Je lis quotidiennement l’exemplaire du Journal de Montréal qu’une voisine laisse sur mon paillasson après l’avoir lue.
Parmi ses chroniqueurs, j’aime bien Richard Martineau. Sa spécialité est l’indignation outrée. Pour lui, tout est scandaleux. Généralement, ses excès me font sourire. Sauf hier.
M. Martineau s’en prenait à une décision récente de la Société des alcools du Québec (SAQ) d’interdire au propriétaire de la brasserie montréalaise St-Rock de vendre de la bière à saveur de sloche, de bonbon, ou de barbe à papa. Aux yeux de la SAQ, ces produits ciblent des mineurs.
L’argument central du chroniqueur est que les mineures ne peuvent pas acheter des boissons alcoolisées. Donc, que les mineurs ne peuvent pas en boire.
Comme argument, c’est mince; parmi les millions de parents québécois, il y en a qui manquent de jugement et qui ne verront aucune objection à laisser leur enfant en boire.
En raison de leur aversion pour l’amertume, les enfants n’aiment pas la bière. Normalement.
Mais une fois sucrée et aromatisée, il en va autrement.
Se basant sur des études sociologiques, la Santé publique du Québec s’oppose à la vente de cigarettes aromatisées, de même que des boissons alcoolisées à saveur enfantine.
Bref, il nous arrive tous de nous lever en mauvaise forme. Je présume que c’était le cas de M. Martineau lorsqu’il a entrepris d’écrire sa dernière chronique.
Référence : Le combat débile de la Régie des alcools
Écrit par Jean-Pierre Martel