Le pluriel des couleurs

Publié le 27 juillet 2017 | Temps de lecture : 3 minutes
Siège de l’Académie française

Règles générales

Écrire : « Elle avait les yeux de couleur bleue » est un pléonasme puisque dans cette phrase, ‘bleu’ ne peut être autre chose qu’une couleur. On écrira donc : « Elle avait les yeux bleus.»

En général, l’adjectif de couleur s’accorde en genre et en nombre avec le nom qu’il qualifie.

De la même manière, lorsque la couleur est un nom (toujours masculin) plutôt qu’un adjectif, ce nom s’accorde en nombre. Exemple : « Ce sont les sels de cobalt qui donnent aux vitraux de cette cathédrale leurs bleus si riches.»

Les exceptions

La couleur dérivée d’un nom

Lorsqu’un nom commun est utilisé comme adjectif, celui-ci est généralement invariable.

Ce nom peut être un fruit. On écrira donc : « En pénétrant dans la pièce, les meubles marron, les murs citron, les escaliers orange et les portes framboise attiraient immédiatement l’attention.»

C’est le cas également lorsque la couleur vient d’un minerai ou d’une pierre précieuse. En poursuivant notre visite, on dira : « La pièce suivante était encore plus criarde avec ses murs turquoise, ses armoires émeraude et ses poignées corail.»

L’origine étrangère d’une couleur

L’adjectif ‘kaki’ provient du mot persan qui signifie ‘poussière’. Voilà pourquoi cette couleur est invariable.

La combinaison de deux couleurs

Qu’ils soient unis par un trait d’union ou non (c’est au choix), lorsque deux adjectifs de couleur sont combinés, ils restent invariables. Exemple : « Elle avait les yeux gris-vert.»

La couleur nuancée d’un nom ou d’un adjectif

La couleur est également invariable lorsqu’un nom (vert pomme, vert forêt) ou un adjectif (vert tendre, noir foncé) vient préciser sa teinte.

Les exceptions à l’exception

Nous avons vu plus tôt qu’un nom commun utilisé comme adjectif de couleur est généralement invariable.

Il ne l’est pas toujours parce que cette règle (ou plutôt cette exception à la règle) souffre elle-même des neuf exceptions suivantes :
• châtain (masculin du fruit du châtaignier)
• écarlate (le nom d’une étoffe)
• fauve (un félin de grande taille)
• incarnat (nom d’une teinture et d’une variété de marbre)
• mauve (nom commun d’une plante vivace)
• pourpre (nom donné à un pigment rétinien et à un mollusque)
• rose (une fleur)
• vermeil (argent recouvert d’une mince couche d’or)
• violet (masculin de la plante d’origine africaine)

Ce qui fait qu’on doit les conjuguer en genre et en nombre malgré le fait que ce sont des noms utilisés comme couleurs.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel