Après avoir mis en place un blocus maritime empêchant le Venezuela d’exporter son pétrole, les États-Unis ont procédé à l’exfiltration vers les États-Unis du président Nicolás Maduro (et de son épouse) pour y être jugé.
Dès le lendemain, la Cour suprême du Venezuela a ordonné à la vice-présidente Delcy Rodriguez d’assumer le pouvoir, forte de l’appui de l’armée.
Plutôt que de remplacer Nicolás Maduro par la cheffe de l’opposition qui avait remporté les dernières élections présidentielles, l’administration Trump a préféré procéder chirurgicalement à une révolution de palais, planifiée depuis des semaines, et qui permet de maintenir en place le régime vénézuélien, purgé des dirigeants militaires les plus fidèles à l’ancien président, et notamment sa garde rapprochée cubaine qui a été liquidée au cours l’opération mortelle menée par les forces américaines.
Comme le prévoyait le scénario écrit d’avance par Washington, la nouvelle présidente s’est empressée de condamner l’intervention américaine et déclaré sa volonté de défendre de toutes ses forces son pays contre l’impérialisme américain.
Le but de l’opération américaine n’était pas de défendre la démocratie au Venezuela. Si cela avait été le cas, la gagnante des dernières élections présidentielles serait aujourd’hui à la tête du pays. Elle se sera peut-être un jour, mais cela n’était pas la priorité de l’administration Trump.
Le but n’était pas non plus de s’emparer du pétrole vénézuélien; celui-ci repose dans le sous-sol du pays et le demeurera, essentiellement, pendant encore de nombreuses années.
Cette intervention militaire est une étape en vue d’établir le contrôle mondial de l’énergie par les États-Unis.
Dans ce cas-ci, cela consiste à forcer la Chine (qui, jusqu’ici, achetait 68 % du pétrole vénézuélien) à se trouver une autre source d’approvisionnement. Puisque le Venezuela était un fournisseur pétrolier mineur de la Chine, la gifle infligée à la Chine n’est pas catastrophique, mais elle est significative.
Dans leurs luttes respectives pour l’hégémonie mondiale, la Chine et les États-Unis ont deux stratégies opposées.
Les États-Unis veulent prolonger indéfiniment l’époque actuelle où les ressources énergétiques (notamment les hydrocarbures) occupent une place stratégique dans le développement économique. En somme, le but de l’administration Trump est de prolonger l’âge thermo-industriel, en dépit de ses conséquences climatiques.
De son côté, la Chine a misé sur l’émergence de l’extractivisme minéral en tant que pilier de l’économie de demain. Pour ce faire, la Chine s’est assurée du monopole de l’extraction et de la purification des métaux stratégiques.
Le résultat, c’est que même lorsque les États-Unis auront comblé leur retard technologique, la Chine percevra sa part (sa ‘cut’) de chaque éolienne et de chaque panneau solaire produit en Occident en raison des terres rares essentielles à leur fabrication.
Références :
Capture de Nicolás Maduro par les États-Unis
Le cout de la dé-Merkellisation de l’Allemagne
Les conséquences géostratégiques du basculement vers les énergies vertes
Venezuela : le président déchu par les États-Unis Nicolás Maduro comparaîtra lundi devant un juge à New York
En d’autres mots: affaires à suivre