À quatorze ans, une adolescente a-t-elle la maturité pour renoncer définitivement à enfanter ? C’est la question que je me suis posée en lisant un article publié vendredi dernier.
Dans ce texte, on apprend que le Collège des médecins a classé sans suite une plainte concernant une docteure qui a prescrit de la testostérone à une adolescente mineure qui, en absence de ses parents, lui exprimait sa volonté de changer de genre.
« La fertilité, je comprends que c’est loin peut-être, pour toi, à 14 ans. Est-ce que c’est quelque chose que tu veux conserver avant de commencer ?» demande la docteure à la jeune adolescente, qui répond qu’elle sait déjà qu’elle ne veut pas d’enfant.
Les études ont démontré que dans la majorité des cas, la dysphorie de genre disparait à l’issue de la puberté. Autrement dit, le meilleur remède à la dysphorie de genre, c’est la puberté.
Indépendamment des prétentions du contraire, il n’existe pas de preuve que le traitement pharmacologique de cette atteinte soit supérieur à la puberté.
Toutefois, ce qu’on ignore, c’est l’efficacité de la puberté dans les cas graves. En somme, dans ces cas, doit-on traiter ou non ? Personne ne le sait.
Lorsqu’une jeune fille considère que son sexe biologique (le sexe féminin) ne correspond pas à ce qu’elle aspire à devenir à l’âge adulte, le traitement médical comprend trois étapes.
Elle reçoit d’abord des bloqueurs de la puberté, puis des injections de testostérone et enfin, elle subit l’ablation des seins. Ce sont les trois étapes d’une thérapie ’transaffirmative’.
La deuxième étape, soit la prescription de testostérone, comporte un risque de stérilité.
À l’étape finale (la chirurgie), c’est l’expérience de l’allaitement maternel qui est irrévocablement abandonnée.
Autrefois, les chirurgiens attendaient que leur patiente ait atteint l’âge de la maturité avant de procéder à l’ablation des seins. Ce n’est plus le cas de nos jours. En 2023 au Québec, 18 adolescentes mineures ont subi une telle opération.
Pour justifier sa pratique de la médecine transaffirmative à l’insu des parents, une thérapeute déclarait à l’émission Enquêtes que les parents ne savent pas ce qui se passe dans la tête de leurs enfants.
Il est difficile de croire qu’après une ou deux consultations de moins d’une heure, une docteure soit plus compétente pour juger de l’à-propos d’une transition de genre que ceux qui ont élevé cette adolescente depuis 14 ans et qui l’ont vu s’entêter à vouloir un objet dont elle s’est lassée ultérieurement.
Effectivement dans les trois cas d’ablation des seins chez des mineures interrogées par l’émission Enquêtes, une seule n’a pas regretté son choix; les deux autres ont souhaité une reconstruction mammaire quelques années plus tard.
Conclusion
Les enfants qui éprouvent de la dysphorie de genre font partie de l’ensemble beaucoup plus vaste des gens qui sont mal dans leur peau.
On peut l’être parce qu’on se trouve laid, parce qu’on est obèse ou trop maigre, trop grand ou trop petit, et finalement parce qu’on estime être né(e) femme dans un corps d’homme ou l’inverse.
Et comme c’est le cas chez toutes les personnes insatisfaites d’elles-mêmes, le conflit entre le sexe biologique et l’identité de genre entraine un certain nombre de conséquences cliniques, dont l’anxiété, la dépression, l’insomnie et, dans les cas extrêmes, les idées suicidaires.
Aux États-Unis, les médecins qui font partie des activistes de la ‘transaffirmation’ se sont assurés que les normes de pratique de leur ordre professionnel soient conformes à leur idéologie.
Leur influence a déteint au Québec. Voilà pourquoi, ici même, les parents ont été dépossédés de leur droit de décider de ce qui est le mieux pour leur enfant au profit de l’industrie de la transition de genre, seule compétente pour en juger.
Références :
Blâmée pour avoir prescrit trop rapidement de la testostérone à une ado
La dysphorie de genre chez l’enfant
La théorie du genre et ses excès
Psychosexual Outcome of Gender-Dysphoric Children
Standards of Care for the Health of Transgender and Gender Diverse People
Transition médicale de genre chez les mineurs : le Québec va-t-il trop vite?
Écrit par Jean-Pierre Martel

