Fascination…

Publié le 29 octobre 2010 | Temps de lecture : 1 minute
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Un jeune couple assis dans un parc du quartier de l’Ancienne concession française de Shanghai. Et un téléphone portable…

Détails techniques :
Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm — 1/60 sec. — F/3,7 — ISO 100 — 16 mm. Image transformée sous Photoshop, à l’aide de quelques filtres de la version 4 d’Adjust, de Topaz Labs.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La photographie infrarouge

Publié le 28 octobre 2010 | Temps de lecture : 7 minutes
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À l’aide d’un prisme, on peut décomposer la lumière visible du soleil : cela donne un spectre presque continu qui va du rouge au violet.

Mais ce prisme fait plus que cela ; il extrait aussi des rayons invisibles à nos yeux. Au delà du violet, ce sont les rayons ultraviolets. À l’extrémité opposée, ce sont les rayons infrarouges. Ces derniers représentent près de la moitié de l’énergie émise par le soleil.

D’habitude, les appareils-photo sont dotés d’un filtre qui bloque la presque totalité des rayons infrarouges afin de capter des images conformes à ce que nos yeux perçoivent.

Dans l’image ci-dessus, on aperçoit la même scène, captée à gauche par un appareil-photo conventionnel, et à droite, par un appareil infrarouge. Dans ce dernier cas, on voit que la végétation réfléchit beaucoup de lumière. Si ces rayons n’étaient pas bloqués par un filtre, le feuillage serait trop pâle dans l’image à gauche.

L’équipement

Il y a deux moyens de photographier le rayonnement infrarouge.

Premièrement, on peut visser sur l’objectif une lentille qui bloque la lumière visible mais laisse passer les rayons infrarouges. Ces derniers seront à leur tour bloqués presque totalement par le filtre anti-IR à l’intérieur de l’appareil lui-même. On comptera ainsi sur la faible partie des rayons infrarouges qui auront réussi à se rendre jusqu’au capteur. On aura donc besoin d’un temps d’exposition extrêmement long, ce qui nécessite un trépied et des sujets immobiles.

Les premiers appareils-photo numériques étaient dotés de filtres anti-IR moins efficaces que ceux qui équipent les appareils d’aujourd’hui ; ils laissaient donc passer plus de rayonnement infrarouge. Si vous avez dans un placard un vieil appareil numérique inutilisé, vous pourriez le doter d’un filtre infrarouge (pour moins de 25$ ou 17 euros) et avoir la surprise de constater qu’il prend de meilleures photos infrarouges (en contrepartie de plus de grain) que votre appareil le plus récent.

Le deuxième moyen de prendre des photos infrarouges est plus coûteux mais donne de bien meilleurs résultats. C’est d’utiliser un appareil-photo infrarouge : celui-ci est un appareil conventionnel dont on a retiré le filtre anti-IR pour le remplacer par un filtre qui fait l’inverse, c’est-à-dire qui bloque la lumière visible mais laisse passer les rayons infrarouges.

Plusieurs types de filtres peuvent être utilisés à cette fin. On les distingue par la limite en deçà de laquelle la lumière est bloquée. Par exemple, on parlera d’un filtre de 590 nanomètres, de 665 nm, de 720 nm (les plus populaires), de 850 nm, ou de 950 nm (dit à contraste élevé). Puisque la frontière entre la lumière rouge et les rayons infrarouges se situe aux alentours de 750 nm, les trois premiers filtres laissent passer un peu de lumière rouge, alors que les deux derniers bloquent complètement la lumière visible.

En fait, à 950 nm, on bloque non seulement tout le visible mais également la très grande majorité du rayonnement infrarouge. En effet, 96% du rayonnement infrarouge solaire est compris entre 750 nm et 950 nm.

Puisque les capteurs des appareils-photo numériques cessent d’être sensibles à l’infrarouge au delà de 1300 nm, les photos infrarouges enregistrent donc le rayonnement entre 750 nm et 1300 nm, soit l’infrarouge rapproché.

Mais comment faire la mise au point d’un rayonnement qu’on ne voit pas ? C’est simple. Contrairement à nos yeux (qui ne voient que la lumière visible), les cellules photo-électriques des capteurs sont plus sensibles à l’infrarouge qu’à la lumière visible. Or puisque l’écran arrière des appareils-photo numériques reproduisent ce que le capteur voit, il affichera donc l’image destinée à être enregistrée. De plus, lorsque cet appareil dispose d’un viseur électronique (lui aussi connecté sur le capteur), ce dernier affiche la même image.

On trouvera sur eBay, des appareils-photos infrarouges de très bonne qualité. Leur prix varient généralement entre 200$ et 700$ (140 à 500 euros).

Pour une somme de 250$US (180 euros), certains fournisseurs offrent même de transformer l’appareil-photo que vous leur enverrez en appareil infrarouge : c’est donc un excellent moyen de donner une seconde vie à un appareil-photo numérique dépassé.

Une fois votre appareil transformé, on peut augmenter sa puissance à volonté en vissant sur l’objectif, une lentille infrarouge plus restrictive. À titre d’exemple, en ajoutant un filtre de 850nm ou de 950nm à un appareil bloquant déjà la lumière jusqu’à 720nm, on obtient un appareil qui se comporte exactement comme si on avait choisi de le transformer en appareil infrarouge plus sélectif dès le départ.

Mais l’inverse n’est pas vrai ; visser un filtre IR de 720nm à un appareil infrarouge doté d’un filtre interne de 920nm est complètement inutile puisque les rayonnements entre 720 et 920nm que laissera passer le filtre externe seront bloqués par le filtre interne. D’où l’importance de bien choisir son mode de conversion.

Afin de vous aider à choisir, on trouvera sur ce blogue, un test comparatif entre l’infrarouge de 720nm et celui de 950nm.

Le résultat

Strictement parlant, la photographie infrarouge est du domaine de la perception extra-sensorielle : elle permet de voir ce que la vision humaine ne peut capter. Toutefois, l’infrarouge rapproché suit de près la lumière rouge. Par conséquent, la photo infrarouge ne donne pas des images ésotériques, sans rapport avec la réalité, mais plutôt des images étranges. Dans le cas des paysages, on croirait la nature recouverte de givre.

De manière générale, les personnes photographiées en infrarouge ont un air cadavérique. Puisque l’atmosphère est remarquablement transparente aux rayons infrarouges, les paysages sont d’une netteté exceptionnelle, peu affectés par la pollution. Conséquemment, les ciels sont foncés, comme si on avait utilisé un filtre polarisant. À l’opposé, les nuages dispersent les rayons infrarouges et paraissent très pâles. Les plans d’eau sont particulièrement sombres. La végétation est éclatante tandis que les troncs d’arbres sont noirs.

Puisque les lumières fluorescentes (c’est-à-dire les néons) émettent peu de radiation infrarouge, ce type d’éclairage demandera des temps prolongés d’exposition.

Toute substance incandescente (par exemple, une ampoule au tungstène allumée) émet beaucoup de rayons infrarouges. De plus, n’importe quel objet chauffé à plus de 300 degrés Celsius (ou 572 degrés Fahrenheit) émettra des rayons infrarouges même s’il n’est pas incandescent.

Pour vous donner une idée de ce qu’on peut obtenir avec un appareil infrarouge, voici quelques unes des photos que j’ai prises en septembre dernier dans les parcs de Shanghai, à l’aide d’un appareil doté d’un filtre de 720 nm.

Cliquez sur une des imagettes ci-dessous pour l’agrandir


Détails techniques :
Photo double au début du texte :
À gauche : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45 mm — 1/1250 sec. — F/13 — ISO 640 — 14 mm
À droite : Canon Powershot G6 modifié pour faire de la photographie infrarouge

Les 21 imagettes ci-dessus : Canon Powershot G6 modifié pour faire de la photographie infrarouge.

Complément de lecture :
L’infrarouge pamplemousse rose
L’infrarouge rose rétro
L’infrarouge rose bonbon

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’infrarouge noir et blanc, veuillez cliquer sur ceci. Mais pour consulter l’ensemble des articles publiés sur ce blogue relativement à la photographie infrarouge couleur, veuillez cliquer sur cela.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les millionnaires chinois

Publié le 1 octobre 2010 | Temps de lecture : 2 minutes
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Publié en avril 2010, le Rapport Hurun analyse la distribution de la richesse en Chine.

Il y a 875,000 millionnaires dans ce pays, une augmentation de 6,1% par comparaison avec l’an dernier. Pour se qualifier à titre de millionnaire dans ce rapport, une personne doit posséder une richesse évaluée à au moins dix millions de yuans, soit 1,5 million de dollars canadiens ou 1,08 millions d’euros. Dans l’évaluation de leur fortune, on tient compte des investissements, des entreprises, des valeurs mobilières, des oeuvres d’art, etc.

Près de la moitié d’entre eux (48%) vivent dans l’une des trois villes suivantes : Beijing (151,000), Guangdong (145,000) et Shanghai (122,000).

Les millionnaires chinois ont une moyenne d’âge de 39 ans (15 ans de moins que les millionnaires étrangers) et 30% sont des femmes. Ils collectionnent les montres de collection (de marque Cartier, Bvlgari et Montblanc particulièrement) et les œuvres d’art traditionnel de Chine. Ils possèdent en moyenne trois voitures et 4,4 montres de luxe. Leurs loisirs sont principalement les voyages, le golf et la natation. Ils prennent 16 jours de vacances par année. Le tiers ne boit pas d’alcool et près de la moitié sont non-fumeurs.

Pour l’éducation de leurs enfants, ils préfèrent les lycées anglais et les universités américaines.

55,000 d’entre eux valent dix fois plus (soit au moins cent millions de yuans ou 15 millions de dollars canadiens ou 10,8 millions d’euros). Quant à ceux qui possèdent au moins un milliard de yuans (soit 150 millions de dollars canadiens ou 108 millions d’euros), ils sont au nombre de 1,900. Finalement, 130 Chinois possèdent une fortune évaluée à plus de dix milliards de yuans (soit 1,5 milliard de dollars canadiens ou 1,08 milliard d’euros)

Seuls les États-Unis comptent plus de millionnaires que la Chine.

Détails techniques : 
Panasonic GF1, objectif Lumix 20mm F/1,7 — 1/80 sec. — F/1,7 — ISO 100 — 20 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Carnet de voyage à Shanghai — Dernier jour

Publié le 26 septembre 2010 | Temps de lecture : 3 minutes
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Hier et aujourd’hui furent des journées tranquilles. Samedi, mon programme comprenait trois choses : passer chercher une gravure sur bois que j’avais fait recadrer, prendre possession d’une surchemise en soie taillée sur mesure et visiter le pavillon de l’Arabie Saoudite à l’Expo.

J’avais voulu visiter ce pavillon la dernière fois mais on cessait d’admettre des gens dans la file d’attente dès 19h45. Ce soir, je me suis présenté à 19h21 mais le tout avait été devancé de trente minutes. Conséquemment, j’arrivais donc six minutes trop tard. J’ai toujours aimé les pays qui changent les règles du jeu sans préavis : on ne s’y ennuie jamais. Ce soir-là, le prix de consolation, c’était un groupe saoudien qui interprétait, sur instruments traditionnels, la très belle chanson « Roulons-nous dans le sable chaud et aimons-nous jusqu’à demain, ma belle chamelle » ou quelque chose du genre, mon arabe laissant à désirer.

J’ai donc visité le pavillon des Philippines (banal), du Brunei Darussalem (5,5/10) du Cambodge (plutôt bien), du Sri Lanka (idem), du Pakistan (axé sur les femmes célèbres de ce pays et sur l’amitié avec la Chine), du Turkmenistan (banal), du Qatar (bien fait), du Maroc (extraordinairement beau) et d’Israël (centré sur une présentation d’un excellent film projeté sur écran parabolique).

Aujourd’hui, il a plu toute la journée. Je me suis engouffré dans un centre commercial et j’en suis sorti pour m’acheter un billet d’opéra chinois pour ce soir. En retournant à l’hôtel me changer (j’étais trempé à l’os), j’ai trébuché dans le métro et je me suis fendu l’arcade sourcilière gauche. Beaucoup de sang pour rien. Mais mon appareil-photo est intact.

Ce soir, l’opéra était un mélodrame d’époque. Gestes empathiques, sanglots et trémolos de voix, changements de décor à vue, au moins le quart de l’assistance qui mange ou qui parle à haute voix au cours de la représentation, spectateurs qui changent de siège en tout temps pour rejoindre les amis ou pour être mieux placés. Bref, tout un monde assez spécial.

Après les rappels, la Diva — déchargée des gerbes de fleurs qu’on venait de lui donner — chante pendant environ 15 minutes, sur le devant de la scène, des airs typiquement chinois, accompagnée du public qui en connait toutes les paroles.

Demain. ce seront les préparatifs pour le retour. Alors je ne publierai pas de billet. Celui-ci est donc le dernier de la présente série.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
Photo du haut : 1/80 sec. — F/5,1 — ISO 100 — 28 mm
Photo du milieu : 1/40 sec. — F/3,5 — ISO 100 — 14 mm
Photo du bas : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 45 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Carnet de voyage à Shanghai — Dix-neuvième jour

Publié le 25 septembre 2010 | Temps de lecture : 3 minutes
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Aujourd’hui, j’ai vraiment l’air étrange. Non seulement suis-je en chemise et cravate, mais en plus, j’écris ce billet dans le métro avec un stylo et du papier. Une Occidentale qui habite cette ville depuis plus d’une décennie m’a dit que je ressemblais à un inspecteur prenant des notes.

Sur la voie publique, tout le monde tape ses textes sur son téléphone portable. Certains hommes se laissent d’ailleurs pousser l’ongle des deux pouces — surtout le droit, qu’ils taillent en pointu arrondi — afin de faciliter la saisie du texte sur l’écran de leur téléphone (voir photo du bas).

Dans les couloirs du métro, une bonne partie des femmes seules marchent la tête baissée, comme des zombies, en consultant leur téléphone portable. Les autres ont cette démarche fière dont j’ai parlé plus tôt.

Les stations de métro sont rarement climatisées : par opposition, les wagons le sont presque toujours. Lors des journées chaudes que nous avons connues les deux premières semaines de mon séjour à Shanghai, il devait faire dix degrés Celcius de moins dans les wagons de métro. Brrrr !

On voit parfois des jeunes couples, assis enlacés, chacun consultant silencieusement son téléphone. J’imagine que s’ils ont quelque chose à se dire, le plus simple, c’est de se le texter.

Il n’est pas rare de voir sur la rue deux filles se tenir par la main ou entrecroiser leur bras. Un jeune homme peut passer le bras autour des épaules de son compagnon. Toutefois, dans ce dernier cas, cette marque d’affection n’est jamais réciproque ; c’est à dire que l’homme ainsi enlacé ne passe jamais le bras à la taille de celui qui lui a mis la main à l’épaule.

Les Shanghaiennes se maquillent peu. Elles s’épilent les sourcils et appliquent du mascara mais c’est tout. Quant au tatouage, il est rare ; sur des milliers de personnes que j’ai vues, seulement quatre portaient des tatouages visibles. Chez les hommes, la coloration capillaire est plus fréquente ici qu’ailleurs en Chine. Presque toujours, elle consiste à se colorer les cheveux brun. J’ai vu un gars avec les cheveux noirs et quelques mèches rouges.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
Photo du haut : 1/30 sec. — F/3,5 — ISO 200 — 14 mm
Photo du bas : 1/200 sec. — F/3,5 — ISO 100 — 14 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Carnet de voyage à Shanghai — Dix-huitième jour

Publié le 24 septembre 2010 | Temps de lecture : 4 minutes

Aujourd’hui fut la journée la plus intéressante de mon séjour à Shanghai. Pour la première fois, j’ai mis ce que je porte habituellement en voyage, soit des pantalons noirs, une chemise bleu pâle et une cravate appareillée. Et c’est cette tenue vestimentaire qui m’a permis d’établir la relation la plus amicale avec les Chinois que j’ai rencontrés.

En fait, un plus grand nombre de Shanghaiens m’ont adressé la parole aujourd’hui (en anglais ou en chinois) que dans tout le reste de mon voyage. On pourrait croire qu’une tenue aussi formelle établit une certaine distance. Eh bien non, paradoxalement.

Mon programme aujourd’hui, c’était de terminer mon circuit du nord de Shanghai, entammé hier. J’ai d’abord fait le Musée de la poste situé dans un édifice dont la terrasse (véritable but de ma visite) offre une vue superbe du nord du Bund et de Pudong.

Puis je fais la rue Qipu, située à proximité. Noire de monde, c’est une rue où on se procure des vêtements populaires à prix abordable. Et ce, dans un quartier ancien, aux maisons à deux étages, en bois, mais qu’on est en train de démolir. Fascinant de voir comment une activité commerciale intense peut coexister avec un effondrement urbain.

Puis je pars à la recherche d’un parc recommandé par un de mes guides touristiques mais dont l’accès est teriblement compliqué en raison des voies rapides qui l’encerclent. Je finis par aboutir dans un quaritier en démolition. Étonnamment, plein de gens y vivent toujours. On croirait une zone sinistrée, victime d’un tremblement de terre. Dans ces maisons encore debout dont certaines pièces sont éventrées, des gens sont toujours là. Peut-être parce qu’ils y ont vécu toute leur vie et qu’ils se sont jurés de la quitter seulement lorsqu’ils n’auront plus le choix, soit que leur nouvelle demeure, promise par les autorités, n’est pas encore disponible.

Toute une activité économique parallèle se développe en marge de cette démolition. Ici, on accumule les poutres de bois. Là, les portes et les escaliers. Bref, toute une économie souterraine, axée sur le recyclage, s’est développée.

Évidemment, quand un touriste occidental se pointe dans ce décor, c’est clair pour tout le monde qu’il s’est égaré. Je dois admettre que depuis au moins deux heures, je n’ai pas rencontré un seul Occidental. En d’autres mots, je suis vraiment dans la Chine profonde. Alors dans ce monde 100% chinois, on assiste à la confrontation de deux cultures.

D’un côté il y a moi, en route pour mon parc, et de l’autre, bientôt une vingtaine de personnes qui habitent les lieux et qui se réunissent autour de moi pour m’aider. Personne parmi eux ne parlent anglais. Et moi, je ne sais presque rien en chinois. Que va-t-il de passer ? D’abord moi, je n’ai pas besoin de leur aide. Je ne suis pas perdu : il y a bien un parc, là, au bout de cette ruelle, c’est écrit sur ma carte.

Mais les gens qui habitent de quartier depuis toujours, ils le savent bien que cette ruelle est un cul-de-sac. Alors je leur montre ma carte. Elle est précise, c’est clair et net : il y a un parc au bout de cette ruelle. Alors ils me laissent poursuivre ma route. Effectivement, au bout de cent pas, je dois me rendre à l’évidence : ils ont raison, cette ruelle ne mêne à rien. Alors je bifurque par cette autre ruelle. Je rencontre alors les même gens, que je salue d’un large sourire pour masquer ma déconfiture et je finis par tâtonnement par aboutir à ce fameux parc qui ne valait vraiment pas la peine de tant d’efforts.

Je prends le métro pour le Stade Hongkou et surtout le parc Luxun. Tout le côté ludique des Shanghaiens est résumé dans ce parc.

Ici des retraités jouent aux cartes. Là on y fait du pédalo en famille, on s’y baigne, on tricote, on fait la sieste ou du cerf-volant. Dans un bosquet, un musicien y joue du violoncelle chinois. Plus loin, un parc d’attraction amuse des enfants. Et dans une cacophonie des plus charmantes, des solistes, des chœurs et des ensembles instrumentaux composent spontanément et dans le plus merveilleux désordre, un hymne à la vie susceptible de rendre Dieu satisfait de sa création.


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Carnet de voyage à Shanghai — Dix-septième jour

Publié le 23 septembre 2010 | Temps de lecture : 2 minutes
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Équipé de la photo d’un bout de papier sur lequel j’ai griffonné l’horaire des autobus pour Zhouzhuang, je pars à l’aventure. Il pleut mais la météo prévue est du temps nuageux. Dans les faits, l’après-midi sera ensoleillée avec passages nuageux

Je me suis levé plus tôt et j’arrive à temps en taxi pour le départ de 10h. L’autobus mettra environ 90 minutes pour atteindre cette ville d’eau, une des plus célèbres de toute la Chine.

C’est M. Hui Guo Jiang, un Sino-Canadien de 76 ans rencontré le 10 septembre dernier au bazar de Yuyuan, qui m’avait recommandé de visiter cette ville (que je ne connaissais pas).

Située à 60 km de Shanghai, Zhouzhuang est une ville fascinante. Ses canaux, bordés de boutiques et de restaurants, sont beaucoup plus photogéniques que ceux de Sushou et de Luzhi (que j’ai visitées l’an dernier). On y trouve plusieurs palais séculaires qui nous permettent bien d’imaginer la vie nobiliaire de la Chine ancienne.

C’est une ville charmante qui méritait amplement la journée que je lui ai consacrée.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/30 sec. — F/4,5 — ISO 125 — 21 mm
2e photo  : 1/125 sec. — F/5,3 — ISO 100 — 30 mm
3e photo  : 1/20 sec. — F/4,0 — ISO 400 — 18 mm
4e photo  : 1/160 sec. — F/6,3 — ISO 100 — 22 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Carnet de voyage à Shanghai — Seizième jour

Publié le 22 septembre 2010 | Temps de lecture : 4 minutes
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Un typhon de passage dans cette partie du Monde a faut chuter les températures d’environ sept degrés, rendant tout a coup la visite de la ville beaucoup plus agréable. Je m’étais fixé pour la journée un programme très ambitieux dont de je n’ai réalisé qu’une partie. Comme toujours, c’est lorsqu’on s’y attend le moins qu’on a les plus belles surprises.

J’ai visité le nord de la ville. Mon programme commençait par la visite d’un ensemble de maisons traditionnelles recommandées dans un guide touristique. Malheureusement, à mon arrivée, on achevait de les détruire. Au lieu de prendre le taxi, comme prévu, pour me rendre au deuxième item au programme, j’ai plutôt décidé de visiter les environs.

Quelle merveilleuse idée. Je me suis retrouvé dans un quartier populaire sans prétention, un quartier qui respire la vie. Sur mon chemin, le parc Ghangshou. Dans ce dernier, je visite une galerie d’Art puisque ce parc abrite ce commerce. On y vend des peintures figuratives de la qualité de ce qu’on trouve dans notre salon des Métiers d’Art au Québec. Je suis étonné par les prix; une toile de 1,6 par 0,6 mètre que j’aurais achetée — s’il n’y avait pas eu le problème du transport — se vendait $120 (encadrement compris).

Le parc lui-même est un musée de sculptures figuratives. Dans la photo du haut, la sculpture n’est fixée au socle que par le côté externe du pied droit et les orteils du pied gauche. Tout le reste flotte, y compris la tablette, vissée par en dessous.

Puis je visite le Temple du Bouddha de jade. Tout autour de la cour intérieure du temple, et un peu partout dans son enceinte, les vendeurs de camelote s’affairent. Au second étage, dans le saint des saints, là où se trouve le Bouddha de jade blanc, des préposés se chargent de prendre les bouteilles d’huile achetées par les fidèles et de toucher ces bouteilles contre la statue sacrée. Instantanément, comme par magie, l’huile jaune devient jaune (sic), au grand émerveillement des croyants, surpris de voir que l’huile sacrée puisse réussir à ce point à prendre l’apparence d’une huile ordinaire.

Puis, à proximité, le long de la rivière Wusong, plus précisément sur la rue Moganshan, se trouvent des anciens hangars industriels convertis en galeries d’Art contemporain. Beaucoup de petites galeries et une foule d’artistes d’avant-garde représentés témoignent bien que Shanghai est devenue une pépinière de talents. J’y passe des heures et j’y serais resté plus longtemps si le tout ne fermait pas à 18h. Je dois y retourner samedi prochain chercher une gravure sur bois que j’ai achetée et qu’on va recadrer à mon goût d’ici-là.

En me rendant au métro, je tombe sur le Centre commercial Yuexing Furnishings, au moins deux fois plus grand que les Galeries d’Anjou où, sur quatre étages (photo du bas), on ne vend que du mobilier de chambre à coucher et de salon. Rien pour la cuisine ou la salle de bain. Je crois comprendre que chaque boutique est consacrée à un fabricant.

Détails techniques :
Photo du haut : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45 mm — 1/40 sec. — F/5,1 — ISO 125 — 28 mm
Photo du bas : Panasonic GH1, objectif Lumix 20 mm F/1,7 — 1/160 sec. — F/2,0 — ISO 100 — 20 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Carnet de voyage à Shanghai — Quinzième jour

Publié le 21 septembre 2010 | Temps de lecture : 3 minutes
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Hier soir, j’ai pris le repas du soir dans un restaurant japonais situé au Centre commercial Super Brand Mall de Pudong. Ce centre commercial est en face de la boutique Apple dont je vous ai parlé précédemment.

C’était la deuxième fois que j’y allais. Les Japonais ont vraiment le tour d’apprêter et de rendre appétissants les espèces en voir de disparition. Les Japonais ne sont pas fous; ils ont compris bien avant nous qu’il faut se dépêcher à en manger pendant qu’il en reste : après, il sera trop tard.

Mon aileron de nourrisson de dauphin (en d’autres mots, ma nageoire de dauphin de lait) était délicieuse, bien rosée à l’arête, et fondait en bouche. J’aurais aimé vous en faire goûter. Le dauphin de grain était moins cher sur le menu mais je n’avais pas confiance.

Moi, j’aime manger frais. Or avec les Japonais, tout est tellement frais. On croirait entendre encore le babouin se débattre dans la cuisine quand on vous apporte ses testicules fumantes dans votre assiette. Incidemment, je me suis toujours demandé s’ils font quelque chose avec le restant du singe; au moins de la soupe, j’espère. Le envieux diront que c’est un peu cher mais on doit comprendre que cette année, le prix du riz a triplé. Alors…

… soyons sérieux. On peut s’y assoir aux tables mais lors des deux seules fois où j’y suis allé, on m’a placé au bar qui entoure les chefs. Les plats défilent sous nos yeux. Selon la couleur de l’assiette, le prix varie de 5 à 25 yuans (de 90 cents à 4$), sauf le wasabi (la moutarde verte japonaise) qui est gratuite (voir les deux premières photos). À la fin du repas, la serveuse calcule l’addition à partir de votre pile d’assiettes.

Toujours hier, j’ai visité le Musée de l’histoire de Shanghai. Très intéressant. Utilisant une foule de moyens conventionnels, mais de manière ingénieuse : statues de cire grandeur nature, photos d’archives, décors de studio, maquettes des maisons patrimoniales, etc. (voir photo du bas, représentant une soirée à l’opéra).

Aujourd’hui, ma journée a été une récapitulation générale en vue d’une excursion éventuelle à Zhouzhuang, un village d’eau situé à 60 km de Shanghai. J’ai passé la soirée à l’Expo. J’y ai visité successivement le pavillon de la Suède (trop IKEA), celui de la Norvège (bien pensé), celui de l’Irlande (sympathique), celui des Pays-Bas (nul), celui du Canada (ludique), celui de l’Inde (mince), et du Népal (architecture traditionnelle spectaculaire).

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/30 sec. — F/3,5 — ISO 320 — 14 mm
2e photo  : 1/25 sec. — F3,5 — ISO 400 — 14 mm
3e photo  : 1/8 sec. — F/3,8 — ISO 800 — 17 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Carnet de voyage à Shanghai — Quatorzième jour

Publié le 20 septembre 2010 | Temps de lecture : 3 minutes
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Ce matin, en marchant sur le trottoir le long de la rue Yan’an, un motocycliste a klaxonné juste comme il passait à côté de moi. Le volume sonore de son klaxon était tellement fort — certainement plus de 150 décibels — que j’en ai eu mal à l’oreille droite pendant un bon dix minutes.

Je me rendais au métro pour aller au Parc du centenaire. C’est le parc le plus vaste de Shanghai. La partie sud-est est un parc à l’anglaise qui a la forme d’un blason de 1,8 km par 0,8 km. Il est plutôt plat et est bordé de tours résidentielles dont certaines ressemblent à des extra-terrestres (photo du haut). La partie nord-ouest du parc, appelée Place du Centenaire, est plus symétrique. C’est une version moderne du jardin à la française, d’environ un km carré. Dans l’ensemble, les arbres y sont encore trop jeunes, ce qui a pour conséquence qu’on y marche trop souvent au gros soleil. J’ai toutefois apprécié la Fontaine magique (une fontaine synchronisée au son de pièces instrumentales de musique classique) : je me suis promené entre les jets verticaux d’eau, ce qui a eu le résultat voulu de me mouiller de la tête aux pieds.

Je n’ai pas eu à décider combien de temps je devrais passer au Musée des sciences et des technologies : c’est fermé le lundi.

Puis, j’ai parcouru l’avenue du Centenaire. C’est le boulevard le plus large et le plus long de Shanghai (il fait 4 km de long). Par moment, ses trottoirs ont 20 mètres de large. Son côté Est est jalonné d’une série de jardins allongés, entourés d’un muret d’environ trois mètres (photo du centre). Ce sont de petits oasis de tranquillité relative (je dis relative puisqu’on ne peut échapper totalement au bruit des klaxons).

Partout dans ce quartier, on voit des tours à bureaux et des tours résidentielles (photo du bas) et, à l’occasion, des maisons de quelques étages seulement. Peu de ce qui s’y trouvait avant que Pudong ne devienne une zone économique spéciale, a échappé aux pics des démolisseurs.

De manière générale, Pudong a été conçu à l’époque où on croyait que l’avenir, c’était l’automobile. On y marche donc pour rien. Ce soir, en me rendant à la tour Jinmao, j’ai dû faire un détour équivalent à trois quadrilatères, des barrières et l’absence de voie réservée aux piétons nous empêchant de traverser ce boulevard, une fois rendu au niveau de ce gratte-ciel.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/320 sec. — F/8,0 — ISO 100 — 39 mm
2e photo  : 1/125 sec. — F5,1 — ISO 100 — 28 mm
3e photo  : 1/400 sec. — F/6,3 — ISO 100 — 14 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel