Pipeline Énergie Est : le NON ! de Montréal

Publié le 22 janvier 2016 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

À l’occasion d’une conférence de presse tenue le 21 janvier dernier, le maire de Montréal et le président de la Communauté métropolitaine ont annoncé conjointement l’opposition unanime des 82 villes de la région au passage du pipeline Énergie Est sur leur territoire.

Le projet Énergie Est n’entrainera que la création d’une trentaine d’emplois directs permanents. Ses retombées fiscales seront, au plus, de 45 millions$ par année pour le Québec. En contrepartie, un déversement majeur dans la région montréalaise pourrait couter entre un et dix milliards$. Il faudra donc entre vingt ans et deux siècles de revenus fiscaux pour payer le cout d’une catastrophe environnementale majeure qui pourrait survenir.

À la suite de cette annonce de cette opposition, le premier ministre de la Saskatchewan a exprimé sa colère sur son compte Twitter.

L’absence de stratégie industrielle du gouvernement canadien

Au cours de la décennie Harper, le Canada n’avait pas de stratégie de développement industriel.

Les politiques économiques du gouvernement canadien consistaient à avaliser tout investissement privé en supprimant les obstacles à sa réalisation.

L’État canadien devenait l’instrument servile de la maximisation des profits de l’entreprise, quelles qu’en soient les conséquences pour la population du pays. Les citoyens de Lac-Mégantic en savent quelque chose.

Bloqué au sud et à l’ouest, la seule issue du pétrole canadien devenait son transport vers l’est. De plus, son moyen de transport de plus économique, c’est le pipeline.

Entre le raffinage sur place et l’exportation brute à l’étranger, il est plus économique de le transformer dans des pays où les couts de la main-d’œuvre sont moindres et où les lois visant à protéger les travailleurs sont absentes.

Voilà pourquoi la compagnie TransCanada a décidé de la construction d’un pipeline traversant les trois quarts du pays afin de pouvoir exporter du brut canadien.

La capacité du pipeline de TransCanada est de 1,1 million de barils par jour alors que la capacité maximale de raffinage du Nouveau-Brunswick n’est que 0,3 million de barils par jour. Donc ce pétrole sera principalement exporté sans être raffiné au pays.

Contrairement au président américain (qui a bloqué un projet analogue parce qu’il n’était pas dans l’intérêt des États-Unis), jamais son homologue canadien ne s’est demandé la même chose pour le Canada.

Son gouvernement s’est contenté de placer des sympathisants de l’industrie pétrolière à la tête des organismes chargés d’évaluer l’acceptabilité environnementale du projet et de passer des lois en vertu desquelles serait considérée comme acte terroriste toute tentative d’empêcher sa réalisation (un blocus routier de citoyens, par exemple).

Le tracé le plus risqué

De toutes les manières d’acheminer le pétrole canadien vers les marchés d’exportation, la plus risquée est de lui faire traverser les zones les plus densément peuplées et là où se concentre l’industrie manufacturière du pays.

Le trajet Énergie Est évite la majorité des zones industrielles de l’Ontario. Mais il passe en plein dans la vallée du Saint-Laurent.

Face à un gouvernement aveuglément voué à ses intérêts, la compagnie TransCanada n’a pas cru bon élaborer un tracé alternatif à celui le plus économique.

Mais ce projet, est-il le meilleur pour le Canada ?

Une solution alternative

En vertu des traités de libre-échange conclus par le Canada, notre pays ne peut obliger la transformation locale d’une richesse naturelle extraite au pays.

Son seul pouvoir de marchandage officieux est donc la nécessité pour l’industrie d’obtenir l’autorisation nécessaire dans le cas du transport de matières dangereuses.

Plutôt que de se traîner les pieds jusqu’à ce que TransCanada soumette un projet qui consiste à transporter du pétrole raffiné vers l’Étranger, les Conservateurs ont misérablement trahi les intérêts du pays.

Et la propagande conservatrice a convaincu nos concitoyens de l’Ouest que cette trahison servait leurs intérêts.


 
Le tracé le plus sécuritaire est celui qui achemine le pétrole raffiné à un port en eau profonde situé dans la baie d’Hudson. De là, celui-ci serait expédié par bateau aux lieux de sa consommation à travers le monde. C’est le tracé en vert sur la carte ci-dessus.

Pour les provinces productrices, cette suggestion permettrait de relancer leur industrie pétrolière, durement touchée par l’effondrement des prix des hydrocarbures, en y augmentant la valeur ajoutée du pétrole, plutôt que d’exporter cette ressource brute.

Pour les populations du Manitoba, de l’Ontario, et du Québec, on les libère du risque d’une catastrophe. Les habitants du Nouveau-Brunswick ne perdent rien de ce qu’ils ont déjà.

Au premier abord, les peuples autochtones de la baie d’Hudson sont les grands perdants puisqu’on transfère sur leur dos un risque environnemental qu’on soulage ailleurs.

Or leur acceptation au projet du pipeline court est, à mon avis, une condition sine qua non à sa réalisation.

Voilà pourquoi les peuples autochtones devraient avoir priorité à l’embauche, et qu’au minimum 80% des emplois devraient leur être accordés.

Le Grand-Nord canadien a une économie de subsistance et les peuples qui l’habitent sont aux prises avec des problèmes sociaux importants (alcoolisme, abus de drogue, violence conjugale, etc.).

La législation québécoise prévoit que dans le cas d’infrastructures (autoroutes, écoles, hôpitaux, etc.), un pour cent du budget soit consacré à la création d’œuvres artistiques.

Dans le cas du pipeline canadien, un pour cent du budget de l’ensemble de ce projet devrait être consacré à la réalisation des priorités sociales et culturelles déterminées par les leaders autochtones.

De plus, un fonds d’indemnisation d’un milliard de dollars devrait être créé et géré indépendamment du transporteur pétrolier dans le but d’indemniser sur-le-champ les victimes de toute catastrophe environnementale qui pourrait résulter de ce projet, sans qu’ils aient besoin de s’adresser aux tribunaux.

De toute évidence, un tel projet serait dans l’intérêt de tous les Canadiens.

Conclusion

L’opposition québécoise au projet de la compagnie TransCanada est légitime.

Toutefois, il serait important que nos élus fassent l’effort d’expliquer aux citoyens des provinces de l’Ouest que les Québécois ne désirent pas nuire à leurs intérêts économiques mais au contraire, désirent l’ajout de valeur ajoutée à l’extraction pétrolière. Un ajout qui servira exclusivement leurs intérêts.

Il est certain que l’industrie pétrolière utilisera toute sa machine de propagande afin de susciter la colère des gens de l’Ouest canadien et nous intimider. D’où l’importance du dialogue pour éviter les incompréhensions mutuelles.

Références :
Le pipeline de TransCanada en trois questions
Projet Enbridge: peu d’avantages pour le Québec, selon une étude
Projet Énergie Est : C’est «non», scandent les maires de la CMM
82 maires disent non à l’oléoduc Énegie Est
TransCanada va de l’avant avec son oléoduc vers l’est du pays
TransCanada veut bâtir un pipeline qui traversera le Québec
Where oil meets water: The final stop for the Energy East pipeline

Parus depuis :
Un pipeline voué à l’exportation de pétrole de l’Ouest (2016-03-09)
Keystone pipeline raises concerns after third major spill in five years (2022-12-21)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’option alternative d’un pipeline court

Publié le 7 novembre 2015 | Temps de lecture : 6 minutes
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Introduction

‘Énergie Est’ est le nom d’un projet de la compagnie TransCanada visant à construire un pipeline de 4 600 km destiné à transporter quotidiennement 1,1 million de barils de pétrole brut de sites d’extractions situés dans l’Ouest canadien vers un port en eau profonde à construire au Nouveau-Brunswick.

Au cours des dernières décennies, on a beaucoup fermé de raffineries dans l’Est du pays. Conséquemment, cet approvisionnement dépassera de beaucoup la capacité de raffinage au Canada. Une bonne partie du pétrole brut sera donc exporté vers des raffineries américaines et étrangères, créant principalement des emplois à l’Étranger.

Les richesses naturelles enfouies dans le sol du pays étant la propriété du peuple canadien, les pétrolières se voient donc offrir gratuitement cette richesse en contrepartie d’obligations qui — malgré leur importance sur papier — sont une bagatelle en comparaison avec les revenus immenses que se partageront leurs actionnaires une fois le pipeline construit.

Privatiser la richesse, étatiser le risque

En vertu de la Constitution canadienne-anglaise de 1982, le transport interprovincial de marchandise est un domaine de compétence constitutionnelle exclusif du fédéral.

Autrefois, le gouvernement fédéral assumait totalement les conséquences financières des lacunes de sa gestion du risque dans les domaines exclusifs de sa compétence.

Depuis la catastrophe de Lac-Mégantic — la pire catastrophe environnementale de l’histoire du Canada — ce n’est plus vrai; Ottawa ne paie que la moitié de la facture, refilant le reste à la province et aux municipalités affectées.

Puisque le tracé d’Énergie Est (en bleu sur la carte ci-dessus) traverse les trois quarts du Canada, il apparait donc insensé qu’on expose la grande majorité de la population canadienne au risque inévitable d’une autre catastrophe environnementale, sachant que dans l’éventualité de celle-ci, TransCanada filera à l’anglaise (comme l’a fait la MMA à Lac-Mégantic), laissant les Canadiens pleurer leurs morts et payer la facture.

Si on prend pour acquis que l’exploitation et l’acheminement du pétrole albertain est une bonne chose (un prérequis à la discussion auquel de nombreux lecteurs seront en désaccord), j’aimerais proposer une alternative au tracé d’Énergie Est.

Le tracé court : avantages et inconvénients

Ma suggestion est simple : obliger le raffinement du pétrole sur place, en Alberta, et l’acheminer à un port en eau profonde situé dans la baie d’Hudson. De là, le pétrole raffiné serait expédié par bateau aux lieux de sa consommation à travers le monde. C’est le tracé en vert sur la carte ci-dessus.

Pour l’Alberta, cette suggestion permettrait de relancer leur industrie pétrolière, durement touchée par l’effondrement des prix des hydrocarbures, en y augmentant la valeur ajoutée du pétrole, plutôt que d’exporter cette ressource brute à l’Étranger.

Pour les populations du Manitoba, de l’Ontario, et du Québec, on les libère du risque d’une catastrophe.

Les habitants du Nouveau-Brunswick ne perdent rien de ce qu’ils ont déjà. Toutefois, ils sont privés de la création d’emplois reliés à la construction prévue d’un terminal pétrolier et à l’accroissement de la capacité de raffinement dans leur province.

Au premier abord, les peuples autochtones de la baie d’Hudson sont les grands perdants puisqu’on transfère sur leur dos un risque environnemental qu’on soulage ailleurs.

Or leur acceptation au projet du pipeline court est, à mon avis, une condition sine qua non à sa réalisation.

Voilà pourquoi je propose que les peuples autochtones aient priorité à l’embauche et qu’au minimum 80% des emplois leur soient accordés.

D’autre part, la législation québécoise prévoit que dans le cas d’infrastructures (autoroutes, écoles, hôpitaux, etc.), un pour cent du budget soit consacré à la création d’oeuvres artistiques.

Le Grand-Nord canadien a une économie de subsistance et les peuples qui l’habitent sont aux prises avec des problèmes sociaux importants (alcoolisme, abus de drogue, violence conjugale, etc.).

Un pour cent du budget de l’ensemble de ce projet devrait être consacré à la réalisation des priorités sociales et culturelles déterminées par les leaders autochtones.

Énergie Est représente un projet de douze milliards de dollars. Un fonds d’indemnisation d’un milliard de dollars devrait être créé et géré indépendamment du transporteur pétrolier.

Ce fonds serait destiné à dédommager sur-le-champ les victimes de toute catastrophe environnementale qui pourrait résulter de ce projet, sans qu’ils aient besoin de s’adresser aux tribunaux.

Conclusion

La construction d’un pipeline qui expose les deux tiers de la population canadienne au risque d’une défaillance mécanique inévitable est une folie.

Toutefois, c’est la solution la plus économique et il a fallu un gouvernement totalement inféodé à l’industrie pétrolière pour souscrire aveuglément à ce projet.

Le régime Harper était un gouvernement qui jugeait le peuple canadien stupide. Conséquemment, seul un choix simple, binaire, lui était proposé; pour ou contre le projet Énergie Est. En somme, seul le choix maximisant les profits de l’industrie était promu par ce gouvernement.

Je suis convaincu de ne pas être le premier à penser à la solution d’un pipeline court, tellement ses avantages sont évidents. Mais sous ce gouvernement autoritaire, hostile à toute contradiction de la part de ses fonctionnaires, il ne semble pas qu’on ait jugé bon proposer une solution autre que celle décidée d’avance par le bureau du premier ministre.

Maintenant que nous avons un nouveau gouvernement à Ottawa, le temps est venu d’inscrire la politique énergétique canadienne dans le contexte d’une stratégie globale de développement économique du pays.

Le projet que je propose comporte d’autres risques, mais qui affectent beaucoup moins de Canadiens. Voilà pourquoi l’alternative d’un pipeline court devrait être envisagée. Et le choix à faire à ce sujet devrait placer l’intérêt du pays au-dessus de l’intérêt privé des pétrolières et de leurs actionnaires.

Référence : Oléoduc Énergie Est

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le scandale des ventes d’armes canadiennes à l’Arabie saoudite

Publié le 26 septembre 2015 | Temps de lecture : 2 minutes
© 2010 — Google Maps

C’est aujourd’hui que le contrat militaire que le gouvernement Harper a conclu avec l’Arabie saoudite refait surface dans la campagne électorale canadienne.

Rappelons que le contrat de la firme ontarienne General Dynamics concerne la vente de véhicules blindés au cout total de 10 milliards$ sur 14 ans, soit 760 millions$ annuellement.

Ce faisant, le gouvernement Harper a violé une loi canadienne datant de 1947, interdisant la vente d’armes canadiennes vers les pays « où les droits de la personne de leurs citoyens font l’objet de violations graves et répétées de la part du gouvernement, à moins qu’il puisse être démontré qu’il n’existe aucun risque raisonnable que les marchandises puissent être utilisées contre la population civile ».

Ali Mohammed al-Nimr
 
Cette controverse survient au moment où un jeune saoudien (ci-dessus) doit être bientôt décapité (et son cadavre, crucifié et exposé publiquement jusqu’à la décomposition évidente des chairs) pour avoir réclamé des réformes démocratiques lors du printemps arabe dans son pays.

Cette révolte a été réprimée dans le sang par la dictature saoudienne notamment en utilisant des véhicules blindés similaires à ceux que le Canada s’apprête à vendre à l’Arabie saoudite.

En mars dernier, la Suède a décidé de ne pas renouveler son accord de coopération militaire signé avec l’Arabie saoudite en 2005 en raison du bilan peu reluisant de ce pays en matière des droits de l’homme.

Références :
Ali Mohammed al-Nimr
Arabie Saoudite : décapité et crucifié publiquement à 21 ans pour avoir… manifesté
Cinq questions sur la condamnation d’un jeune Saoudien à être décapité et crucifié
General Dynamics: contrat de 10 milliards avec l’Arabie saoudite
La Suède met fin à sa coopération militaire avec l’Arabie saoudite au nom des droits de l’homme
L’économie avant les droits de la personne

Parus depuis :
Les jeeps de Justin – Le «deal» avec Riyad fait éclater la vitrine morale d’Ottawa (2016-01-18)
Vente de véhicules blindés à l’Arabie saoudite : vers une contestation en cour (2016-02-06)
Saudis lobby MEPs before arms embargo vote over Yemen (2016-02-25)
EU parliament votes for embargo on arms sales to Saudi Arabia (2016-02-25)
L’Arabie saoudite en retard dans ses paiements pour des véhicules blindés canadiens (2019-10-30)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La pourriture morale de Volkswagen

Publié le 25 septembre 2015 | Temps de lecture : 4 minutes

Fraude_Diesel
 
En raison de leur mode particulier de combustion, les moteurs diesels ont tendance à produire une plus grande quantité d’oxydes d’azote que les moteurs ordinaires.

Aussi nocifs qu’ils soient, ces oxydes ne sont qu’une partie des polluants émis par une voiture.

Incapable de produire un module antipollution qui ne soit pas un handicap sérieux à la performance de ses voitures, Volkswagen a choisi de tricher.

Un véhicule qui file à grande allure sur une autoroute ne le fait jamais alors que le capot est ouvert et que ni le volant ni les roues motrices ne changent pas de direction.

C’est toutefois ce qui arrive lorsqu’une voiture est testée.

L’idée des fraudeurs était simple; il suffisait d’activer le module antipollution lorsque la voiture semble rouler le capot grand ouvert.

Autrement, le module était totalement ou partiellement mis en veilleuse et la voiture était libre d’atteindre ses performances optimales, appréciées des conducteurs.

Au début de 2014, l’ONG américaine International Council on Clean Transportation demande à des chercheurs de l’université d’État de Virginie-Occidentale d’étudier les émissions des moteurs diesels en condition de conduite normale.

Les chercheurs pensaient pouvoir démontrer que les voitures vendues aux États-Unis étaient moins polluantes que celles vendues ailleurs, parce que les standards américains étaient plus élevés.

Mais les résultats furent très différents. Certaines voitures utilisées (entre autres, des voitures diesels de marque Jetta et Passat) émettaient de 5 à 35 fois plus d’oxydes d’azote que les taux maximaux permis aux États-Unis.

Ces voitures ont en commun le fait d’être équipées du moteur diesel quatre cylindres TDI Euro 5 du type EA 189. On le retrouve sous le capot des marques Volkswagen, Audi, Seat et Škoda.

Des tests sont justement en cours aux États-Unis et en Europe afin de déterminer l’étendue de cette fraude.

Les propriétaires qui avaient choisi ces voitures en raison de leur empreinte environnementale réduite ont payé plus cher pour rien. La valeur de revente de leurs véhicules est amoindrie. Bref, on s’attend à un recours collectif de plusieurs milliards de dollars, sans compter les poursuites gouvernementales.

Signalons que le diesel ne représente que 3% du parc automobile américain, contre 55% du parc européen.

Payé 16,6 millions d’euros par année, le président de Volkswagen a remis sa démission dans la foulée de ce scandale.

Pouvant réclamer une indemnité de départ équivalente à deux ans de salaire, sans compter les droits à une pension de 28,6 millions d’euros pour les huit années passées à la tête du groupe, Martin Winterkorn pourrait quitter l’entreprise avec un parachute doré de 61,8 millions d’euros (près de 100 millions de dollars canadiens)… si aucune faute ne peut lui être reprochée.

La question qu’on peut se poser est la suivante : comment les dirigeants d’une entreprise aussi respectable ont-ils pu commettre une telle fraude ?

Pour répondre à cette question, on doit se rappeler que les agences de notation et les plus grandes institutions financières au monde ont sciemment menti quant à la valeur presque nulle des actifs adossés à des créances hypothécaires (appelés ‘papier commercial’) et ce, afin de tromper les investisseurs. Cette fraude a presque réussi à faire effondrer l’économie mondiale en 2007.

La réponse à la question posée précédemment est simple : le capitalisme n’est plus ce qu’il était.

Contrairement au créateur d’une petite entreprise qui bénéficie d’une considération sociale intimement liée à la respectabilité sa compagnie, la plupart des grands gestionnaires d’entreprise n’ont aucun attachement à leur employeur.

Celle-ci n’est qu’une étape dans une carrière où il se propose de papillonner d’une compagnie à l’autre au gré des occasions intéressantes.

Le capitalisme est donc pourri de l’intérieur par ces dirigeants sans scrupule dont le seul but est de justifier leur salaire en favorisant la croissance de la valeur capitalisée de la compagnie par tous les moyens, y compris la fraude, et de la quitter avant que les choses ne se gâtent.

Références :
Affaire Volkswagen
Don’t Breathe Here
Cinq questions pour comprendre le scandale Volkswagen
Le rapport prémonitoire qui annonçait la fraude de Volkswagen
Salaire record pour le patron de VW
Volkswagen : cette petite phrase de Martin Winterkorn peut lui rapporter 61 millions
Volkswagen : les origines du scandale

Dans le même ordre d’idée : VISA Desjardins et les pourrisseurs d’entreprise

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Google et les sirènes de la bourse

Publié le 21 juillet 2015 | Temps de lecture : 3 minutes
© 2008 — Wikipedia

Dans la mythologie grecque, les sirènes sont êtres fabuleux, mi-femmes mi-oiseaux, qui, en charmant irrésistiblement les marins par leurs chants, amènent les bateaux à échouer sur leurs récifs.

Vendredi dernier, les actions de Google qui ont transité en bourse se sont vendues soudainement plus cher (16,3% de plus) que les actions de Google vendues la veille.

En appliquant ce prix record à l’ensemble des actions existantes de Google, de nombreux quotidiens ont prétendu que Google venait d’engranger 65 milliards de dollars.

La réalité est bien différente.

C’est seulement au cours de l’émission de nouvelles actions qu’une compagnie reçoit de l’argent. L’argent ainsi obtenu sert généralement à augmenter la capacité de production de l’entreprise et conséquemment à créer de l’emploi. L’ensemble de la société bénéficie donc de cet accroissement de capital.

Mais une fois que ces actions ont trouvé preneurs, toute majoration ultérieure de la valeur de ces actions ne profite pas du tout à cette compagnie et ne crée aucun emploi. Cette majoration profite exclusivement aux investisseurs qui ont cru en cette compagnie au moment de l’émission de ces actions.

Donc Google n’a donc pas engrangé un seul centime vendredi dernier.

Quant aux investisseurs, ils seraient plus riches s’ils profitaient du prix record pour vendre leurs actions. Autrement, ils ne sont plus riches que sur papier. Leur fortune pourrait s’effondrer à n’importe quel moment.

Donc les seuls qui se sont vraiment enrichis vendredi dernier, ce sont ceux qui ont vendu leurs actions cette journée-là.

Et ce qu’ils ont gagné, ce n’est pas 65 milliards de dollars. Ce serait 65 milliards$ si tous ceux qui détiennent des actions de Google avaient réussi à vendre leurs actions ce jour-là au prix record.

Mais si tous les détenteurs avaient tenté de vendre leurs actions ce jour-là, ce titre se serait effondré au lieu d’augmenter.

Ce genre de nouvelle sert à leurrer les petits investisseurs en leur faisant croire qu’il est encore possible de s’enrichir, sans effort, en spéculant à la bourse.

En réalité, la bourse, c’est en grande partie du vent, c’est-à-dire un investissement dans l’économie futile qu’est la spéculation boursière.

Cette augmentation de 65 milliards$ de capitalisation boursière de Google a ceci d’extraordinaire : elle n’a créé aucun emploi. Le bénéfice pour l’ensemble de la société est donc nul.

À mon avis, la spéculation boursière effrénée est l’expression ultime de la décadence de l’Occident. C’est la roulette russe auquel se livrent les gens oisifs qui ne savent plus quoi faire de leur fortune.

Références :
Google fait un bond
La valeur de Google a bondi de 65 milliards de dollars en un jour
Pourquoi Google a gagné 65 milliards de dollars en un seul jour

Parus depuis :
China can ride out this crisis. But we’re on course for another crash (2015-08-26)
« L’Union européenne est en train de détruire son avenir » (2015-09-02)
Le courtermisme prépare la prochaine crise (2017-11-08)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Croissance économique américaine selon les mandats présidentiels

Publié le 3 mars 2015 | Temps de lecture : 1 minute

Présidents
 
Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’économie américaine s’est mieux portée sous les mandats de présidents démocrates (en bleu), comparativement aux présidents républicains (en rouge).

C’est ce qui ressort d’une étude effectuée par deux économistes de l’université Princetown, publiée en novembre 2013.

Ceux-ci ont découvert qu’en moyenne, la croissance sous des présidents démocrates était 1,6% plus élevée que sous des présidents républicains (4,2% vs 2,6%).

Les politiques fiscales de ces partis, très différentes, ont produit des résultats similaires.

Toutefois, le prix moindre du pétrole a favorisé les administrations démocrates. De plus, la croissance fulgurant de la nouvelle économie a aidé la performance du président Clinton.

À l’opposé, les sommes colossales engagées lors des guerres en Afghanistan et en Irak ont plombé l’économie américaine.

Référence : Presidents and the Economy: A Forensic Investigation

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’honorable banque HSBC

Publié le 10 février 2015 | Temps de lecture : 6 minutes
Édifice de la HSBC à Shanghai (1923)

Le sigle HSBC signifie Hong Kong & Shanghai Banking Corporation. Cette banque a été fondée à Hong Kong en 1865 dans le but de financer le trafic de l’opium imposé à la Chine par l’Angleterre.

Lorsque Hong Kong fut rétrocédé à la Chine en 1997, cette banque déménagea à Londres, plus précisément au 8 Place du Canada.

Avec son acquisition en 2002 de la Household Finance Corporation aux États-Unis, au coût de 15,5 milliards$, la HSBC devenait le deuxième plus important prêteur hypothécaire à risque aux États-Unis et une des principales institutions qui vendaient aux investisseurs des produits financiers toxiques sous de fausses représentations.

En 2005, Bloomberg accusait la HSBC d’être impliquée dans le blanchiment d’argent des trafiquants de drogue et dans le financement du terrorisme chiite au Proche-Orient.

En février 2007, son annonce d’importantes provisions destinées à éponger les pertes encourues lors de l’effondrement de la valeur des titres hypothécaires toxiques fut le tout premier signe de la crise financière mondiale de 2007.

En 2010, à la suite d’une fuite de renseignements, la police française a obtenu le détail de 30 000 comptes bancaires détenus secrètement dans la succursale suisse de la HSBC, représentant des actifs de 120 milliards$. Ces données ont été partagées avec le fisc de différents pays (dont le Canada) dès cette année-là.

De ces 30 000 comptes, près de 2 000 appartenaient à des citoyens canadiens.

Cette même année, Stephen Green — le PDG de la HSBC de 2006 à 2010 — était nommé ministre d’État du Commerce et de l’Investissement dans le cabinet du Premier ministre actuel du Royaume-Uni. Quelques mois plus tard, il état également nommé Lord à vie et baron de Hurstpierpoint, ce qui lui ouvrait automatiquement la porte de la Chambre des Lords. Il a quitté le cabinet conservateur en décembre 2013 mais il est toujours membre de la Chambre des Lords.

Après avoir nié les accusations de blanchiment d’argent au profit de trafiquants de drogue mexicains portées contre elle par Bloomberg en 2005, la HSBC a accepté de payer en 2012 la somme de 1,9 milliard$ au gouvernement américain en vertu d’une entente hors cour.

De plus, elle fait présentement face à des poursuites pour ses lacunes à déceler des transferts d’argent représentant 19,4 milliards$ en provenance ou à destination de l’Iran, en dépit des sanctions américaines.

Parce qu’elle a bien su refiler ses titres toxiques aux investisseurs, la HSBC a très bien traversé la Grande récession.

En 2014, ses actifs étaient de 2 671 milliards$ et des profits de 16,3 milliards$.

Cette année là, selon Forbes, la HSBC était la sixième plus grosse banque au monde, la quatorzième plus importante compagnie (toutes catégories confondues) et la plus importante entreprise du Royaume-Uni.

En septembre 2014, cette banque a accepté de payer 550 millions$ à deux sociétés hypothécaires américaines pour les avoir induites en erreur relativement à la valeur réelle des titres hypothécaires toxiques qu’elle leur vendait avant la Grande récession.

En novembre 2014, la HSBC a payé une petite amende de 12,5 millions$ pour avoir encouragé l’évasion fiscale de citoyens américains. Toutefois, à ce jour, aucun citoyen américain faisant affaire avec cette banque n’a été accusé par le fisc. Cette impunité fait présentement l’objet d’un scandale aux États-Unis.

Le gouvernement Harper a négocié secrètement le remboursement de sommes impayées par un petit nombre de fraudeurs mais n’a pas jugé bon intenter des poursuites à ce sujet.

Le résultat est que les fraudeurs canadiens ne sont pas incités à prendre l’initiative de se dénoncer; ils ont intérêt à ne rien dire et à payer les sommes dues si jamais ils se font pincer.

En vertu de la loi et de l’ordre — un thème cher au gouvernement Harper — on se demande pourquoi le citoyen surpris à voler un pain à l’épicerie devrait se retrouver avec un casier judiciaire, alors que celui qui vole des millions au fisc ne devrait que payer les sommes dues.

La France et la Belgique ont récupéré à ce jour 620 millions$ d’impôts impayés par leurs citoyens qui avaient choisi leur compte à la HSBC comme moyen d’évasion fiscale. Le Royaume-Uni n’en a récupéré que 205 millions$ (beaucoup moins que la France et la Belgique), ce qui vaut actuellement au gouvernement anglais des accusations de laxisme par son opposition officielle.

Conclusion

Le cas de la HBSC illustre parfaitement la pourriture morale qui gangrène les marchés financiers occidentaux. Ces institutions sont des putains, prêtes a se livrer au blanchiment d’argent, à l’évasion fiscale, à la tromperie de leurs clients, afin de maximiser les profits au bénéfice de leurs actionnaires.

De nos jours, une partie considérable des transactions financières ne consiste pas à créer de la richesse au bénéfice de populations entières, mais à soutenir une économie futile basée sur le gonflement artificiel de la valeur capitalisée des entreprises, créant ainsi une richesse sur papier aussi fragile qu’un château de cartes.

Références :
Crise financière mondiale débutant en 2007
150 journalistes ont été mobilisés pour décrypter le «SwissLeaks»
Crise des subprimes
Des fortunes canadiennes à l’abri de l’impôt en Suisse
En bref – HSBC: 2000 comptes canadiens en Suisse
High Court Snubs $2.7B HSBC Iran Sanctions Case
HSBC
HSBC pays $550M over risky mortgage bonds
Labour keeps up pressure over lack of HSBC prosecutions
Stephen Green, Baron Green of Hurstpierpoint
The World’s Biggest Public Companies
US government faces pressure after biggest leak in banking history
US prosecutors weigh criminal charges against HSBC as Elizabeth Warren turns up the heat

Parus depuis :
Le mythe de l’impuissance (2015-02-11)
Les fraudes d’HSBC : Pousse-au-crime (2015-02-11)
« Swissleaks » : HSBC abritait aussi des « parrains du terrorisme » (2015-02-11)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Fonds des générations ou Quand l’État spécule à la bourse

Publié le 20 juillet 2014 | Temps de lecture : 4 minutes
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Historique

Le Fonds des générations a été créé en 2006 par le gouvernement Charest. Depuis ce temps, une partie des revenus de l’État y sont déposés annuellement.

Cette contribution sera de 1,3 milliards$ en 2014-5 et de 1,58 milliards$ en 2015-6.

Puisque l’équilibre budgétaire du gouvernement québécois a été rompu à la suite de la Grande récession de 2007 et n’a pas été rétabli depuis, la contribution au Fonds des générations accentue en apparence le solde déficitaire du budget du Québec.

À titre d’exemple, sans la contribution prévue au fonds de 1,3 milliards$ en 2014-5, ce déficit ne serait que d’un milliard$ au lieu de 2,35 milliards$.

Dans un fonds semblable, l’Alberta dépose une partie de ses surplus budgétaires. Dans le sien, la Norvège dépose une partie des revenus pétroliers.

Dans ces deux cas, il s’agit de gouvernements qui disposent de surplus budgétaires et qui en épargnent une partie dans le but d’avoir les moyens de faire face à des temps moins favorables, le cas échéant.

Le Québec est, au contraire, en situation de déficit budgétaire. On peut donc se demander quelle est la logique derrière la création de ce fonds.

En effet, au lieu de payer ses dettes, le Québec accentue son déficit accumulé en contribuant à ce fonds.

Motifs de la création du Fonds des générations

En 2006, au moment de la création de ce fonds, nous étions à la fin d’un long cycle boursier hautement spéculatif où tout investissement à la bourse rapportait davantage que les taux d’intérêt des bonds du Trésor.

En d’autres mots, si dix ans plus tôt, le gouvernement du Québec avait emprunté des milliards$ de plus afin de jouer à la bourse, cet investissement aurait rapporté davantage que le taux de ses emprunts. Bref, le Québec aurait fait de l’argent.

C’est à partir de ce constat simpliste que le gouvernement Charest a décidé de la création du Fonds des générations.

La réalité

En 2006-7, le fonds rapportait 0,99% alors que le taux de l’intérêt moyen pondéré de la dette coûtait 5,46%. En 2007-8, c’était respectivement 1,6% vs 5,04%.

En 2008-9, après l’éclatement de la bulle immobilière et la chute des marchés boursiers, c’était -21,88% vs +4,16%.

L’hebdomadaire Les Affaires écrivait en 2010 : « Le gouvernement a fait exactement la même chose qu’une famille qui, au lieu de rembourser ses dettes avec les allocations familiales qu’elle reçoit, place cet argent à la Bourse en espérant obtenir un rendement supérieur à l’intérêt payé sur ses dettes. S’il est chanceux, il fera un gain net. S’il perd de l’argent à la Bourse, il essuiera une perte. »

De ces temps-ci, l’indice Dow Jones atteint des niveaux records (au-delà de 17 000 points). Conséquemment, il est à prévoir que le gouvernement libéral profitera de l’appréciation aussi importante que soudaine de la valeur du Fonds des générations pour justifier son existence.

Au contraire, le gouvernement actuel serait mieux avisé de profiter cette nouvelle bulle spéculative pour liquider ce fonds pendant qu’il en est encore temps et appliquer la totalité des sommes récupérées au remboursement de la dette.

À mon avis, il est inacceptable que l’État spécule avec l’argent des contribuables. Les sommets boursiers actuels lui fournissent une excellente occasion de mettre fin à cette anomalie. S’il néglige de le faire, il portera l’odieux de ce qui surviendra.

Références :
Fonds des générations: un travail de (très) longue haleine
La Bourse est-elle en train de perdre la boule?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La délocalisation de la recherche biomédicale

Publié le 18 juillet 2014 | Temps de lecture : 2 minutes

En dollars constants, les dépenses de recherche et de développement dans le domaine biomédical ont diminué annuellement de 1,9% aux États-Unis et de 2,6% au Canada entre 2007 et 2012.

En dépit de cela, les États-Unis demeurent, de loin, le principal pays où se fait cette recherche; il s’y dépensait 119,3 milliards$ (soit 45,4% de la recherche mondiale) en 2012, comparativement à 131,3 milliards$ (ou 51,2% de la recherche mondiale) en 2007.

Lorsqu’on analyse en détail cette diminution, on réalise que dans ce pays, le secteur privé a diminué ses investissements de treize milliards$ — passant de 83,3 milliards$ en 2007 à 70,4 milliards$ en 2012 — alors que le secteur public a relativement maintenu les siens à hauteur d’environ 48 milliards$.

En Europe, cette diminution a été insignifiante, de l’ordre de 0,4% annuellement; les investissements publics et privés furent de 81,8 milliards$ en 2012, comparativement à 83,6 milliards$ en 2007.

Au contraire, la recherche biomédicale s’est accrue en Extrême-Orient. En pourcentage, la croissance annuelle a été de 32,8% en Chine, 11,4% en Corée du Sud, 10,0% à Singapour, 6,7% en Inde, 5,7% au Japon et 5,2% à Taïwan.

Si bien qu’on dépensait dans cette partie du Monde environ le tiers des sommes dépensées aux États-Unis en 2007, mais presque la moitié en 2012. L’écart entre l’Asie et l’Amérique est encore moindre si on tient compte qu’on fait plus de recherche avec chaque dollar dépensé en Chine qu’aux États-Unis.

En Asie, l’Inde se distingue par le fait que l’État dépense peu, mais de manière constante. Dans ce pays, la croissante des dépenses en recherche biomédicale a été à l’initiative exclusive de l’industrie entre 2007 et 2012.

Dans les autres pays asiatiques, la croissance des dépenses a été partagée par l’État et l’industrie mais a été plus importante dans le secteur privé.

Après le transfert de la synthèse des principes actifs et de la fabrication des formes pharmaceutiques depuis une décennie, ces données indiquent que l’industrie pharmaceutique a entrepris la délocalisation de ses dépenses en recherche et développement à la suite de la Grande récession de 2007.

Référence : Asia’s Ascent — Global Trends in Biomedical R&D Expenditures

Paru depuis : China overtakes US in contributions to nature and science journals (2023-05-24)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Impact économique du Festival de jazz

Publié le 28 juin 2014 | Temps de lecture : 2 minutes

Pour cette année, le budget d’exploitation du Festival international de jazz de Montréal est de 25,2 millions$.

Revenus

Revenus_FIJM

De cette somme, 40% proviennent des commanditaires, principalement la Banque Toronto-Dominion, l’aluminerie RioTinto Alcan, Bell et Loto-Québec. La vente des billets ne contribue qu’au cinquième du budget.

À cela s’ajoutent 16% de contributions des divers paliers de gouvernements et 2% de services municipaux non facturés. Précisons que les 4,5 millions$ versés par les gouvernements leur rapportent 19 millions$ sous forme de taxes de vente, de droits d’accises, et d’impôts sur les salaires des employés et sur les cachets versés aux artistes.

La Maison du festival — qui loge une salle de spectacle et un restaurant — apporte 11% des revenus (mais occasionne 14% des dépenses).

Les revenus des kiosques à souvenirs et les redevances sur les aliments vendus sur le site contribuent au dixième du budget.

Dépenses

Dépenses_FIJM

Le festival verse 9,5 millions$ — 38% de son budget — à ses employés et aux artistes.

La promotion (publicité, promotion touristique, programme imprimé et site web) occasionne 19% des dépenses.

Les frais d’exploitation de la Maison du festival comptent pour 14% des déboursés alors que la location de salles et d’équipement en représente 8%.

Puisque le quartier des festivals est spécialement conçu pour accueillir de tels événements, les frais d’aménagement du site ne représentent que 1,7 million$, soit 7% des dépenses.

Le coût des produits (dont les souvenirs) vendus sur le site par le festival occasionne 4% des déboursés.

Les frais divers comprennent les frais généraux et les amortissements des immobilisations (4%), les frais de commandites (3%), et les honoraires de production (3%).

Retombées économiques

Le quart des visites sur le site et des billets achetés pour des spectacles payants le sont par des touristes. Dans cette catégorie, on compte 30% de personnes provenant des États-Unis, 25% de Québécois habitant à plus de 40km de Montréal, 18% d’Européens, 18% de Canadiens hors Québec, et 9% d’autres pays.

L’impact économique total — la somme des dépenses touristiques occasionnées par le festival et le budget du festival lui-même — représente 96,1 millions$.

Référence : Programme 2014 du Festival international de jazz de Montréal.

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Écrit par Jean-Pierre Martel