Carnet de voyage à Shanghai — Dix-huitième jour

Publié le 24 septembre 2010 | Temps de lecture : 4 minutes

Aujourd’hui fut la journée la plus intéressante de mon séjour à Shanghai. Pour la première fois, j’ai mis ce que je porte habituellement en voyage, soit des pantalons noirs, une chemise bleu pâle et une cravate appareillée. Et c’est cette tenue vestimentaire qui m’a permis d’établir la relation la plus amicale avec les Chinois que j’ai rencontrés.

En fait, un plus grand nombre de Shanghaiens m’ont adressé la parole aujourd’hui (en anglais ou en chinois) que dans tout le reste de mon voyage. On pourrait croire qu’une tenue aussi formelle établit une certaine distance. Eh bien non, paradoxalement.

Mon programme aujourd’hui, c’était de terminer mon circuit du nord de Shanghai, entammé hier. J’ai d’abord fait le Musée de la poste situé dans un édifice dont la terrasse (véritable but de ma visite) offre une vue superbe du nord du Bund et de Pudong.

Puis je fais la rue Qipu, située à proximité. Noire de monde, c’est une rue où on se procure des vêtements populaires à prix abordable. Et ce, dans un quartier ancien, aux maisons à deux étages, en bois, mais qu’on est en train de démolir. Fascinant de voir comment une activité commerciale intense peut coexister avec un effondrement urbain.

Puis je pars à la recherche d’un parc recommandé par un de mes guides touristiques mais dont l’accès est teriblement compliqué en raison des voies rapides qui l’encerclent. Je finis par aboutir dans un quaritier en démolition. Étonnamment, plein de gens y vivent toujours. On croirait une zone sinistrée, victime d’un tremblement de terre. Dans ces maisons encore debout dont certaines pièces sont éventrées, des gens sont toujours là. Peut-être parce qu’ils y ont vécu toute leur vie et qu’ils se sont jurés de la quitter seulement lorsqu’ils n’auront plus le choix, soit que leur nouvelle demeure, promise par les autorités, n’est pas encore disponible.

Toute une activité économique parallèle se développe en marge de cette démolition. Ici, on accumule les poutres de bois. Là, les portes et les escaliers. Bref, toute une économie souterraine, axée sur le recyclage, s’est développée.

Évidemment, quand un touriste occidental se pointe dans ce décor, c’est clair pour tout le monde qu’il s’est égaré. Je dois admettre que depuis au moins deux heures, je n’ai pas rencontré un seul Occidental. En d’autres mots, je suis vraiment dans la Chine profonde. Alors dans ce monde 100% chinois, on assiste à la confrontation de deux cultures.

D’un côté il y a moi, en route pour mon parc, et de l’autre, bientôt une vingtaine de personnes qui habitent les lieux et qui se réunissent autour de moi pour m’aider. Personne parmi eux ne parlent anglais. Et moi, je ne sais presque rien en chinois. Que va-t-il de passer ? D’abord moi, je n’ai pas besoin de leur aide. Je ne suis pas perdu : il y a bien un parc, là, au bout de cette ruelle, c’est écrit sur ma carte.

Mais les gens qui habitent de quartier depuis toujours, ils le savent bien que cette ruelle est un cul-de-sac. Alors je leur montre ma carte. Elle est précise, c’est clair et net : il y a un parc au bout de cette ruelle. Alors ils me laissent poursuivre ma route. Effectivement, au bout de cent pas, je dois me rendre à l’évidence : ils ont raison, cette ruelle ne mêne à rien. Alors je bifurque par cette autre ruelle. Je rencontre alors les même gens, que je salue d’un large sourire pour masquer ma déconfiture et je finis par tâtonnement par aboutir à ce fameux parc qui ne valait vraiment pas la peine de tant d’efforts.

Je prends le métro pour le Stade Hongkou et surtout le parc Luxun. Tout le côté ludique des Shanghaiens est résumé dans ce parc.

Ici des retraités jouent aux cartes. Là on y fait du pédalo en famille, on s’y baigne, on tricote, on fait la sieste ou du cerf-volant. Dans un bosquet, un musicien y joue du violoncelle chinois. Plus loin, un parc d’attraction amuse des enfants. Et dans une cacophonie des plus charmantes, des solistes, des chœurs et des ensembles instrumentaux composent spontanément et dans le plus merveilleux désordre, un hymne à la vie susceptible de rendre Dieu satisfait de sa création.


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Carnet de voyage à Shanghai — Dix-septième jour

Publié le 23 septembre 2010 | Temps de lecture : 2 minutes
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Équipé de la photo d’un bout de papier sur lequel j’ai griffonné l’horaire des autobus pour Zhouzhuang, je pars à l’aventure. Il pleut mais la météo prévue est du temps nuageux. Dans les faits, l’après-midi sera ensoleillée avec passages nuageux

Je me suis levé plus tôt et j’arrive à temps en taxi pour le départ de 10h. L’autobus mettra environ 90 minutes pour atteindre cette ville d’eau, une des plus célèbres de toute la Chine.

C’est M. Hui Guo Jiang, un Sino-Canadien de 76 ans rencontré le 10 septembre dernier au bazar de Yuyuan, qui m’avait recommandé de visiter cette ville (que je ne connaissais pas).

Située à 60 km de Shanghai, Zhouzhuang est une ville fascinante. Ses canaux, bordés de boutiques et de restaurants, sont beaucoup plus photogéniques que ceux de Sushou et de Luzhi (que j’ai visitées l’an dernier). On y trouve plusieurs palais séculaires qui nous permettent bien d’imaginer la vie nobiliaire de la Chine ancienne.

C’est une ville charmante qui méritait amplement la journée que je lui ai consacrée.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/30 sec. — F/4,5 — ISO 125 — 21 mm
2e photo  : 1/125 sec. — F/5,3 — ISO 100 — 30 mm
3e photo  : 1/20 sec. — F/4,0 — ISO 400 — 18 mm
4e photo  : 1/160 sec. — F/6,3 — ISO 100 — 22 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Carnet de voyage à Shanghai — Seizième jour

Publié le 22 septembre 2010 | Temps de lecture : 4 minutes
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Un typhon de passage dans cette partie du Monde a faut chuter les températures d’environ sept degrés, rendant tout a coup la visite de la ville beaucoup plus agréable. Je m’étais fixé pour la journée un programme très ambitieux dont de je n’ai réalisé qu’une partie. Comme toujours, c’est lorsqu’on s’y attend le moins qu’on a les plus belles surprises.

J’ai visité le nord de la ville. Mon programme commençait par la visite d’un ensemble de maisons traditionnelles recommandées dans un guide touristique. Malheureusement, à mon arrivée, on achevait de les détruire. Au lieu de prendre le taxi, comme prévu, pour me rendre au deuxième item au programme, j’ai plutôt décidé de visiter les environs.

Quelle merveilleuse idée. Je me suis retrouvé dans un quartier populaire sans prétention, un quartier qui respire la vie. Sur mon chemin, le parc Ghangshou. Dans ce dernier, je visite une galerie d’Art puisque ce parc abrite ce commerce. On y vend des peintures figuratives de la qualité de ce qu’on trouve dans notre salon des Métiers d’Art au Québec. Je suis étonné par les prix; une toile de 1,6 par 0,6 mètre que j’aurais achetée — s’il n’y avait pas eu le problème du transport — se vendait $120 (encadrement compris).

Le parc lui-même est un musée de sculptures figuratives. Dans la photo du haut, la sculpture n’est fixée au socle que par le côté externe du pied droit et les orteils du pied gauche. Tout le reste flotte, y compris la tablette, vissée par en dessous.

Puis je visite le Temple du Bouddha de jade. Tout autour de la cour intérieure du temple, et un peu partout dans son enceinte, les vendeurs de camelote s’affairent. Au second étage, dans le saint des saints, là où se trouve le Bouddha de jade blanc, des préposés se chargent de prendre les bouteilles d’huile achetées par les fidèles et de toucher ces bouteilles contre la statue sacrée. Instantanément, comme par magie, l’huile jaune devient jaune (sic), au grand émerveillement des croyants, surpris de voir que l’huile sacrée puisse réussir à ce point à prendre l’apparence d’une huile ordinaire.

Puis, à proximité, le long de la rivière Wusong, plus précisément sur la rue Moganshan, se trouvent des anciens hangars industriels convertis en galeries d’Art contemporain. Beaucoup de petites galeries et une foule d’artistes d’avant-garde représentés témoignent bien que Shanghai est devenue une pépinière de talents. J’y passe des heures et j’y serais resté plus longtemps si le tout ne fermait pas à 18h. Je dois y retourner samedi prochain chercher une gravure sur bois que j’ai achetée et qu’on va recadrer à mon goût d’ici-là.

En me rendant au métro, je tombe sur le Centre commercial Yuexing Furnishings, au moins deux fois plus grand que les Galeries d’Anjou où, sur quatre étages (photo du bas), on ne vend que du mobilier de chambre à coucher et de salon. Rien pour la cuisine ou la salle de bain. Je crois comprendre que chaque boutique est consacrée à un fabricant.

Détails techniques :
Photo du haut : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45 mm — 1/40 sec. — F/5,1 — ISO 125 — 28 mm
Photo du bas : Panasonic GH1, objectif Lumix 20 mm F/1,7 — 1/160 sec. — F/2,0 — ISO 100 — 20 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Carnet de voyage à Shanghai — Quinzième jour

Publié le 21 septembre 2010 | Temps de lecture : 3 minutes
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Hier soir, j’ai pris le repas du soir dans un restaurant japonais situé au Centre commercial Super Brand Mall de Pudong. Ce centre commercial est en face de la boutique Apple dont je vous ai parlé précédemment.

C’était la deuxième fois que j’y allais. Les Japonais ont vraiment le tour d’apprêter et de rendre appétissants les espèces en voir de disparition. Les Japonais ne sont pas fous; ils ont compris bien avant nous qu’il faut se dépêcher à en manger pendant qu’il en reste : après, il sera trop tard.

Mon aileron de nourrisson de dauphin (en d’autres mots, ma nageoire de dauphin de lait) était délicieuse, bien rosée à l’arête, et fondait en bouche. J’aurais aimé vous en faire goûter. Le dauphin de grain était moins cher sur le menu mais je n’avais pas confiance.

Moi, j’aime manger frais. Or avec les Japonais, tout est tellement frais. On croirait entendre encore le babouin se débattre dans la cuisine quand on vous apporte ses testicules fumantes dans votre assiette. Incidemment, je me suis toujours demandé s’ils font quelque chose avec le restant du singe; au moins de la soupe, j’espère. Le envieux diront que c’est un peu cher mais on doit comprendre que cette année, le prix du riz a triplé. Alors…

… soyons sérieux. On peut s’y assoir aux tables mais lors des deux seules fois où j’y suis allé, on m’a placé au bar qui entoure les chefs. Les plats défilent sous nos yeux. Selon la couleur de l’assiette, le prix varie de 5 à 25 yuans (de 90 cents à 4$), sauf le wasabi (la moutarde verte japonaise) qui est gratuite (voir les deux premières photos). À la fin du repas, la serveuse calcule l’addition à partir de votre pile d’assiettes.

Toujours hier, j’ai visité le Musée de l’histoire de Shanghai. Très intéressant. Utilisant une foule de moyens conventionnels, mais de manière ingénieuse : statues de cire grandeur nature, photos d’archives, décors de studio, maquettes des maisons patrimoniales, etc. (voir photo du bas, représentant une soirée à l’opéra).

Aujourd’hui, ma journée a été une récapitulation générale en vue d’une excursion éventuelle à Zhouzhuang, un village d’eau situé à 60 km de Shanghai. J’ai passé la soirée à l’Expo. J’y ai visité successivement le pavillon de la Suède (trop IKEA), celui de la Norvège (bien pensé), celui de l’Irlande (sympathique), celui des Pays-Bas (nul), celui du Canada (ludique), celui de l’Inde (mince), et du Népal (architecture traditionnelle spectaculaire).

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/30 sec. — F/3,5 — ISO 320 — 14 mm
2e photo  : 1/25 sec. — F3,5 — ISO 400 — 14 mm
3e photo  : 1/8 sec. — F/3,8 — ISO 800 — 17 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Carnet de voyage à Shanghai — Quatorzième jour

Publié le 20 septembre 2010 | Temps de lecture : 3 minutes
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Ce matin, en marchant sur le trottoir le long de la rue Yan’an, un motocycliste a klaxonné juste comme il passait à côté de moi. Le volume sonore de son klaxon était tellement fort — certainement plus de 150 décibels — que j’en ai eu mal à l’oreille droite pendant un bon dix minutes.

Je me rendais au métro pour aller au Parc du centenaire. C’est le parc le plus vaste de Shanghai. La partie sud-est est un parc à l’anglaise qui a la forme d’un blason de 1,8 km par 0,8 km. Il est plutôt plat et est bordé de tours résidentielles dont certaines ressemblent à des extra-terrestres (photo du haut). La partie nord-ouest du parc, appelée Place du Centenaire, est plus symétrique. C’est une version moderne du jardin à la française, d’environ un km carré. Dans l’ensemble, les arbres y sont encore trop jeunes, ce qui a pour conséquence qu’on y marche trop souvent au gros soleil. J’ai toutefois apprécié la Fontaine magique (une fontaine synchronisée au son de pièces instrumentales de musique classique) : je me suis promené entre les jets verticaux d’eau, ce qui a eu le résultat voulu de me mouiller de la tête aux pieds.

Je n’ai pas eu à décider combien de temps je devrais passer au Musée des sciences et des technologies : c’est fermé le lundi.

Puis, j’ai parcouru l’avenue du Centenaire. C’est le boulevard le plus large et le plus long de Shanghai (il fait 4 km de long). Par moment, ses trottoirs ont 20 mètres de large. Son côté Est est jalonné d’une série de jardins allongés, entourés d’un muret d’environ trois mètres (photo du centre). Ce sont de petits oasis de tranquillité relative (je dis relative puisqu’on ne peut échapper totalement au bruit des klaxons).

Partout dans ce quartier, on voit des tours à bureaux et des tours résidentielles (photo du bas) et, à l’occasion, des maisons de quelques étages seulement. Peu de ce qui s’y trouvait avant que Pudong ne devienne une zone économique spéciale, a échappé aux pics des démolisseurs.

De manière générale, Pudong a été conçu à l’époque où on croyait que l’avenir, c’était l’automobile. On y marche donc pour rien. Ce soir, en me rendant à la tour Jinmao, j’ai dû faire un détour équivalent à trois quadrilatères, des barrières et l’absence de voie réservée aux piétons nous empêchant de traverser ce boulevard, une fois rendu au niveau de ce gratte-ciel.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/320 sec. — F/8,0 — ISO 100 — 39 mm
2e photo  : 1/125 sec. — F5,1 — ISO 100 — 28 mm
3e photo  : 1/400 sec. — F/6,3 — ISO 100 — 14 mm


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Carnet de voyage à Shanghai — Treizième jour

Publié le 19 septembre 2010 | Temps de lecture : 5 minutes
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Au renouvellement de ma carte de crédit, je ne voulais pas de carte à puce. Mais, m’a-t-on répondu, cela ne se fait plus. De mauvaise grâce, j’ai donc fini par l’accepter, sentant toutefois que cela me causerait des problèmes. Imaginez un vieux grincheux qui se dirait : « Maudite invention du Diable ! ». Eh bien, vous lisez dans mes pensées…

Environ la moitié des restaurants et des commerces à Shanghai n’acceptent pas de cartes de crédit, d’où l’importance d’avoir sur soi de l’argent comptant. Or la devise chinoise ne s’obtient qu’en Chine; on ne peut s’en apporter du Canada.

De plus, il y a quatre manières d’obtenir des devises chinoises :

  1. en échangeant des devises étrangères aux bureaux de change situés dans les aéroports chinois,
  2. aux comptoirs des banques chinoises si vous parlez le Mandarin (ce qui n’est pas mon cas),
  3. à la réception des hôtels qui font également office de bureaux de change (ce qui n’est pas le cas de mon hôtel), et dernièrement
  4. aux guichets automatiques des banques chinoises qui acceptent votre carte de crédit ou votre carte bancaire.

Puisque ce dernier cas correspond à ma seule possibilité, le problème, c’est que la grande majorité des guichets automatiques d’ici n’acceptent pas la carte à puce VISA. Ils l’accepteront sans doute un jour, mais pour l’instant, ça ne fonctionne pas. Sauf dans de rares cas.

Or il ne faut pas se tromper de guichet. Si vous allez dans un qui ne l’accepte pas, non seulement refusera-t-il la transaction mais il est possible, en plus, qu’il inactive votre carte, la rendant nulle partout ailleurs, y compris là où elle devrait être acceptée.

Ici en Chine, le système banquaire est totalement chinois; il n’y a pas de grande banque internationale, mais plutôt que des banques chinoises dont les noms nous sont totalement inconnus. C’est ainsi que la seule banque que je connaisse qui accepte la carte VISA à puce est la Huaxia Bank. Avis donc aux autres titulaires de carte à puce qui connaîtraient présentement les mêmes difficultés que moi.

J’ai donc passé la soirée à essayer en vain à retirer de l’argent dans six quichets différents — pour finalement réussir après que VISA eut débloqué ma carte à Montréal à la suite de mon interurbain de vingt minutes. Mais jusque là, la journée s’était bien déroulée. Elle avait commencé par une visite au Royaume sauvage des insectes. Ce dernier est plus qu’un insectarium puisqu’on y trouve aussi un grand nombre de petits animaux (lapins, cobayes, salamandres, chèvres, etc.).

Puis j’ai visité deux des gratte-ciel parmi les plus hauts au Monde. J’ai d’abord pris un café au restaurant du 53e étage de l’hôtel Hyatt situé dans la Tour Jinmao — qui compte 88 étages et qui a la silhouette d’une pagode. Puis je me suis rendu à la plateforme d’observation (photo du haut) du 100e étage du Centre financier mondial de Shanghai — haut de 101 étages et qui a la forme d’un décapsuleur.

Au sortir de ce dernier édifice, un vieux monsieur s’est approché de moi en me montrant l’arrière de son appareil-photo. Méfiant, ma première réaction a été de me demander ce qu’il essayait de me vendre. Mais j’ai bien ri quand j’ai réalisé qu’il m’avait photographié à mon insu, en contre-jour dans la plateforme d’observation (photo du bas). Puisque qu’après la visite, je m’étais attardé une demi-heure à regarder des timbres au bureau de poste situé dans ce gratte-ciel, c’était par pure coïncidence que nous étions sortis ensemble de l’édifice.

Et puis, pendant qu’il s’éloignait, j’ai réalisé qu’il me fallait une copie de cette photo. J’ai couru le rejoindre. Et alors que la photo était encore affichée sur l’écran arrière de son Sony, j’ai sorti mon Panasonic pour prendre une photo de sa photo. En lui montrant le résultat sur l’écran arrière de mon appareil, nous avons tous deux éclatés de rire, un peu comme les spectateurs du court-métrage « L’arroseur arrosé », des frères Lumière.

Somme toutes, ce fut une rencontre très plaisante : pourtant ni lui ni moi ne comprenons la langue de l’autre. Comme quoi les mots sont très utiles, mais ne sont pas absolument nécessaires à la compréhension entre les peuples…

J’ai terminé la journée par une brève visite du Parc du Centenaire, puis mon retour en métro à l’hôtel.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/160 sec. — F/4,5 — ISO 100 — 14 mm
2e photo  : 1/60 sec. — F/3,5 — ISO 100 — 14 mm


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Carnet de voyage à Shanghai — Douzième jour

Publié le 18 septembre 2010 | Temps de lecture : 4 minutes
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En écartant les rideaux ce matin, l’air extérieur était propre et j’ai donc décidé que je passerais la journée dans le quartier futuriste de Pudong. Mais dans le fond, j’avais simplement le goût de ne rien faire. Alors, comme un enfant qui cherche des prétextes pour ne pas aller à l’école, je me suis senti fatigué après le déjeuner et j’ai donc fait une petite sieste.

À 13h, la raison a pris le dessus : je pouvais dormir tout le restant de ma vie si j’en avais envie mais maintenant j’étais à Shanghai, pour la seule et dernière fois de ma vie et c’est clair que j’allais profiter de cette occasion unique. Devant une argumentation aussi convaincante que ferme, je me résolus à obéir.

Je traversai la rivière Huangpu dans le tunnel appelé « Bund Sightseeing Tunnel ». Celui-ci offre à ses passagers un spectacle son et lumières pseudo-psychédélique digne d’un cirque ambulant.

Puis je me rends à la Tour de communication Perle de l’Orient (à gauche sur la photo du haut) essentiellement pour y prendre des vues aériennes de Shanghai. Ma visite y durera deux heures dont la moitié pour en redescendre. Le goulot d’étranglement, ce sont les ascenseurs; leur capacité est d’une vingtaine de personnes aux cinq minutes.

À un moment donné dans la foule qui s’agglutinait pour descendre, je sentais qu’on me poussait dans le dos. Après quelques minutes, las d’être pressé contre les gens devant moi, je me suis ancré en agrippant une tige de métal horizontale, ce qui rendait inutile toute pression. La personne qui me poussait a donc changé de victime. C’est alors que j’ai vu une petite femme de 1,5 mètre, les bras croisés en X devant sa poitrine, pousser comme un bulldozer dans le dos du monsieur devant elle. Derrière elle, un espace d’une trentaine de cm libre. Arrivé près des portes de l’ascenseur, j’ai senti être devenu le sujet d’une deuxième pousseuse. Pour la tester, j’ai fait volteface une fois arrivé dans l’ascenseur et immédiatement celle-ci a arrêté de me pousser dessus…

J’ai visité ensuite l’aquarium de Shanghai qui est très bien mais auquel je préfère celui de Barcelone.

Après le repas du midi dans un restaurant japonais, je visite le nouveau magasin Apple de Pudong. Il s’agit d’un commerce souterrain d’un étage. On y accède par un escalier en tire-bouchon surmonté d’un cylindre de verre, au haut duquel est suspendue une pomme lumineuse (voir photo du bas). Ce cylindre est entouré d’un bassin d’eau peu profond, autour duquel s’enroule la file d’attente. Des bouteilles d’eau sont distribuées gratuitement et, par gros soleil, des parapluies noirs sont prêtés aux visiteurs en attente. Le magasin est agréable. Une aire a été aménagée pour permettre aux enfants de jouer à des jeux Macintosh.

Je visite en soirée le centre commercial Super Brand Mall, extrêmement populaire auprès des jeunes.

Pour terminer, je rentre en métro, Pudong étant à trois stations de mon hôtel.

Autant la signalisation est claire et explicite dans les stations, autant il est parfois difficile (sinon impossible, à moins de disposer d’une carte) de savoir de l’extérieur où se trouve une entrée de métro.

Quand l’accès se fait directement par la rue, le métro est identifié par une enseigne lumineuse distinctive. Mais quand l’accès se fait par l’intermédiaire d’un centre commercial, souvent aucune signalisation ne l’indique de l’extérieur. À mon retour à Montréal, je compte vérifier si cela est également vrai des entrées à la station McGill par l’intermédiaire du Centre Eaton ou de La Baie, sur la rue Sainte-Catherine.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/8 sec. — F/3,5 — ISO 800 — 14 mm
2e photo  : 1/30 sec. — F/4,9 — ISO 100 — 25 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Carnet de voyage à Shanghai — Onzième jour

Publié le 17 septembre 2010 | Temps de lecture : 2 minutes
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Au programme d’ajourd’hui, promenade le long du Bund (c’est-à-dire la rive Art Déco de la rivière Huangpu qui traverse Shanghai), visite du Musée des réfugiés juifs de Shanghai et troisième soirée à l’Expo.

Le Bund (photo ci-dessus) est un boulevard jalonné d’édifices qui reflètent la prospérité ostentatoire des firmes étrangères établies à Shanghai, à l’époque où cette ville était le troisième centre financier au Monde. À son extrémité nord, juste avant de traverser un affluent du Hangpu, se trouve un oasis de verdure (le parc Hangpu) où il doit faire au moins trois degrés de moins que sous le soleil de plomb du Bund.

Je prends le repas du midi à l’hôtel préféré de Mao (le Broadway Mansions).

Puis c’est une marche de deux km pour atteindre finalement le Musée des réfugiés juifs de Shanghai, situé au coeur de l’ancien ghetto juif de la ville (dont il ne reste plus grand chose).

Retour en taxi à l’hôtel en prévision de ma soirée à l’expo.

Dans l’ordre, j’y vois successivement le pavillon de l’ONU (formel), celui du Danemark (jouissif), celui de la Slovénie (bien), celui de la République tchèque (axé sur la créativité du peuple tchèque), celui de la Belgique (pavillon qui manque de focus puisque c’est aussi le pavillon de la Communauté européenne), celui de la Serbie (très bien), et finalement celui de l’Espagne (impressionnant).

Puis finalement c’est l’autobus et le taxi vers l’hôtel.

Pour la première fois depuis le début de mes vacances, je crois que je vais avoir le temps de voir tout ce que j’ai l’intention de visiter à Shanghai.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm — 1/320 sec. — F/9,0 — ISO 100 — 23 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Carnet de voyage à Shanghai — Dixième jour

Publié le 16 septembre 2010 | Temps de lecture : 5 minutes
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En prévision d’une représentation de l’Or du Rhin, de Wagner, donnée par l’Opéra de Cologne au Grand Théâtre de Shanghai, je suis revenu à mon hôtel vers 14h afin d’y faire la sieste. C’est donc une petite journée.

Permettez-moi de vous parler de la ville et de ses habitants.

Shanghai est une ville bruyante. Avec l’automobile, les Shanghaiens ont découvert un nouvel instrument de musique appelé klaxon, capable à lui seul de jouer le cinquième de la gamme pentatonique chinoise. Oubliez le Chinois raffiné, soucieux de ne pas heurter la sensibilité des autres. Comme Dr. Jerkyll et Mr. Hyde, il y a un autre Shanghaien et c’est celui au volant. Dès qu’il démarre son auto, ses ongles allongent, ses crocs s’aiguisent, son visage se couvre de poils.

Alors on klaxonne quand on arrive à un bouchon de circulation. On klaxonne pour signaler à un piéton qu’on s’approche de lui. On klaxonne pour avoir priorité et tourner à droite. On klaxonne pour s’assurer que son klaxon fonctionne bien. Etc. Vous comprenez maintenant pourquoi je tenais tant à avoir une chambre du côté jardin et non du côté rue lorsque j’ai fait ma réservation à l’hôtel.

Shanghai est une ville très sécuritaire. Lorsqu’une ville ne l’est pas, le premier signe est que les femmes n’osent plus s’y aventurer le soir. Ce n’est pas le cas à Shanghai. On y voit des femmes (respectables, dois-je le préciser) à toute heure du jour et de la nuit.

De plus, les crimes commis contre les étrangers sont punis beaucoup plus sévèrement que ceux commis contre des Chinois; conséquemment, vous pouvez imaginer à quel point je m’y sens à l’aise. Je n’hésite pas à m’aventurer dans des petites ruelles hors des circuits touristiques. Évidemment, je le fais de manière respectueuse. Par exemple, ce matin, une femme se brossait les dents au dessus de l’évier extérieur devant sa maison : c’est le genre de chose que j’évite de prendre en photo. Je n’aimerais pas qu’un étranger vole mon intimité si j’étais dans sa situation.

Les femmes shanghaiennes sont plutôt élégantes. Alors que dans les quartiers pauvres de la ville, les hommes âgés sont par temps chaud en boxer et en camisole sans manche, leurs épouses sont souvent en pyjama dans les ruelles et les parcs. C’est une mode récente que le gouvernement chinois a tenté de faire disparaitre en prévision de l’Expo, sans grand succès.

Selon l’occupation et le milieu social, les femmes s’habillent comme chez nous, à l’exception que le style gothique ou gore (perçage, tatouage, chaines et pointus de métal) n’existe pas ici. En fait, je dirais que l’élégance des femmes montréalaises est simplement un peu plus généralisée ici. Leur démarche est fière et assurée.

Lorsqu’il fait chaud, il est étonnant de voir autant de personnes qui font la sieste publiquement. Lors de mon premier voyage en Chine, j’avais été surpris par le nombre de personnes qui jouaient à des jeux de société (cartes, dames chinoises, etc.) lorsqu’ils n’ont rien à faire. C’est un peu moins vrai à Shanghai alors que le téléphone portable occupe les gens dans le métro et aussi au concert.

Ce soir à l’opéra, il y avait beaucoup de jeunes dans la section économique où je me trouvais. Mon voisin de gauche et ma voisine de droite (tous deux dans la vingtaine) ont plusieurs fois vérifié s’ils avaient reçus de nouveaux messages sur leur téléphone portable. Mon voisin de gauche a même tapé et expédié un message alors que les chanteurs s’époumonaient sur la scène.

Ce matin, j’ai réalisé une promesse faite la veille à un jeune Shanghaien travaillant à La Mer Café. J’avais promis de lui apporter les photos de mon premier voyage en Chine. Je lui ai laissé le DVD mais avant de le quitter, nous avons regardé ensemble ma vidéo préférée (celle au sujet de la rivière Li). J’ai été surpris de voir qu’il ignorait les conditions de vie très dures des gens qui habitent cette région, en particulier le fait qu’ils vivaient dans des maisons à peu près pas chauffées.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/40 sec. — F/5,2 — ISO 160 — 29 mm
2e photo  : 1/80 sec. — F/5,6 — ISO 160 — 45 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Carnet de voyage à Shanghai — Neuvième jour

Publié le 15 septembre 2010 | Temps de lecture : 3 minutes
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La météo de la BBC prévoyait pour aujourd’hui des averses de pluie importantes à Shanghai. Il a fait beau ce matin et ce fut gris le reste de la journée.

Au petit déjeuner, j’avais décidé de poursuivre ma visite du quartier de l’Ancienne concession française. Avec ses rues bordées d’arbres, ce quartier m’avait charmé hier et la séduction s’est poursuivie aujourd’hui.

Au programme, les anciennes résidences de deux dirigeant chinois : Zhou Enlai (bras droit de Mao) et Dr Sun Yat-sen. Il s’agit de villas de deux ou trois étages, assez imposantes, décorées sobrement, dont l’intérieur est plutôt sombre, en raison de la fenestration parcimonieuse. Les environs ont le charme désuet des maisons de « Style 1900 », populaires à Darmstadt.

Avec la chaleur qu’il fait ces jours-ci, je saisis toutes les occasions de m’accorder un peu d’ombre et de fraîcheur. C’est pourquoi j’adore me promener dans les parcs de Shanghai. Dans la photo du haut, vous noterez que les jeunes chinois ont enlevé leurs chaussures avant de jouer aux cartes sur la pelouse devant le Garden Hotel Shanghai.

Vers 16h, après avoir pris une crème de champignons, un filet de saumon et un thé aux pétales de rose — je sais, ce n’est pas très masculin mais ça me tentait d’essayer ça — au La Mer Café, je rentre à l’hôtel me changer et je pars en métro pour l’Exposition universelle.

Il y plus de monde que la dernière fois. Je visite quelques pavillons où les files d’attente sont presque nulles, soit successivement celui de la Finlande (très beau), de l’Estonie (minimaliste), de la Grèce (idem), de la Lituanie (où je déguste leur mets national; une patate truffée de viande, le tout cuit dans de la graisse de bacon), l’Algérie (traditionnel), et le Luxembourg (plutôt bien).

Pour terminer, à dix minutes de la fermeture, je rentre dans le pavillon de l’Italie. Je n’aurais pas assez de toute la nuit (il est 1:00 du matin) pour vous dire le bien que je pense de ce pavillon (photo du bas). Si vous en sortez sans être convaincu du génie créatif du peuple italien, c’est que vous êtes vraiment « dur de comprenure » (pour parler québécois).

Justement, il est tard. Alors bonne nuit à tous.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectifs M.Zuiko 9-18 mm (1re photo) et Lumix 20 mm F/1,7 (2e photo)
1re photo : 1/125 sec. — F/4,0 — ISO 100 — 9 mm
2e  photo : 1/40 sec. — F/1,7 — ISO 100 — 20 mm


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