Prague — Le Quartier du château

Publié le 11 novembre 2010 | Temps de lecture : 4 minutes

 
Cette vidéo débute par une promenade au nord du Quartier du château. Cette partie de la ville, rarement montrée dans les guides de voyage, offre à la vue des visiteurs de nombreux exemples de bâtisses de style Art nouveau inspiré de la Sécession viennoise.

En nous dirigeant vers le château, nous traversons les jardins royaux où sont situés le Belvédère (en restauration au moment de ma visite) et la Maison Jeu de paume (devenue salle d’exposition).

Quant au château lui-même, il est le siège du pouvoir politique en Bohème depuis plus d’un millénaire. C’est le plus vaste palais du monde. En effet, sans tenir compte des jardins, il est plus grand que celui de Versailles. Il a la forme d’un « A » couché le long d’un plateau abrupt dominant la ville.

Dans l’espace délimité par ses remparts (devenus bureaux ministériels), le public peut accéder à un certain nombre d’édifices : ce sont la Cathédrale Saint-Guy (dont la construction s’étendit sur près de six siècles), le Vieux palais de style gothique flamboyant, l’église romane Saint-Georges (dont la façade fut baroquisée) et à sa gauche, le cloître Saint-Georges (devenu pavillon de la Galerie nationale).

La Ruelle d’or longe la partie nord-est du château. Il s’agit d’une des rues les plus pittoresques de Prague avec ses maisonnettes de couleurs vives. Elle tire son nom d’une légende selon laquelle les alchimistes de Rodolphe II y effectuaient leurs recherches en vue de découvrir comment changer le plomb en or. S’il est vrai que l’empereur était amateur d’ésotérisme, en réalité ces maisonnettes hébergeaient les archers du château. L’écrivain Franz Kafka a séjourné brièvement chez sa sœur, au numéro 22 de cette rue.

En face du château, à l’ouest, se trouve un parc autour duquel sont construites un certain nombre de demeures aristocratiques dont le Palais Schwarzenberg, le Palais Martinic et le Palais Šternberk (tous trois devenus musées).

Le complexe religieux de Notre-Dame-de-Lorette est situé un peu plus à l’ouest. Son clocher abrite un carillon de 27 cloches qui joue une mélodie aux heures. Quant à son trésor, au premier étage, il est logé dans un coffre-fort grand comme un appartement de quatre pièces, où sont entreposés des articles religieux somptueux donnés par la noblesse tchèque dont des ostensoirs en or massif sertis de diamants, de perles ou de grenats de Bohème.

Dans la cour du couvent, on peut voir la copie tchèque de la Santa Casa. Selon la légende, alors que la Terre sainte allait tomber entre les mains de barbares, des anges ont soulevé la maison dans laquelle avait grandi Jésus de Nazareth, et l’ont transportée par la voie des airs jusqu’à la ville de Loreto, en Italie, où un écrin en pierre sculpté lui a été ajouté. Au couvent, une réplique de la Santa Casa italienne a été construite. L’original et sa copie tchèque sont aujourd’hui des lieux de pèlerinage.

Le Couvent de Strahov est situé plus au sud. Son minuscule musée d’histoire naturelle renferme le seul spécimen complet au monde d’un animal aujourd’hui disparu, soit le dodo. Dépourvu de son plumage, cet oiseau manque évidemment de charme, pour ne pas dire de panache.

Sans pouvoir y pénétrer, les visiteurs du couvent peuvent avoir un aperçu de deux bibliothèques extraordinairement belles : la Salle philosophique et la Salle théologique. Au fond de cette dernière, dans une armoire verrouillée et protégée par un grillage de métal, se trouvent des livres interdits (dont un exemplaire du Coran).


Note : Les titres de certaines photos sont précédés d’une pomme rouge : c’est par ce moyen que signale que cette photo n’est pas de moi. C’est également le cas des vues aériennes tirées de Google Earth. Dans tous les cas, les crédits apparaissent au générique.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Prague — Le Quartier juif (Josefov)

Publié le 10 novembre 2010 | Temps de lecture : 3 minutes

Il existe un peuplement juif à Prague, voisin d’un peuplement slave, depuis le Xe siècle. Celui-ci se transforme en ghetto au XIIIe siècle, à la suite d’une directive du Vatican à l’effet que Juifs et Chrétiens doivent vivre séparément.

Au cours des siècles qui suivront, les Juifs seront l’objet de massacres (entre autres par les Croisés en route vers la Terre Sainte) et d’interdits quant aux métiers qu’ils peuvent exercer.

Durant la guerre de Trente ans, l’avancée de l’armée suédoise (qui s’était emparé du château de Prague qu’elle avait pillé) est stoppée sur le pont Charles. Celui-ci est alors le seul pont qui relie le quartier du Petit-Côté — où se trouve le château et où habite la noblesse — au reste de la ville. Durant cette bataille, le 26 juillet 1648, les étudiants de l’université Charles et les Juifs s’illustrent par leur courage à sauver la ville des envahisseurs.

En 1781, l’empereur Joseph II promulgue un édit de tolérance qui garantit à tous les citoyens (y compris aux Juifs), la liberté de culte et le libre accès à la vie publique : emplois publics, université, corps de métier, etc. C’est en son honneur que l’agglomération juive de Prague prendra le nom de Josefstadt (ou Ville Joseph).

En 1850, Josefstadt est annexé à la ville de Prague pour devenir le quartier de Josefov. Toutefois la presque totalité de ce quartier est rasée, entre 1893 et 1913, dans le but d’assainir et de remodeler la ville en suivant l’exemple de ce qu’avait fait le baron Hausmann à Paris. À l’issue de ces travaux, il ne resta plus que six synagogues, le vieux cimetière et l’ancienne mairie de la ville juive. Le quartier juif, tel qu’on peut le visiter aujourd’hui, date de cette époque.

Au cours de la Deuxième guerre mondiale, 90% des Juifs tchèques périrent dans des camps de concentration. Si bien que la communauté juive tchèque, après avoir été l’une des plus importantes, est désormais l’une des plus petites d’Europe. De nos jours, environ 6,000 Juifs vivent à Prague.


Note : Les titres de certaines photos sont précédés d’une pomme rouge : c’est par ce moyen que signale que cette photo n’est pas de moi. Il y en a peu. C’est également le cas des vues aériennes tirées de Google Earth. Dans tous les cas, les crédits apparaissent au générique.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Prague — La Vieille ville

Publié le 9 novembre 2010 | Temps de lecture : 4 minutes


 
À visiter Prague aujourd’hui, on pourrait croire que cette ville est née dans la Vieille ville tant ce quartier abonde de maisons anciennes d’origines romane, gothique, renaissant, baroque, et autres.

Ville impériale pendant des siècles, Prague fut le lieu de résidence d’une noblesse qui a multiplié les commandes auprès des meilleurs artistes d’Europe. Et les goûts changeant des propriétaires successifs de certains palais ont fait en sorte que des édifices, originellement médiévaux, se sont ornés de sgraffites à la Renaissance : dans bien des cas, ceux-ci disparurent à leur tour sous des moulages de stuc baroques quand cette mode balaya Prague aux XVIIe et XVIIIe siècle.

Si bien que de nos jours, la Vieille ville est un raccourci de tous les styles ornementaux qu’a connu l’Europe depuis un millénaire.

Le trajet le plus impressionnant de Prague est sans doute celui qu’empruntaient les rois de Bohème à leur couronnement. La partie de la Voie processionnelle du couronnement qui traversait la Vieille ville débutait à un palais médiéval (aujourd’hui remplacé par la Maison municipale), où les marchands et les artisans rendait hommage au souverain. Puis la procession empruntait la rue Celetná et traversait la Place de la Vieille ville (où les dirigeants municipaux remettaient symboliquement les clés de la ville au nouveau monarque). Après la Petite place, on défilait le long de la rue Karlova jusqu’à la Place des Croisés. Quittant la Vieille ville, la procession empruntait ensuite le Pont Charles pour se rendre jusqu’au Château de Prague.

Ce segment de la Voie processionnelle fait moins d’un kilomètre. C’est le long de ce trajet qu’on trouve quelques-unes des plus extraordinaires attractions touristiques de la ville.

En regardant cette vidéo, vous noterez la profusion de sculptures à de nombreux endroits. De manière générale, Prague est la ville au monde où on trouve le plus grand nombre de sculptures. On en voit partout, que ce soit des saintes en pâmoison dont les vêtements virevoltent au vent, des angelots joufflus et fessus, des nus Art déco, etc.

Signalons que la Vieille ville possède une salle légendaire, soit le Théâtre des États, où eut lieu la première mondiale (le 29 octobre 1787) de l’opéra Don Giovanni de Mozart. Dans le lieu même de sa création, on peut donc assister à ce que le compositeur lui-même décrivait comme un drame joyeux, dans une mise en scène remarquable (depuis 2006) de Jiří Nekvasil.

Pour terminer, c’est en écoutant « J’ai fait un rêve des plus doux », tout en revoyant mes photos de ce quartier, que je me suis rendu compte à quel point la musique de Gluck accompagne bien la vue des maisons baroques ou baroquisées de Prague. Dans les autres vidéos de Prague je me suis efforcé de mettre en valeur la musique tchèque : cette vidéo-ci est donc une exception au devoir que je me suis imposé de mettre en valeur le talent des compositeurs de ce pays.


Note : Les titres de certaines photos sont précédés d’une pomme rouge : c’est par ce moyen que signale que cette photo n’est pas de moi. Il y en a peu. C’est également le cas des vues aériennes tirées de Google Earth. Dans tous les cas, les crédits apparaissent au générique.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Prague — Généralités

Publié le 8 novembre 2010 | Temps de lecture : 2 minutes

 
De manière générale, les maisons de Prague sont en briques recouvertes de crépi peint, contrairement au Paris intra-muros où le revêtement des édifices est en pierre de taille. Partout dans les quartiers touristiques, les trottoirs sont des mosaïques formées de cubes de pierre grise, blanche ou rose, dessinant des motifs géométriques variés.

En surface, le transport en commun se fait principalement en tramway. Aux arrêts, un panneau indique le numéro des tramways qui desservent cet arrêt et la direction qu’ils prendront.

Le métro est propre et efficace. La métallurgie étant une spécialité tchèque depuis longtemps, je n’ai pas vu un seul escalier mobile en panne durant tout mon séjour de trois semaines dans cette ville en septembre 2008. Dans chaque station de métro, un panneau indique par un point vert là où nous sommes : à sa droite, les stations vers lesquelles on peut aller par le quai de droite et inversement, celles desservies par le quai opposé. Quant aux murs du métro, ils sont parfois protégés des graffitis par des panneaux d’acrylique ou par une couche de laque.

Le transport en commun est économique. Pour les personnes de plus de soixante ans, la passe mensuelle coûte 15$ (environ dix euros).

À Prague, il y a un grand nombre de théâtre de marionnettes et de bijouteries de grenats de Bohème. Disponibles seulement en République tchèque, ceux-ci sont des pierres semi-précieuses de couleur rubis ou ambre. Leur nom vient de leur couleur, semblable à celle de la pomme grenade.

En août 2002, des pluies diluviennes ont inondé le métro de Prague, privant pendant six mois, l’usage de ce moyen de transport. De nos jours, une ligne tracée sur le socle d’une sculpture située à l’entrée de la Station Malostranká indique le niveau maximal atteint à l’époque par la crue des eaux.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les droits d’auteurs sur l’Internet : un cas concret

Publié le 6 novembre 2010 | Temps de lecture : 5 minutes

Avant propos : À la suite de la publication de mon billet intitulé «  Le conseil de la femme se couvre de ridicule  », Mme Andrée Poitras, webmestre de cet organisme, me faisait parvenir le 5 novembre l’avis qu’on pourra lire ci-dessous. J’ai choisi de publier cette lettre, de même que ma réponse, dans le cadre d’une discussion au sujet de ce qu’il est permis de faire sur l’Internet relativement aux œuvres protégées par des droits d’auteur.


 
Le Conseil du statut de la femme a pris connaissance de la reproduction du bandeau d’identification visuelle de son site et ce, dans le cadre d’un texte intitulé Le Conseil du statut de la femme se couvre de ridicule, publié le 3 novembre 2010, sur votre blogue

Or, les droits sont protégés par la Loi sur le droit d’auteur de compétence fédérale et une demande d’autorisation de l’organisme, entreprise ou individu concerné est toujours nécessaire pour diffuser tout contenu gouvernemental (documentation, PIV ou photos) sur un site externe, ce qui n’a pas été fait dans le cas présent.

Dans ce contexte, le Conseil du statut de la femme demande le retrait immédiat du bandeau du Conseil sur votre blogue.

Andrée Poitras, webmestre


 
Permettez-moi de vous remercier pour l’intérêt que vous avez manifesté relativement au texte en question.

En premier lieu, j’aimerais souligner que si j’avais utilisé le bandeau du site de votre organisme pour laisser croire faussement que mon billet émanait de votre organisme, cela aurait constitué de la fausse représentation. Ce qui n’est pas le cas : à la lecture de ce billet, il est clair que j’en suis l’auteur mais que ce texte concerne votre organisme. En somme, j’ai utilisé une capture d’écran de votre bandeau strictement pour concrétiser l’objet de mon propos.

Mais le reproche que vous m’adressez ne porte pas sur de la fausse représentation mais sur l’utilisation non-autorisée d’une œuvre protégée par des droits d’auteur. Ce reproche est en partie justifié.

La loi fédérale concernant les droits d’auteur est claire. Elle interdit toute utilisation d’une œuvre sans le consentement explicite de son ou ses auteurs.

Toutefois, la jurisprudence canadienne a atténué depuis la rigueur et la portée de cette loi. En vertu du jugement relatif à l’affaire CCH — qui fait jurisprudence au pays — les tribunaux canadiens ont permis l’utilisation non-commerciale des œuvres protégées par cette loi sous certaines conditions.

Les tribunaux ont dû intervenir à cause de certains excès survenus dans l’application de cette loi. À titre d’exemple, peut-on s’objecter à ce qu’un texte critiquant une entreprise soit accompagné d’une photo de son siège social ? Évidemment pas. Pourtant cet édifice est une œuvre architecturale protégée par des droits d’auteurs au même titre que le bandeau de votre site Web. Or faire une capture d’écran de ce bandeau est l’équivalent électronique de la photo d’un siège social : l’une et l’autre représentent publiquement l’image corporative de l’entreprise.

Si bien que nous devons tenir compte aujourd’hui de la Doctrine de l’utilisation équitable, reconnue officiellement. Dans ce cas-ci, cette doctrine permet l’utilisation non-commerciale sans votre permission d’une capture d’écran du bandeau de votre site à la condition que soient mentionnés la source (c’est-à-dire la provenance de ce bandeau) et, si ces renseignements figurent dans la source, le nom du ou des créateurs (ce qui ne s’applique pas dans ce cas-ci puisque cette mention n’apparait pas sur votre site).

J’ai présumé — à tort je le reconnais — que le fait de laisser apparaitre le nom du Conseil du statut de la femme dans le coin supérieur gauche de l’image suffisait à répondre aux exigences de la Doctrine de l’utilisation équitable. À la suite de votre intervention, je n’en suis plus certain. En conséquence j’ai modifié le billet « Le Conseil du statut de la femme se couvre de ridicule », de manière à préciser explicitement la provenance de l’image.

En espérant que ces changements seront à votre satisfaction, je vous prie d’accepter mes remerciements pour votre intervention. Je peux vous assurer qu’à l’avenir, j’entends me conformer scrupuleusement aux dispositions de la Loi canadienne relative aux droits d’auteur, dont je partage totalement les objectifs.

Pour terminer, si malgré ces changements, votre organisme souhaite toujours le retrait pur et simple de la capture d’écran (au-delà de ce qu’exige la législation canadienne), j’ai le regret de vous informer que cette image demeurera sur mon site. Je suis conscient que la photo des personnes en train de rire donne l’impression qu’elles se moquent du Conseil du statut de la femme mais cela est la conséquence de l’imprudence de choisir des gens riants pour illustrer un site Web autre que celui d’un humoriste.

Jean-Pierre Martel

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’historien Henri Guillemin revit

Publié le 5 novembre 2010 | Temps de lecture : 2 minutes
© 1980 — TSR : Image tirée de la série « L’affaire Pétain »

Dans les deux décennies qui ont précédé son décès, survenu en 1992, le professeur Henri Guillemin avait réalisé pour le compte de la Télévision suisse romande (TSR), plusieurs séries d’émissions portant principalement sur l’histoire de France.

Ces émissions d’environ trente minutes chacune avaient été reprises par différentes chaines francophones dont Radio-Canada.

Un seul qualificatif résume ses conférences : brillantes ! Doué d’une mémoire phénoménale, le professeur Guillemin savait captiver son auditoire par le seul moyen de son élocution.

Polémiste et anticonformiste, usant du sarcasme et de la médisance comme peu d’historiens osent le faire, le professeur Guillemin déboulonnait les statues érigées à la gloire des tyrans et récompensait les véritables héros de son admiration non-dissimulée.

À écouter cet historien, on a constamment l’impression d’être le confident de secrets d’État. Pourtant son récit est parsemé d’anecdotes en apparence anodines, mais qui s’avèrent pertinentes à la compréhension intime de l’Histoire.

Ces conférences filmées, où l’orateur est enregistré en plan fixe, datent d’une autre époque. Mais pour quiconque peut s’astreindre à cette rigueur, la récompense est le récit passionnant d’un historien exceptionnel.

Émissions disponibles sur l’internet :
Jeanne-d’Arc (13 épisodes)
La Commune de Paris de 1871 (13 épisodes)
La Révolution française (un épisode de la série La Commune de Paris)
Napoléon (15 épisodes)
• L’affaire Dreyfus — Première, deuxième, et troisième parties
L’autre avant-guerre : 1871 – 1914 (13 épisodes)
La guerre est là (Première guerre mondiale)
• Lénine — Première et deuxième parties
L’affaire Pétain (13 épisodes)

Émissions disponibles en DVD :
Napoléon (1 DVD)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Conseil du statut de la femme se couvre de ridicule

Publié le 3 novembre 2010 | Temps de lecture : 3 minutes
© — Bandeau du site du Conseil du statut de la femme, au 2010/11/03

Hier l’Institut Simone de Beauvoir de l’Université Concordia accusait le Conseil du statut de la femme (CSF) de manquer de rigueur scientifique dans son opposition à la légalisation de la prostitution. Effectivement, le 29 septembre dernier, en réaction à un jugement de la Cour supérieure de l’Ontario, le CSF déclarait que « la prostitution représente la forme ultime de la violence faite aux femmes.»

Personne ne doute que ce métier puisse comporter des dangers mais comment peut-on soutenir sérieusement qu’il vaut mieux se faire poignarder et mourir vidée de son sang, qu’il vaut mieux être lapidée, ou qu’il vaut mieux être battue à mort, que de choisir d’exercer le métier de prostituée. C’est pourtant ce que soutient le CSF dans sa rhétorique ridicule.

Si, comme le soutient l’Institut Simone de Beauvoir, la littérature scientifique prouve que la répression policière empêche les prostituées de travailler dans un environnement sécuritaire, le CSF rend-il service à ces femmes-là en s’opposant à la légalisation de la prostitution ? Aveuglé peut-être par de nobles principes moraux, le CSF n’est-il pas ainsi le complice involontaire de la violence faite aux travailleuses du sexe ?

Sauf l’avant-dernière phrase du communiqué du CSF, il n’y a rien dans ce document qui est de nature à susciter l’adhésion générale. C’est un fouillis de phrases sans queue ni tête. Par exemple, « la prostitution n’est pas un métier » (c’est quoi alors ?), « il serait dommageable pour toutes les femmes ainsi que pour l’ensemble de la société qu’elle soit légalisée » (je ne vois pas en quoi cela m’affecterait), « elle porte atteinte à l’égalité entre les femmes et les hommes » (dans la mesure où la légalisation concerne autant les hommes prostitués que les femmes prostituées, je ne vois pas de rapport).

En somme, on devrait s’attendre à ce que les avis d’un organisme aussi important que le CSF représente l’excellence en matière de réflexion des femmes au sujet des grands enjeux sociaux. Au lieu de cela, l’opinion du CSF au sujet de la prostitution est un ramassis de phrases creuses qui discréditent cet organisme. On croirait entendre l’écho du Tea Party américain.

Références :
Simone de Beauvoir Institute’s Statement A Feminist Position on Sex Work
La légalisation de la prostitution au Canada
Réaction au jugement de la Cour supérieure de l’Ontario — La prostitution : une atteinte à la dignité des femmes

Paru depuis :
La prostitution, stratégie de survie dans le Montréal du XIXe siècle (2021-04-09)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’Halloween au 2532 avenue Jeanne-d’Arc

Publié le 1 novembre 2010 | Temps de lecture : 1 minute
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L’Halloween est une fête qui se déroule dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre. Déformation de All Hallows Eve, Halloween signifie littéralement « le soir de tous les saints ». Cette fête est célébrée principalement dans les pays anglo-saxons, c’est-à-dire en Australie, au Canada, en Irlande, en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Ce soir-là, masqués et déguisés, les enfants vont de porte à porte mendier des friandises et des fruits. L’extérieur de certains logis se pare de symboles généralement inspirés du cinéma d’horreur ; squelettes, fantômes, chats noirs au dos arqué, chauves-souris, araignées, citrouilles évidées et ajourées en forme de visage, etc.

Référence : Wikipédia

Détails techniques : Panasonic GF1, objectif Lumix 20mm F/1,7 — 1/25 sec. — F/1,7 — ISO 800 — 20 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Fascination…

Publié le 29 octobre 2010 | Temps de lecture : 1 minute
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Un jeune couple assis dans un parc du quartier de l’Ancienne concession française de Shanghai. Et un téléphone portable…

Détails techniques :
Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm — 1/60 sec. — F/3,7 — ISO 100 — 16 mm. Image transformée sous Photoshop, à l’aide de quelques filtres de la version 4 d’Adjust, de Topaz Labs.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La photographie infrarouge

Publié le 28 octobre 2010 | Temps de lecture : 7 minutes
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À l’aide d’un prisme, on peut décomposer la lumière visible du soleil : cela donne un spectre presque continu qui va du rouge au violet.

Mais ce prisme fait plus que cela ; il extrait aussi des rayons invisibles à nos yeux. Au delà du violet, ce sont les rayons ultraviolets. À l’extrémité opposée, ce sont les rayons infrarouges. Ces derniers représentent près de la moitié de l’énergie émise par le soleil.

D’habitude, les appareils-photo sont dotés d’un filtre qui bloque la presque totalité des rayons infrarouges afin de capter des images conformes à ce que nos yeux perçoivent.

Dans l’image ci-dessus, on aperçoit la même scène, captée à gauche par un appareil-photo conventionnel, et à droite, par un appareil infrarouge. Dans ce dernier cas, on voit que la végétation réfléchit beaucoup de lumière. Si ces rayons n’étaient pas bloqués par un filtre, le feuillage serait trop pâle dans l’image à gauche.

L’équipement

Il y a deux moyens de photographier le rayonnement infrarouge.

Premièrement, on peut visser sur l’objectif une lentille qui bloque la lumière visible mais laisse passer les rayons infrarouges. Ces derniers seront à leur tour bloqués presque totalement par le filtre anti-IR à l’intérieur de l’appareil lui-même. On comptera ainsi sur la faible partie des rayons infrarouges qui auront réussi à se rendre jusqu’au capteur. On aura donc besoin d’un temps d’exposition extrêmement long, ce qui nécessite un trépied et des sujets immobiles.

Les premiers appareils-photo numériques étaient dotés de filtres anti-IR moins efficaces que ceux qui équipent les appareils d’aujourd’hui ; ils laissaient donc passer plus de rayonnement infrarouge. Si vous avez dans un placard un vieil appareil numérique inutilisé, vous pourriez le doter d’un filtre infrarouge (pour moins de 25$ ou 17 euros) et avoir la surprise de constater qu’il prend de meilleures photos infrarouges (en contrepartie de plus de grain) que votre appareil le plus récent.

Le deuxième moyen de prendre des photos infrarouges est plus coûteux mais donne de bien meilleurs résultats. C’est d’utiliser un appareil-photo infrarouge : celui-ci est un appareil conventionnel dont on a retiré le filtre anti-IR pour le remplacer par un filtre qui fait l’inverse, c’est-à-dire qui bloque la lumière visible mais laisse passer les rayons infrarouges.

Plusieurs types de filtres peuvent être utilisés à cette fin. On les distingue par la limite en deçà de laquelle la lumière est bloquée. Par exemple, on parlera d’un filtre de 590 nanomètres, de 665 nm, de 720 nm (les plus populaires), de 850 nm, ou de 950 nm (dit à contraste élevé). Puisque la frontière entre la lumière rouge et les rayons infrarouges se situe aux alentours de 750 nm, les trois premiers filtres laissent passer un peu de lumière rouge, alors que les deux derniers bloquent complètement la lumière visible.

En fait, à 950 nm, on bloque non seulement tout le visible mais également la très grande majorité du rayonnement infrarouge. En effet, 96% du rayonnement infrarouge solaire est compris entre 750 nm et 950 nm.

Puisque les capteurs des appareils-photo numériques cessent d’être sensibles à l’infrarouge au delà de 1300 nm, les photos infrarouges enregistrent donc le rayonnement entre 750 nm et 1300 nm, soit l’infrarouge rapproché.

Mais comment faire la mise au point d’un rayonnement qu’on ne voit pas ? C’est simple. Contrairement à nos yeux (qui ne voient que la lumière visible), les cellules photo-électriques des capteurs sont plus sensibles à l’infrarouge qu’à la lumière visible. Or puisque l’écran arrière des appareils-photo numériques reproduisent ce que le capteur voit, il affichera donc l’image destinée à être enregistrée. De plus, lorsque cet appareil dispose d’un viseur électronique (lui aussi connecté sur le capteur), ce dernier affiche la même image.

On trouvera sur eBay, des appareils-photos infrarouges de très bonne qualité. Leur prix varient généralement entre 200$ et 700$ (140 à 500 euros).

Pour une somme de 250$US (180 euros), certains fournisseurs offrent même de transformer l’appareil-photo que vous leur enverrez en appareil infrarouge : c’est donc un excellent moyen de donner une seconde vie à un appareil-photo numérique dépassé.

Une fois votre appareil transformé, on peut augmenter sa puissance à volonté en vissant sur l’objectif, une lentille infrarouge plus restrictive. À titre d’exemple, en ajoutant un filtre de 850nm ou de 950nm à un appareil bloquant déjà la lumière jusqu’à 720nm, on obtient un appareil qui se comporte exactement comme si on avait choisi de le transformer en appareil infrarouge plus sélectif dès le départ.

Mais l’inverse n’est pas vrai ; visser un filtre IR de 720nm à un appareil infrarouge doté d’un filtre interne de 920nm est complètement inutile puisque les rayonnements entre 720 et 920nm que laissera passer le filtre externe seront bloqués par le filtre interne. D’où l’importance de bien choisir son mode de conversion.

Afin de vous aider à choisir, on trouvera sur ce blogue, un test comparatif entre l’infrarouge de 720nm et celui de 950nm.

Le résultat

Strictement parlant, la photographie infrarouge est du domaine de la perception extra-sensorielle : elle permet de voir ce que la vision humaine ne peut capter. Toutefois, l’infrarouge rapproché suit de près la lumière rouge. Par conséquent, la photo infrarouge ne donne pas des images ésotériques, sans rapport avec la réalité, mais plutôt des images étranges. Dans le cas des paysages, on croirait la nature recouverte de givre.

De manière générale, les personnes photographiées en infrarouge ont un air cadavérique. Puisque l’atmosphère est remarquablement transparente aux rayons infrarouges, les paysages sont d’une netteté exceptionnelle, peu affectés par la pollution. Conséquemment, les ciels sont foncés, comme si on avait utilisé un filtre polarisant. À l’opposé, les nuages dispersent les rayons infrarouges et paraissent très pâles. Les plans d’eau sont particulièrement sombres. La végétation est éclatante tandis que les troncs d’arbres sont noirs.

Puisque les lumières fluorescentes (c’est-à-dire les néons) émettent peu de radiation infrarouge, ce type d’éclairage demandera des temps prolongés d’exposition.

Toute substance incandescente (par exemple, une ampoule au tungstène allumée) émet beaucoup de rayons infrarouges. De plus, n’importe quel objet chauffé à plus de 300 degrés Celsius (ou 572 degrés Fahrenheit) émettra des rayons infrarouges même s’il n’est pas incandescent.

Pour vous donner une idée de ce qu’on peut obtenir avec un appareil infrarouge, voici quelques unes des photos que j’ai prises en septembre dernier dans les parcs de Shanghai, à l’aide d’un appareil doté d’un filtre de 720 nm.

Cliquez sur une des imagettes ci-dessous pour l’agrandir


Détails techniques :
Photo double au début du texte :
À gauche : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45 mm — 1/1250 sec. — F/13 — ISO 640 — 14 mm
À droite : Canon Powershot G6 modifié pour faire de la photographie infrarouge

Les 21 imagettes ci-dessus : Canon Powershot G6 modifié pour faire de la photographie infrarouge.

Complément de lecture :
L’infrarouge pamplemousse rose
L’infrarouge rose rétro
L’infrarouge rose bonbon

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’infrarouge noir et blanc, veuillez cliquer sur ceci. Mais pour consulter l’ensemble des articles publiés sur ce blogue relativement à la photographie infrarouge couleur, veuillez cliquer sur cela.

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Écrit par Jean-Pierre Martel