Les dessous de la Troisième guerre du Golfe

Publié le 19 mars 2026 | Temps de lecture : 12 minutes


Avant-propos : Alors que nous sommes entrés dans la troisième semaine de ce conflit, le nuage de la propagande — si opaque au début de n’importe quelle guerre — commence à se dissiper.

Si bien qu’on peut y voir suffisamment clair pour tenter d’analyser ses tenants et ses aboutissants.

Introduction

La guerre actuelle en Iran vise des objectifs différents selon les attaquants.

La motivation israélienne est double, politique et sécuritaire, tandis que celle des États-Unis est le fruit d’une vision géostratégique beaucoup plus vaste.

La motivation israélienne

L’aspect politique

Le succès de Benyamin Netanyahou et la longévité de sa carrière politique reposent en bonne partie sur la crainte de l’Iran. Une crainte qu’il entretient et qu’il exacerbe parmi la population israélienne.

Son discours apocalyptique a besoin que l’Iran soit perçu comme une menace imminente et terrifiante. Et que lui apparaisse comme le politicien le plus déterminé à y faire face.

De plus, il sait que, dès qu’il perdra le pouvoir, la justice israélienne procèdera dans les causes en suspens où il est accusé de corruption.

L’aspect sécuritaire

La sécurité d’Israël nécessite que le pays soit armé jusqu’aux dents et qu’il soit entouré de voisins inoffensifs.

Voilà pourquoi l’armée israélienne a décimé le Hezbollah au Liban et a profité de l’effondrement du régime de Bachar el-Assad en Syrie pour détruire les installations militaires du pays.

C’est maintenant au tour de l’Iran d’être ‘dégriffé’ sous les tonnes de bombes qu’Israël fait pleuvoir sur lui. Par la même occasion, les dirigeants israéliens rêvent d’une capitulation iranienne en vertu de laquelle ce pays renoncerait à son financement du terrorisme régional.

Malheureusement, la pacification du Moyen-Orient n’est possible qu’à la condition supplémentaire qu’aucun des pays de la région ne se démocratise.

Actuellement, le Liban est le seul voisin d’Israël où se tiennent des élections dignes de ce nom. Celles prévues cette année ont été reportées de deux ans en raison des attaques israéliennes.

Pourquoi la démocratisation du Proche et du Moyen-Orient est-elle contraire aux intérêts d’Israël ? En raison de la colonisation de la Palestine.

En Occident, celle-ci se fait dans l’indifférence générale. Mais ce n’est pas le cas dans les pays musulmans, où elle est suivie quotidiennement.

Voilà pourquoi les Musulmans de ces pays détestent les dirigeants israéliens. Et ils détestent également le peuple israélien. Et ce, pour le sort qu’ils font subir aux Palestiniens.

Donc, si les citoyens de ces pays pouvaient voter, ils éliraient des politiciens qui tiennent un discours haineux à l’égard d’Israël. Un discours qui ne peut mener qu’à des affrontements militaires.

Le moment choisi pour déclencher la guerre en Iran

Pourquoi maintenant ?

L’initiative israélienne est la deuxième tentative en moins d’un an de saboter les négociations américano-iraniennes au sujet du programme nucléaire iranien.

En juin 2025, la Guerre des 12 jours a été déclenchée par Israël juste avant l’ouverture d’un nouveau cycle de négociations à ce sujet.

Cette fois-ci, l’attaque survient alors que ces négociations avaient repris et que Washington répétait à qui voulait l’entendre que les discussions étaient positives, du moins quant au programme nucléaire iranien.

C’était bien la dernière chose que Netanyahou voulait entendre.

La perspective de voir Trump annoncer fièrement la conclusion d’un Big & Beautiful Deal avec l’Iran, c’est-à-dire d’une entente ‘garantissant’ une paix durable au Moyen-Orient, n’est-ce pas suffisant pour faire de l’insomnie lorsqu’on s’appelle Benyamin Netanyahou ?

D’où l’idée de saboter dans les plus brefs délais cette négociation avant qu’elle n’aboutisse. Comme Boris Johnson l’a fait au sujet des négociations russo-ukrainiennes en mars 2022.

L’éclatante victoire que constitue l’assassinat du Guide suprême et de centaines de dirigeants du pays ne doit pas nous empêcher que soupçonner que les frappes israéliennes visaient, entre autres, les négociateurs iraniens.

Ce qui rappelle qu’Israël a précédemment tenté d’assassiner ses vis-à-vis du Hamas lors des négociations israélo-palestiniennes au Qatar.

L’emprise de Netanyahou sur Trump

Le 17 mars, Joseph Kent, directeur du Centre national américain de lutte contre le terrorisme — l’organisme du gouvernement américain responsable de la lutte contre le terrorisme national et international — écrivait dans la lettre de démission qu’il adressait à Trump :

…il est clair que [les États-Unis] sont entrés dans cette guerre en raison des pressions d’Israël et de son puissant lobby américain.
[…]
Dès le début de [votre] administration, des officiels Israéliens haut placés et des membres influents des médias américains ont procédé à une campagne de désinformation afin de miner votre programme America First et de susciter le sentiment guerrier contre l’Iran.

En effet, Donald Trump a été entrainé dans cette guerre malgré lui parce qu’il a été incapable d’empêcher Netanyahou d’aller de l’avant. Et ce, même s’il était parfaitement conscient que le premier ministre israélien sabotait ainsi les négociations américaines avec l’Iran.

Trump aurait pu menacer de couper les milliards de dollars d’aide militaire versés annuellement à Israël par Washington. Une menace que Biden ou Obama n’aurait pas hésité à brandir derrière des portes closes.

Mais l’actuel président américain ne peut pas le faire en raison de l’importance capitale des sionistes chrétiens au sein de sa base électorale. En somme, si l’armée israélienne était partie seule au combat et que tout avait tourné à la catastrophe pour elle, jamais ces gens n’auraient pardonné la ‘trahison’ de Trump.

Pris de court, Trump a tenté de justifier cette guerre différemment chaque jour. Si bien que les chroniqueurs ont soutenu que Trump était une girouette qui ne savait pas ce qu’il faisait.

La stratégie américaine

La domination énergétique

Pour maintenir leur puissance hégémonique dans le monde en dépit de leur déclin industriel, les États-Unis entendent consolider leur domination énergétique.

Pour ce faire, Donald Trump a décidé de prolonger autant que possible l’ère thermo-industrielle puisque les États-Unis y jouent un rôle central en tant que plus grand producteur mondial de pétrole et de gaz fossile.

Cela implique l’opposition aux mesures destinées à la transition énergétique parce que les outils pour y parvenir sont produits par la Chine.

Le 14 février 2025, Donal Trump signait un décret présidentiel créant le Conseil national de la domination énergétique. Son objectif n’est pas seulement de favoriser l’augmentation de la production américaine, mais également de transformer les exportations américaines un moyen de vassalisation des pays importateurs.

Dans le cas des pays qui s’approvisionnent ailleurs qu’aux États-Unis (notamment la Chine), Washington entend asservir leurs fournisseurs.

En effet, pour Washington, il ne suffit pas que les États-Unis soient le plus grand producteur d’hydrocarbures. Pour dominer le monde, il faut que l’ensemble des autres producteurs d’hydrocarbures soient soumis à la volonté américaine.

Le Venezuela

Après s’être secrètement engagée à ne vendre le pétrole vénézuélien qu’aux pays désignés par Donald Trump, la vice-présidente du Venezuela a été placée à la tête de son pays.

Aussitôt, Washington lui a ordonné de ne plus vendre de pétrole à Cuba. Ce qu’elle a fait. Une fois ce test réussi, les Américains ont acquis l’assurance que si elle reçoit l’ordre de ne plus vendre de pétrole à la Chine, elle obéira de nouveau.

L’Iran

Enhardi par la facilité avec laquelle s’est opéré l’asservissement du Venezuela à la volonté américaine, Donald Trump s’est tourné vers une autre fournisseur de pétrole à la Chine; l’Iran.

Les toutes dernières négociations irano-américaines sont antérieures au déclenchement de la Troisième guerre du Golfe. Cela signifie que les concessions iraniennes n’avaient pas pour but de faire cesser la guerre, mais de faire lever les sanctions américaines.

Très rapidement, l’Iran avait fait des concessions majeures au sujet de son programme nucléaire. La pierre d’achoppement concernait le pétrole.

Rappelons que les seuls pays qui ont refusé de se plier aux sanctions américaines contre l’Iran sont la Chine, la Corée du Nord et la Russie.

Environ quatre-vingts pour cent du pétrole iranien est exporté vers la Chine. Sans ces revenus d’exportation, l’Iran serait en faillite.

De plus, même si l’Iran n’a pas de traité militaire avec la Chine ou la Russie, elle est néanmoins liée à ces pays par des accords de coopération militaire qui comprennent la fourniture de drones et de missiles, de même que des transferts technologiques.

Washington n’a aucune intention, pour l’instant, d’instaurer un blocus pétrolier contre la Chine. Toutefois, il est déterminé de se doter du pouvoir discrétionnaire de le faire afin de soumettre la Chine à son pouvoir hégémonique.

La Chine importe trois fois plus de pétrole d’Iran que du Venezuela. Si la visite de Trump en Chine a été retardée, c’est que le président américain n’a dans son jeu qu’un ‘deux de pique’ vénézuélien, sans le ‘roi de cœur’ iranien dont il espérait se doter à l’issue d’une guerre de courte durée.

Or, du point de vue iranien, accepter que les exportations pétrolières iraniennes vers la Chine soient soumises au bon vouloir de Donald Trump, c’est trahir un de ses plus importants alliés. Et c’est sans compter sur le fait que cela signifierait échanger un tiens pour deux tu l’auras.

L’Iran se rappelle qu’il a suffi que les États-Unis changent de président pour que le nouveau (Donald Trump) déchire l’accord sur le nucléaire iranien conclu par son prédécesseur Barack Obama. Donc, aux yeux de l’Iran, les États-Unis n’ont pas de parole.

Conclusion

Alors qu’ils ont perdu une bonne partie de leur puissance industrielle en délocalisant leurs usines vers la Chine et alors qu’ils sont aux prises avec une dette colossale, les États-Unis ont une position dominante dans le monde en raison du rôle central de leur devise dans les échanges internationaux, de l’importance de leur marché intérieur, et surtout du pouvoir de dissuasion de leurs armées.

Strictement parlant, ce n’est pas la puissance militaire en tant que telle qui est déterminante, mais la conviction, partagée par ses ennemis, que les États-Unis sont invulnérables. Or c’est précisément cette réputation d’invulnérabilité qui est en jeu dans la Troisième guerre du Golfe.

Incapable de tenir tête à Benyamin Netanyahou, Donald Trump s’est engagé imprudemment dans une guerre alors que les pays occidentaux, ses alliés, ont des stocks d’armement à leur plus bas.

Cette précipitation sabote, pour l’instant, les objectifs géostratégiques que poursuivait l’administration Trump par le moyen de la domination énergétique américaine sur le monde.

Cette guerre survient également à un moment où la grande majorité de la population des États-Unis est opposée à une invasion de soldats américains en Iran.

La mutinerie à bord du porte-avion Gerald-Ford (le plus grand au monde) en dit long sur la hâte des soldats américains à fouler le sol iranien. Ce qui rappelle l’histoire du cuirassé Potemkine.

En face des États-Unis se dresse un pays millénaire, à l’identité forte, qui, acculé au mur, est décidé à lutter jusqu’au bout.

Références :
Accord de Vienne sur le nucléaire iranien
États-Unis : l’importance politique des sionistes chrétiens
Géopolitique de l’opération Maduro
Guerre Iran-Israël (2025)
How ignorance, misunderstanding and obfuscation ended Iran nuclear talks
Incendie à bord, toilettes bouchées… Le porte-avions américain USS Gerald R. Ford quitte la mer Rouge pour des réparations
La troisième guerre du Golfe, un tournant majeur de l’architecture régionale
Les vraies raisons pour lesquelles Israël déclenche une guerre contre l’Iran
La vraie raison pour laquelle les troupes américaines entrent en Iran (vidéo – version courte)
L’expert de la guerre en Iran : 20 ans de simulations. Voici ce qui nous attend (vidéo – version intégrale)
National Counterterrorism Center
Pékin et Washington «restent en communication» sur une visite de Trump
Potemkine (cuirassé)
Qatar : Israël bombarde les négociateurs du Hamas à Doha et saborde encore l’espoir d’une trêve
Trump salue de « très bonnes » discussions avec l’Iran
UK security adviser attended US-Iran talks and judged deal was within reach
US counterterrorism chief quits, says Israel ‘trapped’ Trump into joining Iran war
US war on Iran isn’t likely to go as planned
‘You are all worse than each other’: anti-regime Iranians turn on Trump
Where China Gets Its Oil: Crude Imports in 2025 Reveal Stockpiling and Changing Fortunes of Certain Suppliers, Including Those Sanctioned
Why Trump’s push for China to help reopen the Strait of Hormuz may hurt trade talks

Complément de lecture : China has been preparing for a global energy crisis for years. It is paying off now (2026-03-20)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le mot en G

Publié le 18 septembre 2024 | Temps de lecture : 2 minutes

Pour comprendre ce qui va suivre, on doit savoir que sur le site de Radio-Canada, les commentaires ne sont jamais censurés; ils sont ‘désactivés’.

Lorsque c’est le cas, l’auteur du message devient le seul qui peut voir son texte. En somme, il devient secret. Comme les documents ‘For Your Eyes Only’ adressés à l’agent 007.

Et lorsqu’une personne réplique à ce commentaire avant sa désactivation, tous les lecteurs peuvent voir la réplique, sans savoir de quoi il s’agit.

Revenons au mot en G…

On apprenait ce matin que le Hezbollah libanais avait équipé ses combattants de téléavertisseurs (ou pagettes). Sans le savoir, ces appareils renfermaient des explosifs insérés par les services de renseignements israéliens, des explosifs que ces derniers pouvaient faire sauter à distance.

En apprenant cette nouvelle, j’ai publié le commentaire suivant.


Il est à noter que ce commentaire ne contient pas les mots Israël, Hezbollah, ni Gaza. Il est vague et n’accuse personne en particulier.

Mais il est tellement évocateur que la simple lettre ‘G’ suffit à justifier sa désactivation.

Puisque sur ce site, il est interdit de tenir des propos obscènes, je présume que les censeurs de Radio-Canada ont simplement confondu le mot en ‘G’ avec le point G.

C’est tellement mélangeant…

Références :
How did Hezbollah’s pagers explode in Lebanon?
Huit morts au Liban dans l’explosion des téléavertisseurs de membres du Hezbollah

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Droit international et géopolitique (première partie)

Publié le 23 janvier 2024 | Temps de lecture : 5 minutes


Plan :
• 1re partie : Assises et instances (ce texte-ci)
• 2e partie  : Impact du droit international
• 3e partie  : L’exemple du droit à la légitime défense
• 4e partie  : Le droit à l’indépendance – Crimée vs Taïwan
• 5e partie  : Les mandats d’arrestation de la CPI

Assises du droit international

Le droit international s’appuie sur deux choses; le droit coutumier et le droit écrit.

Le droit coutumier est un droit fondé sur la coutume.

Pour prouver qu’une norme relève du droit coutumier, il faut démontrer, selon Wikipédia, qu’elle reflète la pratique normale et continue des États et qu’il existe, au sein de la communauté internationale, la conviction qu’une telle pratique est requise par le droit.

C’est dans la mesure où le droit écrit n’apporte pas de réponse claire aux cas qui leur sont soumis que les tribunaux internationaux peuvent invoquer le droit coutumier pour rendre leurs décisions.

De son côté, le droit écrit se compose des traités, conventions et accords internationaux. Les multiples résolutions de l’Onu font également partie de ce droit.

Chaque fois que les pays s’entendent par écrit pour interdire des pratiques étatiques (la torture, par exemple), cette entente écrite agrandit la portée du droit international.

Pour faire respecter le droit international, on compte deux tribunaux : la Cour pénale internationale et la Cour internationale de justice.

La Cour pénale internationale (CPI)

Jusqu’à la création de cette cour, les responsables de crimes de guerre étaient jugés à l’issue du conflit par des tribunaux temporaires mis sur pied par les vainqueurs.

Étendue de l’autorité de la Cour pénale internationale

La CPI est née en 2002 de la ratification d’un traité appelé Statut de Rome. Contrairement à la Cour internationale de justice, la CPI est un tribunal indépendant de l’Onu; elle est financée par les pays signataires de ce traité.

À l’instar du Tribunal de Nuremberg, la CPI juge des personnes et non des États. Seuls des dirigeants politiques ou militaires sont sommés d’y comparaitre.

Et pour les y forcer, la CPI peut émettre des mandats d’arrestation. Mais ceux-ci ne sont respectés que par les pays signataires du Statut de Rome.

Pour être inculpé, l’accusé doit remplir l’une ou l’autre des conditions suivantes :
• être citoyen d’un État qui a ratifié le traité, ou
• avoir commis son crime sur le territoire d’un État membre, ou
• avoir été référé par le Conseil de sécurité de l’Onu (où les États-Unis et la Russie ont droit de véto).

Seuls quatre délits peuvent y être sanctionnés :
• les crimes de guerre,
• les crimes contre l’Humanité,
• les génocides et
• les agressions militaires.

Le but est d’empêcher l’impunité des auteurs de ces crimes et de dissuader la répétition de leurs actes par d’autres.

Les deux plus importants crimes de guerre de toute l’histoire de l’Humanité ont été commis par les États-Unis à Hiroshima et à Nagasaki. Puisque le but de ces deux bombardements était de tuer le maximum de civils japonais.

Mais ces deux crimes de guerre n’ont jamais été sanctionnés par la CPI parce qu’antérieurs à sa création.

De plus, la CPI fonctionne sur le principe de la complémentarité. Si un État signataire s’acquitte de sa responsabilité de punir lui-même ses ressortissants coupables de crimes de guerre, la CPI ne s’en mêle pas.

La Cour internationale de justice (CIJ)

Née au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, la CIJ est le tribunal officiel de l’Onu. Son rôle est double.

Premièrement, la CIJ possède le pouvoir de trancher juridiquement les conflits entre des États à la condition que la plainte soit portée par un pays qui a accepté de se soumettre à son autorité (même si ce pays n’est pas directement concerné par le conflit en question).

Celle de l’Afrique du Sud contre Israël (relative au conflit en Palestine) en est un exemple.

Et deuxièmement, le rôle de la CIJ est d’émettre des avis à la demande des instances de l’Onu afin de préciser des règles du droit international.

La CIJ ne juge pas des personnes. Elle s’adresse aux États (ou aux entités étatiques comme l’Autorité palestinienne). Son but est de régler pacifiquement des différends internationaux par le moyen, entre autres, de la négociation, de la médiation, de la conciliation, et de l’arbitrage.

Puisque son autorité n’est que morale, elle ne possède aucun moyen de forcer un pays de se soumettre à ses décisions.

À l’exclusion des avis juridiques qu’elle émet (et qui sont des éclaircissements bienvenus du droit international), le rôle positif de la CIJ est limité à la résolution diplomatique de conflits entre de petits pays lorsque l’un d’eux est accusé devant la CIJ.

À suivre…

Références :
Cour internationale de justice, Cour pénale internationale… comment fonctionne la justice internationale ?
Cour internationale de justice
Cour pénale internationale
Droit international coutumier
Procès de Nuremberg

Paru depuis : La vie de Nicolas Guillou, juge français de la CPI sous sanctions des Etats-Unis : « Vous êtes interdit bancaire sur une bonne partie de la planète » (2025-11-19)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : de bonnes nouvelles d’Israël

Publié le 3 avril 2021 | Temps de lecture : 2 minutes


 
Après six mois de vaccination, 58,0 % de la population israélienne a reçu au moins une dose du vaccin de Pfizer/BioNTech et 53,1 % des gens sont complètement vaccinés.

Chez les gens de plus de soixante ans, plus des huit dixièmes sont complètement immunisés. Si bien que ce groupe d’âge — qui, le mois dernier, représentait 72 % des admissions aux soins intensifs — n’en représente plus que 29 % (pour des raisons diverses).

Dans le graphique ci-dessus, la ligne bleue représente la moyenne quotidienne établie sur sept jours (afin d’atténuer les variations d’un jour à l’autre).

Le nombre de nouveaux décès chutait d’une moyenne quotidienne de soixante-deux le 26 janvier à huit hier, soit une réduction de 87,1 %.

Quant au nombre de nouveaux cas, la diminution est encore plus importante. Au début de cette année, on atteignait plus de dix-mille nouveaux cas quotidiens de Covid-19. Hier, on n’en comptait plus que 251, soit une réduction de 97,5 %.

Ces résultats auraient été encore meilleurs si le vaccin avait été recommandé aux enfants et aux adolescents.

Déjà, le fabricant possède des données qui prouvent la très grande efficacité de son vaccin chez les jeunes de douze à quinze ans.

Dès que les autorités sanitaires auront donné le feu vert à la vaccination dans ce groupe d’âge, le pays espère devenir le premier à atteindre l’immunité grégaire.

Références :
Covid-19 Coronavirus Pandemic in Israel
Le vaccin efficace à 100 % chez les 12-15 ans
‘We’re in a really good place’: is Israel nearing the Covid endgame?

Paru depuis :
Le rêve « utopiste » de l’immunité collective contre la COVID-19 (2022-05-01)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : la quarantaine ou le laisser-faire ? (2e partie)

Publié le 21 mars 2020 | Temps de lecture : 4 minutes

L’exemple israélien

Au fil des années, Israël s’est doté d’un des meilleurs services de renseignement au monde afin de se protéger d’un environnement hostile.

Israël fait maintenant face à un nouvel ennemi, tout aussi meurtrier et sournois qu’une cellule terroriste.

Conséquemment, les autorités ont décidé de consacrer une partie des capacités d’espionnage du pays à suivre à la trace les téléphones de tous les habitants du pays afin de débusquer ceux qui mettent en péril la vie des autres et afin de prévenir les personnes qu’ils auraient pu contaminer.

Selon les révélations d’Edward Snowden, les services de renseignements de nos pays épient déjà tous nos appels téléphoniques, tous nos textos et tous nos SMS.

De plus, la géolocalisation des appareils multifonctionnels permet aux États de procéder à des assassinats sélectifs.

Ce qui est nouveau, c’est qu’Israël a développé des algorithmes qui permettent, en temps réel, de déceler les personnes contaminées qui négligent de se placer en quarantaine.

Le 19 mars dernier, le ministre de la Santé a annoncé qu’un message sera envoyé à tous les citoyens qui seront demeurés pendant au moins deux minutes à moins de deux mètres d’une personne contaminée.

Le message type est le suivant :

D’après nos données, vous avez été en contact rapproché avec un porteur du Covid-19 le 16 mars dernier. Il est donc nécessaire de vous placer en quarantaine jusqu’au 30 mars 2020 afin de protéger vos proches et le public.

Près de quatre-cents personnes ont déjà reçu ce message.

À la suite d’une plainte d’associations de défense de droits de la personne, la Cour suprême d’Israël a reconnu la pertinence d’avoir recours à ce type de technologie, mais a donné cinq jours au gouvernement pour soumettre les mesures à la Commission parlementaire sur le renseignement (ce qui ne devrait être qu’une formalité).

La surveillance électronique ailleurs dans le monde

Tout comme la Grande-Bretagne, les États-Unis songent à accroitre leur surveillance électronique comme le fait déjà Israël.

En Chine, le déploiement de la 5G dans l’est du pays a tellement fait augmenter la masse de données qui transitent par le réseau téléphonique que l’État a obligé ses citoyens à utiliser une application spécifique qui permet aux autorités de suivre le déplacement des citoyens afin de mieux contrôler les foyers d’épidémie.

Sur la carte géographique des environs où on se trouve, cette application permet de voir les endroits visités par les personnes testées positives pour le Covid-19.

De plus, dans ce pays (comme en France), on a recours à des drones équipés de hautparleurs pour ordonner la dispersion de rassemblements de citoyens.

En Corée du Sud, les dizaines de milliers de citoyens à qui on a ordonné la quarantaine sont obligés d’installer une application qui alerte les autorités s’ils quittent leur domicile.

Taïwan oblige la géolocalisation de ses 24 millions de citoyens. Parmi ceux en quarantaine, le pays prête même un téléphone multifonctionnel à ceux qui n’en ont pas.

Les personnes en quarantaine qui quittent la zone de confinement qui leur est alloué reçoivent alors l’ordre d’appeler la police immédiatement sous peine d’une amende de 33 000$.

À Hong Kong, toutes les personnes en quarantaine sont soumises à la géolocalisation par le biais d’un téléphone mobile ou d’un bracelet électronique.

(à suivre)

Références :
Coronavirus : Israël recourt à la surveillance technologique massive pour freiner la pandémie
Government efforts to track virus through phone location data complicated by privacy concerns
How the U.S. can defeat coronavirus: Heed Asia’s lessons from past epidemics
Translating a Surveillance Tool into a Virus Tracker for Democracies

Parus depuis :
Comment se compare la progression de la COVID-19 à travers le monde? (2020-03-28)
Des leçons pour le Québec dans l’approche sud-coréenne? (2020-03-28)
The missing six weeks: how Trump failed the biggest test of his life (2020-03-28)
«La Corée du Sud a réagi vite et bien» (2020-04-02)
Learning from Taiwan’s Covid-19 response (2020-09-13)
I’ve been in Covid quarantine in South Korea – there’s a lot Britain can learn (2021-02-05)
How Taiwan triumphed over Covid as the UK faltered (2021-03-24)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La sympathie discrète du gouvernement israélien pour Al-Qaida

Publié le 9 décembre 2015 | Temps de lecture : 2 minutes

Le très sérieux Wall Street Journal révélait en mars dernier que les combattants d’Al-Qaida blessés au sud-ouest de la Syrie trouvaient refuge en Israël pour y être soignés.

Amos Yadlin — ancien chef du Renseignement militaire israélien dont Le Monde publie ce matin une entrevue — déclarait plus tôt cette année que l’Iran et le Hezbollah étaient des menaces bien plus graves pour Israël que les islamistes radicaux sunnites (dont Al-Qaida et l’État islamique font partie).

Ce qui est vrai pour Al-Qaida, l’est moins pour le califat parce ce territoire n’est pas situé près des frontières israéliennes; les blessés graves de l’ÉI sont plutôt soignés en Turquie, plus proche.

Si le territoire de l’ÉI s’approchait des frontières israéliennes, ses combattants blessés seraient soignés en Israël selon la politique obsessionnelle de Benyamin Netanyahou d’appuyer tout ce qui pourrait nuire à l’Iran et à son allié Bachar el-Assad.

En vertu du serment d’Hippocrate, les médecins sont tenus de soigner tout être humain, quelles que soient ses convictions religieuses et ses idées politiques.

Je ne reproche donc pas aux médecins d’avoir soigné des terroristes; ils ont fait leur devoir. Je reproche plutôt au gouvernement israélien de Netanyahou de permettre à ces combattants, une fois remis sur pied, de retourner combattre en Syrie plutôt que de les emprisonner et de les accuser de terrorisme.

Si ces derniers, revenus au combat, étaient affectés à la commission d’un attentat terroriste ici même à Montréal, je doute que les excuses d’Israël rencontreraient beaucoup de sympathie au Québec.

Conséquemment, on ne peut que qualifier d’irresponsable la politique du gouvernement de Benyamin Netanyahou à l’égard des terroristes sunnites et espérer qu’il se ressaisisse avant d’avoir à porter l’odieux des conséquences d’une complicité honteuse.

Références :
Al Qaeda a Lesser Evil? Syria War Pulls U.S., Israel Apart
Amos Yadlin : « Bachar Al-Assad fait partie de l’axe radical qui veut détruire Israël »
Wall Street Journal: Israel Caught Red-handed Aiding al-Qaeda in Syria

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Écrit par Jean-Pierre Martel