Covid-19 : évolution en 2021

Publié le 1 janvier 2022 | Temps de lecture : 3 minutes

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.

Tableau comparatif des pays les plus atteints en nombre cumulatif de morts par million d’habitants, au premier jour du mois, aux deux mois.

Pays Jan. Mars Mai Juil. Sep. Nov. Jan’22
Pérou 1136 1403 1843 5753 5918 5963 6022
Bulgarie 1099 1491 2382 2620 2751 3534 4510
Bosnie-Herzég. 1249 1552 2620 2965 3014 3567 4136
Hongrie 1002 1561 2874 3113 3121 3208 4072
Macédoine du N. 1205 1509 2348 2633 2863 3430 3825
Géorgie 634 884 1037 1338 1880 2536 3484
Rép. Tchèque 1093 1909 2733 2825 2833 2867 3369
Croatie 968 1354 1746 2012 2046 2272 3091
Roumanie 826 1065 1474 1772 1812 2521 3086
Slovaquie 412 1331 2148 2290 2297 2388 3050
Brésil 916 1198 1901 2430 2712 2833 2882
Lithuanie 588 1199 1463 1633 1706 2213 2777
Slovénie 1312 1854 2048 2125 2140 2287 2692
Arménie 953 1077 1391 1522 1636 2147 2684
Pologne 766 1158 1796 1985 1994 2038 2582
Argentine 954 1145 1407 2078 2452 2535 2558
Moldavie 746 987 1447 1539 1592 1947 2558
États-Unis 1074 1586 1776 1864 1980 2299 2537
Colombie 850 1168 1446 2083 2427 2467 2515
Lettonie 343 866 1145 1351 1385 1759 2467
Belgique 1681 1899 2083 2163 2179 2230 2429
Paraguay 315 445 899 1786 2182 2242 2289
Mexique 971 1430 1668 1789 1987 2206 2286
Italie 1235 1622 2004 2113 2142 2189 2279
Ukraine 428 598 1021 1205 1240 1568 2217
Royaume-Uni 1089 1805 1870 1878 1974 2058 2174
Tunisie 398 674 907 1262 1968 2107 2131
Russie 394 592 757 931 1260 1642 2121
Trinité-et-Tobago 91 99 122 610 927 1216 2050
Chili 868 1075 1374 1690 1913 1954 2022
Grèce 469 629 1007 1224 1319 1544 2015
Espagne 1087 1488 1672 1729 1806 1868 1911
France 991 1328 1601 1698 1751 1798 1891
Portugal 685 1607 1669 1682 1747 1788 1869
Équateur 790 888 1048 1206 1796 1831 1867
Uruguay 55 175 766 1612 1730 1742 1767
Panama 935 1341 1426 1493 1607 1661 1682
Bolivie 780 989 1099 1417 1556 1593 1652
Iran 655 710 849 992 1272 1480 1538
Autriche 693 948 1131 1182 1188 1253 1514
Afrique du Sud 484 836 908 1016 1371 1479 1509
Suède 861 1265 1384 1436 1440 1472 1498
Serbie 373 512 733 810 840 1153 1467
Estonie 180 451 878 956 974 1160 1459
Costa Rica 427 546 629 909 1073 1363 1424
Suisse 882 1148 1221 1250 1260 1288 1404
Namibie 80 165 248 601 1305 1366 1397
Québec 958 1214 1276 1321 1330 1348 1379
Liban 240 697 1074 1156 1187 1254 1348
Allemagne 410 845 996 1089 1103 1144 1340
Jordanie 376 460 862 947 1010 1069 1225
Pays-Bas 672 908 1000 1033 1048 1072 1219
Irlande 453 868 984 1001 1022 1085 1178
Albanie 411 631 833 854 870 1020 1120
Eswatini 185 558 573 578 947 1056 1110
Honduras 315 415 526 696 885 1012 1029
Botswana 18 150 323 483 939 996 1009
Turquie 248 337 476 584 667 828 963
Malaisie 14 34 46 160 515 880 955
Palestine 273 396 625 683 704 841 885
Israël 365 626 692 689 760 869 884
Guatemala 263 350 412 507 656 822 875
Jamaïque 101 142 260 360 516 753 831
Azerbaïdjan 262 316 445 488 554 692 814
Libye 212 316 433 457 611 732 814
Bahreïn 201 257 368 769 779 781 779
Oman 286 300 383 598 774 778 776
Cuba 13 29 58 115 476 728 735
Sri Lanka 10 22 32 145 437 639 696
Kazakhstan 94 120 168 230 495 635 681
RoC* 256 401 461 518 538 602 639
               
Vietnam 0,4 0,4 0,4 0,8 121 225 331
Japon 27,4 62,5 81,1 117 127 145 146
Singapour 4,9 4,9 5,3 6,1 9,3 71,4 140
Corée du Sud 17,9 31,3 35,7 39,4 44,7 55,7 110
Taïwan 0,3 0,4 0,5 27,7 35,0 35,4 35,6
Hong Kong 19,7 26,7 27,8 27,9 28,0 28,0 28,0
Chine 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.

Discussion : Pour la très grande majorité des pays ci-dessus, l’année qui vient de se terminer fut plus meurtrière que l’année 2020.

Pour la douzaine de pays où ce fut l’inverse, tout s’est joué dans les premières semaines de la pandémie; on les trouve déjà parmi les plus atteints dès le 1er avril 2020.

Plus récemment, en novembre et en décembre 2021, les augmentations les plus importantes ont été rapportées dans la partie orientale de l’Europe.

Dans les Balkans : en Bulgarie (+976) et en Boznie-Herzégovine (+569). Dans le Caucase : en Géorgie (+948). En Europe centrale : en Hongrie (+864) et en Slovaquie (+662). En Europe de l’Est, plus précisément en Croatie (+819). Puis dans les pays baltes : en Lettonie (+709).

À cette liste s’ajoute Trinité-et-Tobago (+834).

Signalons qu’en Afrique australe (où le variant Omicron a été découvert), on ne note pas d’augmentation importante de la mortalité en dépit d’un taux de double-vaccination très bas : en Afrique du Sud (+30), en Namibie (+31), au Botswana (+13), et en Eswatini (+54).

Références :
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Covid-19 : le nombre de cas en temps réel
Données COVID-19 au Québec
Pays les plus atteints au 1er avril 2020

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’Omicron : l’expérience sud-africaine

Publié le 31 décembre 2021 | Temps de lecture : 5 minutes

L’Omicron fut détecté en Afrique du Sud aux environs du 10 novembre 2021.

Très tôt, on connut l’essentiel de ce qu’on devait savoir à son sujet.

En résumé, il est beaucoup plus contagieux que le variant Delta. Il échappe partiellement à la protection conférée par les vaccins (conçus spécifiquement contre le Covid-19 ‘classique’); vacciné ou non, on peut l’attraper, mais plus brièvement et moins sévèrement si on est vacciné.

Les deux seules propriétés importantes qu’on ignorait encore, c’est son pouvoir immunisant et sa virulence.

Protège-t-il les personnes atteintes de toute infection ultérieure par le Covid-19 ? On l’ignore toujours.

Est-il dangereux ? Oui, quelques personnes en sont mortes. Mais est-il plus mortel que les autres membres de la famille covidienne ? C’est à cette question que l’expérience sud-africaine permet de répondre.


 
Dans ce pays de 60,4 millions d’habitants qu’est l’Afrique du Sud, la vague provoquée par l’Omicron correspond à un tsunami aussi brutal que bref.

Le nombre cumulatif de cas de Covid-19 est passé de 2,9 millions le 10 novembre à 3,4 millions hier. Ce qui correspond officiellement à 504 226 cas en 50 jours, soit en moyenne dix-mille cas par jour.

Le sommet de la contagion a été atteint le 12 décembre 2021 (avec ses 37 875 cas). Mais depuis, la contamination a chuté.

En somme, à peine un mois après son apparition, le tsunami de l’Omicron a commencé à perdre de sa force.

Au cours de son passage, a-t-il fait des ravages ?


 
Entre le 10 novembre et hier, le nombre cumulatif de morts du Covid-19 dans ce pays est passé de 89 435 à 91 061, soit 1 626 de plus en 50 jours. C’est une moyenne quotidienne de 33 décès.

C’est infiniment moins qu’au cours des vagues précédentes.

Rapporté à la taille de la population du Québec, cela correspond à 4,6 décès par jour. Au cours de la même période, il y a eu au Québec 164 décès en 48 jours, soit une moyenne de 3,4 par jour.

Toutefois, il faut se rappeler que la population d’Afrique du Sud est plus jeune que celle du Québec; l’âge médian y est de 28 ans.

De plus, le tsunami de l’Omicron a frappé ce pays au cours de la saison estivale puisque les saisons y sont inversées par rapport à nous.

Et finalement, le taux de double-vaccination y est de 26,6 %, compensé par une immunité acquise à la dure avec le variant Delta (qui y a fait des ravages en juillet et aout 2021).

Compte tenu de cela, dans quelle mesure l’expérience sud-africaine est-elle pertinente au Québec ?

On peut anticiper une augmentation très importante des cas en raison de l’extrême contagiosité de l’Omicron.

Déjà, du 11 au 28 décembre 2021, le nombre quotidien de cas au Québec est passé de 1 690 à 11 762, officiellement. Dans les faits, c’est certainement beaucoup plus en raison des délais excessifs à obtenir un rendez-vous de dépistage.

Au cours de cette période, la proportion des cas causés par l’Omicron passait d’environ 20 % à 92,6 %.

Puisque l’infection à l’Omicron provoque souvent des symptômes légers chez le vacciné qui ne durent que trois ou quatre jours, une partie de ceux qui réussissent à obtenir un rendez-vous y renoncent le temps venu. Ce qui fait qu’ils ne sont jamais officiellement comptabilisés comme des cas.

Au cours des semaines qui viennent, l’augmentation des hospitalisations devrait être moindre qu’anticipée puisque la contamination massive (et voulue) du personnel des hôpitaux québécois devrait servir de repoussoir à une bonne partie de la population qui, autrement, s’y présenterait.

Contrairement au nombre de cas, on peut se fier au nombre actuel des admissions aux soins intensifs. Du 11 au 28 décembre, elles sont passées de 68 à 122. À la même date l’an dernier, on en comptait 148.

L’Omicron déferle sur le Québec depuis trop peu de temps pour qu’on ait la certitude de sa responsabilité à ce sujet. D’autant plus que l’expérience de pays comme l’Afrique du Sud, le Danemark et la Grande-Bretagne — où l’infection à l’Omicron a été beaucoup moins sévère qu’avec le variant Delta — porte à croire que cette augmentation pourrait s’expliquer autrement.

Par exemple, il suffirait que le nombre véritable de cas au Québec soit beaucoup plus élevé que celui compilé par les centres de dépistage — une hypothèse que personne ne peut exclure — pour que l’augmentation du nombre de contaminés au Delta, en nombres absolus, soit responsable de l’augmentation actuelle du nombre de personnes admises aux soins intensifs.

Puisque l’admission aux soins intensifs est le passage obligé entre la simple hospitalisation et le décès, si l’Omicron provoque moins de décès, il provoque nécessairement moins d’admissions aux soins intensifs. Donc ce n’est pas lui la cause de l’augmentation observée depuis la mi-décembre.

D’ici peu, l’Omicron aura complètement remplacé le variant Delta. Au mois de janvier 2022, on doit s’attendre à :
• une augmentation très importante des cas,
• une augmentation du nombre des hospitalisations de courte durée,
• une diminution probable des admissions aux soins intensifs, et
• une diminution marquée des décès.

Références :
Covid-19 in South Africa
Le variant Omicron : ce qu’on a appris depuis trois semaines
Que sait-on des hospitalisations causées par Omicron?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : durée de la quarantaine

Publié le 30 décembre 2021 | Temps de lecture : 4 minutes

Le premier de ce mois-ci, le New England Journal of Medicine publiait les résultats d’une étude américaine effectuée auprès de 173 personnes atteintes du Covid-19.

En mesurant la quantité de virus présents dans 19 941 échantillons prélevés dans leur bouche, leur gorge et leur nez, on a étudié l’évolution de leur charge virale.

Puisque les gouttelettes respiratoires émises par les personnes infectées proviennent de la fragmentation du liquide qui baigne leurs voies respiratoires supérieures, plus les virus y sont concentrés, plus leurs gouttelettes en contiennent, et plus ces personnes sont contagieuses.

Contrairement à l’idée généralement admise, il n’existe pas de temps contact avec une personne contagieuse qui soit sécuritaire et au-delà duquel il faudrait se placer en quarantaine.

À l’époque où ces mesures ont été effectuées (du 28 novembre 2020 au 11 aout 2021), plusieurs variants circulaient aux États-Unis. Si on se limite aux 36 participants atteints par le variant Delta, 25 d’entre eux étaient vaccinés alors que 11 ne l’étaient pas. Ce qui correspond, en gros, à la proportion des personnes vaccinées ou non aux États-Unis à cette époque.

Entre la contamination (c’est-à-dire le moment où on attrape le virus) et le moment de la contagiosité maximale, le temps fut à peu près le même chez les vaccinés et ceux qui ne l’étaient pas, soit environ 2,5 jours.

Sans savoir si cela était une coïncidence, le groupe des vaccinés se divisait en deux sous-groupes; le premier dont la charge virale maximale était atteinte en deux jours et l’autre en trois jours.

Chez les non-vaccinés, l’infection dura en moyenne 10 jours, soit 7,5 jours après le maximum de la charge virale.

Chez les vaccinés, elle dura 8,5 jours, soit 6 jours après le maximum de la charge virale.

Toute centrée sur l’évolution de la charge virale, cette étude ne nous précise pas combien de jours après l’apparition des symptômes on peut s’estimer guéri du Covid-19.

En d’autres mots, en elle-même, cette étude ne nous permet pas de savoir combien de temps on devrait s’isoler après avoir noté l’apparition des symptômes.

Heureusement, d’autres études nous l’ont appris; il s’écoule deux jours entre la contagion au Delta et l’apparition des symptômes. Ce qui signifie que la quarantaine au variant Delta devrait durer huit jours chez les non-vaccinés après leurs premiers symptômes et 6,5 jours chez les personnes complètement immunisées.

Ceci étant dit, tout cela concerne le variant Delta, encore très présent au Québec. Dans les semaines qui viennent, l’Omicron deviendra le moteur de la pandémie.

Or ce qu’on sait de ce dernier, c’est qu’il est plus contagieux que le variant Delta et qu’il est moins virulent.

Parmi les choses qu’on n’a pas encore précisées, il y a la cinétique de sa prolifération; en d’autres mots, après combien de temps peut-on considérer en être guéri ?

À défaut de le savoir, si on applique le principe de précaution, on présumera que la quarantaine à l’Omicron devrait durer comme celle au variant Delta, soit huit jours après le début des symptômes ou, chez les personnes asymptomatiques, après le premier test positif.

Références :
Le variant Delta ou l’accélération de la vague
Le variant Omicron : ce qu’on a appris depuis trois semaines
Viral Dynamics of SARS-CoV-2 Variants in Vaccinated and Unvaccinated Persons

Parus depuis :
Omicron – Les gens infectés peuvent être contagieux jusqu’à dix jours, dit Dre Tam (2022-01-18)
COVID-19 : les aînés pourraient être contagieux plus longtemps (2022-01-19)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le tsunami de l’Omicron au Québec

Publié le 24 décembre 2021 | Temps de lecture : 6 minutes

Introduction

Si on en juge par l’expérience sud-africaine, la pandémie à l’Omicron est un tsunami; brutal et bref, affectant beaucoup plus sévèrement les personnes qui ne sont pas immunisées contre le Covid-19.

On compte officiellement 38 personnes infectées par le Covid-19 au Québec par cent-mille habitants, soit presque le double de la moyenne canadienne (21 personnes). Toutes les autres provinces sont sous cette moyenne, tirée vers le haut par le Québec.

Comment en sommes-nous rendus là ?

Naviguer à l’aveugle

Le renseignement est le fondement de la stratégie.

En mai 2020, nous avions qualifié de plaisanterie la campagne dite ‘massive’ de dépistage du Covid-19 au Québec, originellement de 14 000 tests par jour (équivalent à 0,16 % de la population québécoise).

En deux ans de pandémie, les autorités sanitaires du Québec ont négligé de se doter d’une capacité de dépistage digne de ce nom.

De nos jours, le nombre maximal de tests effectués par les laboratoires de Santé publique est de 50 000 par jour (équivalent à 0,6 % de la population québécoise).

Ce pouvoir lilliputien de dépistage est incapable de faire face à une crise, peu importe son importance.

Aux rentrées scolaires de 2020 et de 2021, nous avions suggéré qu’à défaut d’imposer le port du masque, il fallait tester tous les écoliers deux fois par semaine.

Cette suggestion s’appuyait sur les recommandations de l’Harvard Global Health Institute et de la Rockefeller Foundation, auxquels s’est ajoutée l’Organisation mondiale de la Santé en 2021.

Si cette suggestion avait été retenue, avec la fermeture des écoles, il aurait été possible de réaffecter cette capacité de dépistage à la population en général à l’arrivée de l’Omicron.

De l’aveu même des autorités sanitaires, elles ont maintenant perdu le contrôle du dépistage et de la recherche de contacts.

Ça fait dur.

Mais d’où provient cette explosion du nombre de cas ?

L’école, creuset de l’épidémie

Lors de la 2e vague — qui correspondait, en gros, à l’année scolaire 2020-2021 — c’est l’école qui fut le lieu principal de la propagation du Covid-19 au sein de la population.

Au cours de la vague actuelle, l’école le fut davantage.

Selon l’INSPQ, la deuxième vague s’étendait du 23 aout 2020 au 20 mars 2011, soit pendant sept mois. Quant à la quatrième vague, elle a cours depuis le 18 juillet 2021, soit depuis cinq mois.


Nombre cumulatif de cas de Covid-19 chez les mineurs au Québec

  2e vague 4e vague
Nombre de cas chez les 0 à 9 ans 21 267 cas 25 200 cas
Nombre de cas chez les 10 à 19 ans 31 656 cas 21 477 cas
Pourcentage représenté par les 0 à 9 ans 8,8 % 18,9 %
Pourcentage représenté par les 10 à 19 ans 13,1 % 16,1 %

En raison de la protection offerte par la vaccination (avant l’apparition de l’Omicron), le nombre cumulatif de cas a été moindre chez les adolescents au cours de la quatrième vague. Par contre, ce fut pire chez les écoliers du primaire, pour lesquels aucun vaccin n’était disponible jusqu’à tout récemment.

La population adulte a également bénéficié de la protection vaccinale. Si bien qu’avant l’arrivée de l’Omicron, les mineurs (surtout les enfants) ont représenté une proportion plus grande des cas, passant de 21,9 % des cas au Québec à 35,0 % (18,9 % + 16,1 %) le 23 décembre 2021.

Et ce, après un sommet de 38,5 % atteint le 13 décembre, avant la fermeture graduelle des classes pour le temps des Fêtes.

Ce qui était vrai de la deuxième vague, l’est encore plus pour la quatrième; l’école a été la plaque tournante de la propagation de l’épidémie.

Ceci étant dit, chez les mineurs, les données de l’INSP sont une grossière sous-estimation. Particulièrement à l’école primaire où on a manqué de tests, de préposés au dépistage, et même de formule de consentement parental.

Un contexte propice à l’explosion des cas

Avec un variant qui se propage aussi rapidement que l’Omicron, la qualité première d’une campagne de dépistage efficace, c’est la réactivité. Seuls des tests dont les résultats s’obtiennent en quelques minutes sont appropriés.

Effectuer des tests analysés en laboratoire dont les résultats sont communiqués deux, trois ou quatre jours après le prélèvement, cela est complètement inutile pour combattre la pandémie.

Combinez premièrement une campagne de dépistage inopérante, deuxièmement une distance sanitaire abolie ou réduite à un mètre, troisièmement l’abolition de l’obligation de porter le masque à l’école primaire (depuis le début) et aux autres écoles (depuis novembre), et vous avez la recette idéale pour permettre l’explosion des cas; les écoliers qui se contaminent entre eux se transforment alors (parce que très souvent asymptomatiques) en chevaux de Troie de la pandémie.

Finalement, toute la lutte sanitaire du Québec contre l’Omicron reposait alors sur le lavage des mains, une mesure d’une efficacité douteuse puisqu’aucune étude n’a réussi à démontrer que dans les faits, le Covid-19 se propage par le toucher.

Références :
Covid-19 : une rentrée scolaire idéale en 2020
Le dépistage ‘massif’ du Covid-19 au Québec : une plaisanterie
«La deuxième vague au Québec, c’est l’école qui l’a déclenchée» -Dr Karl Weiss
Le laisser-faire sanitaire à l’école primaire québécoise
L’« explosion » Omicron balaie le pays
Rentrée scolaire 2021 : l’OMS se réveille
Une rentrée scolaire sans dépistage (ou presque) au primaire

Parus depuis :
Des centaines de rendez-vous pour le dépistage de la COVID annulés (2021-12-30)
« Maman, je pense que je vais mourir » (2022-01-26)
« L’école ne nous dit plus rien » (2022-01-28)
Plus de 2 millions de Québécois auraient eu la COVID-19 depuis décembre (2022-02-09)
Plus d’un adulte sur quatre infecté par la COVID-19 au cours de l’hiver (2022-05-09)
Les trois quarts des Québécois ont contracté le virus (2022-10-15)

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Travailler malade du Covid-19 en établissement de Santé

Publié le 23 décembre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

En octobre dernier, le ministre de la Santé du Québec avait, à juste titre, ordonné la vaccination obligatoire de tous les travailleurs de la Santé. Mais il avait dû y renoncer en raison de l’opposition syndicale à cette mesure.

À l’époque, la solution de compromis du ministre prévoyait qu’on n’imposait plus aux travailleurs de la Santé la vaccination obligatoire en contrepartie de l’obligation pour les non-vaccinés de se faire tester deux fois par semaine.

Le principe qui guidait l’action ministérielle, c’était d’éviter que des personnes vulnérables attrapent le Covid-19 du personnel soignant.

Grâce aux tests, 3 650 travailleurs de la Santé étaient en quarantaine vendredi dernier. Leur nombre est passé à 4 223 lundi et à 5 185 hier, soit une augmentation de 42 % en six jours.

Au plus fort de la crise sanitaire, au printemps 2020, leur nombre était de 12 000.

Au cours des deux années écoulées depuis le début de cette pandémie, la Santé publique du Québec ne s’est toujours pas dotée d’une capacité de dépistage adéquate, limitée à 50 000 tests par jour. Soit l’équivalent de 0,6 % de la population québécoise.

Débordées à l’arrivée du variant Omicron, les autorités sanitaires annoncent que dorénavant, seules les personnes symptomatiques pourront se faire tester auprès de leurs centres de dépistage.

Ce qui signifie que les travailleurs de la Santé contagieux mais asymptomatiques pourront continuer de travailler parce qu’on n’aura jamais la preuve qu’ils sont atteints.

Même dans le cas des travailleurs de la Santé déclarés positifs (donc contagieux), Radio-Canada a appris que le ministère de la Santé songe à les maintenir au travail afin de limiter les coupures de service.

Références :
Covid-19 : la cigale québécoise
Date limite de vaccination : le repli stratégique du ministre Dubé
Des masques N95 réclamés pour le personnel de la santé au Québec
Le dépistage ‘massif’ du Covid-19 au Québec : une plaisanterie
Québec songe à maintenir au travail des employés de la santé infectés

Parus depuis :
Des centaines de rendez-vous pour le dépistage de la COVID annulés (2021-12-30)
Plus de 2 millions de Québécois auraient eu la COVID-19 depuis décembre (2022-02-09)
Le cercle vicieux des vagues de COVID-19 à répétition (2022-07-18)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Tests rapides et réceptions familiales au temps des Fêtes

Publié le 21 décembre 2021 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

Dans les jours qui viennent, par l’intermédiaire d’environ deux-mille pharmacies, le gouvernement québécois rendra disponibles, gratuitement, des tests rapides pour détecter le Covid-19.

Le quota mensuel est fixé à cinq tests rapides par personne, jusqu’à épuisement des stocks.

Cette décision est excellente.

Avec ou sans symptômes ?

Lorsqu’on nous dit que les tests rapides doivent être utilisés seulement chez les personnes qui éprouvent des symptômes suggérant l’infection par Covid-19, cette recommandation n’est pas basée sur la science.

Lorsque le Covid-19 est apparu, les experts l’ont classé parmi les coronavirus particulièrement dangereux, appelés ‘bêta-coronavirus’.

Cette catégorie comprenait déjà deux représentants; les virus du SRAS et celui du Syndrome respiratoire du Moyen-Orient.

Chez les personnes atteintes par n’importe quel des deux, sans symptômes, on n’était pas contagieux.

Les experts ont présumé que cela devait être la même chose pour le Covid-19.

Mais bientôt, on s’est rendu compte que le Covid-19 faisait exception; depuis plus d’un an et demi, les études scientifiques ont prouvé qu’entre le tiers et la moitié des personnes contagieuses sont des porteurs asymptomatiques.

Pour ce qui est du variant Omicron, il est apparu trop récemment pour qu’on sache quelle est la proportion des personnes contagieuses asymptomatiques dans son cas à lui.

Combien de convives à une réunion du temps des Fêtes?

Les directives sanitaires à ce sujet varient de pays en pays parce que ce sont des choix arbitraires; tout ce que la science dit, c’est que la foule la plus sécuritaire est une foule d’une personne (sic).

Mais il peut avoir plein de raisons qui justifient qu’on tienne quand même une réunion familiale en temps de pandémie. Ma suggestion est de ne pas dépasser le nombre maximal permis par les autorités sanitaires.

Et durant cette réunion, on appliquera les recommandations d’usage.

Les voyageurs internationaux

Jusqu’à tout récemment, les personnes qui voulaient prendre l’avion devaient fournir la preuve d’un test négatif passé moins de trois jours plus tôt.

Dernièrement, les Pays-Bas ont décidé de vérifier si ces mesures étaient suffisantes; on a testé les passagers à leur arrivée d’un vol de 11h30 en provenance d’Afrique du Sud; 61 des 592 passagers étaient positifs au Covid-19.

Conclusion : seuls les tests effectués très, très récemment sont fiables en raison de la vitesse fulgurante avec laquelle l’Omicron se propage et se développe.

Tester au dernier moment

Il est tout à fait normal de se tester avant de participer à une réunion familiale durant le temps des Fêtes. Symptomatique ou non.

Quant aux tests, je recommande de les utiliser au dernier moment. Concrètement, le dernier moment c’est l’instant où la personne qui vous reçoit met les aliments au four ou c’est le moment où on s’apprête à s’y rendre.

Si le test est positif, on l’avise qu’on ne viendra pas. Et s’il est négatif (donc qu’on viendra), on le lui dit quand même pour la rassurer.

Il ne fait aucun doute à mon esprit que cette pandémie aura une fin. Et c’est alors qu’on organisera la plus extraordinaire fête de notre vie…

Soyons patients.

Références :
Covid-19 : évaluation actuelle de l’importance des porteurs asymptomatiques
Jusqu’à quel point les tests rapides sont-ils efficaces?
Le Covid-19 et les réunions du temps des Fêtes
Le variant Omicron : ce qu’on a appris depuis trois semaines

Paru depuis :
Tests rapides et masques: Québec invité à se mettre au diapason de la science (2021-12-24)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La vaccination au stade Olympique : à éviter

Publié le 17 décembre 2021 | Temps de lecture : 5 minutes
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S’il vous est possible de prendre rendez-vous ailleurs, évitez la vaccination au stade Olympique de Montréal.

Partout au Québec, le protocole élaboré par les autorités sanitaires prévoit l’obligation pour chaque personne de retirer le masque qu’elle porte afin d’en enfiler un neuf, fourni gratuitement.

À Cowansville, par exemple, la file d’attente se trouve à l’extérieur du centre de vaccination. Et c’est à l’extérieur, plus précisément à l’entrée, qu’un préposé offre un masque neuf à l’aide d’une pince.

Parfois, pour prendre un peu d’avance, ce préposé remonte dans la file plutôt que de rester à la porte. Dans tous les cas, le changement de masque s’effectue à l’extérieur, au grand air.

Ce n’est pas le cas au stade Olympique.

Après avoir fait la file dans un large couloir intérieur relié au métro, on franchit une porte. Et c’est là, dans un passage de quelques mètres de large — toujours à l’intérieur — que les gens sont obligés de retirer leur masque pour en mettre un neuf.

Pendant quelques secondes, à visage découvert, chaque personne respire quelques-unes des gouttelettes respiratoires laissées par les centaines ou les milliers de personnes qui l’ont précédé à cet endroit précis, dont quelque-uns sont nécessairement des porteurs asymptomatiques du virus.

Actuellement, le taux de positivité au Covid-19 est d’environ 5 % pour la région de Montréal. De plus, la proportion des contagions causées par le variant Omicron est d’une personne sur cinq.

Donc, sur cent Montréalais, quatre sont actuellement atteints par le variant Delta et un est atteint par l’Omicron. Et parmi ces gens, une proportion inconnue est constituée de porteurs asymptomatiques.

Le 6 avril 2021, je devais recevoir ma première dose de vaccin au stade Olympique. Mais j’ai rebroussé chemin parce qu’on m’obligeait de retirer mon masque N95 pour mettre un simple masque de procédure. J’ai plutôt choisi de me faire vacciner en pharmacie.

Les pharmaciens n’obligent le changement de masque qu’aux gens qui se présentent avec des masques non sécuritaires. C’est ainsi que je n’ai pas eu à retirer le mien.

Ce matin, j’avais de nouveau pris rendez-vous au stade Olympique afin de recevoir ma troisième dose. J’espérais que les choses s’étaient améliorées.

Cette fois, mon masque était un N99. En somme, la crème de la crème.

Mais j’ai de nouveau rebroussé chemin après qu’on ait exigé que je le retire afin de me conformer ‘au protocole’.

Lorsque les autorités sanitaires révisent leurs procédures, jamais on ne demande l’avis des préposés afin de découvrir les problèmes qu’ils ont rencontrés dans l’accomplissement de leurs tâches.

Seuls les cadres sont consultés. L’opinion d’un ‘vulgaire’ préposé n’intéresse personne.

Ceci étant dit, si un préposé a pris l’initiative de rapporter un problème, on en tiendra compte si le cadre a fait remonter l’information jusqu’au sommet de la pyramide décisionnelle. Sinon, on n’en entend jamais parler.

Voilà pourquoi j’en parle publiquement. Parce que huit mois après le 6 avril, rien n’a changé.

Faire changer de masque à tout le monde est un risque inutile. Comme les millions de risques inutiles auxquels la Santé publique a soumis la population en déconseillant le port du masque pendant des mois.

En réalité, seules les personnes qui se présentent avec des masques non sécuritaires (les masques à valve, ceux abimés, ceux tricotés en Phentex™, etc.) devaient être obligées de changer de masque.

Et même dans ces cas, jamais dans un espace clos.

Au stade Olympique, la Santé publique devrait embaucher deux préposés de plus dont la tâche serait de déceler, dans la file d’attente, les porteurs de masques inadéquats.

Lorsqu’un changement serait nécessaire, un préposé devrait retenir la place de la personne concernée dans la file d’attente, tandis que l’autre l’accompagne à l’extérieur pour le changement de masque.

Voilà comment on fait les choses correctement.

Compte tenu de la contagiosité fulgurante des plus récents variants du Covid-19, cette faille dans le protocole sanitaire devrait être corrigé dans les plus brefs délais.

D’ici là, évitez si possible la vaccination au stade Olympique.

Références :
État de la situation – ile de Montréal
La première vaccinée du Canada a contracté la COVID-19
Le N95 protège mieux que le masque médical, selon une experte des aérosols

Paru depuis :
Le CSSDM autorise le port du masque N95 à la demande du ministère (2022-01-18)

Postscriptum du 21 décembre 2021 : Dans les deux pharmacies Pharmaprix où j’ai reçu mes trois doses de vaccin, on n’oblige les gens à changer de masque que s’il est sale ou inadéquat. Je présume que dans toutes les pharmacies du Québec, on fait preuve d’autant de jugement.

Ceci étant dit, comme à Cowansville, on peut aller dans un des centres de vaccination mis sur pied par la Santé publique. Mais absolument pas dans ceux où on oblige tout le monde à retirer son masque ailleurs qu’au grand air.

Donc n’hésitez pas à rebrousser chemin et à prendre rendez-vous dans une pharmacie s’il s’avère que la Santé publique vous oblige à changer de masque dans un endroit clos, comme c’est le cas au stade Olympique.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : la nécessité d’une enquête au sujet de Santé publique du Québec

Publié le 13 décembre 2021 | Temps de lecture : 7 minutes
Mesures sanitaires recommandées au cours de la première vague

À la lumière d’aujourd’hui, presque tout ce que dit le Dr Arruda dans ce clip vidéo est faux :
• l’utilité du masque n’est pas limitée aux personnes symptomatiques ou aux travailleurs de la Santé qui œuvrent auprès d’eux,
• tousser dans son coude et se laver les mains ne sont pas les meilleurs moyens de lutter contre la transmission du Covid-19,
• en avion, ces deux mesures sont nettement insuffisantes,
• il est faux de croire que le Covid-19 n’atteint sévèrement que les personnes en mauvaise santé,
• même s’il existe des facteurs contributifs, il est également faux de prétendre que la durée de la maladie dépend de la condition physique préalable de la personne atteinte,
• il est faux de dire que le décès par le Covid-19 est limité aux personnes prédisposées,
• mais il est vrai qu’en absence de vaccin et de traitement curatif, la majorité des personnes atteintes guériront d’elles-mêmes.

La Santé publique, limace décisionnelle

On ne connait pas la date de la publication de ce clip vidéo.

Évidemment, il est facile de critiquer des mesures sanitaires anciennes à la lumière de ce qu’on sait aujourd’hui. Mais qu’en était-il autrefois ? En somme, y a-t-il déjà eu un temps où cela semblait vrai à la lumière des études publiées jusque-là ?

La réponse est non; il n’y a jamais eu l’ombre d’une preuve scientifique qui justifiait ces affirmations sauf la dernière.

La seule différence entre ce que nous savions au tout début de la pandémie et aujourd’hui, c’est qu’autrefois on ne savait pas si c’était vrai et qu’aujourd’hui on sait que c’est faux.

Prenons l’exemple du masque.

Le 10 avril 2020, je publiais le texte ‘Covid-19 : la nécessité du port du masque’. Ce texte était appuyé par plusieurs études scientifiques probantes.

De nos jours, la Santé publique est également de cet avis. Mais à quel moment s’en est-elle rendu compte ?

En juin 2020, la Santé publique ne recommandait pas le masque à la population en général. Sauf dans les situations où il lui était impossible de respecter la distance sanitaire. En somme, deux mois plus tard, si elle connaissait l’existence de ces études, elle choisissait encore de les ignorer.

En novembre 2020, en prévision du temps des Fêtes, elle ne recommandait toujours pas le port du masque lors des rassemblements. C’est pourtant plus de sept mois après que la science eut démontré formellement l’efficacité du port du masque.

Bref, il y a un écart inacceptable entre le moment de la publication d’études scientifiques et leur prise en compte par les autorités sanitaires au Québec.

Les éclaireurs de la littérature scientifique

Dans le jargon militaire, on appelle éclaireurs, les personnes envoyées en reconnaissance pour préciser la position des troupes ennemies.

Dans le cas de la guerre sanitaire contre le Covid-19, on peut se demander si les autorités sanitaires ont constitué des groupes de lecture chargés de dépouiller la littérature scientifique et d’informer formellement les décideurs quant aux plus récentes découvertes médicales.

Normalement, chaque journée aurait dû commencer par une revue des études scientifiques publiées la veille et un résumé de leurs conclusions.

À la cellule de crise constituée pour conseiller le premier ministre, ou aux réunions où on décidait des politiques sanitaires, prévoyait-on un temps pour la présentation des plus récentes découvertes scientifiques ? De plus, a-t-on demandé aux ‘éclaireurs’ si les mesures qu’on s’apprêtait à prendre étaient de nature à s’avérer efficaces compte tenu de ce qui se faisait déjà ailleurs ?

Des enquêtes trop limitées

Le gouvernement de la CAQ a ordonné la tenue de trois enquêtes au sujet de la réponse québécoise au Covid-19; l’enquête de la Protectrice du citoyen, l’enquête du Bureau du coroner, et l’enquête de la Commissaire à la Santé.

Malheureusement, ces trois enquêtes sont limitées à l’hécatombe survenue en CHSLD (l’équivalent québécois des Ehpads français).

Le mois dernier, la protectrice du citoyen publiait son rapport. On n’y trouve rien au sujet de la prise en considération de la science par les autorités sanitaires du Québec. Ce n’était pas son mandat.

La coronaire Géhane Kamel n’a pas non plus le mandat d’enquêter sur le fonctionnement interne de la Santé publique du Québec.

Quant à la Commissaire à la santé, son rôle sera d’évaluer la performance du réseau de la santé, spécifiquement (donc limitativement) pour la gestion des soins et de l’hébergement des ainés dans le cadre du Covid-19. Bref, rien qui l’autorise à enquêter sur les lacunes des autorités sanitaires.

Bref, ces trois enquêtes ne nous apprendront rien du mystère qui entoure l’adoption des mesures sanitaires par la Santé publique du Québec.

Est-ce que les autorités sanitaires du Québec feront mieux la prochaine fois ? Sauront-elles prendre les décisions appropriées si un virus complètement différent devait nous frapper un jour ?

En définitive, est-il normal qu’on doive attendre que celle-ci nous frappe pour le découvrir ?

Conclusion

Jusqu’ici, le Covid-19 a fait deux fois plus de morts (par million d’habitants) au Québec que dans les provinces anglophones du Canada.

Ce fiasco ne s’explique pas seulement par la fragilisation de nos établissements de Santé causée par la réforme Barrette et le sous-financement chronique des CHSLD.

Il s’explique également par le combat rétrograde de la Santé publique du Québec contre le port du masque, contre les tests de dépistage rapides, et contre les purificateurs d’air de type HEPA. Bref, contre tout ce qui aurait pu nous protéger.

En prévision d’une pandémie complètement différente qui pourrait survenir un jour, il nous faut mettre en place des mécanismes qui feront en sorte que les autorités sanitaires, même aussi incompétentes que celles d’aujourd’hui, seront encadrées de manière à prendre les meilleures décisions possible.

Pour instituer cela, il nous faut comprendre les lacunes actuelles et envisager les moyens d’y remédier.

Voilà pourquoi il faut instituer une enquête sur le fonctionnement interne de la santé publique du Québec.

Rétroactivement, lorsqu’on lit les textes publiés sur ce blogue au sujet de cette pandémie, il n’est pas normal que le citoyen Jean-Pierre Martel apparaisse mieux renseigné, scientifiquement, que ceux qui sont grassement payés pour nous protéger.

Références :
Covid-19 : la nécessité du port du masque
Covid-19 : l’OMS et les mesures sanitaires non prouvées
Histoire d’un fiasco – la lutte québécoise contre le Covid-19
La COVID-19 dans les CHSLD durant la première vague de la pandémie
Résumé des mesures à prendre contre le Covid-19
Une publicité déplorable

Parus depuis :
Il faut revoir le casting pandémique (2021-12-28)
Plus de 2 millions de Québécois auraient eu la COVID-19 depuis décembre (2022-02-09)
La santé publique cherchait comment justifier le couvre-feu, 6 heures avant l’annonce (2022-03-02)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Covid-19 et les réunions du temps des Fêtes

Publié le 7 décembre 2021 | Temps de lecture : 4 minutes
Se protéger de la contagion des autres est plus simple qu’on pense…

Introduction

Au cours d’une réunion familiale, l’idéal est que tout le monde soit vacciné. Toutefois, même lorsque cela fait consensus, la grande majorité des familles comptent actuellement des membres dont l’immunité est sub-optimale.

Qu’il s’agisse des tout-petits (pour lesquels il n’existe pas encore de vaccin), des enfants de 5 à 11 ans qui n’auront pas eu le temps d’être doublement vaccinés, et des nombreux adultes dont l’immunité a commencé à perdre de sa vigueur.

Et surtout, on doit se rappeler que les personnes parfaitement immunisées contre le Covid-19 ‘classique’ peuvent quand même attraper ses variants les plus récents — comme s’il s’agissait d’une grippe saisonnière dans bien des cas — et les transmettre à d’autres.

Le masque

Le Covid-19 s’attrape en respirant les gouttelettes respiratoires d’une personne contagieuse. Or celle-ci se transforme en ‘fontaine à Covid’ dès qu’elle parle, crie, chante, tousse ou éternue.

Le port du masque est la meilleure manière de bloquer l’émission des gouttelettes respiratoires émises par celle-ci.

Mais après deux ans de pandémie, il arrive qu’on rencontre des gens qui portent des masques dont l’aspect témoigne qu’il est porté depuis beaucoup trop longtemps. Par exemple, des masques chirurgicaux dont la surface s’effiloche.

Puisqu’il est indélicat d’en faire la remarque, les personnes qui ont l’intention de recevoir pour le temps des Fêtes devraient commander dès maintenant des masques N95 afin de les placer bien à la vue dans le vestibule ou l’entrée de leur domicile.

D’eux-mêmes, les invités qui ont de vieux masques se feront un plaisir de se procurer un masque bien meilleur que celui qu’ils possèdent.

L’aération

Favorisez le renouvèlement de l’air ambiant en ouvrant légèrement quelques fenêtres. Quitte à placer des chaufferettes à proximité, pour le confort de vos invités frileux.

Laissez allumée votre hotte de cuisine, de même que celle de votre salle de bain.

Si vous possédez un ou plusieurs purificateurs d’air de type HEPA, faites-les fonctionner là où l’air est stagnant.

Le niveau sonore

Plus une personne contagieuse parle fort, plus elle émet des gouttelettes respiratoires.

En temps de pandémie, on devrait éviter toute musique d’ambiance. Ceci dans le but d’éviter que les invités aient à hausser la voix pour être entendus.

Cette année, se sont donc les rires de vos invités qui serviront de musique d’ambiance.

Minimiser le temps à visage découvert

Quitte à devancer l’heure du repas, évitez de servir des boissons, des croustilles et des amuse-gueules au cours de la soirée. Ce qui obligerait vos invités à retirer leur masque.

Ceux qui désirent griller une cigarette, ou boire une bière ou un verre de vin, devaient être invités à le faire sur votre balcon ou à l’extérieur.

À table, ce sera différent. Les invités devraient y être dispersés ou par groupes réunissant des gens qui habitent habituellement sous le même toit.

Conclusion

Aux siècles passés, il y a eu des épidémies récurrentes (de peste ou de choléra, par exemple). Mais dans toute l’histoire de l’humanité, il n’est jamais arrivé qu’une pandémie se soit maintenue en boucle pendant un grand nombre années.

En d’autres mots, l’époque dans laquelle nous vivons aura une fin.

De nos jours, on peut espérer l’apparition d’un variant extrêmement contagieux, mais totalement dépourvu (ou presque) de la virulence du Covid-19, y compris chez les non-vaccinés.

Puisque les pays riches promettent des vaccins aux pays pauvres sans tenir leurs promesses, c’est un virus comme cela qu’il nous faudrait pour varioliser rapidement le Tiers-Monde et provoquer ainsi la fin de cette pandémie.

D’ici là, il nous faut maintenir le cap, être prudents, et faire preuve de créativité pour éviter les occasions de nous contaminer.

Ne lâchons pas.
 

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : évolution au cours des onze premiers mois de 2021

Publié le 1 décembre 2021 | Temps de lecture : 2 minutes

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.

Tableau comparatif des pays les plus atteints au premier jour de certains mois, en nombre cumulatif de morts par million d’habitants

Pays Jan. Mars Mai Juil. Sep. Oct. Nov. Déc.
Pérou 1136 1403 1843 5753 5918 5944 5963 5984
Bulgarie 1099 1491 2382 2620 2751 3046 3534 4152
Bosnie-Herzég. 1249 1552 2620 2965 3014 3267 3567 3883
Macédoine du N. 1205 1509 2348 2633 2863 3208 3430 3644
Hongrie 1002 1561 2874 3113 3121 3136 3208 3606
Rép. Tchèque 1093 1909 2733 2825 2833 2839 2867 3091
Géorgie 634 884 1037 1338 1880 2255 2536 3046
Roumanie 826 1065 1474 1772 1812 1950 2521 2971
Brésil 916 1198 1901 2430 2712 2785 2833 2864
Croatie 968 1354 1746 2012 2046 2123 2272 2695
Slovaquie 412 1331 2148 2290 2297 2315 2388 2655
Arménie 953 1077 1391 1522 1636 1798 2147 2561
Argentine 954 1145 1407 2078 2452 2521 2535 2547
Lithuanie 588 1199 1463 1633 1706 1874 2213 2533
Slovénie 1312 1854 2048 2125 2140 2195 2287 2520
Colombie 850 1168 1446 2083 2427 2450 2467 2490
États-Unis 1074 1586 1776 1864 1980 2156 2299 2412
Belgique 1681 1899 2083 2163 2179 2197 2230 2317
Moldavie 746 987 1447 1539 1592 1691 1947 2273
Paraguay 315 445 899 1786 2182 2237 2242 2270
Lettonie 343 866 1145 1351 1385 1463 1759 2269
Mexique 971 1430 1668 1789 1987 2125 2206 2249
Pologne 766 1158 1796 1985 1994 2002 2038 2227
Italie 1235 1622 2004 2113 2142 2170 2189 2220
Royaume-Uni 1089 1805 1870 1878 1974 2002 2058 2122
Tunisie 398 674 907 1262 1968 2080 2107 2116
Ukraine 428 598 1021 1205 1240 1300 1568 1996
Chili 868 1075 1374 1690 1913 1940 1954 1982
Russie 394 592 757 931 1260 1426 1642 1893
Espagne 1087 1488 1672 1729 1806 1848 1868 1883
Équateur 790 888 1048 1206 1796 1822 1831 1845
France 991 1328 1601 1698 1751 1784 1798 1821
Portugal 685 1607 1669 1682 1747 1770 1788 1818
Grèce 469 629 1007 1224 1319 1434 1544 1762
Uruguay 55 175 766 1612 1730 1736 1742 1756
Panama 935 1341 1426 1493 1607 1643 1661 1670
Bolivie 780 989 1099 1417 1556 1578 1593 1613
Trinité-et-Tobago 91 99 122 610 927 1055 1216 1548
Iran 655 710 849 992 1272 1414 1480 1519
Afrique du Sud 484 836 908 1016 1371 1456 1479 1489
Suède 861 1265 1384 1436 1440 1457 1472 1485
Costa Rica 427 546 629 909 1073 1245 1363 1416
Autriche 693 948 1131 1182 1188 1214 1253 1383
Namibie 80 165 248 601 1305 1353 1366 1371
Québec 958 1214 1276 1321 1330 1340 1348 1364
Estonie 180 451 878 956 974 1022 1160 1358
Serbie 373 512 733 810 840 952 1153 1352
Suisse 882 1148 1221 1250 1260 1272 1288 1323
Liban 240 697 1074 1156 1187 1228 1254 1288
Allemagne 410 845 996 1089 1103 1120 1144 1219
Irlande 453 868 984 1001 1022 1048 1085 1138
Pays-Bas 672 908 1000 1033 1048 1058 1072 1132
Jordanie 376 460 862 947 1010 1039 1069 1124
Albanie 411 631 833 854 870 941 1020 1079
Eswatini 185 558 573 578 947 1038 1056 1060
Honduras 315 415 526 696 885 973 1012 1027
Botswana 18 150 323 483 939 982 996 1000
Malaisie 14 34 46 160 515 805 880 925
Turquie 248 337 476 584 667 752 828 900
Israël 365 626 692 689 760 833 869 879
Guatemala 263 350 412 507 656 743 822 868
Palestine 273 396 625 683 704 785 841 861
Jamaïque 101 142 260 360 516 628 753 804
Bahreïn 201 257 368 769 779 779 781 781
Libye 212 316 433 457 611 667 732 781
Oman 286 300 383 598 774 778 778 778
Azerbaïdjan 262 316 445 488 554 638 692 768
Cuba 13 29 58 115 476 661 728 734
Sri Lanka 10 22 32 145 437 602 639 667
Kazakhstan 94 120 168 230 495 589 635 665
RoC* 256 401 461 518 538 567 602 622
                 
Vietnam 0,4 0,4 0,4 0,8 121 197 225 258
Japon 27,4 62,5 81,1 117 127 140 145 145
Singapour 4,9 4,9 5,3 6,1 9,3 17,5 71,4 123
Corée du Sud 17,9 31,3 35,7 39,4 44,7 48,7 55,7 71,7
Taïwan 0,3 0,4 0,5 27,7 35,0 35,3 35,4 35,5
Hong Kong 19,7 26,7 27,8 27,9 28,0 28,1 28,0 28,0
Chine 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.

En novembre, les augmentations les plus importantes ont été rapportées dans la partie orientale de l’Europe.

Dans les Balkans : en Bulgarie (+618) et en Boznie-Herzégovine (+316). Également dans le Caucase : en Géorgie (+510), et en Arménie (+414). Puis en Europe de l’Est : en Roumanie (+450), en Ukraine (+428), en Croatie (+423), et en Moldavie (+326). Dans les pays baltes : Lettonie (+510) et Lithuanie (+320). Et finalement en Europe centrale : en Hongrie (+398),

Signalons qu’en Afrique australe (où le variant Omicron a été découvert), on ne note pas encore officiellement d’augmentation importante de la mortalité en dépit d’un taux de double-vaccination très bas : en Afrique du Sud (+10), en Namibie (+5), au Botswana (+4), et en Eswatini (+4).

Références :
Covid-19 : le nombre de cas en temps réel
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Covid-19 : pourquoi le nombre de cas augmente fortement à Singapour, l’un des pays les plus vaccinés
Données COVID-19 au Québec

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Écrit par Jean-Pierre Martel