Les cabines d’allaitement

Publié le 8 décembre 2025 | Temps de lecture : 3 minutes

Dans le récit de mon voyage à Helsinki, j’écrivais au sujet de ma première visite à l’épicerie :

Sous l’influence anglo-saxonne, les nourrices du Québec cachent leur enfant allaitant sous un voile. Mais ici, à l’épicerie, j’ai rencontré une mère qui allaitait son nourrisson sans gène, le sein à l’air. La chose est tellement naturelle que la mère ne semblait pas se soucier qu’on puisse la regarder.

En apprenant la décision de l’Université de Montréal d’installer des cabines qui permettront aux mamans d’allaiter leur enfant à l’abri des regards, ma toute première réaction fut : ‘Comme si allaiter était une activité honteuse…

Mais à bien y penser, je reconnais que c’est une excellente décision. Et que ma réaction spontanée était erronée.

Le Québec n’est pas la Scandinavie. Culturellement, chaque peuple est différent. Or les adolescentes et les jeunes adultes québécoises ont une pudeur légitime qu’il nous faut respecter.

D’ailleurs, qui me dit qu’il n’y a pas de telles cabines à l’Université d’Helsinki ?

D’autre part, il est probable que la mère qui allaite en toute quiétude produise plus de lait que celle, stressée, qui s’inquiète des regards indiscrets.

Puisque ces cabines seront équipées de table à langer — c’est-à-dire des tables qui permettent le changement de couche du nourrisson — ma seule inquiétude concerne le système d’aération.

L’air des cabinets de toilette est toujours fortement contaminé.

Conséquemment, déféquer et manger dans un même local exigu est une mauvaise idée… à moins de doter l’endroit d’un système de renouvèlement d’air particulièrement efficace.

Évidemment, on peut toujours présumer que les autorités savent cela et qu’ils ont fait le nécessaire.

Mais compte tenu du sous-financement chronique de notre système d’éducation, je crains qu’on ait tourné les coins ronds…

Comment vérifier l’efficacité du système d’aération d’une cabine d’allaitement ? C’est simple.

Apportez-vous une petite fiole de parfum. Entrouvez la porte de la cabine et vaporisez-y un petit jet de parfum. Revenez cinq minutes plus tard. Si ça sent votre parfum, choisissez d’allaiter ailleurs.

Ou plus simplement, à votre entrée dans une cabine d’allaitement, si ça sent les matières fécales (même faiblement)…

Références :
L’Université de Montréal installe des cabines d’allaitement, une première au Québec
Voyage à Helsinki : jour 1

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Écrit par Jean-Pierre Martel


À quoi sert l’Agence canadienne d’inspection des aliments ?

Publié le 8 janvier 2014 | Temps de lecture : 3 minutes

Pendant deux ans, plus précisément entre septembre 2011 et septembre 2013, 45,8% des fruits et légumes biologiques inspectés par l’Agence canadienne d’inspection des aliments contenaient des traces de pesticides.

Les produits les plus souvent atteints étaient les raisins, les fraises et les pommes alors que ceux qui ne l’étaient le moins étaient les carottes.

La plupart des produits testés étaient importés; seulement un cinquième avaient poussé au Canada.

Selon le directeur général de l’Association pour le commerce de produits biologiques, Matthew Holmes, les consommateurs de produits bio ne doivent pas s’attendent à un taux de pesticides nul dans les produits biologiques.

Effectivement, pendant des décennies, les pesticides ont tellement été utilisés qu’on en trouve partout.

De plus, des traces ne sont que des traces, c’est-à-dire des quantités insignifiantes. Qu’on en trouve un peu partout — y compris dans l’alimentation bio — ne dépend que du perfectionnement des méthodes pour les déceler. Donc, en soi, cela n’a rien de scandaleux.

Toutefois, ce qui est inquiétant, c’est d’apprendre que 1,8% de ces aliments contenaient tellement de pesticides qu’ils dépassaient les normes permises pour des aliments, qu’ils soient biologiques ou non. Dans la majorité des cas, il s’agissait de fongicides, utilisés afin de contrôler le développement de champignons et de moisissures.

Donc, lorsque cette contamination cesse d’être au niveau de traces mais devient tellement importante qu’elle dépasse les normes, l’Agence canadienne d’inspection des aliments se contente de regarder le train passer.

D’où la question : à quoi ça sert d’avoir des normes quand on ne fait rien pour les faire respecter ?

Pour sa défense, l’Agence affirme qu’elle n’a rien fait parce que la santé du public n’a pas été mise en danger.

La belle excuse.

Normalement, des normes sont édictées sous la recommandation d’experts. À l’examen de la littérature scientifique, ces experts estiment qu’il est raisonnable d’interdire la consommation d’aliments contaminés au-delà d’un certain niveau.

Mais depuis des années, le gouvernement Harper abdique de ses responsabilités de protéger le public. Dans le transport ferroviaire, on a vu le résultat.

Pour ce qui est de notre sécurité alimentaire, on se contente de documenter les infractions observées, sans intervenir. Le gouvernement conservateur se fait donc complice des fraudeurs qui violent ses propres normes de salubrité.

De plus, le Canada sert ainsi de dépotoir aux producteurs étrangers dont les produits seraient saisis aux États-Unis : grâce au laxisme de ceux qui sont responsables de notre sécurité, ces producteurs savent qu’ils peuvent impunément écouler leur marchandise au Canada.

Référence : Près de la moitié des aliments bio contaminés aux pesticides

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Écrit par Jean-Pierre Martel