La crèche de la Basilique da Estrela de Lisbonne

Publié le 23 octobre 2016 | Temps de lecture : 6 minutes

Introduction

Le culte de la crèche parmi les fidèles — et conséquemment, la commande religieuse de crèches d’Art — atteint son apogée au XVIIIe siècle.

Cette mode a été telle qu’elle a donné naissance à des traditions nationales.

C’est ainsi que les crèches napolitaines étaient le prétexte à la représentation de la vie de rue, avec la multitude des métiers de l’époque.

Les crèches baroques portugaises ont davantage le souci d’être des illustrations bibliques.

C’est Joaquim Machado de Castro qui devait devenir le porte-étendard de la tradition portugaise.

Il existe trois crèches de lui à Lisbonne; une à la cathédrale, une autre au Museu Nacional de Arte Antiga et son chef-d’œuvre, à la Basílica da Estrela.

Historique de la commande

Le roi Joseph Ier de Portugal (1714-1777) eut quatre enfants, toutes des filles.

Maria, princesse héritière, épouse en 1760 son oncle, le frère cadet du roi. D’une religiosité proche de la superstition, la jeune épouse redoute les conséquences de ce mariage très consanguin.

Elle promet à Dieu qu’elle élèvera, une fois devenue reine, une grande église si elle devait donner naissance à un héritier sain d’ici à son accession au trône.

Dès l’année suivante, en 1761, son vœu est exaucé; la princesse donne naissance à un premier fils, Joseph.

Maria attendra le 24 février 1777 pour devenir reine et ainsi pouvoir réaliser sa promesse.

Clochers et dôme de la Basilique de l’Estrela

Cette promesse, c’est la belle et grande Basílica da Estrela, dont la construction commencera en 1779 et sera complétée en 1790.

Le nom de cette église — en français basilique de l’Étoile — est une allusion à un hymne catholique à la Vierge. Ce chant grégorien a longtemps été populaire chez les peuples de pêcheurs. C’est d’ailleurs sur son air qu’a été composé l’hymne des Acadiens. Son titre latin est Ave Maris Stella, ce qui signifie Salut, Étoile de la mer.

Parmi toutes les œuvres d’art commandées dans le cadre de la construction de l’église, il y a cette crèche de Joaquim Machado de Castro (1731-1822).

Au moment de cette commande, ce dernier est déjà le plus célèbre sculpteur portugais de son temps. On lui doit notamment la statue équestre de Josée Ier sur la Praça do Comércio, réalisée en 1775.

Commandée en 1781 par la reine, cette crèche était destinée aux Carmélites déchaussées, dont le couvent est adjacent à la basilique. Entreposée au couvent, la crèche devait garnir la basilique durant de temps des Fêtes, au grand plaisir des fidèles.

Accessibilité de la crèche

Tombeau de la reine Maria Ire

De nos jours, cette crèche est accessible par un passage discret, derrière le tombeau de la reine Maria Ire de Portugal. Ce tombeau est situé dans le bras droit du transept de la basilique.

Vitrine de la crèche

On accède alors à une petite pièce au fond de laquelle une vitrine permet aux visiteurs d’admirer cette crèche.

Cette vitrine est à peine plus grande que la crèche. Ce qui fait qu’il est difficile de la photographier sans montrer le cadre de cet écrin et sans que les photos puissent éviter la diffraction optique du verre ancien.

La crèche de la Basílica da Estrela

Joaquim Machado de Castro et ses artisans mettront cinq ans à exécuter cette commande. C’est une des plus grandes crèches existantes au monde.

Détails de la crèche

Elle comprend 480 figurines en argile ou en terre cuite.

Ce foisonnement s’explique par le fait que cette crèche ne montre pas seulement la Nativité, mais couvre toute la ‘péri-Natalité’ de Jésus de Nazareth.

Dans ses parties supérieures, on y voit donc représentés le massacre des Innocents, la fuite en Égypte, etc.

Dans ce sens, cette crèche illustre parfaitement la tradition portugaise des crèches de Noël.

Comme toutes les peintures de l’époque, le Proche-Orient de la crèche est celui fantasmé par les artistes européens du temps. En particulier, la tenue vestimentaire des figurines n’a rien à voir avec les vêtements traditionnels des peuples de cette partie du monde.

La grotte dans laquelle la Sainte Famille s’est réfugiée est encadrée de colonnes corinthiennes en ruine. Tout comme le haut de certains maitres-autels baroques, la crèche est surmontée d’une nuée d’anges célébrant ici la Naissance du Christ.

Vers le haut, au centre
Au dessus de la Sainte Famille
L’adoration des mages et des bergers
Le massacre des saints innocents (vers le haut, à droite)
À la droite de la Sainte Famille
Encore plus à la droite de la Sainte Famille
Mère allaitante inquiète
Personnages du devant de la crèche

La crèche de la cathédrale de Lisbonne

À des fins de comparaison, voici deux photos de la crèche réalisée en 1766 par Joaquim Machado de Castro qui est exposée à la cathédrale de Lisbonne.

Crèche à la cathédrale de Lisbonne
Détails de la crèche de la cathédrale

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (3e et 4e photos), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1e photo) et PanLeica 25 mm F/1,4 (les autres photos)
 1re photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 31 mm
 2e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 1600 — 25 mm
 3e  photo : 1/50 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 10 mm
 4e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 8 mm
 5e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 2000 — 25 mm
 6e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 2500 — 25 mm
 7e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 2000 — 25 mm
 8e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 800 — 25 mm
 9e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 1250 — 25 mm
10e photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 2500 — 25 mm
11e photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 1000 — 25 mm
12e photo : 1/40 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 25 mm
13e photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 800 — 25 mm
14e photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 800 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 19

Publié le 22 octobre 2016 | Temps de lecture : 4 minutes

De mon studio à la station Santa Apolónia, plusieurs chemins sont possibles. Je varie selon mon caprice ou selon les circonstances.

Escalier du Beco do Marquinez

Lorsque le pavé est mouillé, j’évite les pentes qui pourraient être glissantes et j’utilise l’escalier.

Casa Fernando Pessoa

Aujourd’hui, j’emprunte le métro jusqu’à la station Rato et je monte jusqu’à la Casa Fernando Pessoa.

Il s’agit de la dernière résidence du plus grand poète portugais du XXe siècle. Celui-ci a vécu de 1888 à 1935. Quelques-uns de ses vers sont écrits sur la façade de l’immeuble et sur les murs à l’intérieur (dont ceux de l’ascenseur).

Graphiquement, l’étage le plus réussi est le rez-de-chaussée où les éléments didactiques sont présentés dans le style des années 1910.

Effectivement, c’est à cette époque que ce poète publiera la revue Orpheu dans laquelle tout, y compris la typographie, est une création d’Avant-garde.

Puis je redescends à la Basílica da Estrela. Construite selon le vœu de la reine Maria Ire du Portugal à la naissance de son premier fils, la basilique d’Estrela (c’est-à-dire basilique de l’Étoile) fut érigée de 1779 à 1790.

C’est une église à dôme en forme de croix latine. Sa façade élégante est décorée de statues. Ses deux clochers sont de style rococo.


Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

 
À l’intérieur, la taille de la nef, la qualité des matériaux, la beauté du maitre-autel et des autels de chacun des bras du transept, contribuent à la majesté de l’ensemble.

Seules les œuvres d’art des autels latéraux ne sont pas au même niveau d’excellence.

Tombeau de la reine Maria Ire

Dans le bras droit du transept se trouve le tombeau de la reine Maria Ire (la commanditaire de la basilique), qui régna sur le Portugal de 1777 à 1816.

Un passage discret, de chaque côté de ce monument (voir ci-dessus), permet d’accéder à une petite salle où se trouve une crèche exposée dans une vitrine.

Cette crèche baroque, commandée par la reine en 1781, est le chef-d’œuvre de Joaquim Machado de Castro. Aidé de ses artisans, celui-ci mit cinq ans à réaliser ses 480 figurines.

Vue de la Calçada da Estrela

Puis je descends la Calçada da Estrela. Au passage, je m’achète une pâtisserie (plutôt bien)…

Assemblée de la République

…puis j’atteins l’édifice néoclassique de l’Assemblée de la République portugaise.

Je descends l’Avenida Dom Carlos I, puis vais prendre à l’Est la Rua do Instituto Industrial afin de visiter le Museu das Comunicações.

Museu das Comunicações

Ce petit musée gratuit s’adresse aux groupes scolaires; c’est 82% de sa clientèle. Il traite essentiellement télécommunications.

À moins de vous intéresser à la scénographie muséale — dont ce musée est un bon exemple — sa visite n’est pas indispensable.

Sur le chemin du studio, j’achète à l’épicerie un format de 900ml de potage à la pomme de terre et aux courgettes parfumé à la menthe.

Mon repas du soir sera composé de 300ml de potage et trois soles. Je sais que j’ai l’air d’un ogre en écrivant cela, mais ce sont vraiment de petites soles.

Puis vers 20h, je me mets en route pour le concert de musique classique donné à l’église Saint-Roch. Mais il y un imbroglio. J’ai un reçu de paiement. Le vendeur est certain de m’avoir remis un billet jaune. Je ne l’ai pas et je ne me rappelle pas de l’avoir jamais eu.

Bref, on me refusera l’entrée. Ce qui n’est pas catastrophique étant donné que le quartier d’Alfama (dans lequel j’habite) n’est pas vraiment très silencieux la nuit.

Je m’empresse donc d’aller à la boutique de la FNAC à quelques rues de l’église pour m’acheter un coffret de 4 CD d’une anthologie de fado (pour 8 euros).

Puis je rentre au studio pour la nuit (effectivement trop bruyante à mon gout).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (3e photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/200 sec. — F/4,5 — ISO 200 — 40 mm
2e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 1600 — 25 mm
4e  photo : 1/20 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm
5e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
6e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 18

Publié le 21 octobre 2016 | Temps de lecture : 6 minutes

Le relief de Lisbonne est moins compliqué que je pensais. Imaginez un paysage formé de sept collines séparées par des vallons. Prenez ce paysage et inclinez-le au Sud. Voilà Lisbonne.

Il aurait été pratique de placer certaines stations du métro au sommet de ces collines, comme c’est le cas des stations sur le mont Royal de Montréal. Dans la capitale portugaise, ce n’est pas le cas; les lignes de métro suivent les vallons sinueux qui laissaient couler l’eau des montagnes vers le Tage.

À certains endroits, la ville a construit des ascenseurs pour simplifier la vie à ses citoyens.

Aujourd’hui, je profite de tout cela en visitant la ville en me laissant descendre le long de ses rues.

Je me rends à la station Restauradores pour visiter les environs de la place homonyme.

Ses environs semblent avoir constitué (ou constituent toujours) le quartier des spectacles de la ville. En effet, si on exclut les innombrables clubs de fado ou de jazz disséminés dans les vieux quartiers, c’est près de la Praça dos Restauradores qu’on trouve plusieurs grandes salles Art déco dédiées au cinéma ou au théâtre.

Elevador da Glória

C’est dans le coin nord-ouest de cette place qu’on trouve le pittoresque Elevador da Gloria.

Celui-ci ne parcourt qu’une distance d’environ 200 mètres. Mais il m’épargnera l’escalade d’une pente escarpée. De belles murales décorent les murs le long de notre trajet.

Buste d’Ulysse

Il nous amène au Miradouro São Pedro de Alcântara. Tourné vers l’Est, ce belvédère est situé dans un parc sur deux niveaux décoré de bustes de personnages célèbres de l’histoire portugaise, dont Ulysse.

Mais que vient faire ici ce personnage de la mythologie grecque ?

Sous l’Empire romain, Lisbonne portait le nom d’Olissipo en honneur d’Ulysse. Selon la mythologie romaine (héritière de la mythologie grecque), Ulysse aurait fondé cette ville après avoir quitté Troie.

Et d’Olissipo, la ville a porté le nom latin d’Olissipona au début du Moyen-Âge, puis Ulishbona en visigoth et finalement Lisboa en portugais.

En descendant vers le sud, je croise l’Igreja São Roque. Je vais à son musée acheter un billet pour un concert de musique classique qui sera donné à l’église demain soir (prix du billet : 3 euros).

Et pendant que j’y suis, j’en profite pour revoir son musée, que j’avais survolé un peu trop rapidement au 14e jour de ce voyage. J’y passe 45 minutes. Je réalise que mon jugement a été un peu sévère. Juste quant à l’essentiel, mais qui aurait dû être plus nuancé.

Reliquaire de saint Valentin, en argent doré, de Carlo Guarnieri (vers 1753)

J’y découvre cette fois-ci un coffret-reliquaire transparent, en écaille de tortue, et une Adoration des mages translucide, délicatement sculptée dans la nacre, épousant la forme du coquillage dont il est tiré. Mentionnons également le reliquaire de style rococo en forme de lanterne (ci-dessus), renfermant une relique de saint Valentin, le patron des amoureux.

Je me rends au Museu Arqueológico do Carmo.

Igreja do Carmo

L’église gothique des Carmes fut détruite par le séisme de 1755. Elle ne fut jamais reconstruite. Seul le chœur a résisté. C’est lui qui abrite de nos jours un musée d’archéologie que j’ai trouvé plus intéressant que celui situé au Mosteiro dos Jerónimos (sauf la section égyptienne, beaucoup mieux au monastère).

Adjacent se trouve le Museu Guarda Nacional Republicana. Il explique l’histoire de la Garde républicaine portugaise, montre les uniformes portés au cours des décennies, les armes utilisées, puis ses moyens de communication et d’enquête. Il est l’équivalent du musée parisien de la Police, mais avec une facture pédagogique un peu plus moderne.

Sur la rue Calçada do Sacramento, je descends à l’Igreja do Santíssimo Sacramento, une magnifique église baroque dont l’intérieur est en pierre de taille rehaussée de marbre rose.

Les peintures surmontant les huit autels latéraux, de même que celle du maitre-autel, ont été restaurées en 2011 grâce au financement de la Fondation Gulbenkian. Ce sont parmi les plus belles peintures religieuses que j’ai vues jusqu’ici à Lisbonne.

Musée numismatique de Lisbonne

Puis je descends au Museu do Dinhero, un musée numismatique gratuit situé dans le quartier de Baixa.

À l’initiative de la Banque du Portugal, ce musée a été aménagé dans une ancienne église. C’est ma troisième tentative, cette fois-ci réussie, de le visiter; il n’est ouvert que du mercredi au samedi.

C’est un musée très bien fait.

En plus d’exposer des pièces de monnaie depuis l’Antiquité, il explique l’histoire des devises, les métaux et alliages employés, les méthodes utilisées pour frapper la monnaie, les procédés d’impression pour les billets de banque, les poinçons et instruments de gravure, etc.

Bref, c’est un musée exhaustif, attrayant, disposé sur plusieurs étages, que tout collectionneur d’argent devrait visiter.

Puis je rentre au studio en métro.

Au passage, j’achète à l’épicerie un kilo de soles entières pour 3,3 euros. J’en mangerai deux (sur les cinq achetées) pour le repas du soir, précédées d’environ 300ml de soupe au navet et suivies d’une pastel de nata (saupoudrée de cannelle, comme il se doit).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (5e photo), PanLeica 25 mm F/1,4 (2e et 3e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re et 4e photos)
1re photo : 1/1250 sec. — F/3,2 — ISO 200 — 12 mm
2e  photo : 1/1000 sec. — F/3,2 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 320 — 25 mm
4e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 250 — 7 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 17

Publié le 20 octobre 2016 | Temps de lecture : 6 minutes

Aujourd’hui, je retourne à la Tour de Belém, située à environ quinze minutes de marche du Mosteiro dos Jerónimos.

Ceux qui s’y présentent en fin d’après-midi sont habituellement des détenteurs d’un forfait monastère + tour (ou monastère + tour + musée de l’archéologie) et qui complètent leur forfait.

Par opposition, ceux qui se présentent en matinée sont en bonne partie des visiteurs qui ont décidé de débuter par la tour leur visite des sites touristiques du quartier.

Ces derniers doivent donc attendre en ligne pour acheter leur billet alors que ceux qui ont acheté leur billet la veille sans avoir eu le temps de visiter la tour — c’est mon cas — n’ont qu’à montrer le billet pour emprunter la ligne express et monter dans la tour immédiatement.

Tour de Belém

Au moment de sa construction, de 1515 à 1521, ce dispositif défensif de cinq étages s’avançait davantage dans le Tage.

Le fleuve s’étant retiré depuis, il suffit d’une passerelle pour y accéder. On a aménagé du côté nord un bassin de rétention qui fait en sorte qu’en matinée, à marée basse, des poissons y demeurent prisonniers alors que des enfants peuvent ramasser des coquillages sur le sable qu’on y a mis.

Et puisque Lisbonne est située près de l’embouchure du Tage, ce fleuve subit en fin d’après-midi la marée haute de l’Atlantique : la tour se trouve alors entourée d’eau et des petites vagues frappent les marches en hémicycle qui bordent le bassin de rétention submergé.

Le rez-de-chaussée correspond à la salle des canonniers. Le premier étage possède une grande terrasse permettant les manœuvres qui jalonnaient la vie de garnison. Le deuxième est la salle du capitaine, dotée de trois balcons et d’une belle loggia du côté sud.

Détail de la façade du troisième étage

La façade du côté sud du troisième étage est décorée des armoiries royales de Manuel Ier. De chaque côté, on peut voir une sphère armillaire.

Il s’agit d’un instrument de navigation qui modélise la sphère céleste et qui était utilisé par les navigateurs portugais pour montrer également le mouvement apparent des étoiles et du soleil. C’était aussi l’emblème de Manuel Ier, commanditaire de la tour.

Cet instrument fait donc partie des nombreux symboles et allusions maritimes typiques du style manuélin (dont nous avons parlé hier). On le trouve donc sur des édifices manuélins civils (comme ici) ou religieux (comme au monastère).

Le quatrième étage correspond à la chapelle, entourée d’un chemin de guet. Le toit plat de la chapelle offre une deuxième plateforme d’observation pour guetter les vaisseaux ennemis.

Vue du Museu do Combatente et du Centre Champalimaud

Ce point de vue élevé me permet de voir que le Museu do Combatente, tout près, ne montre que des jeeps et des cannons modernes, ce qui m’évite d’y aller.

J’en visite toutefois l’extérieur.

Plus à l’ouest, je me rends au Centre Champalimaud, un très bel édifice blanc consacré à la recherche médicale et dont l’architecture moderne est plutôt photogénique.

De retour sur mes pas, j’emprunte un passage sous la voie ferrée.

Rail à vélo

À plusieurs sorties de métro, j’avais observé des rails dont j’ignorais l’utilité. Eh bien, la photo ci-dessus dit tout.

Centro Cultural de Belém

Dans l’édifice néomédiéval du Centro Cultural de Belém, on peut admirer gratuitement la collection remarquable d’Art contemporain du mécène José Manuel Rodrigues Berardo.

Jardins d’inspiration japonaise

Le rez-de-chaussée du centre comprend deux petits jardins de style japonisant, réinterprétés à la portugaise. En effet, le sable peigné est ici remplacé par des calades, ces pavés cubiques en calcaire, typiques de Lisbonne.

Intérieur du musée

Les étages supérieurs du Museu Coleção Berardo exposent près de mille œuvres de plus de 500 artistes modernes.

C’est donc un vaste survol de la création artistique du XXe siècle qu’on peut y admirer. Il y a bien quelques sculptures mais on y voit surtout des toiles.

J’avais bien aimé le Museu Nacional de Arte Contemporânea do Chiado, visité au 14e jour de ce voyage, mais je dois dire que ce musée de la collection Berardo est encore plus beau.

Au sous-sol du musée

Au sous-sol, on présente des vidéos et des œuvres d’artistes modernes portugais : peintures, sculptures, installations et photographies.

Contrairement au Musée d’Art contemporain de Montréal (très centré sur des installations), le Museu Coleção Berardo résume à lui seul tout l’art pictural du XXe siècle.

Je passe ensuite à la pâtisserie de Belém m’acheter six pastéis de nata et je rentre au studio me servir une soupe au navet, la dernière tranche de mon saumon (accompagnée de vin blanc), et deux pâtisseries fraiches saupoudrées de cannelle et d’un peu de sucre en poudre (puisque les pastéis de nata sont vendues avec un sachet de l’un et de l’autre).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (3e, 6e, 7e et 8e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re, 2e, 4e et 5e photos)
1re photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 160 — 12 mm
2e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 100 — 26 mm
3e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 125 — 14 mm
4e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 32 mm
5e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
6e  photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 14 mm
8e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 14 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 16

Publié le 19 octobre 2016 | Temps de lecture : 5 minutes

Aujourd’hui, le thermomètre atteindra 26 degrés Celsius. Je mets le cap sur le Mosteiro dos Jerónimos.

C’est une des attractions touristiques les plus populaires de la ville. Puisque le métro de Lisbonne ne se rend pas dans le quartier de Belém (signifiant Bethléem), on doit prendre le métro jusqu’à la station Cais do Sodré, puis effectuer un long trajet en autobus vers l’ouest.

Cette situation éloignée a épargné en gros le monastère des destructions du séisme de 1755.

Dans mon autobus plein au maximum (et dont la climatisation était en panne), la moitié des passagers sont descendus à l’arrêt Betlém. S’ils se rendaient au monastère, ils auraient mieux fait de se rendre à la station suivante, environ 400 mètres plus loin, appelée spécifiquement Mosteiro Jerónimos.

Détail du portail sud du monastère de Belém
Nef de l’Igreja Santa Maria
Voute de style gothique flamboyant de l’Igreja Santa Maria

Le monastère de Belém est un des meilleurs exemples du style manuélin, du nom du roi Manuel Ier qui régna sur son pays de 1495 à 1521.

La construction du monastère fut financée par la ‘taxe du poivre’ prélevée sur la vente des épices et des matières précieuses importées. Elle débuta à partir de 1502 et dura près d’un siècle.

Sous le règne de ce monarque, le Portugal est la première puissance maritime du monde. Grâce à la découverte de la route des Indes par Vasco de Gama et à la découverte du Brésil par Pedro Alvares Cabral, des trésors sont ramenés des quatre coins du monde. Le Portugal est au sommet de sa puissance économique.

C’est une période heureuse pour le pays. Dans le domaine des arts, cet enthousiasme suscitera la naissance d’un style décoratif exubérant qui, en dépit du fait qu’il correspond au gothique flamboyant ailleurs en l’Europe, fait penser à des styles qui naitront beaucoup plus tard dans d’autres pays.

Le style manuélin célèbre le triomphe des explorateurs maritimes portugais. Parmi les motifs favoris de ce style, mentionnons les cordages (incluant les colonnes torsadées), les vagues, les poissons, les coquillages (vus de l’extérieur, et non de l’intérieur comme ce sera le cas à l’époque rococo), les ancres, les instruments de navigation, etc.

De manière traditionnelle, l’église en forme de croix latine a été construite vers l’Ouest à partir de l’Est (une allusion à la naissance de Jésus de Nazareth, naissance associée à celle du jour).

Aperçu du cloitre
Aperçu du cloitre
Aperçu du cloitre
Aperçu du cloitre

Adjacent au Nord se trouve le somptueux cloitre du monastère. Par journée chaude, c’est un endroit paradisiaque où les moines pouvaient déambuler dans la large galerie du cloitre, protégés du soleil cuisant du Portugal, alors que les pierres libéraient la fraicheur accumulée au cours de la nuit.

De la galerie du premier étage, on accède à un petit musée consacré à l’histoire du monastère.

Le monastère proprement dit s’étendait à l’ouest de l’église. De nos jours, il abrite le Museu Nacional de Arqueologia. Sa salle principale est consacrée à la période romaine. On y présente beaucoup de statues décapitées, des stèles funéraires érodées et quelques mosaïques remarquables.

Vers le fond, on rencontre successivement le trésor (exposant essentiellement des bijoux archéologiques de bronze et d’or), la salle des antiquités égyptiennes (salle très intéressante où sont en vedette deux sarcophages de bois peint et une momie enveloppée de bandelettes de lin), et finalement une exposition temporaire d’un intérêt limité.

Plus à l’ouest de trouve la Tour de Belém. Même si, théoriquement, on y admet des visiteurs jusqu’à 17h, dans les faits on refusera de vous admettre plus tôt lorsque de nombreuses personnes attendent déjà dans l’escalier qui mène à la terrasse et où seulement 150 personnes peuvent aller simultanément.

Puisque le billet est valable demain, j’y retournerai.

Puis je rentre au studio.

Sur mon trajet, j’achète à l’épicerie un format de 900ml de soupe au navet pour 1,95 euro (de la marque maison Pingo Doce).

Délicieuse mangée froide, elle précèdera le dernier quart de mon saumon acheté il y a quatre jours et dont je ne mangerai qu’en partie, le restant étant conservé pour demain soir.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (2e et 3e photos), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (la 7e photo) et M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 27 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 800 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 640 — 25 mm
4e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 9 mm
5e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
6e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
7e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 15

Publié le 18 octobre 2016 | Temps de lecture : 4 minutes

Le lundi, la plupart des musées étant fermés, ce devrait être une belle occasion de visiter quelques-uns des nombreux parcs de la ville.

Mais le temps est gris.

Je décide donc de mettre le cap sur l’aquarium de Lisbonne.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

L’Oceanário de Lisboa est le plus grand d’Europe. Il est composé de deux pavillons.

Exposition temporaire du photographe Takashi Amanto

Le premier, sur terre ferme, comprend les services : la billetterie au rez-de-chaussée, le restaurant au 1er étage et une exposition temporaire au 2e.

Pavillon principal

Au 1er étage, on emprunte une passerelle qui nous mène au pavillon principal, entouré d’eau.

Le long de cette passerelle, des panneaux nous informent que nous consommons annuellement, par personne, 19kg de poisson. Que nous prélevons des océans deux à trois fois plus de poissons que le milieu marin peut en produire. Que 70% des populations de poissons sont surexploités et en déclin. Etc.

Vue du bassin central
Vue du bassin central

Au centre du pavillon principal se trouve un immense bassin restituant les conditions de haute mer. Des bancs de poissons, des raies, des requins y évoluent, au grand plaisir des visiteurs.

Contrairement à l’aquarium de Shanghai, cet aquarium n’est pas traversé par un spectaculaire tunnel vitré. Mais dans l’ensemble, il est mieux entretenu. C’est une des attractions touristiques les plus appréciées de Lisbonne.

L’aquarium présente tout ce qui est relié de près ou de loin au milieu aquatique : des poissons, des anémones, des coraux, des batraciens, et des oiseaux.

Vue de l’écosystème polaire

Contrairement à l’écosystème polaire du Biodôme de Montréal, celui de Lisbonne n’est pas enfermé dans un espace vitré.

Les visiteurs ont donc un contact plus direct avec ses habitants. Toutefois, la basse température qui y règne refroidit presque tout le pavillon. Conséquemment, on prendra soin de s’habiller en conséquence.

Dans un des petits aquariums
Cheval de mer et algues rouges

Une trentaine d’aquariums plus petits présentent des poissons regroupés par catégorie ou par l’endroit du monde qu’ils habitent.

Aux quatre coins du pavillon principal, on a aménagé quatre étroits bassins secondaires qui sont adjacents au bassin principal.

Vue d’un des bassins secondaires

Dans chaque cas, on a disposé des rochers de manière à créer la vue que nous aurions si nous faisions de la plongée et nous nous retrouverions dans une caverne sous-marine.

À l’aide d’un savant éclairage, l’effet est magique.

Bref, j’ai beaucoup appréciée cette visite.

De retour au studio, je me mange sans la réchauffer une excellente soupe aux légumes et aux épinards —  achetée à l’épicerie : 900 ml pour 2,3 euros — et une autre généreuse portion de saumon acheté deux jours plus tôt, que je cuis au microonde.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (7e et 8e photos), et M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (2e, 4e et 6e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 9 mm
3e  photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 14 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 12 mm
6e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 250 — 25 mm
8e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 640 — 25 mm
9e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 13 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 14

Publié le 17 octobre 2016 | Temps de lecture : 5 minutes

Aujourd’hui, deuxième dimanche de ce voyage, je prends quelques bouchées de mon déjeuner et je m’empresse d’effectuer un autre ’sprint religieux’.

Mon premier arrêt est à l’Igreja de Santiago. Ici, le nom Santiago fait référence à la fois à Saint-Jacques-de-Compostelle (Santiago de Compostela en galicien et en espagnol) et au nom du village autrefois autonome dans lequel cette église fut construite.


Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

 
C’est une église dont le vaisseau central n’a de bas-côté qu’à droite. C’est la seule chose qui reste du séisme de 1755.

Surmontée d’un plafond peint représentant l’apôtre Jacques agenouillé regardant l’Assomption de la Vierge, la nef sans transept est flanquée de trois autels latéraux peu profonds à gauche.

Détail de l’autel de la chapelle Notre-Dame-du-Rosaire

À droite, tout le bas-côté est occupé par la chapelle Notre-Dame-du-Rosaire dont l’autel baroque, en bois doré, est entouré de cinq azuléjos.

Puis je prends le tramway 28 pour monter jusqu’à l’Igreja da Graça (l’église de la Grâce). Elle est située dans le quartier de Graça, au nord d’Alfama.

L’édifice ayant été détruit par le séisme de 1755, l’église rococo qu’on voit aujourd’hui date de la deuxième moitié du XVIIIe siècle.

Plafond de l’Igreja da Graça

L’intérieur est en pierre de taille rehaussé de marbre rose. C’est une très belle église en forme de croix latine.

La nef sans bas-côtés est flanquée à droite de quatre autels peu profonds. À gauche, c’est plutôt trois autres autels peu profonds et une chapelle authentique, dotée de son propre tabernacle (la Capela do Santissimo, près du transept gauche).

Chaque bras du transept dispose également d’autels latéraux.

Étonnamment, l’orgue situé au-dessus de la sortie est traversé par une ouverture centrale qui laisse passer la lumière d’une fenêtre.

Puis je rentre en tramway et en métro pour terminer le reste de mon déjeuner (qui me servira de repas du midi).

Réclame de McDonald à la station Baixa-Chiado

Je me rends au Museu Nacional de Arte Contemporânea do Chiado (MNAC), situé dans le quartier de Chiado.

Aperçu du pavillon Nord du MNAC

Créé en 1911, ce musée occupe deux bâtiments. Celui au nord sert aux expositions temporaires.

Sem título d‘António Charrua (1971)

Au moment de ma visite, on y présentait des œuvres portugaises créées entre 1960 et 1990 et qui font partie de la collection du Secrétaire d’État à la Culture.

Si j’étais ministre portugais de la Culture, j’enverrais immédiatement cette collection remarquable garnir les murs dénudés du MAAT (dont j’ai parlé au 12e jour de cette visite de Lisbonne).

Aperçu du pavillon Sud du MNAC

Le pavillon Sud est établi dans un ancien monastère franciscain reconstruit après le séisme de 1755. L’Ordre ayant été aboli en 1834, l’édifice fut transformé en entrepôt par un marchand anglais avant d’être transformé en musée.

Liberté de Joaquim Rodrigo (1963)

Encore là, on y trouve des œuvres très intéressantes et une étonnante collection de photos stéréoscopiques réalisées par Francisco-Afonso Chaves (1857-1926).

J’ai particulièrement apprécié le vidéo interactif Atlantis d’André Sier (2016), inspiré de l’esthétique des jeux vidéos des années 1980.

Nef de l’église Saint-Roch

Mon sprint religieux se termine à l’Igreja São Roque et son musée.

Construite de 1565 à 1573 dans le Nord de la vieille ville de Lisbonne par les Jésuites, cette église fut relativement épargnée par le séisme de 1755.

Ses chapelles latérales sont richement décorés à l’aide de matériaux luxueux. L’exécution des œuvres témoigne d’un haut degré d’expertise des artisans (parfois italiens) responsables de leur création.

C’est une des plus belles églises de Lisbonne. Sa visite est recommandée.

Son musée est bien. Il surpasse aisément celui de la cathédrale de Lisbonne (sombre et poussiéreux). On peut y photographier les œuvres (contrairement au musée du monastère Saint-Vincent-hors-les-murs). Subjectivement, je dirais que la collection d’Art religieux du Museu Calouste Gulbenkian lui est légèrement supérieure.

Même si ce musée ne présente pas seulement de l’orfèvrerie, ce qui est frappant, c’est le contraste dans ce musée entre les toiles et la statuaire de bois, plutôt médiocres, et la virtuosité exceptionnelle des orfèvres portugais.

Précisons que ceux-ci disposaient d’une abondante matière première; l’or rapporté d’Amérique latine par les conquistadors portugais.

Puis je rentre au studio me faire cuire une autre généreuse portion de saumon acheté hier.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (7e photo), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re et 3e photos) et M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 17 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 8 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 16 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 11 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 14 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 10 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 320 — 25 mm
8e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 9 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 13

Publié le 16 octobre 2016 | Temps de lecture : 5 minutes

Puisque j’aimerais assister à un concert de musique classique à 14h30 au musée Gulbenkian, j’en fais donc ma première destination de la journée.

Oiseaux dans les jardins du musée Gulbenkian

Arrivé un peu d’avance, j’en profite pour visiter les jardins du musée situés à l’arrière du pavillon principal. C’est un endroit plaisant. Des oiseaux s’ébattent dans l’eau des étangs ou se cachent entre les tiges de papyrus. On y trouve des canards, des pigeons, et plusieurs espèces que je ne connais pas.

À l’heure dite, je me présente au musée pour apprendre que le concert se tenait hier soir.

Je découvrirai plus tard que si la géolocalisation de l’iPad possède l’avantage de nous aider à nous situer sur une carte, elle possède néanmoins l’inconvénient de fausser les évènements enregistrés dans notre agenda.

Ils apparaissent correctement sur mon MacBook (où je n’ai pas fait le changement de fuseau horaire ce qui, autrement, bousillerait l’heure de capture de mes photos).

Mais mon iPad a détecté automatiquement le changement de fuseau horaire et affiche les évènements de l’agenda comme s’ils se produisaient à Montréal. Donc un concert à 21h30 s’affiche comme programmé le lendemain à 2h30 à Lisbonne (puisque cette ville est 5h d’avance sur Montréal).

J’aurais dû m’en douter puisque c’est littéralement 2h30 du matin et non 14h30.

Bref, je devrai donc éviter de me fier à mon iPad pour mon vol de retour vers Montréal.

Je visite le lieu suivant sur mon programme de la journée, soit le Centro de Arte Moderna (soit le musée d’Art contemporain Gulbenkian).

Intérieur du Centro de Arte Moderna

Après avoir été émerveillé il y a deux jours par la collection du Museu Calouste Gulbenkian (soit le musée des Beaux-Arts Gulbenkian), je m’attendais peut-être à trop dans ce cas-ci. Conséquemment, j’ai été déçu.

La seule chose qui m’a vraiment plu est sa collection d’illustrations Art déco publiées par les périodiques portugais de l’époque.

Parque Eduardo VII

Je mets ensuite le cap sur le Jardim Amália Rodrigues et surtout le Parque Eduardo VII.

Le Parc Édouard-VII est le plus vaste du centre-ville. Il offre une vue remarquable sur la rive nord du Tage.

Jardins extérieurs de l’Estufa Fría

Dans le coin ouest de ce parc, on trouve l’Estufa Fría (la Serre froide).

Vous savez combien j’aime le Jardin botanique de Montréal. Eh bien l’Estufa Fría, c’est au moins dix fois plus grand que la serre des fougères Jardin botanique de Montréal.

Ce n’est pas une serre de verre et de métal comme le sont généralement les serres des jardins botaniques. C’est un gigantesque espace dont les murs et le toit sont constitués de lattes de bois légèrement espacées pour y laisser entrer l’air et atténuer le soleil chaud du Portugal.

Il y fait un peu frais. C’est plein d’oxygène. C’est surtout un endroit très photogénique à l’infrarouge.

Détail du monument au Marquis de Pombal

À l’extrémité sud du parc, on trouve un monument érigé en l’honneur du Marquis de Pombal.

Ce premier ministre portugais est celui qui, au lendemain du séisme de 1755, fit reconstruire le quartier de Baixa selon un schéma de rues parallèles qui se coupent à 90 degrés. Une idée qui inspira beaucoup plus tard La Havane et Barcelone.

Sur le côté droit du monument (ci-dessus), on peut voir les ouvriers et les paysans portugais qui travaillent fort pour permettre à leurs femmes de s’acheter un peu de linge pour se couvrir la poitrine… à moins que cela ait une autre signification qui m’ait échappé.

Ce soir, au lieu d’aller au restaurant, je passe à l’épicerie et je m’achète un saumon complet de 1,8kg pour 9,12 euros. C’est en rabais à 5 euros le kilo.

Habituellement, on doit passer les poissons à l’eau puisqu’ils sont couverts d’une sécrétion un peu visqueuse. Pas celui-ci.

Avec un couteau ordinaire, je tranche une section qui part de la queue au début de la partie évidée du poisson. Je cuis cela au microonde entre une assiette et un bol à soupe (les moyens du bord). Dans le fond, c’est comme s’il cuisait à l’étuvée.

Après 3 ou 4 minutes, le saumon est prêt. Une délicate pression du couteau ouvre la peau. Je sépare les filets. Je me prends des bouchées avec les doigts.

La chair est moins souple que lorsqu’elle est crue, mais n’est pas rigide comme elle l’est lorsque très cuite. La chair a un gout très subtil et elle est très juteuse. Bref, je suis heureux.

Un Pastéis de Belém, parmi la demi-douzaine achetée hier à la suite de la visite du MAAT, complètera mon repas du soir.

Détails techniques : Panasonic GH1 transformé en appareil infrarouge de 720nm et objectif Lumix 12-42 mm II (4e photo) et Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (2e photo), et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 30 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 8 mm
3e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
4e  photo : 1/250 sec. — F/8,0 — ISO 100 — 21 mm
5e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 100 — 26 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 12

Publié le 15 octobre 2016 | Temps de lecture : 5 minutes

Aujourd’hui sera une journée en dents de scie.

J’ai décidé de visiter le musée des carrosses que je confonds avec le Museu Carris.

Je prends le métro jusqu’à la station Cais de Sodré, puis l’autobus vers Betlem. Je débarque à l’arrêt du musée. Mais comme la Capella do Santo Amaro n’est pas loin, je monte y faire un tour.

Portique de la Capella do Santo Amaro

Sa construction date de 1549. C’est une chapelle circulaire, très simple (un maitre-autel et deux autels secondaires). Seulement une cinquantaine de fidèles peuvent y prendre place.

Son attrait vient des magnifiques azuléjos de style Renaissance qui décorent son portique semi-circulaire.

La réceptionniste m’invite à visiter la sacristie, aussi ancienne, petite et élégante. Puisque cette sacristie est verrouillée, je me sens privilégié d’y être admis.

Je descends ensuite au Museu Carris. J’y vois une succession de véhicules utilisés par la compagnie de transport Carris au cours de son histoire.

Mais pas de trace des carrosses somptueux que je m’attendais d’y trouver. J’en sors au bout de quarante minutes, furieux de m’être trompé.

Nécessaire du fumeur d’opium

Je marche environ 200 mètres vers l’ouest jusqu’au Museu de Macau.

Ce petit musée sur deux étages fut créé à l’initiative du dernier gouverneur portugais de Macao.

Il présente quelques centaines d’objets de Chine, dont une collection de pièces de monnaie remontant au deuxième siècle avant notre ère.

À l’exclusion de quelques facsimilés, tous les objets sont de qualité.

Étant sinophile, ce musée fut mon deuxième coup de cœur de la journée. Toutefois, si on est moins intéressé par la Chine que je le suis, sa visite n’est peut-être pas indispensable pour le touriste pressé.

Je prends l’autobus vers l’ouest et descends à l’arrêt à proximité du tout nouveau musée MAAT (un musée d’Art contemporain).

Celui-ci a ouvert ses portes il y a quelques jours. Mais surprise : en voulant rejoindre le viaduc qui permet de l’atteindre, je découvre le bel édifice moderne du Museu Nacional dos Coches, c’est-à-dire le Musée national des carrosses que je voulais tant voir.

Carrosse de l’ambassadeur portugais au Vatican (1716)

Celui-ci renferme une collection extraordinaire de carrosses. Les plus beaux étant les carrosses d’apparat utilisés lors de processions ou de cérémonies.

C’est probablement la plus belle collection du genre au monde. Troisième coup de cœur de la journée.

Je sors du musée quelques minutes avant 18h. J’emprunte le viaduc qui permet d’atteindre le MAAT, c’est-à-dire le Museu de Arte, Arquitetura e Tecnologia. J’espère, sans trop y croire, que le MAAT est ouvert le soir. Or surprise, c’est le cas; il ferme à 20h.

Intérieur du MAAT

C’est un très bel édifice moderne avec un toit courbe et évasé qui fait penser à celui du Biodôme de Montréal. Les murs extérieurs sont en porcelaine ou en faïence émaillée blanche. C’est spectaculairement beau.

Il est tellement neuf que la partie du toit destinée à être végétalisée ne l’est pas complètement.

L’intérieur est spacieux et dépouillé. Très dépouillé. En fait, il serait difficile d’être plus dépouillé.

Un jour, les budgets permettront de le meubler. D’ici là, admirons l’extérieur. L’intérieur ne vaut pas la peine.

Brochette de calmars

À quelques rues, je prends le repas du soir au Queijadas de Belem. Je commande une soupe, une brochette de calmars et un verre de blanc. Je précise que je veux qu’on m’apporte le vin avec le mets principal.

Puisque le serveur ne semble pas comprendre, je lui précise que je veux d’abord la soupe, puis les calmars et le vin.

La première chose qu’il m’apporte est le verre de vin. Je lui qui que non : le vin avec les calmars. Il rapporte le verre de vin à la cuisine.

Après une quinzaine de minutes, il m’apporte la soupe et la brochette. À mon air déçu, il comprend que ce n’est pas ce que je voulais. Mais je lui dis que ce n’est pas grave et de laisser-faire. Il décide de rapporter la brochette à la cuisine. La même brochette qu’il ne ramènera tiède lorsque j’aurai fini ma soupe.

La brochette de calmars comprend des calmars, ce qui est attendu. Les calmars caoutchouteux voisinent deux crevettes. Ah, c’est donc une brochette de fruits de mer.

Mais elle comprend également des tranches de saucisse calcinées et des morceaux de porc plutôt gras. Bref, c’est une brochette ‘Mer et terre’. Le tout me coutera 13,5 euros.

Je serais étonné d’y revenir.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (1re et 4e photos) et PanLeica 25 mm F/1,4 (les autres photos)
1re photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 7 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 640 — 25 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 800 — 25 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 11

Publié le 15 octobre 2016 | Temps de lecture : 10 minutes

Amis lecteurs, j’entends déjà vos cris d’indignation; j’ai assisté aujourd’hui à une corrida. Je devrais être honteux mais j’ai beaucoup aimé.

En fait, je n’ai pas assisté à n’importe quelle corrida. Il s’agissait d’une corrida portugaise.

Contrairement à ce qui se passait autrefois, la corrida ne se termine plus par la mise à mort de l’animal. Il est seulement blessé par des picadors. Je sais, pour certains d’entre vous, c’est déjà trop. Donc, si vous risquez d’être offensés, je vous prie de ne pas poursuivre votre lecture.

Privés de leur rôle de bourreaux — qui provoquaient autrefois l’évanouissement final du taureau en lui plantant une épée rarement au cœur mais habituellement dans un poumon — le toréador perd son rôle de vedette pour n’occuper ici qu’un rôle accessoire.

Après quelques piques plantés par les picadors, on fait sortir l’animal blessé de l’arène pour être soigné. Un bon taureau fougueux vaut plus que sa viande. Donc, on a intérêt à ce qu’il survive à ses blessures. Mais je ne vous en dis pas plus pour l’instant.

Dans le but de m’y prendre un peu d’avance, je me présente à la billetterie de l’arène Campo Pequeno en début d’après-midi.

La préposée à l’accueil m’indique où trouver la billetterie —  en entrant, à droite, dans le centre commercial sous l’immeuble — et me suggère de prendre un billet dans les sections 1 ou 2 ou, à la limite, dans la section 3.

Pour comprendre la raison de cette recommandation, imaginez que l’arène est un cadran de montre. La section 1 est à 6h, les toréadors font leur entrée à 12h et les taureaux, à 9h.

Bref, ce sont les places de choix.

Pour 70 euros, j’obtiens une place dans la deuxième rangée de la section 3. La corrida débutera à 22h et se terminera trois heurs plus tard.

Entretemps je vais au Museu Calouste Gulbenkian situé à proximité. Pendant des décennies, cet entrepreneur obtenait une commission de 5% sur tout le pétrole vendu par l’Iran. Il est donc devenu immensément riche.

Et pour remercier le Portugal de l’avoir accueilli, lui pauvre réfugié du génocide arménien, il a légué sa riche et imposante collection d’œuvres d’art à sa nouvelle patrie.

Une partie de sa collection vient des œuvres de l’Ermitage que les autorités soviétiques, à court d’argent en 1929, lui ont vendu.

Mais en arrivant au musée, je constate que les prix à la cafétéria sont très raisonnables. Je prends une soupe aux légumes (insipide), un spaghetti à la sauce aux champignons (tout aussi fade) et un verre de vin blanc. Le tout pour 9,9 euros.

Les deux Rembrandt

Ce musée est très intéressant. En fait, c’est une des plus belles collections privées d’Europe.

Sont remarquables, les statuettes égyptiennes. Les monnaies grecques. La faïence, les enluminures et le textile de Perse et de Turquie. La porcelaine chinoise. Les livres d’heures du Moyen-Âge. Et des toiles des maitres suivants : van Dyck, Guardi, Rubens, Rembrandt, Boucher, Fragonard, Turner, Degas (que Gulbenkian aimait particulièrement), Monet, etc. Et vous ai-je parlé de sa collection stupéfiante de bijoux Art nouveau de Lalique ?

Bref, on ne peut aller à Lisbonne sans aller à ce musée.

Je rentre ensuite au studio pour faire une sieste afin de m’assurer d’être en forme pour la corrida.

J’y arrive dix minutes avant le début du spectacle.

Six enfants portant des perruques blanches et déguisés dans le style du XVIIIe siècle font leur entrée à pied et se placent en ligne au milieu de l’arène.

Ils s’écartent pour laisser passer un septième enfant chevauchant un poney. Celui-ci est vêtu de noir. Il porte un chapeau à large bord décoré d’une plume bleue. Il se dirige vers la tribune d’honneur pour y faire ses salutations.

Percussionniste et huit trompettistes

Neuf cavaliers font leur entrée. Le premier est un percussionniste et les autres sont des trompettistes. Leur musique est martiale. Ils font lentement un tour de piste et se disposent près de la sortie, du côté opposé à la tribune d’honneur.

Ils sont suivis des porteurs de bannières de style médiéval. Ceux-ci sont à pied. Ils se disposent en hémicycle, complétant celui des neuf cavaliers.

Un carrosse tiré par quatre chevaux fait son entrée sous les applaudissements de la foule. Le carrosse suit le côté gauche de l’arène pour s’arrêter devant la tribune d’honneur.

La porte s’ouvre. Une partie des vedettes de la soirée en débarquent, font leur salutation et sortent sous la tribune d’honneur.

Un deuxième carrosse fait de même; ce sont les derniers picadors de la soirée.

La piste se vide. Le restant de la soirée sera constitué d’une suite de numéros qui s’exécutent selon un cérémonial rigoureusement identique.

L’annonce du combat

Un homme s’avance par l’entrée des taureaux. Il porte une pancarte qu’il fait pivoter à 360 degrés, de manière à ce que toute l’assistance puisse la lire.

Puis il se retire.

Le picador annoncé fait son entrée sous les applaudissements de la foule. Il vient faire ses salutations à l’estrade d’honneur, puis accorde une courte entrevue aux médias.

Sur le sable blond de la piste, le picador est à cheval et plusieurs toréadors sont à pied. Tous attendent l’entrée de la bête.

La porte s’ouvre et le voilà. Le bout de ses cornes a été scié. De toute évidence, il n’est pas content. Je présume qu’on a attisé sa colère avant qu’il ne rentre sur la piste.

Des toréadors agitent leur muléta. Celui-ci est ce carré de tissu (à Lisbonne, rose d’un côté et jaune de l’autre) avec lequel les toréadors provoquent la charge du taureau. Leur but est d’essouffler l’animal et de diminuer sa dangerosité.

Les toréadors quittent la piste pour laisser la vedette au picador.

Par des cris rapprochés et successifs, le picador attire l’attention du taureau et l’amène à poursuivre de près son cheval. Il ralentit sa monture lorsque le taureau semble abandonner et accélère lorsque le taureau veut donner la charge.

Puis il établit une distance suffisante entre lui et le taureau. Le picador focalise l’attention de l’animal par de nouveaux cris.

Lorsque le taureau rejette du sable vers l’arrière à l’aide ses pattes d’avant, l’affrontement est imminent.

Picador et taureau

Dès que le taureau amorce sa charge, le picador fonce sur lui puis s’esquive au dernier moment. Il incline sa monture et plante son pique sur la voute du dos de l’animal.

Blessé, l’animal finit par s’arrêter. Il se tortille comme pour déloger un ennemi invisible qui lui aurait sauté sur le dos et le ferait souffrir.

Piques exposés au Musée de la corrida

Les piques sont garnis de rubans colorés afin qu’ils soient bien visibles de l’assistance. De plus, leurs pointes sont conçues pour pénétrer les chairs mais d’y demeurer coincés.

Les tortillements du taureau sont vains. Il s’arrête, agacé et contrarié.

Picador narguant le taureau

À plusieurs reprises, le cavalier nargue l’animal. Il l’incite à foncer sur lui et pousse l’audace jusqu’à s’approcher dangereusement de lui. Son cheval ne porte pas de visières et pourtant, ne paniquera jamais; il suivra fidèlement les ordres de son cavalier.

Toréador, sa muléta et taureau

Après quelques piques, le picador salue triomphalement la foule et sort pendant que quelques toréadors embarquent sur la piste pour distraire l’animal.

C’est alors que commence la partie la plus dangereuse et la plus invraisemblable de la soirée.

Les huit matamores

Alors que le taureau est encore distrait par différents toréadors, un groupe de huit hommes à pied pénètrent par l’entrée des taureaux. Ils s’avancent à la tribune d’honneur et accordent une entrevue. Sans protection, ils vont se mesurer au taureau. Ce sont les matamores.

Les toréadors quittent l’arène en sautant la barrière après avoir amené le taureau du côté opposé à l’entrée des taureaux. Les matamores se placent en face de lui, à l’entrée des taureaux.

La foule se tait. Lentement un matamore s’approche de l’animal. Il s’avance pas à pas, les mains sur les hanches. Il s’arrête. Il frappe violemment le sol du pied pour provoquer l’animal. Si ce dernier ne réagit pas, le matamore fait quelques pas de plus. Jusqu’à la charge de l’animal, à toute vitesse, la tête baissée.

Charge du taureau contre le matamore

À l’impact, le matamore se penche par-dessus l’animal, le saisit autour du cou afin de ne pas être propulsé dans les airs. Parfois, il se blesse au visage, frappé par les tiges mobiles des piques plantés au dos du taureau.

L’animal poursuit généralement sa course jusqu’à l’endroit où sont demeurés les autres matamores. Ceux-ci agrippent l’animal par la tête tandis qu’un dernier saisit le taureau par la queue.

Taureau tiré par la queue

Pendant que les autres matamores quittent la piste, celui qui tire le taureau par la queue oblige l’animal à tourner sur lui-même jusqu’à l’étourdissement.

Il sera le dernier à quitter la piste.

Puis, par la porte des taureaux, un groupe de génisses font leur entrée. Que viennent faire des génisses dans une corrida ?

Elles portent au cou des cloches, de manière à attirer l’attention du taureau. Des vachers guident le troupeau. Le taureau ne les voit pas, obsédé par les génisses affriolantes. Les vachers font sortir les génisses suivies du taureau, et quittent en dernier la piste.

Les salutations finales du matamore

Maculés du sang de l’animal, les vêtements parfois déchirés, le matamore embarque sur la piste et vient saluer l’estrade d’honneur. Il se retire sous les applaudissements de la foule.

Et cette séquence se répètera jusqu’à 1h30. À chaque fois que des matamores affronteront un taureau, la même excitation anxieuse s’emparera de la foule. On en sort l’esprit frappé par les images fortes qui se bousculent dans nos têtes.

Et on comprend alors l’excitation barbare qui s’emparait des Romains lors des combats de gladiateurs.

Le métro étant fermé, je rentre au studio en taxi.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (1re photo), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (2e, 3e et 5e photo) et M.Zuiko 75 mm F/1,8 (les autres photos)
  1re photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 1000 — 25 mm
  2e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
  3e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
  4e  photo : 1/1000 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 75 mm
  5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 26 mm
  6e  photo : 1/1000 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 75 mm
  7e  photo : 1/2000 sec. — F/1,8 — ISO 4000 — 75 mm
  8e  photo : 1/1000 sec. — F/1,8 — ISO 2000 — 75 mm
  9e  photo : 1/1000 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 75 mm
10e  photo : 1/1000 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 75 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel