La loi C-3 ou la transmission des chromosomes ‘canadiens’

Publié le 24 avril 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

C’est en décembre dernier que le parlement canadien a adopté la loi C-3 modifiant la Loi sur la citoyenneté.

Pour la somme de 75 $, le Canada accordera sur demande la citoyenneté canadienne à toute personne étrangère capable de prouver qu’elle descend de quelqu’un qui était canadien après le 1er janvier 1947.

Les conséquences

On estime que des millions d’Américains sont qualifiés pour obtenir la double citoyenneté canado-américaine.

Alors que les citoyens américains qui travaillent à l’Étranger sont soumis au fisc américain, l’obtention de la citoyenneté canadienne ne comporte aucune obligation fiscale. Ce qui veut dire que, pour un Américain, obtenir également la citoyenneté canadienne ne comporte que des avantages.

Si on lui diagnostique un mal dont le traitement est ruineux, il lui suffira de déménager dans une province canadienne pour que celle-ci soit obligée de le traiter gratuitement.

S’il déménageait au Canada à titre d’immigrant, Ottawa serait obligé de rembourser à la province ses frais de santé jusqu’à sa naturalisation. Mais puisqu’il est déjà citoyen canadien, Ottawa n’aura rien à payer. Tout est à la charge de la province où il ira se faire soigner.

Inévitablement, le Canada devra modifier sa loi électorale afin de permettre à cette ‘diaspora’ de participer aux élections fédérales. Selon leur importance démographique, ces citoyens de l’Étranger auront droit à un ou à plusieurs députés à la Chambre des Communes.

La dissolution de l’identité canadienne

Il est difficile de comprendre l’intérêt pour le Canada de donner le droit de vote à des gens qui n’ont jamais vécu au Canada, qui ne connaissent rien ou presque de l’histoire du pays, et qui n’auront pas à subir les politiques du parti pour lequel ils auront voté.

Ce qui nous amène à nous demander : qu’est-ce qui justifie la loi C-3.

Celle-ci n’est qu’une étape de plus dans un processus qui a commencé il y a quatre décennies.

Adoptée par l’Assemblée nationale du Québec en 1977, la Loi 101 proclamait la suprématie des droits collectifs, du moins ceux qui sont nécessaires à pérenniser le français au Québec. Cinq ans plus tard, Ottawa a fait adopter par l’ethnie dominante du pays une nouvelle constitution qui proclame, au contraire, la suprématie absolue des droits individuels.

De manière encore plus ambitieuse, Ottawa cherche à substituer l’identité collective — celle basée sur la langue, la culture et l’histoire — par une identité individuelle basée sur l’identité de genre, l’orientation sexuelle et la pigmentation de la peau.

Par le biais d’un déluge migratoire et du multiculturalisme, le but est de dissoudre l’identité canadienne. Une identité qui, déjà au départ, repose sur pas grand-chose.

La loi C-3 est un pas de plus dans cette direction.

En étendant la citoyenneté canadienne à des gens qui n’ont rien de canadien à part quelques chromosomes hérités de la fesse gauche d’un ancêtre qu’ils n’ont pas connu, Ottawa poursuit cette déconstruction de l’identité canadienne.

D’où la question : c’est quoi, un Canadien ? Qu’a-t-il de particulier ?

Références :
Affaire McKinsey: tout savoir sur les relations entre le cabinet de conseil et Emmanuel Macron
100 millions de Canadiens d’ici 2100 : Ottawa dit non à l’« Initiative du siècle »
Des millions d’Américains réclament la citoyenneté canadienne : ce que la loi C-3 change vraiment
Dual citizenship, eh? Under new law, millions of Americans may now also be considered Canadian

Complément de lecture : Le multiculturalisme ou le tribalisme des sociétés anglo-saxonnes

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Un commentaire à La loi C-3 ou la transmission des chromosomes ‘canadiens’

  1. Jacques Légaré dit :

    Le Canada est du pain béni pour des politiciens qui ne le méritent pas.

    Les uns veulent s’en séparer, les autres ne font rien qui vaille pour le réparer.

    Les peuples se réveillent tard, toujours après une tragédie.

    Je suis certain que les Américains, après Trump, vont faire une loi pour interdire tout individu au comportement indigne (avec des critères très précis) de postuler un emploi électif.

    De même pour le Canada : il va se réformer quand il sentira sur le bord d’un danger extrême comme les Canadiens l’ont ressenti en 1867 deux ans après la fin de la guerre civile américaine.

    Si les Américains ont été capables de perdre 500 000 citoyens pour libérer des esclaves, ils sont bien capables avec leur armée encore sur pied de nous le mettre sur la tête. Un Grant est plus compétent qu’un Benedict Arnold.

    C’est toujours après s’être cassé une jambe qu’on décide de marcher droit et dans la bonne direction. Et penser mieux (1918 crée la SDN et 1945 crée l’ONU).

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