Du Nutella pour demain s’il te plaît…

Publié le 26 février 2011 | Temps de lecture : 2 minutes


 
Une fillette répond :
— Oui allo ?
— Bonjour. C’est papa. Est-ce que je peux parler à maman ?
— Non, elle est occupée avec mon oncle Simon.
— Avec mon oncle Simon ? C’est qui ça, mon oncle Simon ?
— Bien le monsieur qui vient tous les mercredis. Il est avec maman, en haut, dans sa chambre.
— Avec maman dans sa chambre ! Bon. Bien écoute, euh… Écoute ma petite Pitchounette, on va jouer… on va jouer un bon tour à maman. Monte en haut et cogne à la porte en criant très fort : « Papa arrive ! Papa arrive !». As-tu compris ?
— Oui ; « Papa arrive ! Papa arrive !».
— C’est ça… Bien vas-y !

 
Long… très long silence. Quelques bruits sourds.

 
— Papa ?
— Oui. As-tu fait ce que j’ai dit ?
— Oui.
— Et… euh… qu’est-ce qui est arrivé ?
— Bien j’ai ouvert la porte et j’ai crié très fort « Papa arrive ! Papa arrive !».

Silence.

— Oui oui je sais, mais après.
— Bien après maman est sortie du lit très vite en criant. Elle a glissé. Elle s’est cogné la tête sur la petite table et elle est comme morte; elle ne bouge plus.
— Mon Dieu ! Et mon oncle Simon ?
— Papa, vas-tu nous apporter du Nutella parce que demain…
— …Aïe ! Laisse-faire le Nutella. Mon oncle Simon, il a fait quoi mon oncle Simon ?
— Rien. Il s’est juste habillé très vite. Il a voulu sauter par la fenêtre. Mais comme on a enlevé l’eau de la piscine, il s’est fait très mal. Maintenant il pleure.
— La piscine ? Quelle piscine ? Écout’ donc, est-ce que je suis bien au 450-367-…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pénurie mondiale de partisans libéraux

Publié le 29 janvier 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

Plus tôt cette semaine, Mme Diane Lemieux (ex-leader parlementaire du PQ) était nommée à la tête de la Commission de la construction du Québec. Cette nouvelle a eu d’autant plus d’impact que le jour même, Lucien Bouchard (ex-chef du PQ) était choisi par l’Association pétrolière et gazière du Québec pour représenter cet organisme.

Certains analystes ont vu dans la nomination de Mme Lemieux, une habile tentative de diversion.

Mais pourquoi chercher midi à quatorze heures ? L’explication est pourtant évidente. Après huit ans à promouvoir ses partisans à la magistrature et à la tête des organismes publics et para-publics, M. Charest a atteint le fond du baril ; il n’en reste plus à nommer.

D’ailleurs, pas plus tard que la semaine dernière, l’UNESCO plaçait officiellement le Partisanum liberalis sur la Liste des espèces menacées. Non pas en voie d’extinction puisque selon les sondages, il en reste un beau gros 15% fidèle à monsieur Charest.

Malgré le proverbe libéral qui dit que Lemieux est l’ennemie du bien, M. Charest s’est donc résigné, faute de mieux, à ce choix contre-nature.

D’ailleurs, dégouté par cette nomination répugnante, M. Charest s’est aussitôt envolé vers le Forum économique mondial de Davos pour essayer de l’oublier. En vain.

M. Charest a donc profité de cette tribune pour supplier ses homologues européens de lui trouver quelqu’un quelque part — n’importe qui — qui voudrait devenir partisan libéral.

Le président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, s’est dit peiné que M. Charest ne lui ait pas adressé sa requête avant l’expulsion des Roms de France.

De son côté, M. Silvio Berlusconi a fièrement évoqué le nombre incalculable de belles Italiennes séduites par lui (entre autres) et qu’il aurait pu convaincre facilement de devenir partisanes libérales si seulement elles avaient été en âge de voter.

Quant à l’Angleterre, elle a rappelé sa longue expérience dans le clonage des brebis et proposé la multiplication des partisans actuels de M. Charest.

Par conséquent, malgré la sympathie évidente que son vibrant message a suscité dans les cœurs de son auditoire en larmes, M. Charest, selon toutes les apparences, reviendra bredouille au Québec. Que de tristesse…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les grandes ambitions

Publié le 24 novembre 2010 | Temps de lecture : 3 minutes
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Lorsque j’étais à l’école primaire, nous recevions occasionnellement la visite de Monsieur l’Inspecteur. Une ou deux fois par année, ce religieux catholique venait vérifier nos connaissances par des questions comme celles-ci :
— Qui peut me dire comment se nomme la capitale du Canada ?
ou
— Quel explorateur français a découvert notre beau pays ?

Mais lors de notre toute première rencontre avec un inspecteur scolaire, celui-ci avait décidé, après les politesses d’usage, de débuter par la question suivante :
— Lorsque vous serez grands, quel métier aimeriez-vous faire dans la vie ?

Le premier élève répondit sans hésiter : — Pompier.

Durant la semaine qui avait précédé la visite de l’inspecteur, un incendie avait ravagé une partie du vieux séminaire de Joliette. En manchette du Joliette Journal et de L’Étoile du Nord (les deux hebdomadaires de la ville), l’événement était sur toutes les lèvres. On ne tarissait pas d’éloges pour nos vaillants pompiers.

Pour nous, petits garçons de première année, les pompiers incarnaient l’aventure, le combat valeureux contre le mal et la destruction, et l’ultime protection de notre ville contre la catastrophe. Que pouvait-on rêver de mieux que de devenir pompier ?

Le deuxième élève répondit lui aussi « pompier », de même que le troisième et environ la moitié de la classe.

Mais arrivé à mon tour, je répondis catégoriquement : — Je veux être pape !

Se tournant vers Soeur Priscillienne (notre institutrice), l’inspecteur lui avait répété à voix basse, les yeux grands ouverts : — Il veut être pape.

Revenant à moi, l’inspecteur m’avait demandé :
— Alors tu aimerais être prêtre, puis évêque, puis cardinal, puis…
— …Non, non. Je veux être pape.

Pape était tellement mieux. Comment pouvait-on se contenter de cette soutane moche de subalterne quand on peut avoir la mitre à trois étages, la bague sertie d’un énorme rubis, la chasuble cousue de fils d’or, la soutane en dentelle blanche, etc. ? Et tous ces gens qui se prosternent devant vous ou qui s’approchent en disant, d’une voix tremblante : — J’aurais une faveur à demander à Votre Monticule…

C’était clair : j’étais né pour la papauté.

Mais finalement, à l’adolescence, quand vint le moment de choisir une carrière, j’optai pour une profession aux perspectives d’emploi plus probables.

Après les grandes ambitions de l’enfance, le temps des compromis était déjà arrivé…

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Écrit par Jean-Pierre Martel