le plus influent mandarin de l’État québécois en matière économique.

Ministre des Finances du Québec pendant huit ans (de 1976 à 1984), puis chef d’État, M. Parizeau a continué d’exercer une profonde influence sur la vie politique québécoise jusqu’à sa mort.

Personne n’a contribué au développement économique du Québec plus que lui. C’est le bâtisseur de l’État québécois moderne.

Personnellement, il y a longtemps que j’ai cessé d’évaluer les hommes politiques à ce qu’ils disent. Si on les juge à ce qu’ils font, Jacques Parizeau fut un géant.

Quant à l’hommage que mérite de recevoir Monsieur Parizeau, je ne saurais mieux dire que Jean-Martin Aussant, dont le discours prononcé lors des funérailles de Jacques Parizeau, écrit à la fois avec intelligence et avec coeur, résume tout.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 75 mm F/1,8 (la 1re photo) et M.Zuiko 40-150 mm R (les autres photos)
1re photo : 1/1250 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
2e photo  : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 400 — 150 mm
3e photo  : 1/320 sec. — F/4,1 — ISO 200 — 45 mm
4e photo  : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 500 — 150 mm
5e photo  : 1/125 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Éviter les conflits d’intérêts des membres de l’Assemblée nationale

Publié le 1 juin 2015 | Temps de lecture : 8 minutes

C’est en 1982 que le gouvernement de René Lévesque adopta la Loi sur l’Assemblée nationale. Cette loi était destinée, entre autres, à fixer les règles concernant les conflits d’intérêts de la députation québécoise.

En 2010, on voulut rafraîchir ces dispositions par le biais d’un Code d’éthique et de déontologie. Ce Code ayant été adopté à l’unanimité sous un gouvernement minoritaire, on présume qu’il fut le fruit d’innombrables tractations et de nombreux amendements. Le résultat est un document bavard, contenant 133 articles.

L’incompatibilité des fonctions

Au lieu de dire qu’un député ne doit pas recevoir d’autre rémunération que celle qu’il reçoit à titre de député ou de ministre, le Code le dit en cinq articles totalisant quatorze alinéas.

Et c’est sans compter le chapitre relatif à la rémunération et celui relatif aux dons et avantages marginaux.

À la place de quelques grands principes clairs, cette multiplication d’interdictions spécifiques assorties d’exceptions favorise l’émergence de situations exceptionnelles, non prévues au départ par les auteurs du Code.

Les conflits d’intérêts

Ceux-ci sont abordés dans deux chapitres; l’un s’adressant aux simples députés, l’autre aux ministres.

Le député ou le ministre doit éviter les situations où son intérêt personnel pourrait influencer son indépendance de jugement dans l’exercice de sa charge.

Il lui est interdit de se servir de son influence afin d’obtenir des faveurs à son avantage ou au bénéfice de sa famille immédiate, de même qu’en faveur de toute autre personne s’il le fait de manière abusive (sans que l’abus soit défini).

Le code interdit évidemment les délits d’initiés. Dans les faits, on présume qu’ils sont courants; n’est-il pas du devoir du député de prévenir un commettant d’un projet gouvernement susceptible de lui être préjudiciable ?

Le reste des dispositions concernant les conflits d’intérêts d’ordre commercial et financier est un spaghetti d’interdits et d’exceptions qui semblent avoir été adoptés pour ne viser personne au moment de son adoption.

L’homme d’affaires qui serait élu simple député n’a l’obligation de confier son entreprise à une fiducie que si cette entreprise n’est pas cotée en bourse et qu’elle fait des affaires avec l’État. Précisons que l’entreprise Québécor — détenue majoritairement par le chef de l’opposition — est cotée en bourse.

D’autre part, dans le cas d’un ministre, les dispositions qui le concernent sont un charabia d’interdits, d’exceptions et de contrexceptions. Par exemple, l’entreprise du conjoint d’un ministre peut obtenir des contrats gouvernementaux à deux conditions; premièrement, que cette entreprise recevait déjà des contrats de l’État avant que le ministre accède à son poste et deuxièmement, que les nouveaux contrats soit accordés par un autre ministre que son conjoint.

Le rapport du Commissaire à l’éthique

Au moment de sa nomination en janvier 2011, le premier commissaire à l’éthique et à la déontologie avait reçu le mandat de faire rapport sur la mise en oeuvre du Code et sur l’opportunité de le modifier et ce, au plus tard trois ans après son entrée en vigueur.

Or quatre ans se sont écoulés depuis. Entretemps, un magnat de la presse a été élu chef de l’opposition et certains de ses adversaires ont exprimé leur inquiétude face à la perspective d’une berlusconisation de la politique québécoise, dans la perspective de l’accession au pouvoir de son parti.

En mars 2014, le commissaire avait précisé la nature de la relation entre un membre du Conseil des ministres — ce que serait M. Péladeau s’il était élu premier ministre — et le fiduciaire à qui il a confié ses biens :
• le fiduciaire doit exercer cette charge de façon indépendante et entièrement autonome
• le fiduciaire doit disposer de tous les pouvoirs nécessaires à l’égard des biens qui ont été confiés
• il est interdit au ministre d’exercer directement ou indirectement quelque influence auprès du fiduciaire
• le fiduciaire ne peut recevoir, directement ou indirectement, des directives ou des conseils du ministre, sauf des indications générales
• il est interdit au fiduciaire de s’adresser au ministre pour obtenir des directives ou des conseils relatifs à la gestion des biens qu’il administre.

En tant que simple député, le chef de l’opposition n’est pas tenu de confier son entreprise à une fiducie. Mais il aurait à le faire s’il devenait premier ministre. Malgré cela, il a choisi volontairement de se soumettre à cette exigence.

Ses adversaires politiques soutiennent que cela n’est pas suffisant. En effet, M. Péladeau a fait savoir que ses fiduciaires ont tous les pouvoirs, sauf celui de vendre Québécor (son entreprise principale). Pour les Libéraux, les fiduciaires de M. Péladeau devraient être complètement libres d’agir.

Interrogé à ce sujet, le Commissaire à l’éthique a répondu que ce n’était pas à lui de faire dire au Code ce qu’il ne dit pas. En d’autres mots, si l’Assemblée nationale veut ajouter cette exigence visant M. Péladeau, c’est à elle de légiférer dans ce sens.

Le placement en fiducie, une plaisanterie

Ceux qui détiennent le pouvoir économique sont tellement respectés des gouvernements et ont un accès tellement facile aux antichambres ministérielles, qu’on peut se demander s’il ne serait pas raisonnable de leur interdire de faire eux-mêmes de la politique. Malheureusement — ou heureusement, selon le point de vue — cela serait anticonstitutionnel; à quelques exceptions près, tout citoyen a le droit participer à la vie politique de son pays.

Permettre aux hommes d’affaires se lancer en politique à la condition qu’ils se départissent de tous leurs intérêts financiers constitue une contrainte telle qu’elle équivaut à une interdiction indirecte.

Alors que faire ?

La solution adoptée par tous les pays démocratiques, c’est que les hommes d’affaires doivent confier leurs entreprises à une fiducie s’ils accèdent au pouvoir.

Dans les faits, le politicien dont les entreprises sont placées en fiducie a intérêt à adopter des mesures qui leur sont favorables; lorsqu’il quittera la politique, il reprendra des biens dont la valeur se sera accrue considérablement pendant qu’il était au pouvoir.

L’exigence de la société de fiducie est donc une manière de sauver les apparences. Mais il est impossible de faire mieux.

Le dilemme du gouvernement libéral

À mon avis, tout élu à l’Assemblée nationale, qu’il soit député ou ministre, dans l’opposition ou au pouvoir, devrait être soumis aux mêmes règles. À des degrés divers, tous participent à la même vie politique.

Même si un parti d’opposition n’a aucun moyen d’accorder des contrats gouvernementaux et de distribuer les faveurs, il peut toujours monnayer secrètement son appui à un projet gouvernemental. Donc M. Péladeau a raison de se soumettre volontairement à des exigences plus grandes que celles auxquelles il est obligé d’obéir.

Reste la question relative à l’interdiction faite à la fiducie de vendre les entreprises qui lui sont confiées. S’agit-il d’une contrainte déraisonnable ?

À l’article 2.5.3.3 du rapport du Commissaire, on apprend qu’au moment de la création d’une fiducie au nom d’un ministre, le fiduciaire est tenu de révéler au Commissaire les biens financiers que lui a confiés un ministre.

Une fois cette déclaration faite, le fiduciaire qui vend ces biens pour acheter d’autres titres financiers, n’est pas tenu d’en informer personne.

Si les délits d’initiés sont interdits par la loi, dans les faits ils sont monnaie courante. Lorsque cela se produit, le ministre devient le seul — avec le fiduciaire qu’il a choisi — à savoir les entreprises acquises par l’intermédiaire du fiduciaire.

Conséquemment, ni le commissaire à l’éthique, ni les partis d’opposition et ni les journalistes ne peuvent déceler les abus et faire leur devoir qui est d’en alerter l’opinion publique.

En somme, dans le cas précis de M. Péladeau, l’interdiction adressée au fiduciaire de vendre les biens sous sa garde est bien préférable à son contraire.

Il revient donc au peuple de décider. Si les Québécois veulent que leur gouvernement soit administré par un homme d’affaires, c’est leur décision. Vox populi, vox Dei. Ils ont déjà porté au pouvoir un parti — le Parti libéral du Québec — même s’ils le croient corrompu. Dans le monde imparfait dans lequel nous vivons, pourquoi n’auraient-ils pas le choix d’élire un homme d’affaires à la tête de l’État ?

Références :
Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale
Rapport sur la mise en œuvre du Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale 2011-2014

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le vote électronique à la chefferie du Parti Québécois

Publié le 18 mai 2015 | Temps de lecture : 2 minutes

Carte de membre et trousse de l’électeur

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Dans les jours qui suivent son adhésion au Parti Québécois, le nouveau membre reçoit une carte officielle numérotée (à gauche sur le photo ci-dessus). Ce numéro à dix chiffres lui est spécifique.

En vue de l’élection à la chefferie, le président de cette formation politique fait parvenir à chaque membre une trousse de l’électeur. Celle-ci présente le message et les coordonnées de chacun des candidats, de même que les directives pour voter soit par téléphone ou par l’internet.

Le plus important est que cette trousse dévoile au destinataire le numéro d’identification personnel (NIP) dont il aura besoin (en plus de son numéro de membre) pour voter.

La veille du début du vote — qui s’étendait sur trois jours — le membre reçoit un courriel réitérant ces directives et donnant l’hyperlien nécessaire afin de voter par l’internet.

Le vote électronique

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Ceux qui choisirent de voter par l’internet se rendirent donc à ce site pour y franchir plusieurs étapes.

Aux trois premières étapes, le membre devait fournir respectivement son numéro de membre, son NIP et sa date de naissance.

C’est au quatrième écran que s’effectuait le vote proprement dit. La dernière étape était un message de confirmation (numéroté) que le membre pouvait imprimer.

Le dévoilement

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Le dévoilement eut lieu vendredi soir dernier au Centre des congrès de la ville de Québec à 19h50.

Si ce parti était miné par d’hargneuses divisions ou si le processus avait été entaché d’irrégularités, je doute que les choses se seraient aussi bien passées.

Mais dans ce cas-ci, tout s’est bien déroulé.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (la 1re photo) et M.Zuiko 75 mm F/1,8 (3e photo)
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 17 mm
2e  photo : capture d’écran
3e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 2500 — 75 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Rencontre avec Pierre-Karl Péladeau

Publié le 5 mai 2015 | Temps de lecture : 2 minutes
Pierre-Karl Péladeau s’entretenant avec un militant

Après être allé aux conférences données à Montréal par Alexandre Cloutier et Martine Ouellette, j’ai assisté hier soir à celle donnée par un autre candidat à la chefferie du Parti québécois (PQ), soit Pierre-Karl Péladeau.

Celui-ci offre un contraste saisissant avec son principal rival, Alexandre Cloutier. Autant ce dernier dégage l’assurance tranquille d’un politicien habile, rassurant et particulièrement compétent, autant M. Péladeau se présente comme un diamant brut, passionné et encore un peu à l’étroit dans son nouvel habit de politicien.

Au-delà de ses professions de foi répétées en faveur de l’indépendance du Québec, les deux thèmes majeurs qui se dégagent nettement des propos de M. Péladeau concerne sa préoccupation relative l’avenir du français au Québec et sa détermination à développer l’économie d’un Québec souverain.

À ma question qui lui demandait pourquoi le Québec se soumet-il volontairement aux dispositions de la Constitution canadienne-anglaise qui mettent en péril sa survie — une question qui avait déstabilisé Martine Ouellet — M. Péladeau a répondu que s’il devenait Premier ministre du Québec, il entendait respecter le Droit. Toutefois, selon lui, si le Québec veut assurer son avenir, il n’a pas d’autre choix que de faire son indépendance…

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150 mm R — 1/60 sec. — F/4,0 — ISO 6400 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel