Test comparatif : infrarouge à 720nm vs à contraste élevé

Publié le 19 septembre 2014 | Temps de lecture : 7 minutes

Préambule

Les capteurs des appareils photo ne sont rien d’autre que des compteurs de photons (c’est-à-dire de grains de lumière). Mais ils ne sont pas limités à la lumière visible. Si on enlève le filtre qui leur bloque l’infrarouge, ces capteurs comptent alors le rayonnement infrarouge comme si c’était de la lumière visible.

Si le rayonnement infrarouge ne cause pas de problème pour les capteurs, en revanche cela représente un défi pour les logiciels qui lisent les fichiers bruts des appareils infrarouges.

En effet, ces logiciels sont conçus pour lire le dénombrement enregistré dans les fichiers bruts et le répartir en couches rouge, bleu et vert. Or dans une image infrarouge, il n’y a ni rouge, ni bleu, ni vert. Si on devait demander à ces logiciels de nous créer une vraie photo infrarouge, celle-ci serait totalement noire puisque l’infrarouge est invisible à nos yeux.

Alors que font-ils ? Ils créent plutôt une fausse image en couleur. Par convention, elle est habituellement rouge ou violette mais elle serait bleue ou verte que ce serait tout aussi artificiel.

Les filtres infrarouges

La photographie infrarouge vise à capter le rayonnement compris entre 750nm et 1300nm. Plusieurs types de filtres peuvent être utilisés à cette fin.

On les distingue par la limite en deçà de laquelle la lumière est bloquée. Par exemple, on parlera d’un filtre de 590 nanomètres, 665 nm, 720 nm (les plus populaires), 850 nm ou 950 nm (dit à contraste élevé). Puisque la frontière entre la lumière rouge et les rayons infrarouges se situe aux alentours de 750 nm, les premiers filtres laissent passer le rouge profond, alors que les derniers bloquent complètement la lumière visible.

Puisque les capteurs des appareils photo numériques cessent d’être sensibles à l’infrarouge au-delà de 1300 nm, les photos infrarouges enregistrent donc le rayonnement entre 750 nm et 1300 nm, soit l’infrarouge rapproché.

Lorsque j’ai décidé de transformer mon appareil photo couleur en appareil infrarouge, j’ai choisi la conversion en infrarouge de 720nm. Tout simplement parce que c’était la plus populaire. Mais avais-je fait le bon choix ?

Pour en avoir le cœur net, je me suis procuré un filtre infrarouge de 950nm pour la somme de 8,50$, soit 6,6 euros. Vissé à l’objectif de mon appareil, il le transforme instantanément en appareil infrarouge de 950nm. En effet, si théoriquement l’appareil pourrait accepter la lumière comprise entre 720nm et 950nm, il ne la reçoit jamais puisqu’elle est bloquée par le filtre externe.

Conditions du test comparatif

Les photos qui suivent ont toutes été prises avec le même appareil, le même objectif, le même jour, et au même endroit. Lorsque deux photos sont comparées, elles ont exactement la même focale, le même ISO, et la même ouverture de diaphragme.

Ce qui les distingue, c’est deux choses. Premièrement, le filtre infrarouge — de 720nm à l’intérieur ou de 950nm à l’extérieur de l’appareil — et la vitesse d’obturation, considérablement plus lente pour le filtre de 950nm puisqu’il laisse passer beaucoup moins de lumière.

Tel quel (ou presque)


720nm et 950nm : réduction de la taille de l’image et recadrage seulement

Par défaut, toutes les photos infrarouges manquent de netteté. En dépit de l’augmentation du contraste des tons moyens effectuée au moment de l’importation de l’image sous Photoshop (clarté +80), le résultat est fade dans les deux cas.

La seule différence notable est que la photo de 720nm est légèrement sépia alors que celle de 950nm est bleutée; cette différence ne veut rien dire, comme nous l’avons vu en préambule.

De plus, le feuillage sur la photo prise à l’infrarouge dit « à contraste élevé » — la bleue — semble, au contraire, avoir légèrement moins de contraste.

Après ajustement


720nm et 950nm : après traitement avec Adjust de Topaz Labs

Sous Photoshop, avant la conversion en blanc et noir, j’ai l’habitude depuis quelque temps de traiter mes infrarouges à l’aide d’un logiciel d’appoint (plug-in) appelé Adjust de l’éditeur Topaz Labs. Le module s’appelle « Detail ». Grâce à lui, les photos ont plus d’impact.

Encore ici, le ciel semble plus foncé sur la deuxième photo. Mais à part cette différence, les deux sont assez semblables sauf, encore une fois, un peu moins de contraste dans la photo prise à l’infrarouge dit « à contraste élevé ».

Après suppression de la couleur


720nm et 950nm : + conversion en blanc et noir

720nm et 950nm : + conversion en blanc et noir

720nm et 950nm : + conversion en blanc et noir

Au-delà de nos préférences personnelles — et qui auraient pu être différentes si ces photos avaient été traitées différemment — ce qu’il faut retenir, c’est que sur les infrarouges de 950nm, les ciels sont plus foncés et le feuillage y est légèrement moins contrasté. Donc si on parle d’infrarouge à contraste élevé, c’est uniquement parce qu’au premier coup d’œil, les ciels sont plus sombres.

Autres différences

Reflets solaires avec filtre externe

Lorsqu’on photographie à contrejour, certains objectifs ont une tendance à capter des reflets du soleil, particulièrement lorsqu’on les prive d’un pare-soleil.

En vissant un filtre à ces objectifs, on augmente la probabilité d’obtenir de tels reflets. Cela est d’autant plus visible lorsqu’ils apparaissent sur des ciels plus foncés. Précisons que ces reflets, lorsqu’ils sont visibles, sont assez discrets; dans l’exemple ci-dessus, je l’ai vraiment fait par exprès.

Donc l’utilisation d’un filtre extérieur — peu importe lequel — augmente le risque de créer de tels reflets. Cela ne serait pas le cas si j’avais opté dès le départ pour une conversion à 950nm.

Milieu aquatique en infrarouge à 720nm

Plus de la moitié de l’énergie solaire est constituée de rayonnement infrarouge. Conséquemment, par temps ensoleillé, n’importe quel objectif fait l’affaire. Toutefois, dans les conditions de faible luminosité, la photographie infrarouge nécessitera l’emploi d’un objectif lumineux. Et ce qui pourrait être à peine suffisant pour l’infrarouge de 720nm, pourrait s’avérer impossible pour l’infrarouge de 950nm.

Dans le cas de cette mare à poissons, plutôt ombragée, il m’a été impossible de prendre des infrarouges de 950nm puisque le temps d’exposition dépassait souvent une demi-seconde alors que sous l’infrarouge de 720nm, il variait entre 1/30e et 1/500e de seconde.

Conclusion

Les photos obtenues avec des filtres infrarouges ordinaires ressemblent énormément à celles obtenues avec des filtres à contraste élevé. Ces derniers sont appelés ainsi parce qu’ils donnent des ciels et les surfaces d’eau plus sombres qu’avec des filtres qui laissent passer un peu de lumière visible.

La seule véritable différence entre les deux, c’est que les filtres à contraste élevé bloquent toute la lumière visible et suffisamment du rayonnement infrarouge pour nécessiter des temps d’exposition prolongés en comparaison avec les filtres de 720nm. Plus précisément, les filtres de 950nm laissent passer environ 24 fois moins de lumière vers le capteur que le font les filtres de 720nm.

Détails techniques : Appareil Panasonic GH1 transformé en appareil infrarouge de 720nm, objectif Lumix 14-42mm II
  1re photo : 1/800 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 14 mm
  2e  photo : 1/30 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 14 mm
  3e  photo : 1/1250 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 14 mm
  4e  photo : 1/40 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 14 mm
  5e  photo : 1/800 sec. — F/5,0 — ISO 100 — 16 mm
  6e  photo : 1/40 sec. — F/5,0 — ISO 100 — 16 mm
  7e  photo : 1/500 sec. — F/5,0 — ISO 100 — 22 mm
  8e  photo : 1/30 sec. — F/5,0 — ISO 100 — 22 mm
  9e  photo : 1/1250 sec. — F/6,3 — ISO 100 — 20 mm
10e  photo : 1/50 sec. — F/6,3 — ISO 100 — 20 mm
11e  photo : 1/50 sec. — F/5,0 — ISO 100 — 20 mm
12e  photo : 1/500 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 42 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La guerre civile syrienne et ses enjeux

Publié le 17 septembre 2014 | Temps de lecture : 6 minutes

Mise en contexte

Parmi les arguments secondaires invoqués par le gouvernement américain pour justifier la guerre en Irak auprès du peuple américain, il y avait cet espoir que l’Irak — une fois pacifiée et modernisée en se modelant sur ses envahisseurs bienveillants — serve d’exemple à l’ensemble des peuples de la région.

Complètement imprévu, le Printemps arabe est apparu comme une occasion inespérée pour la Droite américaine de justifier à postériori cette guerre et l’occupation militaire de l’Irak, devenues ruineuses et impopulaires.

Originellement motivé par un désir d’être respecté et d’être soustrait à l’arbitraire, le Printemps arabe a été présenté aux Américains comme un élan — non pas en faveur de la justice, ce qu’elle était originellement — mais plutôt en faveur de la Démocratie parlementaire à l’occidentale, un élan suscité par la démocratisation de l’Irak, ce qui est totalement faux.

Par le biais des agences de nouvelles, toute la machine de propagande américaine s’est employée à manipuler des milliers de participants sur les médias sociaux afin qu’ils encouragent les jeunes insurgés. De son côté, l’Arabie saoudite a usé de son influence sur le clergé de nombreux pays pour que la prière du vendredi se transforme en appel à la révolte.

Comme des dominos qui tombent les uns sur les autres, après avoir enflammé les pays musulmans qui bordent la Méditerranée, la révolte a finalement atteint la Syrie.

La Syrie, État pivot

Carte de la Syrie
 
La Syrie est un État multiconfessionnel qui, de ce fait, aurait été plus tôt en proie à des affrontements ethniques n’eut été l’autoritarisme sanglant de ses dirigeants.

Contrairement aux autres pays du Printemps arabe, la Syrie, une fois poussée à la guerre civile, est devenue le champ d’une bataille que se livrent des puissances étrangères.

En gros, il y a deux clans.

Du côté gouvernemental, il y a l’Iran et certains groupes irakiens chiites. Derrière eux, il y a la Russie et la Chine.

Du côté des insurgés, il y a le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie. Derrière ceux-ci se trouvent les États-Unis et l’Europe occidentale.

Le clan gouvernemental

La Syrie est le principal allié arabe de l’Iran. C’est par le biais de la Syrie que l’Iran achemine armes et financement au Hezbollah libanais (de confession chiite).

La Russie est le principal fournisseur d’armes du régime de Bachar el-Assad. Non seulement la Syrie est le client et le seul allié qui lui reste dans la région, mais c’est à Lattaquié qu’est construite la seule base maritime russe en Méditerranée.

Le clan des insurgés

Situés de part et d’autre du Golfe persique, le Qatar est rival de l’Iran dans l’exploitation d’un des principaux champs gaziers du monde, situé à cheval entre les deux pays. Afin d’acheminer son gaz naturel vers l’Europe, le Qatar projetait la construction d’un gazoduc partant de ce pays et qui aurait traversé l’Arabie Saoudite, la Jordanie et la Syrie. De son côté, afin d’acheminer le gaz de ce même gisement à partir de son territoire, l’Iran projetait la construction d’un gazoduc traversant plutôt l’Irak et la Syrie.

Ces deux projets avaient une chose en commun; la traversée du territoire syrien. Mais entre les deux, Bachar el-Assad a opté pour le projet de son allié, l’Iran. D’où la détermination des Qataris de le renverser à tout prix.

À la merci de la Russie pour son approvisionnement en gaz naturel, l’Europe occidentale ne gagne rien à se libérer de la Russie si c’est pour devenir dépendant au gaz iranien. Voilà pourquoi, elle n’a pas d’autre choix que de se ranger derrière les Qataris.

Mais ce faisant, l’Europe joue un jeu extrêmement dangereux. Au cours de la guerre en Irak, deux pays servaient de tampons pour freiner le flot des réfugiés irakiens en direction de l’Europe : la Syrie et la Turquie.

En déstabilisant la Syrie, la Turquie devient le seul tampon qui protège l’Europe de l’invasion de centaines de milliers de réfugiés provenant d’une région mis à feu et à sang par des puissances étrangères.

La Turquie, parfaitement consciente de la montée de son importance stratégique, a acheminé 47 tonnes de matériel militaire aux insurgés.

Pendant des siècles, l’Europe — surtout l’Autriche — a vécu dans la peur d’une invasion ottomane. Ironiquement, c’est maintenant le contraire; le continent européen dépend, entre autres, de la Turquie pour sa sécurité.

Sans avoir besoin d’adhérer à l’Union européenne, la Turquie pourra bientôt monnayer la dépendance à son égard en exigeant des traités bilatéraux Europe-Turquie qui lui seront favorables.

La guerre civile syrienne fait partie d’un grand processus de déstabilisation du Moyen-Orient. Cette déstabilisation a pour but de créer des occasions d’affaires pour l’industrie militaire et empêcher les pays producteurs de pétrole d’appliquer leurs revenus à des fins autres qu’à leur propre défense et à la poursuite de leurs intérêts stratégiques.

Longtemps clients de l’industrie de la torture syrienne, les États-Unis n’ont plus besoin d’elle puisqu’ils la pratiquent maintenant ouvertement.

Ils aimeraient un changement de régime en Syrie parce qu’ils veulent que ce pays cesse d’acheminer des armes et du financement iranien aux milices du Hezbollah; ces dernières déstabilisent le Liban et se servent de ce pays comme base opérationnelle pour attaquer son allié le plus important de la région, Israël.

Référence : Guerre civile syrienne

Paru depuis :
If the Castle Falls: Ideology and Objectives of the Syrian Rebellion (2015-12-21)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quelques autres penjings

Publié le 16 septembre 2014 | Temps de lecture : 2 minutes
Micocoulier de Chine, 50 ans (don de Wu Yee Sun)
Orme de Chine, 35 ans (don de Wu Yee Sun)
Grenadier, 80 ans (don du Gouvernement de Chine)
Orme de Chine, 60 ans (don de Wu Yee Sun)
Osmanthe, 15 ans (créé au Jardin botanique de Montréal)
Sagérétia, 85 ans (don de Wu Yee Sun)
Orme de Chine, 60 ans (don du Gouvernement de Chine)

En été, le Jardin de Chine offre le cadre idéal pour mettre en valeur quelques-uns parmi les centaines de penjings que possède le Jardin botanique de Montréal.

Même si on peut admirer des arbres nains chinois à longueur d’année dans la serre climatisée qui leur est consacrée, ils n’y bénéficient pas du décor pittoresque et de l’espace dont ils disposent au Jardin de Chine.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Voigtländer 25mm F/0,95 + filtre Hoya à densité neutre ND8
1re photo : 1/1600 sec. — F/0,95 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/320 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/1000 sec. — F/0,95 — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/800 sec. — F/0,95 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/1000 sec. — F/0,95 — ISO 200 — 25 mm
6e  photo : 1/200 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/500 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 25 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quelques penjings

Publié le 14 septembre 2014 | Temps de lecture : 2 minutes
Orme de Chine, 80 ans (don de la ville de Shanghai)
Érable trident, 45 ans (don de Stanley M. Chinn)
Murraya paniculé, 215 ans (don de la Société de bonsaï et de penjing de Montréal)
Gardénia Cape Jasmin, 25 ans (créé au Jardin botanique de Montréal)
Orme de Chine, 110 ans (don de Wu See-Sun)
Pin sylvestre, 10 ans (don de Cheng Xiao Hua)
Orme de Chine, 50 ans (don de la ville de Shanghai)

Si les Égyptiens furent les premiers à cultiver des arbres en pot, les Chinois furent les premiers à les cultiver pour des raisons esthétiques et ce, dès la dynastie des Han (-206 à 220).

Le mot utilisé par les Chinois est « penjing » : ses deux syllabes signifient respectivement « coupe ou plateau » et « paysage ». Il signifie la représentation d’un paysage dans une coupe.

Cela est évident lorsqu’on associe à l’arbre miniature une pièce d’eau, des roches ou des figurines. Cela l’est moins lorsque cet arbre est seul dans son pot, comme c’est le cas du bonsaï.

Autre distinction, la forme torturée du bonsaï est obtenue en contraignant les branches à suivre les lignes sinueuses imposées par des fils de métal qui courent autour de celles-ci. En principe, la forme du penjing ne serait déterminée que par la taille des branches.

Dans les faits, cette distinction entre les penjings et les bonsaïs tend à s’estomper au fur et à mesure que la recherche du résultat incite les éleveurs d’aujourd’hui à utiliser les mêmes techniques.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs Lumix 12-35 mm F/2,8 (les deux premières photos) et Voigtländer 25 mm F/0,95 + filtre Hoya à densité neutre ND8 (les autres photos)
1re photo : 1/400 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 26 mm
2e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 23 mm
3e  photo : 1/1250 sec. — F/0,95 — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/1600 sec. — F/0,95 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/3200 sec. — F/0,95 — ISO 200 — 25 mm
6e  photo : 1/400 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/640 sec. — F/0,95 — ISO 200 — 25 mm


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Fabergé, un joaillier académique

Publié le 11 septembre 2014 | Temps de lecture : 4 minutes
Coupelle (néphrite, or, saphirs et perles) et Gobelet & couvercle (néphrite, vermeil et rubis)
Charka (ou coupe à vodka) en héliotrope, or, émail et rubis
Étui à cigarettes (or et rubis)
Sceau (bowenite, or, vermeil, perles et calcédoine)
Calendrier perpétuel (néphrite, or, vermeil, émail et agate)
Broche Scarabée (grenat, or, diamants, rubis, émail et argent)
Bouton de sonnette (néphrite, or, argent, rubis et diamants)
Aubépine (néphrite, calcite rubanée, or, calcédoine, aventurine et corail)
Encrier (néphrite, or, vermeil, émail et cristal de roche)

Entre 1882 — l’année où il vendit un premier bijou à l’épouse du tsar Alexandre III — et 1918, soit l’année où il cesse toute production et s’enfuit en Suisse, il s’écoula 36 ans.

Il aura donc fallu à Fabergé moins de quatre décennies pour devenir le joaillier le plus célèbre de tous les temps. Et cette réputation, il l’a acquise non pas en faisant carrière dans la capitale culturelle de son temps — Paris, où toutes les modes étaient lancées — mais à partir de Russie, un pays qui s’était ouvert à la civilisation occidentale à peine quelques siècles plus tôt.

En plus de son centre de production à Saint-Pétersbourg, il n’eut de succursales qu’à Moscou (1887), Odessa (1901), Londres (1903) et Kiev (1906-10). Essentiellement, c’est donc un créateur d’Europe de l’Est disposant d’un comptoir à Londres, ce dernier étant plus accessible pour la famille royale britannique et les riches clients américains du joaillier.

À l’opposé de son contemporain Lalique — connu aujourd’hui comme verrier, mais qui devint célèbre d’abord à titre de bijoutier Art Nouveau — Fabergé n’est pas un innovateur.

Si Fabergé est capable de fantaisie et d’imagination, s’il peut s’illustrer par la virtuosité de son art — notamment par l’utilisation de 142 teintes d’émail, un record inégalé — il n’invente pas un style à lui dans ses compositions. Il pige çà et là dans le répertoire stylistique de ce qui est déjà connu.

Conséquemment, s’il est permis de parler de peintres « académiques », souvent eux aussi brillants et doués, on peut alors utiliser ce qualificatif en bijouterie : il convient parfaitement à Fabergé.

Essentiellement, Fabergé crée des objets d’une absolue perfection technique, parfois d’un luxe inouï, aptes à séduire l’aristocratie conservatrice de son temps.

Beaucoup de ses rivaux, desservant la même clientèle richissime que lui, n’ont pas su résister à l’apothéose du kitch de l’époque. Au contraire, Fabergé a toujours fait preuve d’un classicisme de bon goût qui permet à ses créations de bien traverser le temps.

Au sommet de sa gloire, Fabergé employait plus de 500 employés. Son entreprise produisit au total 200 000 objets d’art, bijoux et articles d’argenterie.

Sa production s’étend des œuvres d’art (que sont ses œufs pascals) jusqu’aux objets du quotidien : tabatières, calendriers, bibelots en forme d’animaux ou de plantes, bonbonnières, et jusqu’à des boutons de sonnette.

L’infime partie de ses créations qui a réussi à se rendre jusqu’à nous, atteint actuellement des prix inégalés sur le marché de l’Art. Un œuf impérial qu’on croyait perdu — et qui a été retrouvé cette année — se serait vendu pour vingt millions de dollars.

Il faut donc remercier le Musée des Beaux-Arts de nous offrir la chance d’observer de près les précieuses créations du bijoutier, créations à ce point merveilleuses qu’on ne remarque pas la scénographie par endroit insipide destinée à les mettre en valeur.

S’il vous est possible de voir cette exposition remarquable, je vous invite à le faire le plus tôt possible : elle se termine le 5 octobre 2014.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs Voigtländer 25 mm F/0,95 (la sixième photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 4000 — 25 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/5,6 — ISO 1250 — 40 mm
3e  photo : 1/100 sec. — F/5,0 — ISO 3200 — 40 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 40 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/5,0 — ISO 1600 — 40 mm
6e  photo : 1/200 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 40 mm
8e  photo : 1/80 sec. — F/5,0 — ISO 1600 — 40 mm
9e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 36 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Tabatière et cadre photo de Fabergé

Publié le 10 septembre 2014 | Temps de lecture : 2 minutes
Tabatière (entre 1899 et 1908)

Une tabatière est un objet contenant du tabac à priser. De style Art nouveau, celle-ci a été créée dans les ateliers de Fabergé à Moscou (selon le programme de l’exposition) ou à Saint-Pétersbourg (selon le carton qui l’identifie dans la salle où elle est exposée).

Haute de seulement 2,5 cm, elle est en feldspath brun décoré d’une plante rampante en or dont la fleur, également en or, est émaillée rose-orangé et jaune.

Tout autour courre une série de petites feuilles alignées, interrompue par un diamant, un rubis, une émeraude, un saphir et une perle.

Cadre Étoile (1896)

Trois ans après avoir inventé le film sur celluloïd, Georges Eastman commercialise en 1888 le premier appareil photo portable sous la marque « Kodak ». Son invention connaît un succès instantané.

Pour répondre à l’engouement pour les photographies, Fabergé réalise un large assortiment de cadres. Réalisé en or et en argent, celui-ci montre une photo de la seconde fille du tsar.

Il est formé de la superposition de deux triangles. Celui émaillé jaune brillant est guilloché en rayons de soleil tandis que l’autre, émaillé de blanc opalescent, est guilloché en ondulations. Le cadre interne circulaire est bordé de perles.

À la suite de l’abdication du tsar, les autorités soviétiques exilèrent la famille impériale en Sibérie. Après l’exécution du tsar, de son épouse et de leurs enfants en 1918, tous les objets qu’ils avaient apportés furent dispersés et disparurent. Sauf ce cadre. Il est le seul survivant de cette époque tragique.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 40 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 36 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Globe terrestre de Fabergé

Publié le 9 septembre 2014 | Temps de lecture : 2 minutes
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Une des prouesses de miniaturisation de Fabergé est ce bibelot — d’à peine 13,5 cm de hauteur — qui représente un globe terrestre.

Ce dernier est en cristal de roche et tout le reste est en or rose.

Sur le globe, les continents se distinguent par leur surface mate alors que les latitudes et longitudes sont gravées plus profondément. Le globe peut pivoter sur son axe inclinable.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

La calotte — qui cache le pivot situé au pôle Nord — indique le décalage horaire par rapport à une longitude d’origine.

On retrouve sur l’un ou l’autre des anneaux qui entourent le globe, les indications des mois, années et signes du zodiaque. L’anneau vertical, qui précise les latitudes, suit le globe lorsqu’on l’incline.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

À la base du trépied se trouve une minuscule boussole.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 60 mm F/2,8 (dernière photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/4,5 — ISO 3200 — 28 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/5,6 — ISO 4000 — 36 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 40 mm
4e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 60 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Bratina néorusse de Fabergé

Publié le 8 septembre 2014 | Temps de lecture : 2 minutes
Bratina (vers 1900)

En opposition à l’occidentalisation de l’art russe opérée par le tsar Pierre le Grand (1672-1725), un fort courant nationaliste s’est répendu en Russie au XIXe siècle. Ce courant trouve son apogée entre 1880 et 1910 dans le style dit néorusse; celui-ci touche l’ensemble des disciplines artistiques.

Ce mouvement est contemporain de l’Art nouveau et, tout comme lui, est une réaction à l’art académique et industriel de la fin du XIXe siècle. Il vise à inventer un nouveau langage décoratif en puisant dans les mythes, histoires et arts populaires du passé russe, de même que dans la réalité sociale et politique du pays.

Concrètement, dans les arts décoratifs, le style néorusse se caractérise par l’exubérance et la richesse de l’ornementation.

Il est illustré ici par ce bratina (ou bol à punch), large de 15,6 cm et haut de 14,3 cm. Ce bol est en vermeil. Par endroits, le métal est guilloché et recouvert d’émail de couleur émeraude. Ailleurs il est simplement satiné ou recouvert d’émail cloisonné ou champlevé. Il est serti de saphirs, émeraudes, rubis, grenats, topaze et perles.

Référence : L’art russe dans la seconde moitié du XIXe siècle : en quête d’identité

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm — 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 36 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Des poignées de Fabergé

Publié le 7 septembre 2014 | Temps de lecture : 2 minutes
Poignée d’ombrelle (bowenite, or guilloché, émail et perles)
Poignée d’ombrelle (bowenite, or et rubis)
Poignée d’ombrelle (cristal de roche, or rose, argent guilloché, émail et diamants)
Pommeau de canne (or, argent guilloché, émail et diamants)
Poignée d’ombrelle (aventurine, or, émail et diamants)
Poignée d’ombrelle (cristal de roche, or, argent, vermeil et rubis)
Pommeau d’ombrelle (néphrite, or, diamants et rubis)
Poignée de canne (cristal de roche, or, argent guilloché, émail, diamants et émeraudes)
Pommeau de canne (bowenite, or, argent guilloché, émail et diamants)

Au début du XXe siècle, il devient à la mode de se pavaner sur les boulevards chics de Saint-Pétersbourg, de Moscou ou de Londres avec une canne ou une ombrelle.

Profitant de la popularité de ces accessoires, Fabergé conçoit des pommeaux ravissants et luxueux où il associe généralement sa technique unique du travail de l’émail avec les métaux nobles et les pierres précieuses.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs Voigtländer 25 mm F/0,95 (la quatrième photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 40 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 36 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/2,0 — ISO 640 — 18 mm
4e  photo : 1/125 sec. — F/2,0 — ISO 2000 — 25 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 38 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 36 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 40 mm
8e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 40 mm
9e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 40 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les œufs de Fabergé au Musée des Beaux-Arts de Montréal

Publié le 6 septembre 2014 | Temps de lecture : 8 minutes
Entrée de l’exposition « Fabergé : joaillier des tsars »
Détail de « Fabergé Egg (Rose Treillis) » (2009)

Le grand panneau qui accueille les visiteurs à l’exposition « Fabergé : joaillier des tsars » est dominé par une toile intitulée « Fabergé Egg (Rose Treillis) », peinte en 2009 par le torontois Dorian Fitzgerald.

L’œuf représenté a été offert en 1907 par le tsar Nicolas II à son épouse. Il fait partie d’une série de 50 œufs impériaux dont 43 existent encore.

Le tout a commencé en 1885. Cette année-là, à l’occasion de Pâques, le tsar Alexandre III (le père de Nicolas II) offre à sa femme un œuf blanc de la taille d’un œuf véritable. Il est en deux parties. L’extérieur est en métal émaillé blanc mat et l’intérieur est tapissé d’or.

Ouvert, il révèle un gros jaune doré. Ce dernier contient à son tour une poule aux yeux de rubis. Son plumage est recouvert de quatre teintes de différents alliages d’or. Le dessus de la poule est amovible : celle-ci renferme un petit rubis en forme d’œuf suspendu à une réplique miniature de la couronne impériale.

Cet œuf faisait référence à deux traditions typiquement russes : celle d’offrir une coquille d’œuf peinte à la main à l’occasion de Pâques et celle des poupées russes de tailles décroissantes placées les unes à l’intérieur des autres.

La réaction enthousiaste de la tsarine en découvrant ce présent incita son époux à commander un autre œuf pascal à Fabergé l’année suivante, puis l’année d’après, et ainsi de suite.

Désireux de maintenir une telle commande, le joaillier créa des pièces de complexité croissante. À chaque fois, ni la destinataire ni même le tsar ne savaient quelle surprise était cachée dans l’œuf.

Œuf au Pélican (1898)

Offert en 1898 par Nicolas II à sa mère, l’Œuf au Pélican est en or rose. L’extérieur est gravé de différents motifs : aigles impériaux, couronnes de laurier, fleurs, etc.

Il est surmonté d’un pélican qui perce sa propre chair pour nourrir des oisillons (en émail, or, et diamants). La scène symbolise le dévouement d’une mère pour ses petits.

Au lieu de n’être qu’une coquille à l’intérieur de laquelle se cache une surprise, l’œuf est plein; il est composé de huit tranches verticales réunies par des charnières habilement dissimulées.

En se déployant, cet œuf révèle huit petits cadres ovales illustrant autant d’écoles ou d’orphelinats sous le patronage de la destinataire de cet œuf. Celui-ci célèbre le centenaire du patronage impérial d’institutions caritatives, une initiative de la tsarine Marie (épouse de Paul Ier).

Œuf de Pierre le Grand (1903), vu de face
Œuf de Pierre le Grand (1903), vu de l’arrière

Offert par Nicolas II à son épouse, l’Œuf de Pierre le Grand célèbre le 200e anniversaire de la fondation de Saint-Pétersbourg par celui-ci. Signalons qu’entre 1712 et 1917, cette ville était la capitale de la Russie.

Dans un décor rococo — un style apprécié par Pierre le Grand — on remarque quatre peintures sur ivoire protégées par une mince couche de cristal de roche qui épouse la courbe de la coquille. Elles représentent successivement Pierre le Grand, la première habitation de ce dernier dans la ville, son successeur Nicolas II, et le Palais impérial d’hiver — situé lui aussi à Saint-Pétersbourg — qui servait de résidence principale à la famille impériale.

L’œuf est en or de différentes teintes, en platine et en vermeil. Il est serti de diamants, de rubis, et d’ivoire.

À l’intérieur, on trouve une réplique miniature (en bronze doré sur un socle en saphir) de la statue de Pierre le Grand que Catherine II commanda au sculpteur français Étienne-Maurice Falconet. L’original se trouve à Saint-Pétersbourg depuis 1782.

Lorsqu’on ouvre l’œuf, un ingénieux mécanisme hausse la statue entourée d’une balustrade; la statue se profile alors sur l’intérieur du couvercle en émail guilloché doré. Elle redescend lorsqu’on ferme l’œuf.

Œuf du tsarévitch (1912)

De style néo rococo, l’Œuf du tsarévitch fut créé pour la Pâques 1912 et était destiné à l’épouse de Nicolas II. Il tire son intense couleur bleue du lapis-lazuli, orné d’or et de quelques minuscules diamants.

À l’intérieur, un aigle impérial russe (à deux têtes) en platine est serti de diamants et de cristal de roche. Décoré d’une peinture sur ivoire représentant l’héritier impérial, il repose sur une base en lapis-lazuli. Fait à noter, l’ivoire est peint recto-verso : à l’arrière, c’est donc l’arrière de la tête l’enfant qu’on voit.

L’année précédente, alors que la famille impériale était en vacances en Pologne, le tsarévitch fut atteint d’une hémorragie d’une extrême gravité et passa à deux doigts de la mort. Le thème choisi l’année suivante par Fabergé pour son œuf pascal eut une résonance particulière pour la famille impériale. En l’ouvrant, la tsarine fut saisie d’émotion et de tous les œufs qu’elle reçut du tsar, celui-ci demeura son préféré.

Œuf de la Croix-Rouge (1912)

D’un style inspiré par la Sécession viennoise, l’Œuf de la Croix-Rouge aux portraits impériaux a été offert à la mère de Nicolas II en 1915. À l’époque, celle-ci présidait la Croix-Rouge russe. L’œuf est en argent et en or guilloché recouvert d’émail nacré semi-transparent blanc ou rouge. Le texte en russe est une citation du chapitre 15 de l’épitre selon Saint Jean : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis

Tapissé de velours, l’intérieur renferme les cadres — en or, en nacre, peintures sur ivoire et en verre — de l’épouse du tsar, de deux de ses quatre filles, de la sœur cadette du monarque (décédée en 1960 en Ontario) et d’une cousine de Nicolas II. Toutes portent l’habit des sœurs de la Miséricorde qu’elles utilisèrent en servant d’infirmières au cours de la Grande Guerre.

À la Révolution, certains œufs ont été emportés par des proches de la famille impériale tandis que d’autres, confisqués par l’État, ont été vendus sous Staline (le Régime soviétique ayant alors besoin de liquidités). C’est ainsi que beaucoup d’œufs de Fabergé ont été achetés par des mécènes américains et se sont retrouvés dans des musées et collections privées des États-Unis.

La plus importante collection privée fut rassemblée par le businessmen Malcolm Forbes (décédé en 1990). En 2004, sa collection a été vendue à l’homme d’affaires russe Victor Vekselberg et transportée en Russie pour donner naissance au Musée Carl-Fabergé de Saint-Pétersbourg, ouvert depuis la fin de 2013. C’est ainsi que l’Œuf à la poule, à l’origine de cette série, est revenue dans son pays d’origine.

Les œufs de Fabergé présentés dans le cadre de l’exposition montréalaise sont quatre des cinq que possède le Virginia Museum of Fine Arts (l’autre étant l’Œuf aux miniatures tournantes, de 1896).

Références :
Fabulous Fabergé at the Montreal Museum of Fine Arts
Musée Fabergé de Saint-Pétersbourg
Œuf de Fabergé
Un oligarque russe ouvre un musée d’œufs de Fabergé

Paru depuis : Fabergé egg made for mother of Russia’s last tsar sells for £23m (2025-12-02)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 24 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 28 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 250 — 29 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 1250 — 18 mm
5e  photo : 1/100 sec. — F/5,6 — ISO 3200 — 40 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/5,0 — ISO 1000 — 26 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/5,6 — ISO 2500 — 40 mm

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