Tennis Canada annonçait hier un projet de construction d’un nouveau stade de tennis au parc Jarry, au cout de 400 millions de dollars.
Si Tennis Canada voulait investir 400 millions de son argent pour construire un stade sur un terrain dont il serait propriétaire, ce serait une très bonne nouvelle.
Mais ce dont il s’agit, c’est d’une intention de Tennis Canada d’investir le dixième de cette somme pour se payer un stade à toit rétractable, financé à 90 % par les contribuables.
Tennis Canada aurait pu soumettre son projet à Ottawa, à Québec, et enfin à la ville de Montréal. Mais il risquait de se faire dire que, de ces temps-ci, nos gouvernements ont des priorités plus pressantes.
Il a donc embauché une firme de relations publiques afin de manipuler les amateurs de tennis pour qu’ils fassent pression sur nos gouvernements pour qu’on lui paie un stade neuf.
Sur l’ile de Montréal, les amateurs de tennis ne manquent pas de courts pour pratiquer leur sport : le stade dont on parle est pour les compétitions internationales, l’entrainement de professionnels, etc. Dans les faits, il serait fermé la majorité du temps.
Selon Tennis Canada, la construction de ce stade solidifierait la réputation de la métropole en tant que destination de classe mondiale pour accueillir de grands évènement sportifs.
En somme, Montréal se paiera pour 400 millions de prestige international.
Puis les millionnaires qui dirigent Tennis Canada y vont d’une menace voilée; l’investissement assurera la tenue de l’Omnium Banque Nationale pour les décennies à venir. En d’autres mots, si les gouvernements ne paient pas pour notre nouveau stade, nous ne pouvont pas garantir que cette compétition annuelle se tiendra encore longtemps.
Résumons. Ces jours-ci, on nous apprend qu’on dépensera 90 milliards de dollars pour l’achat de nouveaux sous-marins. Puis des centaines de milliards de dollars pour de nouveaux chasseurs-bombardiers. Puis plus d’un milliard de dollars pour la réfection du Stade olympique de Montréal. Et là, il faut absolument un nouveau stade de tennis pour soutenir le prestige international de la ville.
À quel moment allons nous discuter de l’opportunité de réparer nos hôpitaux qui tombent en ruine ? De construire des écoles pour accueillir les enfants qui naitront de la vague migratoire décidée par Ottawa ? Du transport en commun sous-financé ? De la construction de logements sociaux ? De notre adaptation aux changements climatiques ? Etc.
Bref, existe-t-il quelqu’un dans ce bas monde qui se soucie encore de l’intérêt collectif ? Ou sommes-nous pris à arbitrer constamment entre ces rapaces richissimes qui n’ont de cesse que de piller le Trésor public ?
Référence : L’Omnium Banque Nationale veut s’offrir une cure de jouvence de 400 M$
Écrit par Jean-Pierre Martel