Covid-19 : panique à bord

Publié le 18 mars 2020 | Temps de lecture : 1 minute
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On peut les oublier un peu. Mais c’est toujours un plaisir de revenir aux classiques, même dans le domaine de l’humour.

Ce sketch a été créé voilà plus de dix ans. On dirait hier…


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Écrit par Jean-Pierre Martel


La freguesia de Cedofeita, à Porto

Publié le 15 mars 2020 | Temps de lecture : 6 minutes
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Au recensement de 2011, 22 077 personnes peuplaient les 2,66 km² de l’unité administrative (ou freguesia) de Cedofeita.

En trois minutes, nous visiterons la freguesia d’est en ouest, de l’église du quartier de Lapa à la Maison de la musique.

Au cours de la construction de l’Igreja da Lapa — qui débuta lentement à partir de 1756 et qui dura plus d’un siècle — plusieurs architectes se succédèrent à la tâche, dont José de Figueiredo Seixas et, pour les clochers érigés dans la 2e moitié du XXe siècle, José-Luís Nogueira Júnior.

L’église est décorée d’un maitre-autel et de dix autels latéraux encastrés d’assez bonne facture.

Sur le mur gauche du chœur (à 0:26), on peut voir un mausolée qui renferme depuis 1835 le cœur du roi Pierre IV de Portugal. Le reste de son corps repose au Panthéon national de Lisbonne.

L’église est également célèbre pour son orgue, le plus imposant de la péninsule ibérique. La puissance de cet instrument est remarquable.

Imaginez-vous en Transylvanie, le comte Dracula en personne montant lentement les marches de l’escalier d’honneur de son château poussiéreux alors que les chauvesouris tourbillonnent fébrilement vers les étages supérieurs, là où les invités disparaissent à jamais.

Eh bien, c’est exactement l’impression que vous laisse cet instrument lors de la procession au début de la messe du dimanche.

L’extrait présenté par le diaporama dure 28 secondes. Les mélomanes qui voudraient entendre l’enregistrement au complet cliqueront sur ceci.

On évitera de faire entendre cet enregistrement à des enfants avant de les mettre au lit…

De 0:38 à 0:44, nous voyons trois sculptures au jardin créé en l’honneur de Teófilo Braga, président du gouvernement provisoire issu de la Révolution portugaise de 1910.

La première de ces sculptures (due à Henrique Moreira) représente Américo Monteiro de Agular (1887-1956), un religieux portugais qui a consacré sa vie au travail de rue en faveur des enfants nécessiteux.

La statue República de Bruno Marques date de 2010.

Baco (Bacchus, en français) est un bronze créé en 1916 par António Teixeira Lopes pour célébrer le sixième anniversaire de la proclamation de la République portugaise.

De 1:18 à 1:23, nous avons un aperçu de la chapelle franciscaine de Notre-Dame-des-Anges et, à 1:30, de l’église méthodiste de Mirante (joliment décorée d’azuléjos de style néogothique).

La ville de Porto est très attachée à la préservation des fontaines auprès desquels les citoyens s’approvisionnaient en eau potable pendant des siècles.

Construite en 1718, la Fonte das Oliveiras se caractérise par son bec en dauphin (à 1:34). Remodelée en 1823, démontée en 1866, et reconstruite à son emplacement actuel en 1879, elle fut restaurée en 1941.

De 1:48 à 1:52, nous voyons l’Igreja de São Martinho de Cedofeita.

Construite de 1087 au début du XIIIe siècle, cette église romane fut dépouillée en 1935 des attributs décoratifs ajoutés à l’époque baroque. C’est la plus vieille église chrétienne du Portugal.

Selon l’inscription gravée en 1767 sur le tympan du portail principal (à 1:50), elle fut construite sur le site d’une église plus ancienne élevée en 559 sur ordre du roi franc Théodomir.

Ce dernier voulait remercier le Ciel de la guérison miraculeuse de son fils Ariamiro à la vue de reliques de saint Martin de Tours. L’église originelle aurait été édifiée tellement rapidement qu’on lui donna le nom de São Martinho de Cedofeita (ce qui veut dire Saint-Martin de tôt faire, d’où le nom actuel de la freguesia).

De 2:00 à 2:14, nous voici au Mercado Bom Sucesso.

On y trouve une série de comptoirs de restauration et de produits alimentaires artisanaux. Ils ont l’allure des galions des explorateurs portugais. Tout ce qu’on y présente est appétissant.

À 2:16, il s’agit de la synagogue Kadoorie Mekor Haim, une des plus grandes d’Europe, inaugurée en 1938.

L’automne, tout comme à Paris, on voit à Porto et à Lisbonne des vendeurs de marrons sur la rue. Au Portugal, les marrons sont rôtis au charbon de bois et vendus couverts de suie blanche (très certainement cancérigène).

Pour se nettoyer les poumons de la fumée de charbon, quoi de mieux pour ce vendeur que de s’allumer une bonne cigarette…

Au Jardim da Rotunda da Boavista (de 2:22 à 2:24), on a dressé (de 1909 à 1951) un monument qui célèbre la victoire portugaise contre l’occupation française du pays durant la Guerre d’indépendance espagnole (1807-1814).

Le diaporama se termine par une visite de la Casa da Música, conçue par l’architecte néerlandais Rem Koolhaas et terminée en 2005.

L’esplanade ondulée qui entoure l’édifice est en marbre. C’est un des lieux favoris des planchistes de la ville.

À l’intérieur de l’édifice, le mur des voies de circulation est soit laissé en béton poli gris perle, soit revêtu de plaques d’aluminium trouées.

L’édifice est un octogone irrégulier traversé par sa salle principale (d’une capacité de 1 238 spectateurs).

Sur les côtés de cette salle, les murs sont revêtus de bois décoré d’un motif métallique qui correspond à l’agrandissement pixelisé du grain de ce bois. À chacune de ses extrémités, la salle s’ouvre sur le quartier à l’aide de deux grandes fenêtres panoramiques en verre ondulé à doubles parois.

Le générique du diaporama est un montage de photos que je me suis amusé à prendre de la réflexion d’un planchiste dans les fenêtres de cette salle de concert.


Détails techniques : Le diaporama présente 86 photos réalisées à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5 mark II.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (68 photos), le M.Zuiko 25 mm F/1,2 (11 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (6 photos), et l’hypergone 8 mm F/1,8 (1 photo).

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La freguesia de Vitória, à Porto

Publié le 13 mars 2020 | Temps de lecture : 8 minutes
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Sans suivre un circuit précis, notre visite de la freguesia de Vitória parcourra cette unité administrative du nord au sud.

Notre premier arrêt sera une halte gourmande au restaurant SINS Sandwich à la belle façade crème décorée d’azuléjos (de 0:08 à 0:14).

Le menu est simple; six sortes de sandwichs et sept sortes de hamburgers, accompagnés ou non de soupe. À 0:14, il s’agit du hamburger Fumado, composé de veau fumé, de bacon, de brie et d’un peu de verdure (pour 5,9 €).

L’art de rue à Porto est souvent constitué de graffitis éphémères réalisés sur papier collé aux murs.

À 1:14, il s’agit de la décoration extérieure du Teatro Carlos Alberto réalisée par Martinha Maia en 2016.

Un peu partout dans la ville, on rencontre des distributrices de sacs pour déchets canins (à 1:18).

De 1:21 à 1:28, nous avons un aperçu du petit musée numismatique de Porto. On y présente des monnaies de l’Antiquité greco-romaine et des pièces de l’Inde, du Brésil, d’Espagne et évidemment du Portugal.

Puisqu’il est gratuit, il plaira aux collectionneurs, en raison principalement de l’état de conservation impeccable de ses pièces d’or.

De 1:29 à 1:37, nous voilà à la Praça Carlos Alberto.

Pendant des siècles, les forgerons de la ville tenaient boutique autour de cette place. Elle fut nommée en l’honneur de Charles-Albert, roi de Sardaigne, après que ce dernier s’exila à Porto en 1849 pour y vivre dans l’édifice qui abrite aujourd’hui le musée numismatique dont nous venons de parler.

Les fins de semaine, des artisans et des antiquaires offrent leurs produits autour du mémorial dressé en l’honneur des soldats portugais morts au combat lors de la Première Guerre mondiale.

Avec sa murale ‘Steak & Shake’, l’artiste lisboète Joana Vasconcelos renouvela en 2017 l’art de l’azuléjo (à 1:37).

De 1:40 à 2:28, nous visitons deux églises jumelles.

À droite, de plan rectangulaire, l’Igreja do Carmo a été construite la première, soit de 1619 à 1628. Destinée aux frères des Carmes, elle possède un maitre-autel et huit autels latéraux sous le thème des souffrances du Christ.

Plaies vives et blessures sanguinolentes y offrent un spectacle macabre qui surprendra le visiteur attiré par la beauté de sa façade.

À l’époque de sa construction, la ville défendait la construction d’églises contigües. On a donc construit une maison d’un mètre de largeur, longtemps inhabitée, afin de contourner l’interdit de la ville.

Extérieurement plus sage, celle de gauche est l’Igreja dos Carmelitas. Elle fut construite de 1756 à 1768 pour les sœurs carmélites.

En forme de croix latine, elle possède un maitre-autel et neuf autels latéraux en bois doré, sans compter la chapelle de l’Adoration à laquelle on accède par le bras droit du transept.

Une bonne partie des autels latéraux représentent des scènes bibliques comportant plusieurs personnages, dont des angelots suspendus discrètement par des tiges de métal. Le tout est charmant.

En face de ces deux églises, de l’autre côté de la rue, se déroule une petite foire marchande de produits artisanaux (à 2:33).

En face de l’université (à 2:41), se trouve la Fonte dos Leões (ou Fontaine des Lions, à 2:45), construite en 1877 par la Compagnie générale des eaux pour l’Étranger (une compagnie française).

De 2:49 à 2:52, nous voici devant une des attractions touristiques les plus populaires de Porto, soit la librairie Lello & Irmão.

Son style néogothique aurait inspiré l’auteure J.K. Rowling pour concevoir l’allure de l’école Poulard dans les romans d’Harry Potter.

Excédés par tous ces touristes qui y viennent en foule pour photographier son intérieur spectaculaire sans rien acheter, les propriétaires exigent maintenant un droit d’entrée de cinq euros qui sera déduit à l’achat d’un livre.

De 3:01 à 3:07, on voit le Jardim das Oliveiras. De forme triangulaire, ce Jardin des Oliviers est la toiture végétalisée d’un édifice qui sert à la fois de petit centre commercial couvert et de stationnement souterrain.

De 3:14 à 3:50, nous visitons l’Igreja dos Clérigos. De plan ovale, cette église fut construite à partir de 1732. On y accède par une porte latérale à droite.

C’est le chef-d’œuvre rococo de l’Italien Nicolau Nasoni (dont la dépouille se trouve dans la crypte). À l’arrière, une tour fut ajoutée en 1763. C’est le plus haut clocher du Portugal.

Ce clocher, appelé Tour des Clercs, abrite un musée religieux (de 3:51 à 4:23). À son sommet, on a une vue superbe de la ville.

Dans le diaporama, on ne sait plus très bien si le chien qu’on entend à la fin de l’air joué par son carillon de 49 cloches est une complainte composée par lui ou une supplication née de son exaspération à entendre le même air depuis des années…

À 4:30, il s’agit de la Fonte da Porta do Olival (ou Source de la Porte de l’Oliveraie), adossée au Centro Português de Fotografia (de 4:31 à 4:50).

Aménagé dans l’édifice d’une ancienne prison, il propose des expositions de photographies anciennes et contemporaines. Au deuxième étage, le centre présente une collection importante d’appareils photographiques (dont un daguerréotype de 1845, à 4:47).

De 4:53 à 5:13, nous visitons la Capela de São José das Taipas. Attribuée à l’architecte Carlos Amarante, cette église néoclassique fut construite en 1878.

On y trouve un autel dédié aux victimes du 29 mars 1809 (à 5:07).

Afin de contrer les visées hégémoniques de l’Espagne (allié de la France), le Portugal fut longtemps allié de l’Angleterre.

Lorsque les troupes napoléoniennes envahirent la ville à l’hiver de 1809, la population de la ville, fuyant vers le sud, avait voulu traverser un pont qui était l’ancêtre du Ponte de Dom Luís I actuel.

Mais ce pont originel, inauguré trois ans plus tôt, était en bois et sa flottaison était assurée par vingt barques reliées par des câbles. Sous le poids de cet achalandage inhabituel, le pont céda, entrainant la mort de quatre-mille personnes.

Sur la rua dos Caldeireiros, au siège d’une des plus anciennes confréries de la ville, on trouve un oratoire dédié à Notre-Dame-de-Silva (à 5:17).

De 5:27 à 5:48, il s’agit de l’Igreja de São Bento da Vitória (ou église Saint-Benoit), à ne pas confondre avec l’église de Vitória (que nous visiterons dans quelques instants).

Conçue par l’architecte Diogo Marques Lucas (?-1640), cette vaste église baroque en croix latine est dominée par un intérieur austère où la pierre est laissée à nue.

Les autels situés au fond des bras du transept sont encore plus beaux que le maitre-autel alors que les six autres autels latéraux y sont d’une qualité très variable.

Derrière son élégante façade baroque, l’Igreja da Vitória, est une modeste église paroissiale (de 5:47 à 6:11). C’est elle qui donne son nom à l’unité administrative (ou freguesia) en vedette dans ce diaporama.

Les touristes s’y rendent afin d’accéder au belvédère tout proche, soit le Miradouro da Bateria da Vitória. Celui-ci offre un des plus beaux points de vue sur la vieille ville (de 6:12 à 6:17).

Située sur la rua da Vitória, la Casa Oriental se spécialise dans la vente de boites de sardines millésimées. En réalité, les sardines n’ont pas été mises en boite cette année-là; l’année indiquée est une fantaisie du fabricant.

Le diaporama se termine par une visite de l’Igreja da Misericórdia.

L’intérieur de cette église ne se visite qu’après avoir acquitté le droit d’entrée à son musée (5 €).

Celui-ci a gagné le Prix du musée portugais de l’année en 2016. Il est bien (sans plus), principalement en raison de sa scénographie et d’un nombre limité d’œuvres intéressantes qui sont la propriété de l’institution caritative Casa da Misericórdia. Celle-ci gère des hôpitaux, des hospices, des orphelinats et des écoles depuis sa fondation en 1498.

On y présente les portraits de ses dirigeants, de ses bienfaiteurs, des chefs de service qui ont marqué son histoire, et finalement, des œuvres d’art qui ont décoré ses institutions.

L’église, dont l’intérieur est assez sobre, est dotée depuis 1740 d’une façade superbe de Nicolau Nasoni.


Détails techniques : Le diaporama présente un clip vidéo et 212 photos réalisées à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5 mark II (et une photo tirée de Wikipédia).

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (118 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (49 photos), le M.Zuiko 25 mm F/1,2 (43 photos), le M.Zuiko 75 mm F/1,8 et l’hypergone 8 mm F/1,8 (1 photo chaque).

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La freguesia de São Nicolau, à Porto

Publié le 8 mars 2020 | Temps de lecture : 6 minutes
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Introduction

Le meilleur endroit à Porto pour se prélasser au soleil au bord du Douro, c’est dans la freguesia de São Nicolau. C’est là qu’une large promenade a été aménagée pour le plaisir des Portuans et des touristes.

Nous en visiterons successivement le nord-est, la rive, le centre et l’ouest.

Le nord-est de la freguesia

Sur la carte à 0:05, si l’Igreja de São Lourenço (ou église Saint-Laurent) est entourée de verdure, c’est qu’elle est située au bord d’une falaise.

On peut s’y rendre facilement en descendant les escaliers à l’ouest du parvis de la cathédrale.

Ou bien on peut emprunter la Travessa da Bainharia et — non pas descendre la première rue rencontrée (la Rua dos Mercadores), mais plutôt — prendre brièvement la Rua da Bainharia et monter la Rua de Sant’Ana qui vous mènera directement à l’église.

Construite en 1577, l’Igreja de São Lourenço (de 0:13 à 0:21) est en forme de croix latine. La nef abrite six chapelles latérales néoclassiques tandis qu’une septième se loge dans le bras droit du transept (à 0:33).

En face, le bras gauche du transept (peu profond) abrite un autel baroque en bois doré (de 0:23 à 0:32) encore plus orné que le maitre-autel.

L’orgue de chœur (à 0:21) est purement décoratif. Par contre, l’orgue néoclassique à l’arrière (à 0:47) est fonctionnel.

À la droite du chœur, on accède à la sacristie dont la visite est gratuite (de 0:49 à 0:57).

L’entrée payante du musée religieux, d’un intérêt limité, est située à l’extérieur, à la gauche de l’église (de 0:59 à 1:21).

De 1:29 à 1:37, nous parcourons la Rua dos Mercadores. Au passage, on y voit trois murales d’Hazul.

Il est également possible d’y rencontrer une pochette transparente suspendue à une corde maintenue au sol par une poche de sable (de 1:32 à 1:35). Le passant est invité à regarder les dessins qu’elle contient et à les emporter après avoir laissé une somme à sa discrétion.

Et là-haut, à l’autre extrémité de la corde, comme le pêcheur au bout de sa canne à pêche, l’artiste souriante contemple le spectacle des passants intrigués.

Le long de la rive

À 2:08, cette plaque de bronze commémore une tragédie survenue le 29 mars 1809 alors qu’un pont enjambant le Douro s’est effondré sous le poids des Portuans fuyant les troupes françaises du maréchal Soult.

À 2:19, nous voyons la Fonto do Cubo (ou Fontaine du Cube), située sur la Praça da Ribeira (ou Place de la Rive).

Des 18 portes fermées d’une herse qui perçaient la muraille fernandine, celle à 2:25, datée de 1348, est la seule qui existe encore. On l’appelle Postigo do Cavão (ou Trappe au charbon).

De 2:33 à 3:02, nous visitons le Museu Municipal. Celui-ci a été aménagé dans la Casa do Infante, une demeure très remaniée depuis ses origines médiévales et où serait né l’Infante Dom Henrique (d’où son nom).

Consacré à l’histoire de Porto, c’est un musée didactique très complet et très intéressant.

Le centre de la freguesia

Cette partie du diaporama débute par un aperçu du marché Ferreira-Borges (en rouge), construit en 1885.

Il borde au nord la Praça Infante Dom Henrique (à 3:07). Celle-ci rend hommage à Henri le Navigateur (né en 1394 dans la Casa do Infante), cinquième fils du roi Jean Ier de Portugal.

À l’ouest de cette place se trouve le Palácio da Bolsa, construit en 1834 (de 3:09 à 3:47). De style néoclassique, cette ancienne bourse abrite aujourd’hui la Chambre de commerce de la ville.

Parmi ses nombreuses salles d’apparat, on remarquera la Salle arabe (de 3:41 à 3:47). Celle-ci sert de salle de bal ou de concert.

À deux pas, on peut visiter l’Igreja de São Nicolau (de 3:49 à 4:01). C’est cette modeste église paroissiale qui donne son nom à la freguesia.

De 4:03 à 4:57, voici la plus belle église de Porto, soit Igreja da São Francisco, une église gothique construite de 1383 à 1410.

La visite débute par le musée d’art religieux et la crypte de l’église (de 4:10 à 4:29). Puis nous voilà enfin dans l’église proprement dite.

Sa riche décoration intérieure date de la première moitié du XVIIIe siècle. C’est l’apothéose du talhas douradas (ou bois doré) au Portugal. À elle seule, la dorure, effectuée en 1753, a nécessité 210 kg d’or en feuille.

À 4:33, il s’agit de l’autel latéral dédié aux saints martyrs du Maroc : il fut réalisé par Manuel Pereira da Costa Noronha en 1750-1751. Ces deux sculpteurs ont également réalisé en 1750 le retable de l’Annonciation de Marie (de 4:51 à 4:53).

De 4:35 à 4:37, voici la Capela de Nossa Senhora da Conceição, un autel latéral créé entre 1718 et 1721 par Filipe da Silva et Antonio Gomes. Il est décoré d’un arbre de Josué.

À 4:49, nous avons un aperçu de la Capela de São João Batista, aménagée vers 1530 par João de Castilho.

L’ouest de la freguesia

À 5:12, nous apercevons le Palacete de Belmonte, construit dans la première moitié du XVIIIe siècle.

De 5:16 à 5:36, il s’agit du musée de Marionnettes de Porto. On y montre les techniques de production des marionnettes, de même que des DVDs de productions antérieures.

À 5:40, il s’agit du Palácio de São João Novo, construit dans la seconde moitié du XVIIIe siècle par António Pereira. Cette demeure fait face à l’Igreja de São João Novo (à partir de 5:42).

En forme de croix latine, elle abrite un magnifique maitre-autel en bois doré, deux autels logés dans les bras du transept et quatre profonds autels latéraux.


Détails techniques : Le diaporama présente 178 photos réalisées à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5 mark II (et une photo tirée de Wikipédia).

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (96 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (39 photos), le M.Zuiko 25 mm F/1,2 (38 photos), le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (3 photos) et l’hypergone 8 mm F/1,8 (2 photos).

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’ouest de Santo Ildefonso

Publié le 5 mars 2020 | Temps de lecture : 5 minutes
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Ce deuxième diaporama consacré à Santo Ildefonso en présente la partie occidentale. Plus précisément, il s’agit de la partie située à l’ouest de la rua de Sá da Bandeira, cette rue nord-sud qui, sur la carte à 0:05, passe en diagonale sous le ‘n’ de ‘Santo’.

Sans être totalement arbitraire, l’ordre des photos dans ce diaporama ne suit pas scrupuleusement un circuit particulier.

De 0:08 à 0:17, nous faisons le tour de la Capela de Nossa Senhora da Boa Hora de Fradelos (ou chapelle Notre-Dame-de-la-Bonne-Heure de Fradelos).

C’est Jorge Colaço — le créateur des azuléjos de la gare ferroviaire São Bento — qui a dessiné ceux qui décorent depuis 1929 la façade et l’intérieur de cette chapelle néoclassique, inaugurée en 1893.

Parmi les guirlandes de la façade, on peut voir la représentation de saint Joseph à gauche de la porte d’entrée et, à droite, celle de Notre-Dame-de-la-Bonne-Heure.

À 0:34, nous voyons O Cantinho do Amor de Nuno Costah, un des muralistes les plus actifs de Porto. À 0:36, le voici associé à David Selor.

De 0:44 à 0:50, il s’agit du stationnement de la station de métro Trindade, décoré de murales, une d’Hazul Luzah et l’autre, ‘Nobre & Leal’ (2014), de MrDheo.

De 1:00 à 1:30, nous visitons l’Igreja da Santissima Trindade, c’est-à-dire l’église de la Très-Sainte-Trinité.

En forme de croix latine (ce qui inhabituel au Portugal), cette église présente un intérieur propre décoré essentiellement par un maitre-autel et huit autels latéraux en bois doré d’excellente facture.

Chaque statue nichée dans un autel latéral est mise en valeur par un fond doré dont le motif lui est propre.

L’église fait face à la partie arrière de la Câmara Municipal do Porto (l’Hôtel de Ville, 1:33 à 1:38), devant lequel se trouve la statue (à 1:40) de l’écrivain romantique Almeida Garett, réalisée en 1954 par le sculpteur Barata Feio.

À 2:02, le graffiti d’un rongeur est du muraliste Mesk.

Populaire à Lisbonne, le fado est un style musical beaucoup moins apprécié à Porto. Les spectacles présentés au restaurant Guarany se déroulent dans le bruit, sans égard pour les musiciens.

De 2:20 à 2:22, c’est le théâtre Rivoli. Il est adjacent à la place Jean Ier de Portugal où se trouvent deux statues équestres dont celle créée en 1957 par João Fragoso.

De 2:42 à 2:44, c’est la Fonte da Juventude (la fontaine de la Jeunesse), réalisée en 1929 par Henrique Moreira. Son modèle s’appelait Aurélia Magalhães-Monteiro.

Au centre de la Praça de Liberdade (place de la Liberté) se trouve le monument à Pierre IV de Portugal (de 2:48 à 2:53). Elle fut réalisée en 1866 par le sculpteur français Célestin-Anatole Calmels. De la main droite, le roi tient la Charte constitutionnelle de 1826.

Les deux bas-reliefs en bronze qui décoraient le bas du monument ont été volés en 2007. Ils ont été remplacés l’année suivante par des copies réalisées à partir de photographies.

Sur le côté ouest de la place, on peut voir une sculpture d’Ulysse (à 2:56), fondateur (selon la légende) de Lisbonne (à qui la capitale doit son nom).

Sous l’Empire romain, Lisbonne portait le nom d’Olissipo en honneur d’Ulysse. Selon la mythologie romaine (héritière de la mythologie grecque), Ulysse aurait fondé cette ville après avoir quitté Troie.

Et d’Olissipo, la ville a porté le nom latin d’Olissipona au début du Moyen-Âge, puis Ulishbona en visigoth et finalement Lisboa en portugais.

À 2:58, c’est la statue Ardina, créée en 1990 par Manuel Dias. Elle rend hommage aux vendeurs de journaux.

De 3:00 à 3:10, nous voici à l’Igreja de Santo António dos Congregados.

Inaugurée en 1680, l’église Saint-Antoine est décorée d’azuléjos représentant des scènes de la vie de ce saint.

Deux magnifiques autels Art déco sont à l’entrée, suivis de quatre autels latéraux néoclassiques d’un intérêt limité et, près du chœur, de deux superbes autels baroques en bois doré qui font ombrage au maitre-autel, le tout surmonté de grisailles au plafond.

Le diaporama se termine par une promenade le long de la rua de Gonçalo Cristóvão. Au passage (à 3:16), on notera un autre graffiti de Mesk.

Rare exemple d’église de style néogothique à Porto, la Capela dos Pestanas (de 3:28 à 3:31) fut construite de 1878 à 1890 par José de Macedo Araújo Jr. La statue de saint Joseph à la droite du portail est une œuvre de António Soares dos Reis (à qui Porto consacre un musée à son nom).


Détails techniques : Le diaporama présente 104 photos réalisées à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5 mark II.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (75 photos), M.Zuiko 25 mm F/1,2 (24 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (4 photos) et le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (1 photo).

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’est de Santo Ildefonso

Publié le 4 mars 2020 | Temps de lecture : 4 minutes
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Le prénom Ildefuns, d’origine germanique, s’est répandu dans la péninsule ibérique aux Ve et VIe siècles à la suite de l’invasion des Visigoths.

En Espagne, l’évêque de Tolède (mort en 667) avait été baptisé sous le prénom d’Ildefonso. C’est lui qui donne son nom à la paroisse et à l’unité administrative (ou freguesia) Santo Ildefonso de Porto.

Très tôt après l’invasion visigothique, ce prénom fut espagnolisé en Alifonso, puis Alfonso, avant de devenir Alphone, en français, à partir de la Renaissance.

Notre visite de la freguesia homonyme fera l’objet de deux diaporamas. Celui-ci concerne sa partie orientale, celle située à l’est de la rua de Sá da Bandeira. Sur la carte à 0:05, c’est la rue nord-sud qui passe en diagonale sous le ‘n’ de ‘Santo’.

De 0:12 à 0:22, vous visitons sommairement le centre commercial La Vie.

À proximité, on trouve la Capela das Almas de Santa Catarina (de 0:26 à 0:40).

Construite au XVIIIe siècle, la chapelle des Âmes est superbement recouverte d’azuléjos créés par le céramiste Eduardo Leite en 1929.

Ils décrivent des scènes de la vie de saint François d’Assise et de sainte Catherine.

L’intérieur néoclassique est meublé d’un maitre-autel et de cinq autels latéraux d’une grande sobriété.

L’auteure J.K. Rowling a conçu la saga Harry Potter à l’époque où elle enseignait l’anglais à Porto. À 0:43, on notera l’uniforme des étudiants de Porto qui a servi de modèle à celui des élèves en sorcellerie du pensionnat de Poudlard.

De 0:45 à 1:03, il s’agit du centre commercial Via Catarina, plus grand et plus chic que La Vie. C’est au dernier étage qu’on a placé les restaurants, égayés de façades de style ancien.

Le Majestic Café (de 1:07 à 1:12) est un des plus beaux cafés de Porto.

C’est attablée à ce restaurant de style Art Nouveau que J.K. Rowling a écrit le premier tome d’Harry Potter.

Tout comme Le Train Bleu de Paris, le Majestic Café fut construit au début du XXe siècle et considéré comme démodé quelques décennies plus tard.

Laissé à l’abandon pendant une quinzaine d’années, il fut l’objet d’une restauration réussie et rouvert au public en 1994.

De 1:13 à 1:24, un garage de style Art Deco sert aujourd’hui de café-concert (au dernier étage) et de salle d’exposition sous le nom de Maus Hábitos.

En face, on trouve le Coliseu do Porto (de 1:26 à 1:42). En dépit de son nom, ce n’est pas un stade sportif, mais une salle de spectacle circulaire.

De 2:08 à 2:26, nous voici à l’église qui donne son nom au diaporama.

Tout comme celle de la Capela das Almas, la façade de l’Igreja de Santo Ildefonso est décorée d’azuléjos, créés ici par le céramiste Jorge Colaço en 1931.

L’intérieur hexagonal est décoré d’un maitre-autel et de quatre autels latéraux en bois doré, de vitraux modernes et de toiles assombries par la saleté.

Puis nous voilà à la Praça da Batalha, aménagée en 1861.

Nous y apercevons le cinéma Batalha (de style Art Deco, à 2:28), et l’hôtel Batalha Palace, construit à la fin du XVIIIe siècle (à droite, en rose, sur la photo à 2:30).

À 2:32, il s’agit de la statue du roi Pierre IV de Portugal, créée en 1866 sur cette place par le sculpteur José-Joaquim Teixeira-Lopes.

De 2:57 à 3:21, nous visitons le Mercado do Bolhão, inauguré en 1914.

Ce marché constitue les halles de Porto. Derrière une façade de style Beaux-Arts (qui fait tout le quadrilatère), se trouvent à ciel ouvert des maisonnettes aux toits pointus le long desquels les marchands offrent leurs produits.

Nous terminons ce diaporama (à partir de 3:35) par un aperçu de la rua de 31 de Janeiro. Cette rue commémore une révolte républicaine, le 31 janvier 1891, qui anticipa celle qui aboutit à l’abolition de la monarchie portugaise en 1910.


Détails techniques : Le diaporama présente 106 photos réalisées à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5 mark II.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (88 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (11 photos) et le M.Zuiko 25 mm F/1,2 (7 photos).

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La freguesia de la cathédrale de Porto

Publié le 28 février 2020 | Temps de lecture : 9 minutes
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Abréviation de ‘siège épiscopal’, Sé est le nom de la paroisse de la cathédrale. Son territoire de 48 hectares correspond également à celui de l’unité administrative (ou freguesia) homonyme.

Le diaporama qui lui est consacré est divisé en trois parties :
• du Teatro Nacional São João à la rive du Douro
• les environs de la gare São Bento
• les environs du Sé.

Du Teatro Nacional São João à la rive du Douro

Au cout de 5€, on peut visiter le Théâtre national Saint-Jean (de 0:08 à 0:20).

Inaugurée en 1798, la salle connue sous le nom de Théâtre royal de Porto fut détruite par un incendie en 1908 et rouverte en 1920.

Puis elle devint un palace cinématographique et finalement redevint une salle de théâtre.

La visite permet de voir les coulisses, la loge des comédiens, l’arrière-scène, etc.

Cette visite s’adresse aux passionnés de théâtre. Ceux qui, comme moi, s’attendent à y voir l’opulence d’une salle d’opéra seront déçus; la salle principale est assez quelconque.

Son seul intérêt est son plafond, dont les couleurs jurent depuis que la salle, originellement dans des teintes jaunâtres, a été repeinte dans un rouge chocolaté.

De 0:24 à 0:26, il s’agit de l’Edificio do Governo Civil, datant du XVIIIe siècle. C’est aujourd’hui un petit centre commercial, abritant des boutiques d’artisans.

De 0:27 à 0:33, on se dirige vers l’Igreja de Santa Clara (église des Clarisses). En voie de restauration, il s’agit d’une des églises les plus merveilleuses de Porto. Malheureusement, la photographie y est interdite.

De plan rectangulaire, elle renferme un maitre-autel et des autels latéraux en bois doré parmi les plus beaux de Porto après ceux de l’église Saint-François (dans la freguesia de São Nicolau).

De 0:38 à 0:43, on voit ce qui reste de la Muralha Fernandina. Cette muraille protectrice fut la seconde érigée à Porto. Construite au XIVe siècle après la tentative d’invasion du roi de Castille, elle fut terminée sous le règne du roi Ferdinand Ier de Portugal (d’où son nom).

On la détruisit presque complètement au XVIIIe siècle.

Né à Porto en 1988, l’architecte et artiste de rue Frederico Draw a réalisé la murale AN.FI.TRI.ÃO en 2015 sur le chemin qui mène au pont Dom-Luís (à 0:44). À noter, le mot portugais anfitrião se traduit par hôte en français).

Les environs de la gare São Bento

Cette partie du diaporama débute par deux murales d’Hazul sur la rue Largo dos Lóios.

De 1:01 à 1:07, nous nous arrêtons au restaurant La Maison Rouge, où nous prenons une spécialité culinaire du Portugal (à 1:03); la francesinha (ce qui signifie ‘petite française’).

Ce mets s’apparente au croque-monsieur parisien, à la différence qu’il est recouvert de sauce brune. Les Portuans y vouent un culte semblable à celui que les Québécois vouent à la poutine.

De 1:11 à 1:35, il s’agit de la gare ferroviaire São Bento (ou Saint-Benoit), édifiée en 1896 par José Marques da Silva.

Sa salle des pas perdus est décorée de magnifiques azuléjos composés de vingt-mille tuiles créées en 1930 par le céramiste Jorge Colaço (né à Porto) décrivant des faits marquants de l’histoire du pays.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le mot azuléjo ne vient pas d’azul (bleu en portugais) mais de l’arabe al zulaydj, ce qui signifie ‘petite pierre polie’, désignant chaque pièce d’une mosaïque.

Connu dans de nombreux pays depuis des siècles, cet art a atteint son apogée au Portugal au XVIIIe siècle.

À Lisbonne, en 1755, les édifices qui avaient résisté au séisme étaient souvent endommagés. Plutôt que de simplement calfeutrer les fissures, le recouvrement de plaques de faïence est soudainement devenu une mode.

Cette mode s’est répandue, donnant aujourd’hui un cachet particulier aux édifices du pays.

À 1:39, on voit la Fonte de la Rua Cham, aménagée en 1852, suivie de l’Igreja da Ordem do Terço.

Construite au XVIIIe siècle par João Joaquim Alão, l’église est dédiée à Notre-Dame du Rosaire. Sa façade rococo, décorée d’azuléjos non figuratifs, est dominée par une fenêtre centrale en forme d’ostensoir.

Les environs du Sé

À l’intérieur des remparts qui ceinturaient cette colline (à 1:48), on édifia à partir de 1110 une cathédrale-forteresse de style roman qui fut complétée un siècle plus tard et décorée principalement au XVIIIe siècle.

À proximité de la cathédrale, on trouve deux fontaines.

Celle au nord est la Chafariz do Anjo São Miguel (à 1:51). Dessinée par Niccoló Nasoni, elle est ornée d’un bas-relief en marbre blanc illustrant l’archange saint Michel. Au-dessus se dresse une statue de ce dernier, au sommet d’une colonne (hors-champ).

Celle à l’ouest est la Chafariz de Rua Escura (à 2:00). Originellement construite au XVIIe siècle sur la Rua Escura (ou rue Sombre), cette fontaine fut déménagée sur son site actuel en 1940.

Surmonté des armoiries du Portugal et entouré de deux figures féminines, on voit au centre un pélican : l’eau coulait autrefois de sa poitrine.

Cette fontaine fait allusion au mythe ancien de la mère qui perce sa propre chair pour nourrir ses oisillons (ici au nombre de trois). Elle symbolise le dévouement de la mère pour ses petits.

À 2:04, on voit une statue équestre de Vímara Peres érigée en 1968 pour célébrer le millième anniversaire de la libération de Porto de la domination musulmane.

À l’origine, Porto s’appelait ‘Cale’. À la conquête romaine, le nom du port fut latinisé à ‘Portus Cale’. Les Maures (de religion musulmane) occupèrent la ville pendant quelques siècles, connue alors sous le nom de ’Portucale’, une déformation de son nom latin.

En 868, pour le compte du roi de Galice, le seigneur Vímara Peres chassa les Maures de la vallée du Douro et y fonda un duché auquel il donna le nom ‘Portucale’ (dont découle le nom actuel du pays).

Quant à la ville, elle perdit son suffixe pour s’appeler simplement Portus, puis Porto.

En 1732, sur le flanc gauche de la cathédrale, l’architecte italien Niccoló Nasoni a fait ajouter une loggia baroque au fond de laquelle on peut voir des azuléjos (à 2:06). En soutenant ce côté de l’église, cette loggia joue le même rôle que des arcs-boutants.

La colonne torsadée qu’on voit à 2:08 fut créée en 1945 à partir d’une gravure de 1797. Les crochets métalliques (à 2:10) de la colonne d’origine servaient à la pendaison des condamnés à mort.

À 2:12, on distingue au loin le portail baroque que Nasoni a ajouté en 1772 à l’entrée de la cathédrale, adoucissant ainsi la sévérité de l’édifice.

Si on exclut la rosace, la cathédrale de Porto ne possède pas de vitraux. Les meurtrières de sa façade soulignent son aspect défensif et sa vocation de refuge pour la population en cas d’attaques ennemies.

Le maitre-autel (de 2:14 à 2:19) a été conçu par Santos Pacheco et exécuté par Miguel Francisco da Silva entre 1727 et 1729.

De 2:30 à 2:35, on voit la chapelle du Saint-Sacrement (exécuté entre le XVIe et le XIXe siècle) dont l’autel est en argent massif.

À 2:42, les fonts baptismaux sont surmontés d’un bas-relief en bronze d’António Texeira Lopes décrivant le baptême du Christ.

Le cloitre adjacent à la cathédrale (de 2:50 a 3:36) a été construit à la fin du XIVe siècle. Ses murs sont décorés d’azuléjos de Valentin de Almeida datant du début du XVIIIe siècle.

À 3:02, on y voit le sarcophage de Jean Gordo, surmonté de son gisant, décoré de la Cène, et reposant sur des têtes de lions. Jean Gordo fut un chevalier hospitalier au service du roi Denis Ier.

De 3:04 à 3:06, nous sommes dans la sacristie.

À l’étage, on peut voir (de 3:14 à 3:18) la salle capitulaire dont le plafond est décoré de peintures du XVIIIe siècle réalisées par Giovani Battista Pachini.

La Capela de São Vincente (de 3:24 à 3:26) était originellement dédié à Notre-Dame-de-la-Santé. Sous une voute à caissons en granite, son retable en bois doré a été exécuté au XVIIIe siècle par Rafael de Mendonça. À noter : son tabernacle circulaire présenté par deux allégories.

Le côté gauche de la chapelle (à 3:26) est décoré de cinq panneaux polychromes exécutés au XVIIIe siècle. Ils représentent des scènes du Nouveau Testament et sont surmontés d’une peinture sur bois représentant la Crucifixion.

En face d’eux, sur le côté droit de la chapelle, on voit cinq scènes de l’Ancien Testament surmontées d’une peinture sur bois représentant la Résurrection.

De 3:38 à 3:55, nous procédons à une visite guidée de l’archevêché.

Pendant des siècles, l’archevêque de Porto était l’homme le plus puissant du Portugal. Son palais épiscopal, remodelé dit-on par Nazoni au XVIIIe siècle, témoigne de sa richesse.

Lorsque le temps le permet, le guide ouvrira une fenêtre qui donne sur le Douro (à 4:00). Ce jour-là, des amateurs de motomarine s’ébattaient joyeusement sur le fleuve.


Détails techniques : Le diaporama présente un clip vidéo et 117 photos réalisées à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5 mark II.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (60 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (38 photos), le M.Zuiko 25 mm F/1,2 (15 photos), et le M.Zuiko 75 mm F/1,8 et l’hypergone 8 mm F/1,8 (2 photos chacun).

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’ouest de l’arrondissement de Belém, à Lisbonne

Publié le 1 juillet 2019 | Temps de lecture : 6 minutes
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Ce diaporama met en vedette deux sites touristiques de la capitale portugaise :
• le musée de la collection Berardo et
• la Tour de Belém.

Situé immédiatement à l’ouest du monastère, le planétarium Calouste-Gulbekian (à 0:06) s’ajoute à ces deux sites. Il ne fait pas partie du diaporama parce que je ne l’ai pas visité.

Le Museu Coleção Berardo (de 0:08 à 2:11)

Dans l’édifice néomédiéval du Centro Cultural de Belém, on peut admirer gratuitement la remarquable collection d’Art contemporain du mécène José Manuel Rodrigues Berardo.

Le rez-de-chaussée du centre comprend deux petits jardins de style japonisant, réinterprétés à la portugaise. En effet, le sable peigné est ici remplacé par des calades, ces pavés cubiques en calcaire, typiques de Lisbonne.

Les étages supérieurs du musée exposent près de mille œuvres de plus de cinq-cents artistes modernes.

C’est donc un vaste survol de la création artistique du XXe siècle qu’on peut y admirer. Il y a bien quelques sculptures mais on y voit surtout des toiles.

Au sous-sol, on présente des vidéos et des œuvres d’artistes modernes portugais : peintures, sculptures, installations et photographies.

Contrairement au Musée d’Art contemporain de Montréal (très centré sur des installations et les vidéos), le Museu Coleção Berardo résume à lui seul tout l’art pictural du XXe siècle.

On trouvera à la fin de ce texte le détail des œuvres présentées dans le diaporama.

Du musée à la Tour de Belém. nous passons devant le restaurant Espaço Espelho d’Água (à 2:12), le Museu de Arte Popular (à 2:14), la marina devant l’Altis Belém Hotel & Spa(à 2:18), le restaurant Vila Latina (à 2:20), et l’édifice de Garde côtière (à 2:22), pour atteindre le Jardim da Torre de Belém (de 2:24 à 2:28).

La Tore de Belém (de 2:29 à 3:03)

Au moment de sa construction, de 1515 à 1521, ce dispositif défensif de cinq étages s’avançait davantage dans le Tage.

Le fleuve s’étant retiré depuis, il suffit d’une passerelle pour y accéder. On a aménagé du côté nord un bassin de rétention qui fait en sorte qu’en matinée, à marée basse, des poissons y demeurent prisonniers alors que des enfants peuvent ramasser des coquillages sur le sable qu’on y a mis.

Et puisque Lisbonne est située près de l’embouchure du Tage, ce fleuve subit en fin d’après-midi la marée haute de l’Atlantique : la tour se trouve alors entourée d’eau et des petites vagues frappent les marches en hémicycle qui bordent le bassin de rétention submergé.

Le rez-de-chaussée de la tour correspond à la salle des canonniers. Le premier étage possède une grande terrasse permettant les manœuvres qui jalonnaient la vie de garnison. Le deuxième est la salle du capitaine, dotée de trois balcons et d’une belle loggia du côté sud.

À 2:46, la façade du côté sud du troisième étage est décorée des armoiries de Manuel Ier. De chaque côté, on peut voir une sphère armillaire.

Il s’agit d’un instrument de navigation qui modélise la sphère céleste et qui était utilisé par les navigateurs portugais pour montrer également le mouvement apparent des étoiles et du soleil. C’était aussi l’emblème de Manuel Ier, commanditaire de la tour.

Cet instrument fait donc partie des nombreux symboles et allusions maritimes typiques du style manuélin. On le trouve donc sur des édifices manuélins civils (comme ici) ou religieux (comme au monastère).

Le quatrième étage correspond à la chapelle, entourée d’un chemin de guet. Le toit plat de la chapelle offre une deuxième plateforme d’observation pour guetter les vaisseaux ennemis.

Un peu plus à l’ouest (de 1:52 à 1:57)

À l’ouest de la tour, on trouve le Museu do Combatante (de 3:04 à 3:19). Il comprend une partie payante (où sont exposés des jeeps et des cannons modernes) et une chapelle (qu’on peut visiter gratuitement) construite en hommage aux soldats portugais qui ont sacrifié leur vie pour leur patrie.

Plus à l’ouest, on peut voir le Centre Champalimaud (de 3:20 à 3:31). Il s’agit d’un très bel édifice blanc consacré à la recherche médicale et dont l’architecture moderne est photogénique.


Détails des œuvres de la Coleção Berardo :
 
• Sans Titre (1968), d’Alexander Calder (à 0:16)
• Guitare, chaise et formes (1925), de Clément-Serveau (à 0:24),
• Plakatentwurf (1930), de Gustav Klucis (à 0:28),
• Tableau avec jaune, noir, bleu, rouge et gris (1923), de Piet Mondrian (à 0:30),
• Relief;Rythmes (1932), de Robert Delaunay (à 0:34),
• Constructivo en Gris y Negro con Centro Rojo (1933), de Joaquín Torres-García (à 0:36),
• Sans Titre (1939), de Mauro Reggiani (à 0:38),
• Figure à la bougie (1925), de Joan Miró (à 0:40),
• La Rencontre (1936), de Jacques Hérold (à 0:42),
• Téléphone blanc aphrodisiaque (1936), de Salvador Dalí (à 0:44),
• café (1948), de Man Ray (à 0:48),
• Borne au Logos V (1967), de Jean Dubuffet (à 0:54),
• Sans Titre (1979), de Sam Francis (à 0:58),
• Head (1938-1941), de Jackson Pollock (à 1:02),
• Composition (1948), de Maria Helena Vieira da Silva (à 1:04),
• Orient IV (1970), de Bridget Riley (à 1:06),
• Clous fluorescents no 18 (1968), de Bernard Aubertin (à 1:10),
• Fleet (1971), d’Anthony Caro (au premier plan à 1:14),
• Beta Tau (1961), de Morris Louis (au mur, à 1:14),
• Expansion valise (1970), de César (au premier plan, à 1:16),
• Sombra Projetada de Micheline Presie (1965), de Lourdes Castro (à 1:18),
• Déjeuner sur l’herbe (1964), d’Alain Jacquet (à 1:20),
• Brillo Box (1964-1968), d’Andy Warhol (au premier plan, à 1:26),
• Judy Garland (1979), d’Andy Warhol (à 1:28),
• Thought (1965), de Phillip King (à 1:32),
• Virnaburger (1965), de Mel Ramos (à 1:34),
• Smoke Dream (1963), d’Allan D’Arcangelo (à 1:36),
• Positivo Negativo (1988-1989), d’Alighiero Boetti (à 1:50),
• Abstraktes Bild (1967), de Gerhard Richter (à 1:54).


Détails techniques : Le diaporama présente un clip vidéo et 104 photos réalisés à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (50 photos), le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (38 photos), et le PanLeica 25 mm F/1,4 (16 photos), .

 

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le monastère des Hiéronymites

Publié le 30 juin 2019 | Temps de lecture : 10 minutes
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Introduction

Le monastère des Hiéronymites (surnommé ‘monastère de Belém’) est un complexe muséal aménagé dans un monastère qui a échappé, en raison de son éloignement, aux grandes destructions du séisme de 1755 à Lisbonne.

Confié jusqu’en 1834 aux moines soumis à l’Ordre de Saint-Jérôme, le monastère porte le nom de ces religieux (les Hiéronymites).

D’ici à ce que le métro soit prolongé vers l’ouest, les visiteurs qui s’y rendent en autobus à partir de la station Cais do Sodré doivent descendre non pas à l’arrêt Betlém, mais plutôt à l’arrêt suivant, environ 400 mètres plus loin, appelée spécifiquement Mosteiro Jerónimos.

Ce diaporama met en vedette les différentes parties de ce complexe muséal :
• la sacristie,
• l’Igreja Santa Maria de Belém,
• le cloitre,
• le Museu Nacional de Arqueologia,
• le Museu de Marinha.

Un style spécifique au Portugal

Le monastère de Belém est l’œuvre la plus aboutie du style manuélin, du nom du roi Manuel Ier qui régna sur son pays de 1495 à 1521.

Édifié en pierre calcaire de Lioz, le monastère fut financé par la ‘taxe du poivre’ prélevée sur la vente des épices et des matières précieuses importées. Elle débuta à partir de 1502 et dura près d’un siècle.

Sous le règne de Manuel Ier, le Portugal est la première puissance maritime du monde. Grâce à la découverte de la route des Indes par Vasco de Gama et à la découverte du Brésil par Pedro Alvares-Cabral, des trésors sont ramenés des quatre coins du monde. Le Portugal est au sommet de sa puissance économique.

C’est une période heureuse pour le pays. Dans le domaine des arts, cet enthousiasme suscitera la naissance d’un style décoratif exubérant qui, en dépit du fait qu’il est contemporain du gothique flamboyant ailleurs en Europe, fait penser à des styles qui naitront ailleurs beaucoup plus tard.

Le style manuélin célèbre le triomphe des explorateurs maritimes portugais. Parmi les motifs favoris de ce style, mentionnons les cordages (incluant les colonnes torsadées), les vagues, les poissons, les coquillages — vus de l’extérieur, et non de l’intérieur comme ce sera le cas à l’époque rococo — les ancres, les instruments de navigation, etc.

La décoration manuéline est appliquée au pourtour des fenêtres et des portes, sur les colonnes et les piliers, de même que sur les arches intérieures de l’édifice. Cette exubérance contraste avec la sobriété des murs, laissés nus.

En raison de la durée de la construction, plusieurs styles se sont succédé à l’église Sainte-Marie.

Son premier architecte, Diogo Boitaca, de même que son successeur, João de Castilho (créateur de la voute et des piliers) marquèrent l’église du style manuélin. Aux bras du transept, Jérôme de Rouen imposa la sobriété relative du style baroque. À partir de 1565, le chœur initial de Diogo Boitaca est refait par Diogo de Torralva et achevé par Jerónimo de Ruão dans le style maniériste.

Le diaporama s’ouvre sur une œuvre de Felipe Lobo intitulée ‘Vue du monastère et de la plage de Belém’ (1657). On y voit des femmes puisant l’eau de la fontaine située devant le monastère.

La page-titre du diaporama (à 0:04) montre la fontaine qui l’a remplacée et qui se trouve depuis 1940 au milieu de la Praça do Império.

La sacristie (de 0:08 à 0:29)

De l’extérieur, on accède à la sacristie par une entrée située à l’est du monastère.

Conçue par João de Castilho, elle fut construite de 1517 à 1520.

Autour d’un pilier soutenant une voute gothique remarquable, la sacristie aligne les bahuts servant à entreposer la multitude des vêtements liturgiques nécessaires au culte et aux grandes occasions.

Les toiles au-dessus d’eux représentent des scènes de la vie de saint Jérôme. Dues au peintre maniériste Simão Rodrigues, elles furent réalisées entre 1600 et 1610.

L’Igreja Santa Maria de Belém (de 0:31 à 1:37)

Plan du monastère


Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

En forme de croix latine, les travées de l’église furent ajoutées vers l’ouest à l’instar du mouvement apparent du soleil (symbolisant le Christ) sur la voute céleste.

La nef se compose de trois vaisseaux; un vaisseau central flanqué de vaisseaux latéraux aussi hauts que lui (et qu’on ne peut pas appeler ‘bas-côtés’ pour cette raison). C’est le premier architecte de l’église, Diogo Boitaca, qui introduisit au Portugal le concept d’église-halle à Sebútal et, quelques années plus tard, au monastère de Belém.

Tabernacle du chœur en argent massif

Traversées par le vaisseau central, les deux dernières travées (à l’ouest) font office de vestibule contenant la chapelle dorée à Notre-Seigneur-des-marches (à 1:28), de même que les sarcophages de l’explorateur Vasco de Gama (de 1:22 à 1:26) et du poète Louís de Camões (de 1:12 à 1:18). Ces monuments funéraires furent sculptés au XIXe siècle par Antonio Augusto da Costa Mota dans le style néomanuélin.

S’étendant sur toute la largeur de l’église, la croisée du transept crée un volume impressionnant de plus de vingt-mille mètres cubes dégagé de tout pilier (à 0:38).

Tout comme sur les côtés du chœur, les bras du transept contiennent des niches où sont placées les tombes de membres de la famille royale.

Soutenus par deux éléphants de marbre et surmontés d’une couronne, on trouve le tombeau du roi cardinal Henri Ier de Portugal (au fond du bras gauche du transept) et celui (vide) de Sebastião Ier de Portugal (au fond du bras droit).

Si on exclut le passage discret de la sacristie à l’église (à 0:54), on entre dans l’église par deux portails richement décorés.

De 1:30 à 1:37, nous voyons le portail ouest, conçu par Diogo Boitaca et João de Castilho, puis exécuté par Nicolas Chantereine. À 1:32 se distinguent les statues de Manuel Ier agenouillé, derrière lequel se tient saint Jérôme et à 1:36, Marie d’Aragon, épouse du roi, agenouillée devant saint Jean Baptiste. Entre les deux, au-dessus de l’entrée, on peut voir trois niches représentant l’Annonciation, la Nativité et l’Adoration des Mages (à 1:34).

Haut de 32 mètres et large de 12 mètres, le portail sud (de 2:36 à 2:44) est de João de Castilho. Il est décoré de 40 statues représentant, entre autres, une Vierge à l’Enfant (à 2:38), les apôtres (2:40 et 2:44), alors que son tympan présente des bas-reliefs dédiés à saint Jérôme (à 2:42).

Le cloitre (de 1:39 à 2:24)

Adjacent au nord se trouve le cloitre du monastère. Carré, il s’étend sur deux étages et mesure 55 mètres de côté.

Son rez-de-chaussée a été construit par Diogo Boitaca. Celui-ci dote le cloitre de larges galeries dont les arcades s’ouvrent sur le jardin au travers de fines colonnes de pierre.

Le premier étage est de João de Castilho. Ses arcades sont moins profondes et sont décorées de remplages différents.

C’est par cet étage que les visiteurs peuvent accéder à la galerie à l’arrière de l’église — qu’on appelle jubé au Québec — (à 1:50) où les moines assistaient aux offices. C’est également par cet étage qu’on y accède à l’exposition consacrée à l’histoire du monastère (de 2:00 à 2:06).

De nos jours, la climatisation est une des principales dépenses énergétiques d’un immeuble. Le monastère de Belém est doté d’un système de climatisation parfaitement écologique.

Dès la tombée du jour, les murs épais accumulent la fraicheur de la nuit. Une fraicheur qu’ils libèrent durant le jour.

Enfants jouant par journée très chaude

Combiné à l’ombre des galeries extérieures et au fait que le cloitre est refermé sur lui-même (ce qui empêche le vent de dissiper au loin la fraicheur), cet effet est encore perceptible en fin d’après-midi.

Le Museu Nacional de Arqueologia (de 2:50 à 3:08)

À l’ouest de l’église, le long bâtiment qui complétait originellement l’ensemble a été endommagé au début du XIXe siècle par les troupes anglaises de Wellington venues s’opposer à l’envahissement du Portugal par les troupes napoléoniennes.

Cet édifice fut reconstruit en style néomanuélin au XIXe siècle. De nos jours, on y trouve deux musées.

Le premier est le Museu Nacional de Arqueologia. Sa salle principale est consacrée à la période romaine. On y présente beaucoup de statues décapitées, des stèles funéraires érodées et quelques mosaïques remarquables.

Vers le fond, on rencontre successivement le trésor (exposant essentiellement des bijoux archéologiques en bronze et en or), la salle des antiquités égyptiennes (salle très intéressante où sont en vedette deux sarcophages de bois peint et une momie enveloppée de bandelettes de lin), et finalement une exposition temporaire d’un intérêt limité (de 3:10 à 3:26).

Le Museu de Marinha (de 3:28 à 4:40)

Comme on pourrait s’y attendre d’un pays dont l’histoire est marqué par de grandes découvertes maritimes, le musée de la Marine est un musée attrayant dont on a soigné tous les aspects.

N’y cherchez pas des navires richement décorés qui seraient les équivalents maritimes des carrosses extravagants du Museu Nacional dos Coches; on y présente plutôt de belles maquettes (de différentes tailles) de tous les bateaux dont se sont servis les navigateurs portugais, leurs instruments de navigation, les uniformes des marins et de leurs officiers.

Bref, c’est un autre site touristique de qualité, à caractère encyclopédique, dont je recommande la visite.


Détails techniques : Le diaporama présente 137 photos réalisées à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (59 photos), le PanLeica 25 mm F/1,4 (44 photos), le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (30 photos), le M.Zuiko 8 mm F/1,8 et le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (2 photos chacun).

 

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’est de l’arrondissement de Belém, à Lisbonne

Publié le 27 juin 2019 | Temps de lecture : 7 minutes
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Belém — déformation de Bethléem — est l’arrondissement le plus à l’ouest de Lisbonne. Sur un territoire de 5,6 km² (7% de la capitale) vivent environ seize-mille habitants. Cela représente 3% de la population lisboète.

Le moyen le plus rapide de se rendre à Belém est par train. Les autobus qui relient l’arrondissement au centre-ville partent tous de la station Caís do Sodré ou transitent par elle.

Le trajet est alors de six kilomètres.

L’arrondissement de Belém est le plus riche en sites touristiques. Le plus important d’entre eux, que tout touriste devrait visiter, est le monastère des Hiéronymites. Celui-ci sera le sujet du deuxième des trois diaporamas consacrés à l’arrondissement.

Celui dévoilé aujourd’hui met en vedette quatre sites touristiques situés à l’est du monastère :
• le musée d’art, d’architecture et de technologie (MAAT),
• le Musée national des carrosses,
• la Pâtisserie de Belém, et
• le Jardin botanique tropical.

Le MAAT (de 0:07 à 0:24)

Inauguré en 2016, le Museu de Arte, Arquitetura e Tecnologia est le plus récent des quatre musées d’Art contemporain de Lisbonne.

Au cout de seulement vingt-millions d’euros, le musée a été réalisé par la firme d’architectes londoniens AL_A.

Ce cabinet a conçu un édifice qui, vu au loin sur le Tage, s’apparente à une dune de sable. Les parois extérieures inclinées sont recouvertes de carreaux de céramique blanche et le toit de l’édifice (qui sert aussi de belvédère sur le fleuve) est en bonne partie végétalisé.

Au cours des années, le MAAT se dotera progressivement d’un fond d’œuvres contemporaines. Ce qui est une manière polie de dire que pour l’instant, l’architecture du musée est plus intéressante que ses collections.

À 0:30, on voit le terminal des traversiers de Belém.

Le Museu Nacional dos Coches (de 0:34 à 1:34)

À 0:32, voici l’ancien édifice du musée des Carrosses, situé à quelques pas de son nouvel écrin, dessiné par l’architecte brésilien Paulo Mendes da Rocha.

C’est le plus beau musée des carrosses qui m’ait été donné de voir. Sa visite est chaleureusement recommandée.

À la fin de ce texte, on trouvera le détail des véhicules représentés ici.

L’Antiga Confeitaria de Belém (de 1:52 à 1:57)

Immédiatement à l’ouest du musée des Carrosses, on rencontre (de 1:36 à 1:39) le monument à l’explorateur portugais Afonso de Albuquerque, inauguré en 1902 au centre de la place homonyme.

De 1:40 à 1:45, il s’agit de photos infrarouges réalisées au Parque infantil do Jardim Vasco de Gama, situé à l’ouest du parc précédent.

Sur la rua de Belém qui longe au nord ces deux parcs, on trouve (de 1:52 à 1:57) la pâtisserie antique de Belém, reconnaissable à ses auvents bleu royal.

On y vient principalement pour les Pastéis de nata (ou pâtisseries à la crème), originellement vendues au XIXe siècle par les moines de Belém et dont la recette est demeurée secrète jusqu’ici.

Il s’agit d’un flan composé d’une pâte feuilletée (comme celle d’un millefeuille) remplie de crème anglaise. On les vend accompagnés de deux sachets : l’un de sucre à glacer et l’autre de cannelle qu’on saupoudre (ou non) selon ses préférences.

En 2009, ce dessert obtenait la 15e place au palmarès des cinquante meilleurs mets au monde établi par le quotidien The Guardian de Londres.

Le Jardim Botânico Tropical (de 1:58 à 2:15)

Créé en 1905 sous le nom de Jardin colonial, le Jardin botanique tropical présente sur sept hectares (dont cinq accessibles au public) des plantes tropicales collectionnées conjointement par le Jardin botanique de Lisbonne et le Muséum national d’histoire naturelle et des sciences, sous l’autorité de l’université de Lisbonne.

Cet arboretum contient plus de 500 espèces végétales provenant de Madère, des Canaries, d’anciennes colonies portugaises, et d’autres pays africains.

En plus de nombreuses espèces végétales, ce parc est habité par de nombreux paons, de nombreux canards et quelques poules.

L’immense portail de style chinois (à 2:08) représentait la colonie de Macao à l’Exposition du monde portugais de 1940.


Détails des carrosses présentés dans ce diaporama :
 
• de 0:38 à 0:41, voiture d’apparat que Louis XIV a offert à sa cousine Marie-Françoise-Élisabeth de Savoie à l’occasion de son mariage en 1666 avec Alfonso VI de Portugal,
• à 0:42, voiture réalisée en France et ayant appartenu à Marie-Françoise-Élisabeth de Savoie, épouse (successivement, il va sans dire) de deux rois portugais : Alphonso VI et son frère Pedro II (seconde moitié du XVIIe siècle),
• à 0:44, voiture réalisée au Portugal et ayant appartenu au roi Pedro II de Portugal (fin du XVIIe siècle),
• de 0:46 à 0:51, carrosse que Joseph Ier, empereur d’Autriche, a donné à sa sœur Marie-Anne d’Autriche à l’occasion de son mariage avec le roi João V de Portugal en 1708,
• de 0:52 à 0:55, voiture d’apparat portugaise commandé par le roi João V. Les boiseries sont des sculpteurs José et Vincente de Almeida. Les peintures sont de José da Costa Negreiros (première moitié du XVIIIe siècle),
• à 0:56, il s’agit d’un carrosse italien que le pape Clément XI a offert en 1715 au roi João V à l’occasion du baptême du prince héritier José (futur José Ier de Portugal). Le putto doré brandissant un cœur en flamme symbolise l’Amour,
• à 0:58, il s’agit d’un carrosse français utilisé par Louis de Camara, ambassadeur extraordinaire du Portugal à la cour de Louis XIV (début du XVIIIe siècle),
• de 1:02 à 1:05, carrosse de triomphe fait en Italie et utilisé en 1716 par l’ambassadeur que João V de Portugal délégua auprès du pape Clément XI. À l’arrière, on peut voir les figures allégorique de Lisbonne (au centre), entre l’Abondance (à gauche) et la Renommée (qui couronne la ville), sous lesquelles sont assises l’Afrique (à gauche) et l’Asie (à droite, accompagné d’un dragon), deux continents sur lesquels s’étendait alors l’empire portugais,
• à 1:06, carrosse portugais de l’Infante António, frère de João V de Portugal (XVIIIe siècle),
• à 1:08, carrosse portugais des filles de José Ier (première moitié du XVIIIe siècle),
• à 1:10, carrosse espagnol utilisé par Mariana Victória de Bourbon à l’occasion de son mariage avec José Ier de Portugal en 1729,
• de 1:14 à 1:17, berline portugaise de style néorenaissance utilisée par la reine Maria Ire de Portugal (fin du XVIIIe siècle),
• à 1:18, voiture portugaise de voyage, de style anglais (fin du XVIIIe siècle),
• à 1:20, décoration de la portière d’une chaise italienne à porteurs (XVIIIe siècle),
• à 1:22, chaise à porteurs au toit amovible (XVIIIe siècle),
• de 1:24 à 1:27, voiture d’apparat commandée en 1824 à Londres pour le roi João VI de Portugal,
• à 1:32, voiture de la poste portugaise (XIXe siècle).


Détails techniques : Le diaporama présente un clip vidéo et 47 photos réalisés à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5 et 16 photos prises par un appareil Panasonic GH1 modifié pour prendre des photos infrarouges.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le PanLeica 25 mm F/1,4 (32 photos), le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (30 photos), et le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (2 photos).


 

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