Bœuf haché, fourrure et matières fécales

Publié le 10 octobre 2012 | Temps de lecture : 4 minutes

Les bactéries pathogènes retrouvées dans le bœuf haché sont d’origine intestinale.

Il a y très longtemps, lorsqu’une cargaison de bœufs arrivait à l’abattoir, elle était traitée immédiatement afin de ne pas faire attendre le fournisseur.

Depuis, on a trouvé une manière plus efficace d’arriver au même résultat; c’est d’aménager d’immenses enclos autour des usines, de manière à y accumuler les animaux. Cette solution a l’avantage d’éviter non seulement l’attente du fournisseur — qui décharge immédiatement sa cargaison dans l’enclos qui lui est attribué — mais également celle de l’usine qui n’est jamais paralysée par une livraison qui arrive en retard sur l’heure prévue.

Très tôt, le sol de ces enclos devient une boue formée de terre, d’urine, et de matières fécales. Lorsque les animaux — fatigués par un long voyage ou par une attente interminable au soleil — décident de s’y étendre, leur fourrure s’imprègne de la soupe microbienne à leurs pieds.

Lorsque vient son tour d’être abattu, l’animal est amené dans l’usine où il est d’abord assommé à l’aide d’une décharge électrique (électronarcose) avant qu’être égorgé. Soulevé par les pattes, l’animal suspendu est « lavé » à la grande eau d’un boyau d’arrosage avant d’être dépecé.

Mais contrairement au porc, le bœuf est très velu. Le jet d’eau puissant déloge la grande majorité des matières fécales mais laisse des milliards de bactéries dans la fourrure du bovidé. Avant d’être écorché, toutes les coupes à la scie électrique — afin d’ouvrir l’animal pour lui retirer ses viscères ou afin de lui retirer cette fourrure — ont pour effet de pousser des bactéries à la surface de la viande.

Lorsque les parties moins nobles de l’animal sont transformées en viande hachée, ces bactéries se mêlent à la nourriture. D’où l’obligation de bien cuire la viande hachée industrielle.

Évidemment, on pourrait raser l’animal avant le nettoyage mais ce serait une solution longue et coûteuse. On pourrait également tremper la carcasse écorchée de l’animal dans un bassin d’eau bouillante mais cela cuirait la surface d’une partie de la viande qui perdrait alors l’apparence de la viande crue.

On pourrait aussi faire en sorte que le sol des enclos soit surélevé et nettoyé automatiquement des matières fécales : on n’empêcherait pas la contamination dans les camions de livraison (à bord desquels les animaux voyagent sur un peu de paille) mais celle, beaucoup plus importante, des enclos d’usines d’abattage.

Depuis l’incident du bœuf haché de XL Foods contaminée par des bactéries intestinales, des voix se font entendre en faveur de l’irradiation de la viande par des rayons gamma.

Cela se fait déjà pour d’autres aliments, mais pas pour la viande. En principe, l’idée est astucieuse. Mais il est à craindre que cette solution de facilité, associée à la diminution des inspecteurs fédéraux, justifie un abaissement des normes sanitaires des abattoirs puisque même la contamination grossière sera compensée par l’irradiation. Seul un petit « je-ne-sais-quoi » dans le goût du bœuf, présent en dépit de la cuisson, pourrait nous faire réaliser les conséquences de l’abaissement de ces normes sanitaires.

Lorsqu’on comprend les causes de la contamination à l’usine de XL Foods, on se rend compte que de tels incidents sont inévitables et sont appelés à se répéter tant que le mode de fonctionnement de tels usines ne sera pas remis en question.

D’ici là, tout bœuf haché ne devrait être consommé qu’après une cuisson complète. Quant aux tartares de bœuf, même dans les plus grands restaurants, ce sera toujours une manière élégante et savoureuse de jouer à la roulette russe.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le pitaya

Publié le 30 septembre 2012 | Temps de lecture : 2 minutes
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Le pitaya est le fruit comestible d’un cactus.

Ce dernier — dont le nom scientifique est l’Hylocereus undatus — ne pousse pas en terre mais se sert de ses racines aériennes pour se développer sur d’autres plantes, utilisées comme support. Il ne s’agit pas d’un parasite puisqu’il ne prélève pas de nourriture de son hôte.

Originaire probablement des zones sèches d’Amérique centrale, il a été introduit en Chine en 1645 et au Vietnam au XIXe siècle.

Sa fleur, qui ne s’ouvre que la nuit, est une des plus grosses fleurs de cactus. Comestible également, elle mesure 35 cm de long et 25 cm de diamètre. Son odeur rappelle celle de la vanille.

Pouvant peser jusqu’à 700g, son fruit donne l’impression d’être recouvert de grosses écailles roses se terminant par des bouts verts recourbés. Sa chair blanche est mouchetée de petites graines noires, faisant ainsi penser à la chair d’un autre fruit très connu…

Peu sucré (seulement 50 calories par 100 g) et presque pas acide (contrairement au kiwi), ce fruit — au goût peu prononcé — se mange très facilement puisque sa chair est tendre comme du melon d’eau (appelé pastèque en France) alors que sa pelure est très caoutchouteuse. On le consomme donc à la petite cuillère, coupé en deux, directement sorti du réfrigérateur.

On peut y ajouter quelques gouttes de jus de citron afin d’en relever le goût. On peut également le couper en cubes et le mélanger à de la crème glacée afin de l’alléger et en faire un dessert rafraîchissant.

Références :
Hylocereus undatus
Pitaya

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm F/2,8
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 31 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 12 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pour un registre des semences de maïs transgénique

Publié le 20 avril 2012 | Temps de lecture : 4 minutes

Pour la première fois cet été, on consommera du maïs frais produit au Québec sans savoir qu’il s’agit ou non d’une céréale génétiquement modifiée.

Après des essais concluants réalisés l’an dernier en Montérégie, Monsanto a décidé d’offrir cette année des semences de trois variétés de maïs transgénique : Tentation2, Obsession2 et Passion2. Il est à noter que le chiffre 2 permet de distinguer ces organismes génétiquement modifiés (OGM) de leur équivalent naturel.

La majorité du maïs québécois destiné à l’alimentation animale est déjà transgénique. Toutefois, des semences de maïs transgénique destiné aux humains sont commercialisées aux États-Unis depuis quatre ou cinq ans mais n’avaient pas été offertes jusqu’ici aux producteurs canadiens.

Selon une source généralement bien informée, citée par le quotidien Le Soleil le maïs frais transgénique américain est déjà vendu au Québec hors saison, de même qu’une bonne partie des courges américaines qui se retrouvent dans nos épiceries plusieurs mois par année.

Puisque l’immense majorité des Québécois attachent la plus haute importance à savoir ce qu’ils mangent, je suggère que toute personne qui vend ou achète des semences de maïs transgénique au Québec — que ce soit un fabricant, un grossiste, un distributeur ou un cultivateur — soit tenu d’inscrire toute transaction de semence de maïs transgénique (y compris toute utilisation) dans un registre qu’il devra mettre gratuitement à la disposition d’inspecteurs gouvernementaux et, moyennement des frais raisonnables, à la disposition de toute personne qui en fera la demande.

Chaque entrée dans ce registre devra préciser les coordonnées précises du fournisseur ou du client concerné par cet achat ou cette vente.

De plus, il devrait être interdit à quiconque d’acheminer du maïs frais transgénique à un distributeur de produits alimentaires en gros ou au détail (ce qui inclus toute épicerie ou marché public) sans que ce maïs soit préalablement conditionné de manière à ce que l’emballage porte en lettres rouges la mention « Maïs transgénique », représentant au moins 20% de la surface de l’emballage.

Quant au maïs frais et tous les aliments contenant de la farine de maïs importés de pays où du maïs transgénique est commercialisé sans déclaration obligatoire — par exemple, des croustilles américaines — ces aliments devront porter la mention « Peut contenir des OGM », en lettres rouges, représentant au moins 20% de la surface de l’emballage.

Toute tentative d’enlever cette mention, à quelque niveau que ce soit dans la chaine de distribution, devrait être passible de peines dissuasives.

Pour terminer, la vente en vrac (c’est-à-dire non emballé) de maïs frais transgénique devrait être interdite.

Ces mesures peuvent être implantée rapidement, sont peu coûteuses, et éviteraient aux consommateurs d’être incités à s’abstenir de consommer tout maïs frais en raison de l’impossibilité actuelle de distinguer le maïs naturel de celui qui ne l’est pas.

On doit avoir à l’esprit que toutes les études qui prouvent l’innocuité du maïs transgénique ont été effectuées par Monsanto et que cette compagnie n’a cessé de menacer de poursuite pour diffamation tous les chercheurs qui ont mis en doute la véracité de ces études.

Le 16 février 2012, on a déposé à l’Assemblée nationale une pétition ayant recueilli 14 454 signatures de citoyens préoccupés par la présence d’OGM dans les aliments. Les signataires ont essuyé une fin de non-recevoir de la part du ministre libéral de l’agriculture du Québec; ce dernier estime que l’étiquetage des OGM serait trop compliqué à instaurer. Signalons que cela est déjà obligatoire dans quarante pays.

Références :
Appel aux producteurs de maïs sucré «non OGM»
Du maïs sucré génétiquement modifié dans nos champs
On a le droit de savoir ce que l’on mange

Sur le même sujet :
La culture des OGM en Europe
Le maïs transgénique est-il inoffensif ?
Les OGM en Europe : ajustements législatifs
L’étiquetage obligatoire des OGM ou la quadrature du cercle
Un combat d’arrière-garde du gouvernement libéral

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’origine des boissons énergisantes

Publié le 19 mars 2012 | Temps de lecture : 2 minutes
L’auto promotionnelle Red Bull sur la rue Sainte-Catherine, à Montréal

Les boissons énergisantes — qu’on ne doit pas confondre avec les boissons énergétiques comme Gatorade qui sont utilisées par les sportifs — sont nées en Thaïlande.

Dans les années 1960, Chaleo Yoovidhya (fils d’une mère thaïlandaise et d’un père chinois) fonde T.C. Pharmaceuticals dans le but de produire originellement des antibiotiques, puis une boisson stimulante à base de caféine, de taurine et de glucuronolactone. Celle-ci devient rapidement populaire auprès des camioneurs et ouvriers du pays. Avec les années, la notoriété du produit se répand aux autres pays d’Extême-Orient mais pas au-delà.

En 1982, Dietrich Mateschitz, un entrepreneur autrichien, est assis au bar de l’hôtel Mandarin de Hong Kong. Intrigué, il remarque la bouteille colorée d’une boisson non-alcoolisée vendue par l’établissement. Il apprend que cette boisson à la caféine est très populaire en Asie. Pourtant, lui qui a beaucoup voyagé, n’en a jamais entendu parler.

Flairant la bonne affaire, il entre en contact avec Chaleo Yoovidhya et lui offre de commercialiser sa boisson en Occident à la condition que le nom thaïlandais du produit soit traduit en anglais : cette boisson sera donc connue chez nous sous le nom de Red Bull.

Un quart de siècle plus tard, Red Bull occupait environ les deux tiers du marché des boissons énergisantes. La fortune de son créateur, évaluée à cinq milliards$, fait de lui la troisième plus riche personne de Thaïlande et la 205e au monde.

Il y a deux jours, soit le 17 mars, Chaleo Yoovidhya est décédé dans la capitale thaïlandaise à l’âge de 80 ans.

Références :
Chaleo Yoovidhya
Dietrich Mateschitz
Thai billionaire who invented Red Bull energy drink dies in Bangkok, aged 89

Sur le même sujet :
Deux canettes de Red Bull : épilepsie
Teneur en caféine des boissons énergisantes

Détails techniques de la photo : 
Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm — 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 30 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le danger du lait cru

Publié le 22 février 2012 | Temps de lecture : 3 minutes

Aux États-Unis, trente États permettent la vente de lait cru sur leur territoire : la loi fédérale américaine en interdit toutefois le transport entre les états et la vente d’un état à l’autre.

Selon une étude du Centers for Disease Control and Prevention (CDCP), l’incidence d’intoxications alimentaires causées par le lait cru est 150 fois plus élevée que celles causées par le lait pasteurisé. De même, l’incidence d’hospitalisation est treize fois plus élevée.

Entre 1993 et 2006, le CDCP a dénombré 121 épisodes d’intoxication alimentaire dans lesquels des produits laitiers — pasteurisés ou non — étaient impliqués aux États-Unis, affectant 4 400 personnes et provoquant 240 hospitalisations (dont trois morts) : 35,7% des personnes atteintes, 84% des hospitalisations et deux des trois morts, l’ont été par du lait non-pasteurisé ou des fromages au lait cru.

Des fromages ont été impliqués dans 54% des épisodes : la lait dans le reste. Des 65 épisodes reliés à la consommation de fromages, 41,5% ont été causés par des fromages au lait cru alors que 82% des 56 épisodes reliés au lait, l’ont été par du lait cru.

Or probablement moins de 1% des produits laitiers consommés aux États-Unis ne sont pas pasteurisés.

Rappelons que la pasteurisation consiste à chauffer le lait à 72 degrés Celsius pendant 15 secondes. Cela détruit les bactéries pathogènes en affectant minimalement la qualité nutritive du lait.

Alors comment se fait-il que le lait pasteurisé ait quand même causé une partie appréciable des cas observés ? C’est que dans cette étude, lorsque le lait destiné à être pasteurisé ne l’a pas été conformément aux normes, les conséquences ont quand même été imputées à du lait pasteurisé. Dans tous les cas où la pasteurisation s’est faite correctement, les causes sont la contamination après la pasteurisation, de même que le non respect des chaines de froid.

Références :
Majority of dairy-related disease outbreaks linked to raw milk
Nonpasteurized Dairy Products, Disease Outbreaks, and State Laws—United States, 1993–2006 (PDF)
Ontario court rules against raw milk farmer
Raw milk more likely to cause illness: study
35 cases of illness tied to Pa. farm’s raw milk

Parus depuis :
Fromage contaminé à l’E. coli : 7 nouveaux cas d’infection (2013-09-24)
Bactérie « E. Coli » : le ministère recommande de ne pas donner de lait cru aux enfants de moins de cinq ans (2019-04-30)
Grippe aviaire dans le lait américain Le Canada doit-il s’alarmer ? (2024-04-27)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les OGM en Europe : ajustements législatifs

Publié le 6 décembre 2011 | Temps de lecture : 4 minutes


 
Pollen et miel biologiques en danger

Le maïs Mon810 est un organisme génétiquement modifié (OGM) créé par Monsanto et commercialisé sous la marque « YieldGard ».

Sa particularité est que toutes ses cellules (dont les épis et le pollen) fabriquent artificiellement la protéine Cry1Ab, grâce à des gènes de la bactérie Bacillus thuringiensis insérés par Monsanto dans le code génétique de ce maïs. Cette protéine est toxique pour la pyrale européenne, un papillon dont les larves sont le principal ravageur des cultures de maïs.

Karl Heinz Bablok est un apiculteur allemand dont certaines ruches sont situées à moins de 500 m d’une ferme de l’État de Bavière où le Mon810 est cultivé à des fins de recherche.

En 2005, M. Bablok constate que son miel et le pollen qu’il vend comme supplément alimentaire, sont contaminés par des traces de pollen de Mon810. Considérant sa production impropre à la consommation humaine, l’apiculteur poursuit l’État de Bavière auquel il réclame un dédommagement.

Le 6 septembre 2011, la Cour de justice de l’Union européenne donne raison à l’apiculteur. Le tribunal déclare que le Mon810 a été autorisé à être commercialisé uniquement pour la farine, le gluten, la semoule, l’amidon, le glucose et l’huile de maïs. Le pollen de maïs Mon810 n’est donc pas couvert par l’autorisation européenne.

Le miel contenant ce pollen doit donc disposer d’une autorisation spécifique de mise sur le marché, indépendamment de la quantité d’OGM contenue dans le produit litigieux.

Selon le tribunal, l’apiculteur est donc en droit d’obtenir réparation pour le préjudice qu’il subit.

Depuis, Monsanto a demandé que l’autorisation de commercialisation s’étende au pollen. Les décideurs publics auront donc à décider des modalités de voisinage entre apiculteurs et cultivateurs d’OGM. Puisque ces derniers sont beaucoup plus puissants que les premiers, on s’inquiète donc de l’avenir de l’apiculture biologique en Europe.

Les semences de ferme taxées en France

Pendant des siècles, les cultivateurs ont réservé une partie de leur production céréalière à l’ensemencement de leurs champs l’année suivante. Ces graines étaient appelées « semences de ferme ».

Au cours des dernières décennies, les agriculteurs français ont pris l’habitude de cultiver des plantes protégées par un Certificat d’obtention végétale (COV) : en France, c’est une alternative au brevet sur le vivant en vigueur aux États-Unis et le Canada.

Ces certificats garantissent aux semenciers le monopole quasi exclusif sur la vente de leurs semences pendant une durée de vingt à trente ans. Contrairement aux semences d’OGM, le COV laisse le droit à l’agriculteur de prélever une partie de sa récolte pour la ressemer, à la condition de payer un montant réduit au semencier. Dans les faits, le paiement de ces redevances était très souvent ignoré.

Le 28 novembre dernier, le Parlement français décidait de rendre obligatoire le paiement de ces redevances dans tous les cas sauf pour les petits agriculteurs produisant moins de 92 tonnes de céréales. Pour la moitié des espèces cultivées — le soja, les fruits et les légumes — il est interdit de réutiliser ses propres graines, et pour l’autre moitié — céréales et plantes fourragères — il faut payer une redevance, même si on n’utilise pas de semences commerciales.

Références :
L’Assemblée taxe l’utilisation des semences
Judgment in Case C-442/09 Karl Heinz Bablok and Others v Freistaat Bayern
UE : Le miel contaminé par des OGM ne peut être mis sur le marché sans autorisation spécifique
L’incroyable histoire du maïs Mon810
OGM : pétition de 17 associations pour protéger l’apiculture européenne
Pour les agriculteurs, ressemer sa propre récolte sera interdit ou taxé

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Teneur en caféine des boissons énergisantes

Publié le 5 décembre 2011 | Temps de lecture : 3 minutes



Prenez note que cet article, publié en 2011, pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les propriétés stimulantes des boissons énergisantes ne sont pas liées exclusivement à leur teneur en caféine puisque d’autres produits stimulants entrent dans leur composition, comme la taurine. Or à moins d’être pharmacologue, il est impossible de comparer ces produits entre eux.

Alors que notre alimentation contient quotidiennement de 40 à 400 mg de taurine, la quantité retrouvée dans les boissons énergisantes peut varier de 1,000 à 3,000 mg.

Pour ce qui est de la caféine, une tasse de café-filtre en contient environ 100 mg. D’où la suggestion de créer un « Indice excitatoire », dont l’étalon, soit 100%, serait la teneur en caféine de 250ml de café-filtre ordinaire.

Cet indice apparaitrait sur les étiquettes de toutes les boissons énergisantes, en plus de la composition détaillée. Il devrait tenir compte de toutes les substances stimulantes présentes dans le breuvage et donc, ne serait donc pas basé exclusivement sur la teneur en caféine.

D’ici à ce qu’un tel indice soit créé, voici la teneur en caféine de quelques breuvages.

Boissons gazeuses
   •   34 mg dans 355 ml de Coca-cola
   •   46 mg dans 355 ml de Coke diète
   •   38 mg dans 355 ml de Pepsi
   •     0 mg dans 355 ml de Sprite

Cafés ou thés
   • 108 mg dans 250 ml de café filtre
   •   77 mg dans   50 ml de café expresso
   •   57 mg dans 250 ml de café instantanné
   •   50 mg dans 250 ml de thé noir
   •   25 mg dans 250 ml de thé vert
   •   15 mg dans 250 ml de thé blanc

Boissons énergisantes
   • 141 mg dans 473 ml de Full Throttle
   • 164 mg dans 473 ml de Monster Assault
   • 136 mg dans 473 ml de Monster Energy
   • 194 mg dans 473 ml de NOS
   • 114 mg dans 473 ml de Red Bull

Pour terminer, signalons que certaines boissons contiennent jusqu’à 300 calories par canette, soit plus qu’une tablette de chocolat. Ce donc donc des facteurs contributifs à l’épidémie d’obésité chez les adolescents Nord-Américains.

Références :
Caffeine In Energy Drinks – How Much Caffeine Is In Your Energy Drink?
Young athletes and energy drinks: A bad mix?

Paru depuis : La taurine donne des ailes… aux leucémies (2025-06-22)

Sur le même sujet :
Deux canettes de Red Bull : épilepsie
L’origine des boissons énergisantes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les biocarburants et la famine

Publié le 10 juin 2011 | Temps de lecture : 1 minute


 
Il faut détruire un quart de tonne de maïs pour produire les 100 litres d’éthanol dont un véhicule utilitaire a besoin pour faire le plein.

Pour chaque kilo de blé récolté, il aura fallu arroser les plants avec 1,500 litres d’eau. Pour produire 1 kg de boeuf, il faut utiliser en dix fois plus, soit 15,000 litres (en partie pour arroser les plantes dont il se sera nourri et le reste pour étancher sa soif).

De manière générale, il faut une tonne d’eau pour produire l’alimentation dont un végétarien a besoin quotidiennement tandis qu’il en faut six fois plus pour produire ce qu’un carnivore consomme chaque jour.

Référence : Faujas A, L’humanité pourra-t-elle éviter la famine ?, La Revue, 2011; 13: 64-70.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le fructose fait grossir

Publié le 20 avril 2011 | Temps de lecture : 5 minutes
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Ce que nous appelons du sucre — le sucre blanc ordinaire — porte le nom scientifique de saccharose. Il est formé à part égale de glucose et de fructose.

Le seul carburant du cerveau est le glucose. À l’opposé, les spermatozoïdes se rendent à l’ovule grâce au fructose.

Littéralement, « fructose » signifie « sucre de fruit ». Effectivement, tous les fruits en contiennent : pendant des millénaires, ceux-ci ont constitué la principale source alimentaire de fructose, avec le miel en seconde place.

Depuis le milieu des années ’70, ce n’est plus vrai : les sirops de maïs à haute teneur en fructose sont devenus la source la plus importante de ce sucre. Sur les étiquettes de produits alimentaires, on les appelle aussi sirop de glucose-fructose et, en France, isoglucose.

Au Canada, l’industrie utilise environ vingt fois plus de sirop de glucose-fructose que de sucre ordinaire pour sucrer les boissons gazeuses. En 2005, l’adulte moyen américain consommait annuellement 5,5 kg de fructose de fruits et 35,4 kg — soit sept fois plus — provenant de sirop de maïs riche en fructose.

Ces sirops sont partout. On les trouve dans des boissons gazeuses (Coke, 7up, etc.), les boissons aux fruits, les desserts, les substituts des repas (Ensure, Boost, etc,), et jusqu’aux pains.

Contrairement au glucose, le fructose n’a pas besoin d’insuline pour pénétrer dans les cellules. On a donc cru longtemps qu’il était préférable pour les diabétiques de consommer du fructose plutôt que du glucose.

Dans une petite étude portant sur sept volontaires, il a suffi d’une dose quotidienne de 3g/kg de fructose pendant six jours pour augmenter par six la fabrication de graisses par le foie.

Dans une étude réalisée sur 32 volontaires obèses, ceux-ci ont pris le quart de leurs calories sous forme de boissons contenant soit du glucose (15 personnes) ou du fructose (17 personnes). Après dix semaines, les triglycérides avaient augmenté de 30% dans le groupe du glucose et de 95% dans le groupe du fructose. Le gras viscéral — en d’autres mots, le gras abdominal — avait augmenté de 2,5% dans le groupe du glucose et de 14% (!!!) dans le groupe du fructose et ce, en seulement dix semaines.

L’augmentation de la consommation du fructose coïncide avec l’épidémie d’obésité qui frappe présentement l’Occident.

Pendant des centaines de milliers d’années, l’abondance d’aliments riches en fructose — à l’automne dans l’hémisphère nord — précédait une période de disette, soit l’hiver dans les pays tempérés et la saison sèche dans les pays désertiques. L’abondance du fructose permettait donc au corps de faire des réserves en prévision des temps difficiles à venir.

Dans l’évolution des espèces, les humains qui ont développé l’aptitude à accumuler des réserves de graisse au signal du fructose ont eu un avantage quant à la suivie par comparaison avec ceux qui ignorait cet avertissement. En d’autres mots, après des millénaires d’évolution, le fructose est devenu un signal biologique : le signal d’engraisser.

Alors que le glucose est une source d’énergie métabolisée par tout le corps, le fructose est surtout transformé par le foie. Après avoir consommé une source riche en fructose — un verre de jus de fruit, par exemple — le foie reçoit un tsunami de fructose qu’il convertit en gras puisque, contrairement au muscle, il ne peut bruler ce sucre.

De nos jours, les aliments riches en fructose sont disponibles à l’année longue, donc on engraisse continuellement.

Les principales sources alimentaires de fructose sont le sucre ordinaire, le miel, les desserts, les fruits, les jus de fruits et les breuvages sucrés.

Références :
Consuming fructose-sweetened, not glucose-sweetened, beverages increases visceral adiposity and lipids and decreases insulin sensitivity in overweight/obese humans
Effect of fructose overfeeding and fish oil administration on hepatic de novo lipogenesis and insulin sensitivity in healthy men
Foods highest in Fructose
Fructose
Fructose consumption: recent results and their potential implications
Fructose: ennemi public numéro 1
Le fructose au banc des accusés
Sirop de maïs à haute teneur en fructose

Articles parus depuis la publication de ce billet :
Trop de sucre nuit gravement à la santé (2012-02-02)
The toxic truth about sugar (2012-02-02)
Sucré, donc toxique? (2012-02-04)
Le fructose, cause de l’obésité? (2013-01-03)
Smoothies and fruit juices are a new risk to health, US scientists warn (2013-09-07)
Le sucre toxique (2014-02-09)
Le jus n’est pas un fruit (2014-05-06)
La Fondation des maladies du cœur s’attaque au sucre (2014-09-10)
Le fructose, plus toxique que le sucre ordinaire (2015-01-06)
Mangez-vous trop de sucre? (2015-08-08)
Comment le Mexique, pays de l’obésité, s’attaque au sucre (2016-03-17)
Consuming too much fructose during pregnancy raises the child’s risk for heart disease (2016-07-20)
Amsterdam’s solution to the obesity crisis: no fruit juice and enough sleep (2017-04-14)
Le fructose: un sucre qui favorise l’obésité (2022-04-25)
Un excès de fructose accélère le développement du cancer (2025-01-19)
Trop de sucre nuit au développement du cerveau de l’enfant (2025-07-20)

Détails techniques de la photo : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm — 1/30 sec. — F/4,5 — ISO 320 — 21 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les gâteaux de lune

Publié le 11 avril 2011 | Temps de lecture : 2 minutes
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En Chine, les gâteaux de lune sont des pâtisseries rondes (mais parfois rectangulaires) que parents et amis s’offrent à l’occasion de la Fête de la mi-automne, appelée aussi « Fête de la lune » : c’est l’une des quatre plus importantes festivités du calendrier chinois.

Selon la région, leur garniture varie. Celle-ci peut être composée d’une pâte de graines de lotus, d’haricots rouges, de noix ou de fruits confits. Celles que j’ai mangées étaient bonnes et relativement peu sucrées pour un dessert.

L’utilisation de jaunes d’œufs de caille ou de cane confèrent une couleur jaunâtre à la mince croute moulée qui enveloppe la garniture. Celle-ci est toujours décorée de motifs : les plus souvent rencontrés sont la lune, la déesse lunaire de l’immortalité, des fleurs ou des feuilles, et surtout les caractères chinois qui signifient « longévité » et « harmonie ».

Les gâteaux de lune constituent une tradition séculaire des Han (l’ethnie qui forme aujourd’hui 92% de la population chinoise).

Au XIVe siècle, sous la dynastie mongole des Yuan, les révolutionnaires Ming firent courir la rumeur qu’une épidémie de peste menaçait le pays et que la seule manière de s’en protéger était de consommer des gâteaux de lune. Or parmi les pâtisseries qui se mirent à circuler massivement, certaines renfermaient des messages codés. Ces messages avaient pour but de coordonner le soulèvement des révolutionnaires ; celui-ci eut lieu le 15e jour du huitième mois lunaire et provoqua la chute de le dynastie mongole.

De nos jours, afin de séduire le marché chinois, certaines compagnies étrangères fabriquent des desserts qui rappellent la forme de ces pâtisseries.

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Références :
Gâteau de lune
Mooncake

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/250 sec. — F/5,0 — ISO 100 — 14 mm
2e photo  : 1/200 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 14 mm
3e photo  : 1/30 sec. — F/3,8 — ISO 400 — 17 mm
4e photo  : 1/25 sec. — F/3,8 — ISO 400 — 17 mm
5e photo  : 1/250 sec. — F/5,0 — ISO 100 — 14 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel